‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 117 sur 136 · Suivnî · texte numérisé non relu

Suivnî

524 COMEUSTIBLES SIMPLE 5.

alchimiste, en renferma une certaine quanlité dans un globe de fer , fortement maintenu par des cercles de même métal , et il plaça ce globe dans un fourneau. A peine fut-il devenu rouge , qu'il éclata avec toute la violence d'une bombe, et le mercure fut dissipé en totalité *.

S'oxide. II. L'eau n'a aucune action sur le mercure. Lorsqu'il est exposé à l'air sa surface se ternit peu-à-peu , et se couvre d'une poudre noire, qui résulte de sa combinaison avec l'oxigène de l'atmosphère; mais cet effet, qui ne se produit ainsi que très-lentement, est beaucoup plus prompt à l'aide de la chaleur, ou par l'agitation dans de grands vaisseaux remplis d'air. Par l'un ou l'autre de ces moj'ens, le mercure est converti en un oxide. Cet oxide est de couleur rouge dans le prenn'er cas, et, dans le second, il est noir.

Les oxides de mercure connus jusqu à présent sont au nombre de deux.

Protoxîde. I. Leprotoxide a été décrit avec soin, pour la première fois, parBoerhave. Il le forma en mettant un peu de mercure dans une bouteille qu'il attacha à une roue de mouhn^. Par l'agitation constante qu'il éprouva ainsi , le métal fut converti en une poudre noire sans aucun éclat métallique, d'une saveur cuivreuse, et insoluble dans l'eau, à laquelle il donna le nom d'e///yo/?5/>er^e. On obtient aussi une poudre noire lorsqu'on fait digérer le protochlorure de mercure, caloniel , dans une lessive alcaline. Cette poudre noire avait été considérée jusqu'à présent comme un protoxide de mercure, mais M. Gui- Ijourt assure qu'elle présente des globules de mercure coulant ^ qu'on peut v apercevoir à la loupe, et mènîe à j'reil nu. loi sque cette poudre est soumise à une forte pression ^. On a, fait beaucoup d'expériences diverses pour déterminer la composition de cet oxide. Celles de Seftstrom ^ paraissent être les plus exactes : suivant lui, c'esl un composé de

Mercure loo

Oxigène 5,99

• Chimie de Macquer.

' Cette cxpcrienrc fut faite, pour la première fois, par Homberg . en 161)9: il attacha une bouteille contenant du merCTire à un claquet de moulin. Abn'gi- des "Nîém. de Par. par Martyn. Vol. ï.

3 Ann. de Chim. et de Phys. 1, .'J22.

4 Annals of Philosoph3^ 111, 355.

Xous pouvons, sans faire sensiblement erreur, le considérer 0'»m'.îie cdDsistant en loo mercure -+- 4 oxigène. En le snppo-ant fbrraé de i atome mercure -h i atome oxigène , un atome de mercure pèsera 25 , et le poids d'un atome du protoxiJe de mercure sera 26.

2. Lorsque le mercure ou son protoxide, est exposé à une chaleur d'environ SiB» centig., il se combine avec une quantité additionnelle d'oxigène, prend une couleur rouge et se convertit en un peroxide. On peut le former de deux manières. 1°. On met un peu de mercure dans une bouteille de verre à fond plat, ou raatras, dont le col est tiré en pointe à la lampe d'émailleur, pour en former un tube tellement étroit que le mercure ne puisse s'échapper, et qu'il suffise pour permettre faccès de l'air extérieur. Ou place ce matras sur un bain de sable, on le chauffe jusqu'à faire bouillir le mercure, et on entretient con&ttimment, pendant quelque temps, la chab^ur à ce degré. La surface du mercure se noircit peu-à-peu; ensuite elle devient rouge, en se combinant avec 1 oxigène de l'air; et au bout de quelques semaines la totalité est convertie en une poudre rouge, ou plutôt en petits cristaux dun rougé îrès-foncé. On appelait autrefois foxide ainsi obtenu, préci-i pité per se. 2°. En faisant évaporer à siccité la dissolution du mercure dans l'acide nitrique, et en exposant alors le résidu à une chaleur graduée, il prend une couleur écarlate brillante. La poudre ainsi obtenue est \ç précipité rouge ^ elle a exactement les mêmes propriétés que l'oxide produit par le premier moj^en '.

