XII. L'alliage du cuivre et du cobalt est inconnu
XIII. Le manganèse s'unit facilement avec le cuivre. Le Mangacèe.
' ]Nicliolson's Journal. FX, 268.
=" jN'eumaTi\s Cliemisiry. P. i4i' ^ Ann.de Chim. L, i3i.
* Jbid. XLII, i83.
composé , suivant Bergman , est très-malléable, il est de couleur rouge , et quelquefois il devient vert au bout d'un certain temps. Gmelin fit un grand nombre d'expériences pour s'assurer si cet alliage pourrait être formé en fondant l'oxide noir de manganèse avec le cuivre. Il réussit en partie, et il proposa de substituer cet alliage à celui du cuivre et de l'arsenic, dont on fait usage dans les arts S
XIV. On ne connaît pas d'alliages de cuivre avec le cériura et l'urane.
Zinc. XV. Le zinc se combine très-bien avec le cuivre, et il en
résulte un des plus utiles de tous les alliages métalliques. On produit ordinairement l'union de ces métaux , en mêlant ensemble, avec une proportion convenable de poussière de charbon, du cuivre en grenaille, et l'oxide natif de zinc appelé calamine. On chauffe ce mélange pendant cinq à six heures, et alors on pousse la chaleur à un degré suffisant pour fondre le composé. On le coule ensuite dans un moule de granité dont les bords sont garnis de fer , et on le fond en plaques. Ce
Laiton, couiposé cst généralement connu sous le nom de laitoji. Sa couleur et ses autres qualités varient selon les proportions diverses des métaux qui le constituent. Suivant le docteïir Lewis, qui a fait un grand nombre d'expériences sur ce sujet, une très-petite portion de zinc suffit pour étendre la couleur du cuivre, l'affaiblir et la rendre pâle. Lorsque le cuivre a pris un douzième de son poids de zinc , la couleur tend au jaune. Cette nuance va toujours en augmentant à mesure que la proportion du zinc s'accroît , jusqu'à ce que le poids du métal dans l'alliage soit égal à celui du cuivre. Si au-delà de ce terme, la proportion du zinc augmente , l'alliage devient pâle de plus en plus , et à la fin il est blanc ^ . La proportion du zinc retenue parie cuivre , varie dans les différentes manufactures, suivant le procédé qu'on y suit et l'usage auquel le laiton doit être employé. Dans quelques fabriques anglaises, on fait un laiton qui contient les o,3d de son poids de zinc. En Allemagne et en Suède , du-moins si les proportions établies par Wasserberg sont exactes , celles du zinc varient des 0,20 aux 0.26 de celle du cuivre ^.
' Goltinj^en Comment. T787, vol. IX, p. 75. ' IVeufuaii's Chemisivy. P, 65, ^ Wasserberg. 1, 261.
DU CUIVRE. 5l3
. ' Il est évident que l'alliage le plus intime et le plus complet -consistera daDsdeux parties de cuivre en poids, et uuep^rîit un huitième de zinc -, ce qui est équivalent a i atôtiie de ciiaqup métal : c'est le laiton d";Angleterre. Le laiton de Hollande, qui convient le mieux pour les objets d horlogerie , etc. , paraît -être un composé de deux atomes de cuivre et d un atome de zinc. ;
Le laiton est beaucoup plus fusible que le cuivre. Il est malléable lorsqu'il est froid , à moins que la proportion du zinc ne soit en grand excès : mais lorsqu'il est chauffé , il devient cassant. Le laiton est ductile, susceptible d'être tiré en fils très-fins, et il est beaucoup ])lus roide que le cuivre». Telles sontles observations de Muschenbroeck , d'après ses expériences sur cet alliage. Suivant Gellert, sa pesanteur spécifique est plus grande que celle moyenne des deux métaux. Elle varie considérablement, suivant la proportion du zinc. Le ilocteur Watson trouva que celle d'un écliantiliou de feuille de laiton de Bristol , était 8,141 * ; tandis que Brisson n établit celle du laiton ordinaire fondu, qu'à 7,824. Le laiton se façonne très-aisément au tour, ce qui le rend plus propre qu'aucun autre métal à être travaillé.
