‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 113 sur 136 · DU BIS -MU TH · texte numérisé non relu

DU BIS -MU TH

aiicune^mprégnatioii de ce métal vénéneux. On appelle vaisseaux étamés ceux qui ont subi cette préparation. Elle consiste à bien racler la surface intérieure du vaisseau avec un instrument de fer; on la frotte ensuite avec del'hydrochlorate d'ammoniaque. On chauffe et on saupoudre la surface de poix résine : on applique alors de l'étain quon étend bien sur toute cette surface du cuivre, tandis qu'elle est chaude; elle blanchit aussitôt et prend la couleur de l'argent. L'opération préalable de l'étamage , celle qui consiste à gratter Ja surface intérieure du vaisseau , a pour objet de le mettj'e à l'état de cuivre parfaitement pur et métallique, parce que ]"étain ne se combinerait point avec l'oxide de cuivre. La couche d'étain ainsi apphquée , est excessivement mince. Bayen a vérifié qu'une casserolle de cuivre de 229 millira. de diamètre, et de 83 millimètres de profondeur, n'avait augmenté en poids , par l'éîamage, que de 1^359. ^ n'j a aucun moyen de faire fenduit plus épais. On peut bien àla-vérité appliquer plus d'étain , mais il suffit d'une chaleur médiocre pour le fondre, le faire couler, et abandonner la surface du vaisseau.

SECTION V

Du Bismuth.

I. Les mines de ce métal sont très-rares, et ne se rencontrent principalement qu'en Allemagne •, ce qui explique, en quelque sorte , pourquoi les Grecs et les Arabes semblent n'en avoir pas eu connaissance. Tl paraît cependant que les mineurs allemands l'avaient distingué à une époque très-reculée, et qu'ils lui avaient déjà donné le nom de bismuth ; car dans le Traité d'Agricola, avant pour titre Bermannus , qui dateau-moins de i529, il est décrit sous ce nom comme étant bien connu en Allemagne, et il le considère comme un métal particulier. Les mineurs lui donnèrent aussi le nom de tectum argcnti , parce qu'ils le regardaient comme de l'argent dont la formation n'était point encore achevée*. Pott, dans sa Dissertation

* Konig's , regniira mil)er;^le, p. 80. A Ja fin même du dix-septième siècle, on le considérait comme une esptce de plomb, il y en avait

Kistoi.tf.

5l8 COMBUSTIBLES SIMPLES.

sur le bismuth , publiée en i 739 , rend rompte de la manière dont le bismuth se comporte avec différentes substances chimiques, ainsi que de pUisieurs faits concernart ce métal, qu'il avait recueillis dans les écrits des alchimistes. Beccber semble être le premier chimiste qui ait fait connaître quelques-unes de ses propriétés les plus remarquables. Neuman dans sa Chimie, Hellot et Dufay, ajoutèrent quelques faits à ceux déjà connus sur le bismuth; mais Geoffroy le jeune entreprit le premier une série complèie d'expériences sur cf métal. La première partie de son travail fut publiée en i^53, dans les IMémoires de l'Académie française, mais la mort l'enleva aux sciences avant l'achèvtment de son plan.

Les chimistes furent pendant quelque temps disposés à considérer le bismuth comme un alliage; mais cette opinion fut peu-à-peu mi-e de côté.

Le docteur John Davy publia, en 181 2, une suite d'expériences faites avec beaucoup de soin sur les composés que le bismuth forme avec l'oxigène , le chlore et le soufre ' . En 1 8 1 3 il en fut annoncé d'autres par M. Lagerhjelm , sur les combinaisons de ce métal avec l'oxigène et le soufre \ PrcirL'iés. I. Lc bismuth est d'une couleur blanche rougeâtre , et presqu'entièrement dépourvu d'odeur et de saveur. 11 est composé de larges lames brillantes , adhérentes les unes aux autres. Sa forme primitive est, suivant Haiiv, l'octaèdre, ou deux pyramides à quatre côtés, appliquées base à base^.

2. 11 est plus mou r^ue le cuivre; sa pesanteur spécifique est de 9,822 ^

3. Lorsqu'il a cîéécroui avec précaution , sa densité estconsidéroblcment augmentée, ainsi que Muschenbroeck s'en est îissuré; et par conséquent il n'est pas très-cassant. Cependant il n'est pas malléable, car il se brise par une percussion rapide et violente du marteau. Il ne peut pas non plus être tiré cil fils. D'après les essais de Muschenbroeck, sa ténacité est

troh, dit Klrniiller, savoir, Je plomb oïdinaire , l'élain et le hi.«innth ie bismuth approche le plus prrs de Taicenl. Etmulîer's Chemistry. p . 3.11.

' Phil. Trans. 1812, p. 169.

^ Armais of Fhilosophy. I, 357.

3 Journ. des Mines. An V, p. 682.

< Biis^on et Hntdiett , suivant Per7p!ius , f>;^837.

Page 1