Cet oxide a une saveur acre et désagréable ; cest un poison : il agit comme les escarotiques sur la peau. Il est un peu solubledans leau; en le triturant avec du mercure il abandonne une partie de son oxigène , et le mélange prend différentes couleurs, suivant la proportion des ingrédiens. Lorsqu'on le chauffe avec de la limaille de zinc ou d'étain , il enflamme ces métaux. D'après les expériences deSeftstrom ^ , que je considère comme étant les plus exactes, cet oxide est composé de :

Mercure 100

Oxigène 7,99

' Kovez la description delà me'thode de fabriquer cet oxide par Piysse'. Ann. de Cliim. Lï , 202.

^" Annali of Ph:losophy. ill , 355.

Oxide ro-jcî

j-aG combustibles simples.

Il coutieut donc exactement deux fois autant d'oxigèrie que le protoxide, et par conséquent, il est formé de i atome mercure et 2 atomes oxigène.

cbiorurc. 111. Le mcrcurc introduit dans le gaz chlore et chauffé prend feu. Ce métal pt'ut se combiner avec le chlore en deux: proportions et former 2 chlorures qui ont été connus depuis long-temps. Le prolochlorure est ordinairement appelé caio^ mel et le perchlorure sublimé corrosif.

Ce serait employer ici trop de place que de présenter le détail des expériences très-nombreuses qui ont été faites sur ces chlorures. Humphry-Davy est celui qui a déterminé le premier leur composition.

Perchlorure. I. On iguorcà qui peut être due la découverte de cette substance ordinairement counue sous la dénomination de 5w^////ze corrosifs OU hycirochlorate corrosif de mercure. Avicenne, qui mourut vers le milieu du onzième siècle, eu fait mention. 11 fut même connu de Rhasés qui vivait dans le dixième siècle. Il paraît l'avoir été aussi des Chinois"^. Cette substance était aunombre des secrets des alchimistes , qui tous eu eurent connaissance. Quelques-uns d'entre eux, Albert le grand, par exemple, la décrit avec une grande précision. Bergman ne compte pas moins de i4 procédés différens recommandés par les chimistes pour la préparation de ce sel, et depuis ce temps, il en a été encore proposé plusieurs autres.

Pr^piraiion. Le procédé qu'on suit le plus ordinairement consiste àmêler ensemble parties égales de pernitrate de mercure desséché, d'hydrochlorate de soude décrépité, et de sulfate de fer calciné. On reniplit un matras de ce mélange jusqu'au tiers seulement de sa capacité , on le place ensuite sur un bain de sable et on chauffe par degrés, jusquau rouge. Lorsque l'appareil est refroidi , on trouve à la partie supérieure du matras, le sublimé corrosif. Dans un autre procédé,'ique Kunkel proposa le premier, on chauffe fortement, dans un vaisseau semblable , un mélange à parties égales de persulfate de mercure et d'hydrochlorate de soude desséché à une forte chaleur: le perchlorure de mercure est également sublimé. On peut former aussi ce perchlorure en faisant passer un courant de vapeur de gaz chlore dans une dissolution de nitrate de mercure, et en évaporant la dissolution jusqu'à ce que le sel cris-

* Ijcrgman. IN , iji.

tallise * •, mais il serait aussi fastidieux qu'iuutile d'énoncer ici to|is les procédés différens. Le plus simple et certainement le meilleur pour les objets de chimie, est celui qui consiste à dissoudre l'oxide rouge de mercure dans l'acide hydrochlorique. La dissolution s'opère aisément , sans aucun dégagement de gaz, et le sel cristallise spontanément \

Le perchlorure de mercure, obtenu par la sublimation Fropriétés; est sous la forme d'une belle masse blanche demi-transparente, composée de petites aiguilles prismatiques. Hdorine, parl'évaporationde sa dissolution, des cubes ou prismes rhomboidaux, ou le plus ordinairement des prismes quadrangiilaires à pans alternativement étroits et larges, terminés par des sommets dièdres. Sa pesanteur spécifique est, suivant Hassenfratz, 5,3 98^. Sa saveur est excessivement acre et caustique. Lorsqu'on en met sur la langue, il laisse pendant long-temps dans la bouche une sensation styptique et métallique très-désagréable. Pris à l'intérieur, c'est un des plus violens poisons connus. Il occasionne de vives douleurs, des nausées, le vomissement, et il corrode très-promptement l'estomac et les intestins *. Il est soluble dans environ 20 parties d'eau froide. Ce liquide bouillant peut en prendre, suivant Macquer, la moitié de son oids, et à peu-près le tiers selon Wenzel ^ D'après Macquer alcool à la température de 21° centigrades en dissout aussi les 0,355 de son poids, et loo» parties de ce liquide bouillant, dissolvent 88 parties du sel. Ce perchlorure est inaltérable à l'air. Chauffé il se sublime très-facilement -, et à l'état de vapeur, il est excessivement dangereux pour ceux qui la respirent.