Par la fusion du zinc à l'état métallique avec le cuivre ou le laiton , on forme un alha^e connu sous les noms de pinchbeck, métal de prince ^ métal du prince Robert^ etc. La .proportion du zinc varie aussi dans cet aUiage, comme dans le laiton \ elle s'élève quelquefois jusqu'à la moitié du tout, et d'autres fois , elle est beaucoup moindre. La couleur du pinchbeck se rapproche beaucoup de celle de l'or; mais cet alliage est cassant, ou du-moins beaucoup 'moins malléaLle que le laiton. Les anciens connaissaient le laiton , et ils en faisaient beaucoup de cas. Ils le retiraient d'une mine de zinc qu'ils appelaient cadmie. Le docteur Watson a pro»»vé que c'était le laiton auquel ils donnèrent le nom de orichalcum ^. Leur œs était le cuivre , ou plutôt le bronze ^.
' Chem. Essais. IV, 58.
' Manchester, Transactions. Vol. Il, p. 4;-
3 II paraît que les ancier.s n^'onl pas exactement connu la difFe'rence qui exi'^tc entre le cuivre, le laiton et le bronze. CVst à cela qne doit s'attribuer la confusion qu'onJremarf[ue dans leurs dénominations. lU ne considéraient le laiton que comme une espèce plus précieuse da cuivre. Ils se servaient, en coasc'qucuce, souvent du mot œs , pour
Flucib^.
XVl. Le cuivre forme avec le bismuth un alliage cassant, d'un louge pâle, et d'une pesanteur spécifique, qui est exactement le terme moyen de celle des deux métaux alliés '.
Plomb. X Vn. Le cuivre ne s'unit au plomb que lorsqu'il est fondu
à une température assez élevée pour le faire bouillir et répandre des fumées, c'est-à-dire à la chaleur d'un rouge éclatant. Si on projeté des morceaux de cuivre dans le plomb mis en fusion à cette température , le cuivre disparaît aussitôt. L'alliage ainsi formé , est gris, cassant lorsqu'il est froid, et à texture grenue *. Suivant Kraft, sa pesanteur spécifique est inférieure à celle moyenne des deux métaux ^. L'union entre les deux métaux est très-faible. Lorsque l'alliage est exposé à une chaleur sulfisante seulement pour fondre le plomb, presque tout ce métal se sépare en laissant le cuivre à-peu-près à l'état de pureté *. On peut scorifierlepcu de plomb qui reste, en chauffant le cuivre au rouge. Si le plomb qui s'est séparé a tniraîné avec lui un peu de cuivre, en le fondant, le cuivre nage à la surface, d'où l'on peut facilement l'enlever. On emploie, dit-on , quelquefois cet alliage dans les imprimeries , pour les grands caractères ^.
Etain. XVIIl. L'union de l'étain avec le cuivre est très-facile ,
très-prompte, et produit un alliage qui est d'une grande utilité dans les arts. Il forme, suivant les différentes proportions dans lesquelles ces deux métaux y entrent, le métal des canons, celui des cloches , le bronze , et les miroirs des télescopes. L'addition de l'étain diminue k ductilité du cuivre ; elle augmente sa dureté, sa ténacité, sa fusibilité, et le rend plus
les designer indiffércmmcTit l'un ou l'autre. Ils appelèrent le cuivre, œs cyprium, et ensuite seulement cyprium, mot qui, dans la suite des temps, a été transformé dans celui de cupixim. Pline emploie le mot cypnum. Liv. XXXVI , ch. 26. C'est dans Spartian, qui vivait clans Tan 290 environ, qu'on trouva , pour la première fois, le mot ciiprum. 11 dit dans sa Vie de Caracalla, cancelU ex œre vel cupro.
' Gellert.
» Le^ris , Neuman's chemistry. P. 57.
» Wasserberg, 1, 263.
< Levais , TVeuraan's chemistry. P. 37. Ce mode de séparation s'appelle , en chimie , éliquation.
5 Fourcroy. VI, '^Ç,Çi. M. Hatchett s'est assuré plus récemment qu'on ne peut employer le cuivre pour ailier l'or, à moins qu'il ne soit exempt de plomu. La plus petite partie de ce dernier métal, quoique trop peu sensible pour affecter le cuivre lui-même, produit Hn claangcmcnt reniarquable sur la ductilité de l'or.
