‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 124 sur 136 · DE L OR · texte numérisé non relu

DE L OR

continuité, et tombe en une masse de couleur foncée, avec peu d'éclat métallique '.

XIX. L'alliage de l'or et du cuivre se forme aisément en Cui-.rê. fondant ensemble les deux métaux. On emploie beaucoup cet alliage , parce que le cuivre a la propriété d'augmenter la dureté de l'or, sans en altérer la couleur. En effet . un peu de cuivre rehausse cette couleur sans diminuer la ductilité du métal. Cet alliage étant plus fusible que l'or, on s'en sert comme soudure dans le travail de ce métal '. L'augmentation de dureté que le cuivre donne à l'or est, suivant Muschenbroeck, la plus grande possible, lorsque dans l'alliage de ces deux métaux, il entre sept parties d'or et une partie de cuivre '. Un alliage composé par M. Hatchett avec un vingt-deuxième de cuivre pur , était parfaitement ductile , et d'un beau jaune tirant au rouge. Sa pesanteur spécifique était i7,i5j; elle était inférieure à celle moyenne des deux métaux et, par conséquent il y avait eu expansion de leur volume. Il était avant l'union 2702, et après 2798; de sorte que 916 parties deux tiers et 83 parties un tiers de cuivre, au-lieu d'occuper l'espace de 1000, ce qui arriverait s'il n'y avait pas d'expansion, deviennent 1024 '^•

La monnaie d'or, sterling ou or au titre, consiste en or Mûi^cais d'or pur allié avec un douzième de quelqu'autre métal. Le métal employé est toujours soit le cuivre soit l'argent, ou un mélange de ces deux métaux, comme cela a le plus ordinairement lieu pour la monnaie anglaise. Or il paraît que lorsque for est mis au titre par un mélange à poids égaux de cuivre et d'argent, l'expansion est plus grande que si le cuivre entrait seul dans l'alliage ; quoique la pesanteur spécifique de l'or allié avec l'argent ne diffère que de très-peu de la pesanteur spécifique moyenne des deux métaux. La pesanteur spécifique d'un alliage d'or avec -^^ d'argent et ^ de cuivre était i7,344- Le volume des métaux, avant la com^

' Hatchett, sur les Alliages d'Or. P. 32. » Wasserberg. I, 11 2.

3 Jlnd.

4 Hatchett, furies Alliages d'Or. P. 66. L'or e'tait déjà allié ^vec I 7^ de cuivre; Vexpansion , i'or étant ptir, aurait été plus considérable ; car la pesanteur spécifique d'un alliage de 11 parties jj'or et de i partie de cuivre [ en supposant la pesanteur spécifique jje Torde 19,3, et celle du cuivre de 8,9) serait, par le calcul, 17,58, ^i la pesanteur réelle n'est que de 17,157.

biiiaison, était 2700, et après, 2767 ', on voit, par les expériences de M. Hatchett, que le frai de notre or au titre est moindre que celui de l'or pur, ou de l'or mis au titre par tout aulre métal que l'argent et le cuivre ; et que les empreintes sur cet or au titre se conservent mieux que sur l'or pur. Cet or au titre est donc celui qui convient le mieux pour le monnoyage. Avec 3^3^' (pound-troy) d'or au titre, on peut frapper 44 gainées et demie.

Mercure. XX. L'amalgame d'or a facilement lieu en vertu de l'affinité très-forte qui existe entre les deux métaux. En plongeant un morceau d'or dans du mercure , sa surface se combine avec ce métal et devient aussi blanche

* Les premières Ruinées inonnoyées furent mises au titre avec Targent. Depuis on ajouta du cuivre pour supple'er à l'insuffisance de l'alliage; et comme la proportion de l'argent et du cuivre varie, la pesanteur spécifique de notre monnaie d'or varie aussi.

La pesanteur spécifique de l'or mis au titre par l'argent est. 17,927

Cuivre J 7» ' ^7

Argent et cuivre ï 7)344

Les essais de'^T. Hatchett, sur la pesanteur spe'cifique de nos monnaies sous les difFérens règnes, offrent les re'sultals suivans :

B.ègoes. Dates, pesant, spéc.