Le perchlorure de mercure se dissout dans les acides sulfurique, nitrique et hydrochlorique: on peut l'obtenir sans altération de ces dissolutions enles évaporant. Les alcalis fixes le décomposent . et il se précipite un oxide jaune de mercure qui passe promptement au rouge de brique. Cet effet de décompositon rend le perchlorure de mercure d'un emploi avantageux comme réactif pour reconnaître la présence d'un alcali dans une dissolution. Car en versant le perchlorure liquide

« Fourcroy. V, 337.

« Benhollet, Mem. Je l'Listit. III, i36.

' Bergman. IV, 295.

< D'où il fui appelé par les alchimistes , le drag^T\.

5 Verwandtschaft , p. 3 10,

dans une dissolution contenant la pins petite portion d'alcali, le précipité longe de brique se manifeste. Les terres alcalines décomposent aussi ce sel, et l'ammoniaque forme avec lui un composé tripla. Plusieurs des métaux ou leurs sulfures décomposent aussi le perchlorure de mercure à 1 aide de la chaleur ; c'est ce qui a lieu avec rârseme-, le bismuth, l'antittioine et l'élain. Ces métaux s'unissent avfec le chlore et séparent le mercure qui s'unit avec le soufre lorsqu'il est présent.

Il a été fait un grand nombre d'e^^périeuces pour déterminer la compositoin du perchlorure de mercure, en le supposant consister en acide hydrochlorique et en oxide rouge de mercure. Les résultats les phjs exacts de toutes ces expériences sont ceux j savoir:

Chenevix. Rosei. Braamcamp et Zaboada3. Si'iuiera-Ûlivaa.

Acide hydrochlorique j8 . t8,5 . 18,8 . . . 19,3 Peroxide 82 . 81, 5 . 81,-2 . . . , 80, 5

Si nous rectifions ces rjésuliats de manière à les faire correspondre avec la composition réelle du perchlorure, nous aurons les nombres suiVans, savoir^î'^ ;'''"^

Ctenevix. Rose. Braanncamp et Zoboada.

Siquiera-Oliva.

Chlore. . . ?4,o7 . . 24,53 . . 24,81 . . 25,46 Mercure. . 75,93 . . 75,47 . . 75,19 . . 74,54

En considérant actueilementieperchlorure de mercure comme formé de 1 atome mercure et de 2 atomes chlore , ses parties constituantes seront :

Chlore 9 26,47

Mercure 25 ... . 73,53

On voit, par les résultats ci-dessus, que c'est l'analyse de Zaboada qui se rapproche le plus de la vérité, quoique la proportion de mercure soit trop élevée.

» Gehlen's Journal. ^ I, 28.

* Ann. (le (]bim. LIV, 12$.

» Journ. de Piivs. LX , 383.

Préparation.

2. On distingue ordinairement le chlorure de mercure par les dénominations de calomeUi mtrcure doua:. L'époque de ^'"*''^^°""' sa décowerte m'est inconnue. Ce sel semble avoir été préparé par les alchimistes. Cependant Crollius en parle au commencement du dix-septième siècle, comme d'une chose secrète et mystérieuse. Mais Béguin publia , en 1 608 , le procededesa préparationdanssou Tirocinium Chemicum, traité dans lequel il décrit ce sel, sous le nom à^ draco mitigatus '. Bergman a exposé en détail un grand nombre de méthodes au moyen desquelles on peut former le protochîorure de mercure/Celle qu'on emploie le plus ordinairement consiste à triturer dans un mortier de verre un mélange de quatre parties de perchlorure de mercure , et de trois parties de mercure coulant, jusqu'à ce que ce dernier soit, en terme de pharmacie, éteint^ c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on n'aperçoive plus aucun globule du métal, et que le tout soit converti en une masse homogène. On met alors ce mélange dans un matras qu'on expose au bain de sable à une chaleur suffisante. Le chlorure est sublnné, mêlé cependant ordinairement avec un peu de perchlorure, qu'on en sépare soit par des sublima^ tions et des triturations répétées, soit en lavant bien le sel avec de l'eau.