DU CUIVRE. 5l5
sonore. La pesauteur spécifique de l'alliage est plus graude que la (Jeusité inoveiine de celles des deux métaux qui le composent. Il résulte des expériences de Bricbc, que cette augmentation de pesanteir spécifique est dautant plus forte qu'il v a plus d'étaiu dans l'alliage , et qu'elle est à son maximum dans l'alliage de loo parties de cuivre et de iG parties d étaiu, dont la pesanteur spécifique est de 8,8j. Celle de l'alliage df pa; ties égales de cuivre et d'étain est de 8,79 ; , mais la pesauteur spécitique du cuivre étant de 8.j , et celle de l'étain de 7,3 , la pesanteur spécifique de lalliage à parties égales des deux métaux , ne devrait être que de 8. Il y a donc augmentation de deubité de 0,79*. Il faut tenir long temps ces deux métaux en fusion , et bien agiter la matière dans cet état, pour que le mélange en soit bien exact 1 autrement la plus grande partie de l'eiain surnage le mélange , et la plus grande partie du cuivre reste au-desious. Il en résulte alors deux alliages différens ; l'un, composé d'une grande proportion de cuivre combiné avec une petite quantité détain , l'autre , d'une grande proportion d'étain allié avec une petite quantité de cuivre.
Le bronze et le métal des canons sont composés de 100 parties de cuivre combinées avec une proportion de b à 12 parties d'étain. Cet alliage est cassant, jaune , plus pesant que le cuivre qu'il surpasse de beaucoup en ténacité : il est beaucoup plus fusible et moins susceptible de s'altérer à l'air. C'est avec cet alliage que les anciens fabriquaient leurs instrumens tranchans , avant que l'art de travailler le fer eût été perfectionné. Le Aî«^«<^des Grecs , et peut-être le œs des Romains, n'étaient-ils autre cbose que cet alliage : et même leurs monnaies de cuivre contiennent un mélange d'étain ^. On applique souvent à cet alliage le nom de laiton^ quoique dans la stricte acception de ce mot il désigne un composé de cuivre et de zinc. Il ne se fait en Angleters e de canons de bronze qu'àWoolwicb. La proportion de l'étain varie depuis 8 parties jusqu'à 12, sur 100 parties de enivre. Plus ce dernier métal est pur , et plus il exige d'étain pour cet alliage qui est plus sonore que le fer, d'où il suit que le bruit du coup des
Jouin. r!es Aîines. An \, p. 88i.
Voyez rAoalvse deDiié, Journ. de Phys. 1790.
tic tioches
Métal de miroir
5l6 COMBUSTIBLES SIMPLES.
canons de }3ronze est beaucoup plus considérable que celui des canons de fonte de fer '.
Le métal de cloches est ordinairement composé de trois parties de cuivre et d'une partie d'étain. Sa couleur est d'un blanc grisâtre : il est très-dur, sonore et élastique. On peut séparer de cet alliage la plus grande portion de l'étain, en le raeltant en fusion , et en y jetant alors un peu d'eau. L'étain décompose l'eau, il est oxidé, et vient à la surface. Le métal de cloches se fait ordinairement en Angleterre , suivant Swendenburg, avec les scories des fonderies de canons de bronze , fondues de nouveau *. La proportion d'étain , dans le métal de cloches , varie. Il y en entre moins dans les cloches des églises que dans les timbres des horloges ; et dans les plus petits timbres , comme ceux des montres , on ajoute un peu de zinc à l'alliage ^.
L'alliage dont on se sert pour les miroirs des télescopes, est celui qu'employaient les anciens pour la composition de leurs miroirs. 11 consiste dans environ deux parties de cuivre iiijies à une partie d'étain. Les meilleures proportions, suivant Mudge, étaient celles de 32 parties de cuivre et de i4,5 <rétain. Klaproth ayant eu occasion de faire l'analyse d'un
échantillon de miroir ancien, le trouva composé de
62 cuivre.
32 étain.
6 plomb.
mais il y considéra la présence du plomb comme accidentelle+. Cet alliage, très-dur, est de couleur d'acier, et susceptible d'un beau poli -, mais on se sert encore souvent, pour le même objet , de plusieurs autres composés^. Cuhre étamé. On rccouvrc ordinairement d'une couche mince d'étain les vaisseaux de cuivre, spécialement ceux qui servent comme ustensiles de cuisine , afin de les garantir de loxidation du cuivre j et d'éviter que les aliments qu'on y prépare ne prennent
' Watson's cliem. Essais. IV, 117.
» AVasserberg. I, 26-2.
' "Watson's Chemical Essais. IV, i32.
^ Phil. Mag. XVH, 29:',.
5 Wasserberg. 1 , 2G2 j et Walson's chem. Essais. IV, 139.