Charles II pièce de cinq guine'es. .. . 1681 17,8-25

Jacques II pièce de deux guine'es 1687 175634

Guillaume III. pièce de cinq guine'es 1701 i/^ï^

Georges I .j- de guine'e 1718 16,^94

Georges II uneguine'e 1785 17)637

— — pièce de deux guine'es.. .. 1740 1 7)848

Georges III.,.. uneguine'e ^'■6l 17)737

uneguinée 1766 1 7,655

' uneguinée 1774 ^ 7)726

uneguinée 1775 17)698

uneguinée 1776 17,486

~~~ uneguinée 1777 i7,75o

uneguinée 1782 17,20a

— uneguinée 1786 i7;465

; — uneguinée 1788 17,4 '8

• pièce de cinçj guinées 1793 i7>7i3

dix demi-guinées 1801 17,750

i5 pièces de 7 schellings* 1802 ^7)793

♦ Fo supposant que les guinées , demi - guinées et les pièces ''e sept srhellin^s soient fabriquées avec le même métal, il y a lieu de s'attendre (dans un total comparatif donné de chacune) à uue^augmeiitation de pesanteur spécifiqi;e dans les pièces plus petites, comme devant naturellement résulter des effets du laminoir, du poinçon, du recuit , de la formation , du cordon et de l'empreinte ; effets qui deviennent plus sensibles ea proportion du nombre des petites pièces nécessaires pour former un total donné de pièces plus grandes.

Le faux de la pesanteur spécifique de lamonH*ie d'or anglaise, peut être actuellement estiir.é à 17,724.

DE l'or. j63

que largeiit. Le moyen le plus facile de former cet amalgame est de jeter de petits morceaux d'or rouge de fm daus du hiercure chauffé jusqu'à ce qu il commence à fumer. On De peut guères déteruiiner les quantités relatives d'or et de mercure, parce que ces métaux se combinent eu toute proportion. Cet amalgame est d'un blanc d'argent. En le lai -^ saut passer à travers une peau de chamois , l'excès de mercure est séparé; on a un amalgame blanc, mou, qui devient solide par degrés, et qui consiste dans environ une partie de mercure et deux parties d'or. Cet amalgame fond à une température peu élevée; et à une chaleur au-dessous du rouge, le mercure s'évapore et laisse l'or à l'état de pureté. Ou fait un grand usage de cet amalgame pour la dorure. On fétend sur le métal qu'on veut dorer, et par l'application d'une chaleur modérée et égale , on en chasse le mercure, et l'or reste adhérent à la surface métalhque. On frotte alors cette surface sous l'eau avec une brosse de fil de laiton, et ensuite on la brunit ^

XXI. Humbert s'est assuré qu'eu tenant ensemble en fu- Argent. sion l'argent et l'or, ces métaux se combinent et forment un alliage composé d'une partie d'argent et de cinq parties d'or. Après avoir tenu ensemble en fusion pendant uu quart d'heure parties égales dur et d'argent, il trouva, en cassant le creuset, deux masses dont la partie supérieure était de l'argent pur , et la partie inférieure la totalité de l'or combiné avec uu sixième d'argent. On peut néanmoins fondre l'argent avec for dans presque toutes proportions ; et en prenant les précautions couveuables, les deux métaux restent combinés ensemble.

L'aUiage de for et de fargent est plus dur et plus sonore que l'or. La dureté de cet aUiage est à son maximum lorsqu'il contient deux parties d'or et une partie d'argent *. La densité de ces métaux est un peudimijiuée^, et la couleur de For est altérée, lors même que la proportion de l'argent est faible : une partie d'argent suffit pour blanchir sensiblement vingt parties d'or. La couleur est non-seulement pâle , mais elle a aussi une teinte verdàtre très-prononcée, comme si la

' Gellert's métallurgie Cheraistry, 375: et Lewis, Phil. Com. p, ^S,

' Muschenbioewk

Mlalchelt.

lumière réfléchie par l'argent traversait une couche trés-mince d'or. L'alliasse de l'or et de l'argent étant plus fusible que l'or on l'emploie pour souder ensemble des pièces de ce dernier métal.

SECTION II

Du J? latine.