On peut aussipréparer le protochlorure de mercure par la voie humide , au moyen d'un procédé que Schéele indiqua le premier, mais qui fut perfectionné depuis par M. Chenevix.

Suivant cette méthode de Schéele, on forme un nitrate de mercure en faisant dissoudre dans une quantité donnée d'acide nitrique bouillant, tout autant de mercure que facide en peut prendre à cette température. On verse ensuite avec précaution cette liqueur dans une dissolution , dans l'eau bouillante, d'une quantité d'hydrochlorate de soude égale a la moitié du poids du mercure employé, il se forme un précipité blanc , qu'on édulcore avec de l'eau jusqu'à ce qu'il ne communique plus aucune saveur à ce liquide; on le met alors à sécher sur un filtre - . Chenevix a fait voir que , pour obtenir par ce

(.esela été aussi connu sous beaucoup d'autres noms divers,

tels que ceux de sublimatum dulcc , aquila alha,, aquila m:ti<ratéi, manna weiallorum , panchymogogum minerah, panchrmoiosus quercetanus. J ^ o

^ Sclie'ele I , 22 t.

53o COMBUSTIBLES SIJIPLIS.

procédé le protochlorure de mercure entièrement exempt de tout mélange de sous-nitrate, il est nécessaire démêler la «lissoliition de Ihydrochloraie de soude avec un peu d'acide hvdrochlorique.

Propriétés. ' Le chlorure de mercure est ordinairement à 1 état d une masse blanche pesante. Mais lorsqu'il a élé sublimé lentement, il cristallise en prismes tétraèdres terminés par des pyramides. 11 n'a que très-peu de saveur et aucun des caractères du poison, il agit seulement comme légèrement purgatif. Sa pesanteur spécifique est 7,1758*. llestà peine soluble dans l'eau; car suivant Rouelle, 1162 parties de ce liquide bouillant ne peuvent dissoudre qu'une partie du chlorure.

Sa couleur devient par degrés plus foncée par son exposition à l'air. Schéele a découvert qu'en le frottant dans l'obscurité il est phosphorescent. Il exige pour le subhmer un plus grand degré de chaleur qu'il n'en faut pour la sublimation du perchlorure. Le chlore le transforme en perchlorure; et ou lui fait éprouver le même changement en le sublimant avec une partie d'hydrochlorate de soude et deux parties de sulfate de fer. L'acide nitrique dissout facilement le protocblorure de mercure, avec dégagement abondant de deutoxide d'azote , ainsi que Berthollet l'a reconnu ; et le sel est converti en perchlorure.

Pour reconnaître la composition de ce sel, Chenevix en faisait dissoudre 100 parties dans l'acide nitrique, et il pi;écipitait l'acide par le nitrate d'argent-, le précipité obtenu indiquait 11,5 d'acide hydrochlorique, et l'oxide était de 88,5. Zaboada opéra à-peu-près de la même manière. Le précipité produit par le nitrate d'argent dénotait 10,6 d'acide hydrochlorique. Avec l'hydrochlorate d'étain il obtint plus de 5 grammes de mercure pur. Ces deux chioiistes eurent pour résultats de leurs analyses, savoir :

Zaboada. Chenevix.

Acide 10,6 11,5

Protoxide 89,4 88,5

Hassenfratz, Ann.de Chivi. XXVIII, 12-

Ea rectifiant les résuliats d'après la véritable constilu- Ccmpoihiou. tion de ce chlorure , on a

Zaboada. Cheaevix.

Chlore i4,o4 i4,9

Mercure 85,96 85, 1

Si nous supposons actuellement que ce chlorure est formé de I atome mercure + i atome chlore, sa corapositioQ sera

Chlore 4,5 i5,25

Mercure 25 .... 84,75

Or l'analyse de Chenevix correspond de très-près avec ces nombres ; on ne peut donc plus alors douter que ces deux chlorures n'aient pour parties constituantesj savoir '^ :

Protochlorure.

Mercure i atome 100

Chlore I atome 18

Perchlorure.

Mercure i atome 1 00

Chlore 2 atomes "S^

IV. L'iode se combine aisément avec le mercure ; il suffit loduxes. de mettre les deux corps eu contact pour qu'ils s'unissent aussitôt. Oa peut former également l'iodure de mercure en versant un hydriodate dans une dissolution de mercure dans un acide. Il y a, suivant Gay Lussac,deux iodures de mercure. Le protiodure est jaune •, le periodure est d'un beau rouge j et peut être employé dans la peinture. Ils sont fun et fautre insolubles dans l'eau et sont décomposés par l'acide nitrique. Gay-Lussac regarde le premier comme éfant un composé de I atome mercure -H i atome iode , et le second de i atome n^rcure +- 1 atomes iode; d'où il suit que leur composition est :

Protiodure de mercure.

Mercure 25 1 00

Iode 15,625 62,5

* Dav^'s observaiions and experiments. Phil. Trans. i8tî , p. t»o.

Periodure de mercure»

Ffotosuliare.

Mercure 25 ....

Iode 5i,25. ..... 125

V. Il n'y a encore rien de connu relativement à l'action du fluor sur le mercure. Ce métal ne forme pas d'union avec Tazote , l'hydrogène , le carbone , le bore ou le silicium.

VI. Le mercure se combine avec le soufre en deux proportions, etforme ainsi deux sxAîiw^S'Ae protosulfure ^sinoir, mais le persulfure est rouge.

I . En triturant eïjsemble dans un mortier deux parties de soufre et une de mercure, ce métal disparaît par degrés-, et le tout prend la forme d'une poudre noire, qu'on appelait autrefois éthiops minéral. Il n'est guère possible de combiner de cette manière assez complètement le mercure avec le soufre, pour qu'on n'aperçoive pas encore, à l'aide du microscope, de petits globules du métal. On forme le même composé en faisant couler lentement dans du soufre fondu nue quantité égale de mercure, et en agitant continuellement le mélange. On peut aussi l'obtenir très-facilement en faisant passer un courant de gaz acide hydrosulfurique dans une dissolution acide de mercure. Le sulfure noir se précipite abondamment. Ce sulfure ainsi préparé peut donner, lorsqu'on le comprime, du mercure coulant ^ Guibourt, qui lui a reconnu cette propriété, considère ce sulfure de mercure, comme étant composé de

Mercure loo .... 25

Soufre 8, 2 ... . 2,o5

Il est donc évidemment formé de i atome mercure -t- i atome soufre.

Per5uifi;re. 2. L'éthiops minéral, chauffé au rouge, se sublime; et en le recevant dans des vaisseaux convenables, on obtient une substance en pains, d'une belle couleur rouge, qu'on appelait autrefois c//zaZ>re, et dans le commerce vermillon^ lorsqu'elle était réduite en poudre fine ^.

» Ann, do Chim. et Phys. I , l\if^.

* Le mot vevnùlln'- flerive du mot français vermeil, qui vient de rermrcuhts on vermiciilum , noms donnés dans le moyen âge au hemièi ou coccus ilUcis , bien connu comme teinture rouge. Le vcrn\illon

Ce sulfure de mercure est d'une couleur écarlate plus ou moins belle, selon la manière dont il a été préparé. Sa pesanteur spécifique est d'environ lo. Il est sans saveur , inaltérable à l'air, insoluble dans Teau et dans l'acide bydrochlorique. Chauffé à un degré de chaleur suffisant, il prend feu et brûle avec une flamme bleue. Si on le raêle avec moitié de son poids de limaille de fer, et qu'on distille le mélange dans une cornue de porcelaine, le soufre se combine avec le fer, et le mercure passe dans le récipient, qui doit contenir de l'eau. On peut obtenir par ce procédé le mercure à l'état de pureté. Ce sulfure de mercure est d'un usage bien connu comme cosmétique *.

On peut préparer le cinabre de plusieurs autres manières. Une des plus simples est le procédé dernièrement découvert par M. Rirchoff. 11 consiste à triturer ensemble dans une capsule de porcelaine, avec un pilon de verre, 3oo parties de mercure et 68 parties de soufre, le tout humecté de quelques gouttes d'une dissolution de potasse. Au bout de quelque temps l'éthiops minéral est formé. On y ajoute alors 1 6o parties de potasse dissoute dans une quantité égale d'eau. On expose le vaisseau, qui contient le mélange, à la flanune d'une bougie -, et en le chauffant ainsi , on continue de triturer sans interruption. A m-esarequefévaporation duliquidealieu, on ajoute, de temps en temps, de l'eau pure; de manière que Foxide soit constamment recouvert du liquide à la hauteur d'environ 2 5 millimètres. J^près deux heures de trituration soutenue , et ordinairement quand une grande partie du fluide est évaporée, la couleur noire du mélange commence à devenir brune, et elle passe alors très-rapidement au rouge. Il ne faut plus ajouter d'eau , mais la trituration doit être continuée sans interruption. Lorsque la masse a acquis la consistance d'une gelée, la couleur rouge devient de plus en plus brillante, et cela avec un degré de vitesse remarquable. A finstant où cette couleur est la plus belle possible, il faut retirer la capsule de dessus la flamme, autrement le rouge passerait promptement au brun sale. M. le comte de Mussin-Puschkin a

signifiait donc originairement la teinture rouge du kermès. Beckman's History of Discoveries. 11, i8o.

* Ployez une description du procédé de sa préparation, par Payssé, Ann. de Chim. LI^ 196. Et par Tuckert, ibid. IV, 25.

découvert qu'on pfjuvait prévenir ce changement de couleur du rouge an brun en retirant le mélange du feu dès qu'il a acquis la couleur rouge, et en le maintenant pendant deux ou trois jours à une douce chaleur. La couleur rouge s'améliore graduellement , et acquiert à la fin le degré de beauté désirable ; il faut avoir soin d'ajouter au mélange quelques gouttes d'eau , et de le remuer de temps en temps. M. Mussin-Puschkin reconnut également qu'en chauffant foitement ce sulfure de mercure , il devient à l'instant brun et passe au violet foncé. Lorsqu'on l'a retiré du feu, il prend aussitôt une belle couleur rouge de carmin '.

Le persulfure de mercure est composé, d'après les expéricDCcs de Proust -, de

Mercure i oo

Soufre ï7»64

Suivant Guibourt ^ , sa constitution est de

Mercure loo 25

Soufre 16 4

Celte dernière analyse est exacte. Elle nous fait voir que le persulfure de mercure est formé de 1 atome mercure M- 2 atomes soufre.

PiiospLure. VIL Pelletier, après avoir essayé plusieurs fols sans succès de combiner le mercure avec le phosphore, y parvint à la fin en distillant un mélange d'oxide rouge de mercm^e et de phosphore. Une portion du phosphore se combina avec l'oxigène de l'oxide, et fut convertie en acide phosphorique; et le mercure, dépouillé «l'oxigène, s'unit au reste duphosphore.il observa que le mercure s'était converti en une poudre noire 4vant de se combiner avec le phosphore. En faisant l'expérience, j'ai trouvé que le phosphore se combine très-promplement avec l'oxide noir de mercure lorsqu'on les fond ensemble dans une cornue remplie de gaz hydrogène, afin d'éviter que le phosphore ne brûle.

Le phosphure de mercure est d'une couleur noire, d'une consistance assez solide, et peut se couper au couteau. Ex-

* IVIoliolsou'.s Jonru^l. II, iOp > Joaruaide Phys. LUI, 9».

« Ain <1. China "cl Pli, s. l, i^5.

posé kï^lv, il y :.'paud des vapeurs qui ont Icileur du phosphore *.

VIII. L'amalgame du mercure avec l'arsenic s'opère facilement en tenant pendant quelques heures les deux métaux surlefeu,etena-itant continuellement le mélange. L amalgame est gris, et 11 consiste en cinq parties de mercure et une partie d'arsenic *.

IX. On peut amalgamer le mercure avec le teUure par trituration.

X On peut produire aisément l'amalgame du mercure avec le potassium et le sodium, soit par la chaleur, soit même en se bornant a mettre les deux corps en contact. Il v a grand dé-a-ement de chaleur pendant la combinaison. L amaWame Vt solide, à moins que la proportion d.ipotassnim et du sodium soit très-faible. Cet amalgame cristallise , il ^st dune couleur blanche comme celle du mercure. Le potassium et le sodium sont promptement convertis en alcalis, a

l'air ou sous l'eau ^. , i - n-

XI Le mercure a été amalgame avec les bases métalliques des terres alcalines par Seebeck, Berzelius et Davy. Mais ces amalgames n ont point été examinés.

Nous ne connaissons pas les composés que le mercure peut former avec les bases des terres pures.

XII. Le mercure n'exerce point d^action sur le fer ,^ et c'est par cette raison que le mercure se conserve dans des vaisseaux de fer. Cependant ^L Arthur Aiken a reconnu que ces deux métaux peuveut se combiner entreux. l'our taire cet amalgame de fer, il triture ensemble de la limaille de fer et de l'amalgame de zinc , et il ajoute au mélange une dissolution de fer dans l'ackle hydrochlorique -, en pétrissant ensuite ce mélanine et en le chauffant, h fer et e mercure se combinent peu-à-peu , et prennent 1 éclat metalhque ^

XIII. Le mercure ne se combine ni avec le nickel, ni avec le cobalt, ou le manganèse. Oa ne conualt point l'action de ce métal sur le cérium et l'urane.

S'amalcame avec aiScuic.

Tellure.

Poissùara.

Fw.

' Ano. de Cliim. XIII, t^î.

' Pie.rçman. II, 281. . . j ^

i Gav-î.u^sHC et riiénar>l , Recherches physico-chimiaiies. 1. 222. i l'hiL Ma-. XIII, 416.

d36 combustibles simples.

Zînc. XIV. L'amalgame de ziîic fut examiné par Malouin. Le

procédé pour l'obtenir le plus facilement, suivant lui, consiste à mettre du mercure sur du zinc, chauffé de manière qu'il puisse charbonner le papier, mais non le brûler. La consistance de cet amalgame varie selon la proportion du zinc. Huit parties de zinc et une partie de mercure forment un composé blanc trés-cassant. Une partie de zinc et deux parties et demie de mercure forment un amalgame qui cristallise, lorsqu'après avoir été fondu on le laisse refroidir lentement. On se sert de cet amalgame pour l'excitation des machines électriques *".

Eisrr.uth. XV. Lc mcrcurc se combine aisément avec le bismuth , soit en triturant ensemble les deux métaux, soit en mettant deux parties de mercure chaud dans une partie de bismuth fondu. Cet amalgame, mou d'abord, se durcit par degrés. Il cristallise, lorsqu'étant en fusion , on le laisse refroidir lentement.

Lorsque la proportion du mercure excède considérablement celle du bismuth, l'anialgam.e reste fluide; il a la propriété de dissoudre le plomb et de le mettre aussi à l'état de fluidité. Ce fut Becchtr qni décri\it le premier ce fait intéressant, en annonçant qu'un mélange de trois parties de mercure, une partie de plomb et une partie de bismuth, forme un amalgame parfaitement fluide. Ce composé triple peut être passé à travers une peau de chamois sans éprouver de décomposition. Le mercure est quelquefois rendu impur, à dessein, par la présence de ces métaux; mais on découvre aisément cette supercherie, parce que, dans cet état, le mercure coulant fait, en terme d'ouvrier, /a queue; c'est-à-dire qu'en agitant une goutte de ce métal sur une surface plane,' cette goutte au -lieu de conserver la forme sphérique , adhère en partie à la surface, comme si elle n'était pas complètement fluide ou comme si elle était enveloppée dune pellicule mince.

riomb. XV^L Le mercure s'amalgame facilement avec le plomb ,

soit en le triturant avec de la limaille de ce dernier métal, soit en projetant du mercure dans le plomb fondu. L'amalgame est blanc et brillant ; etlorsque le plomb y est en propor-

* Il fut recommande la première fois pour cet usage par le docltur Higgins. Phil. Trans. 1778, p. 861.

tion suffisante, il prend la forme solide. Il est susceptible de cristalliser. Les cristaux sont composés d'une partie^de plomb et d'une partie et demie de mercure ^

XVII. Le mercure dissout très-facilement letaîn à froid; ^^'°' et ces métaux peuvent être combinés en toute proportion,

en mettant du mercure dans l'étain fondu. L'amalgame d'érain, lorsqu'il est formé de trois parties de mercure et d'une partie détain, cristallise eu cubes, suivantDaubenton ^maisainsique Sage l'a observé, en lames carrées grises brillantes, amincies sur les bords, et attachées l'une a l'autre de manière qu'elles interceptent entre elles des cavités qui sont des polygones.

On employé cet alliage pour l'étamage des glaces. On applique sur une table une feuille d'étain extrêmement mince et bien battue. On l'y étend avec une règle polie, arrondie du côté où elle presse l'étain; on recouvre ensuite de mercure la surface de cette feuille, que l'on tamponne avec soin jusqu'à ce que les deux métaux soient incorporés. On fait alors glisser une glace sur l'amalgauie , et on l'y maintient au moyen de poids; l'excès du mercure s'écoule, et dans trèspeu de temps la feuille étamée adhère à la glace et la convertit en miroir ^.

XVIII. Le mercure n'agit que faiblement sur le cuivre , ^'^^"^ qu'il ne dissout pas à froid; mais si l'on fait passer avec précaution un petit filet de cuivre en fusion dans du mercure chauffé jusqu^au de^ié voisin de celui de son terme d'ébullition ,

les deux métaux se combinent et forment un amalgame blanc d'une consistance peu solide ^. Boylc indiqua pour la préparation de cet amalgame, un procédé qui réussit très-bien. Ce procédé consiste à triturer ensemble deux parties de mercure, deux parties et demie de vert de gris et ur^e partie d'hydrochlorate de soude, avec un peu d'acide acéteux. On tient pendant quelque temps ce mélange sur un feu doux, en le renmant continuellement, et en remplaçant l'acide à mesure qu'il s'évapore. On lave alors famalgame et on le coule en moule, il est d'abord presque flnide ; mais au bout de qi

îuei-

' Académiciens de Dijon.

^ AVatson's chem. Essais, p. 240. Le docteur Watson a rendu probable que Part de former des miroirs , en recouvrant te verre d'une plaque de mêlai, e'tail couuu des le premier siècle.

t ShaVsBoyle. I, S^l.

638 COM nUSTlBLES SIMPLES.

ques heures, il cristallise et devient entièrement solide '. On peut aussi former cet amalgame en plongeant des lames de cuivre dans une dissolution de mercure dans l'acide nitrique : la lame est aussitôt imprégnée de mercure. L'amalgame de cuivre est blanc , et tellement mou d'abord , qu'il est susceptible de recevoir les impressions les plus délicates; mais il se durcit promptement à l'air. 11 est facilement décomposé par la chaleur -, le mercure s'évapore et laisse le cuivre.

SECTION VII

De l'Argent.

1. T.'argent semble avoir été connu à peu-près en mêmetemps que l'or, qui fut probablement le premier métal em^ ployé par l'homme.

1 . L'argent est un métal d'une belle couleur blanche, insipide, inodore, qui, si on en excepte l'acier poli, ne le cède peut être pour l'éclat à aucun des métaux. Prcprietis. ^ j» ^^^ j^j^^g ^^^^^^ ^^^ j^ cuivrc, uîais plus dur que l'or; sa

pesanteur spécifique, lorsqu'il est fondu, est de io,474^? et de 10,5 10^ lorsqu'il a été fortement écroui.

3. L'argent ne le cède qu'à l'or en malléabilité. Il peut être réduit en feuilles d'environ 0^0020 d'épaisseur. Sa ductilité est égaleuient remarquable. Il peut être tiré en fils» beaucoup plus fins que les cheveux, et tels, qu'avec o'o65 d'argent seulement, ou |>eut en faire un fil d'environ 122 mè- Ires de longueur.

4. Sa ténacité est telle qu'un fil de ce métal de deux millimètres de diamètre peut supporter sans se rompre un poids de8^"o6^^

' Lewis, jycnnian's Chem. P. 65.

* Brisson et Hatchelt. Fahrenheit la porta à 10,481. Phil. Trans. ï;2J, vol.XXXïII^ p. Î14. J'ai trouve que la pesanteur spe'cifKfue <le l'argent fondu et refroidi lentement est 10,8946 ^ loi^sqnMI a subi l'action du tnarttau , eei te pesanteur devient 10,4777; et quand il est laniiné , elle est de 10, 'j8i2. Nicliolson's Jour. XIV, 397.

* Suivant Ikisson. Mnschenbroeck trouva que celte pesanteur spe'eitiqne de i'argeut écvoui était de ïo^5ooj Le^-vià la porta à 10,980. l^hil. Ce m i>. 540.

V Am. Je Ciiim. XXV, o-

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