Le métal, dont nous venons de traiter, a été connu dès \qs premiers siècles -, et on en a toujours fait un grand cas à raison de sa rareté, de sa beauté, de sa ductilité et de son indestructibilité. Mais le platine, quoiqu'inférieur à l'or peutêtre dans quelques-unes de ces qualités, et qui le surpasse de beaucoup dans d'autres , était inconnu en Europe, comme métal distinct, avant ij49'^-

* Corlinovis a essayé de piouver que ce métal était Vélectnim des anciens. Annales chimiques de Brugnatelli^ lyQ''- O" '^^ peut révoquer eu doute que Velectrum des anciens ne fut un métal, et même un métal très-précieux. C'est ainsi qu'en parlent les anciens écrivains , et Homère particulièrement. Ces deux vers de Claudien suffiraient seuls pour le prouver :

Atria cinxit ebur , trabibus soUdatur ahcnis Culmerif et in cehas suigunt electra columnas.

Pline, en décrivant Velectrum , dans son Histoire naturelle, nous apprend que c'était Tine composition d'or et d'argent 5 et qu'à la lumière d'un flambeau, il brillait avec pins de splendeur que l'argent. Les anciens en faisaient des coupes, des statues et des colonnes. Or, si c'eût été notre platine, n'est-il pas bien extraordinaire qu'aucune trace d'un métal qui a dû être assez, abondant, ne se soit retrouvée dans aucune partie quelconque de l'ancien continent?

Conjuie le passage de Pline, sur Velectrum , offre sur ce métal le détail le ydus complet qu'on puisse trouver dans tout autre ouvrage ancien, nous le rapporterons ici littéralement, afin que chacun puisse être à même déjuger si la description qu'il en donne est applicable ou non au platine des modernes.

Omni auro inest argentum varia pondère. Ubicumque quinta ar~ genti por'.io est, e\eclTum vocatur. Scrobes ece reperiuntur in Canaliensi. Fit et cura elcctrum urgento addito. Qund si quintain portionem ercessit incuilibus non restitit. Ei electro autoritas , liometo teste , qui AJetielai regiani aum , electro, argento , ebore fulgeretradit. Minervœ templum Iiabet Lindoi> insulœ lihodiorum in que Helena sacrai'it cakcem ex electro --'EUctn nalura est ad lucernàrum lumina clarius

DU PLATINE. 56b

I. On ne l'a encore, jusqu'à présent, trouvé qu'en Amé- Hhioire rique, dafls le bailliage de Choco au Pérou, et dans la mine ^"^ p'^i'^ede Santa-Fé, près Carthagène. Vauquelin Fa découvert, en i8oô, dans les mines d'argent de Guadalcanal, dans la province d'Estramadure, en Espagne'. H y a lieu de croire que les ouvriers des mines de l'Amérique avaient eu dès longtemps connaissance de ce métal; puisqu'il a été parlé, quoique d'une manière peu claire, de quelques-unes de ses propriétés, par des écrivains du seizième siècle. M. Charles Wood, essaveur à la Jamaïque, le trouva dans les Indes Occidentales vers l'an ly^i^el il en donna quelques échantillons au docteur Brownrigg, qui les présenta à la Société ro^^ale en 1760. Don Antonio de Llloa, mathématicien espagnol, qui avait accompagné en 1735, au Pérou , les académiciens français qui y avaient été envoyés pour la mesure d'un degré du méridien, avait parlé dès 1 748 , dans la Relation de son voyage, de ce métal, sur lequel M. Wood publia un mémoire dans le quarante-quatrième volume des Transactions philosophiques pour les années 1749 et 1750. Le docteur Lewis* commença en 1749, sur ce métal, une série d'expériences qui furent publiées dans quatre mémoires insérés dans les Transactions philosophiques pour 1704 , et dans deux autres depuis -, les résultats de ces expériences en démontraient la nature particulière et les propriétés remarquables. Il parut, en 1752, une dissertation du suédois Scheffer sur le même sujet, dissertation remarquable par sa précision, si l'on considère la petite quantité de mine sur laquelle il put opérer, et qui n'excédait pas deux grammes et demi. Les expériences de Lewis furent répétées, et il y fut fait plusieurs additions intéressantes par Margraff, en 1707^. Les différens mémoires dans lesquels il était rendu compte de ces travaux ayant été traduits en français, ils éveillèrent l'attention des chimistes de ce pays, et portèrent d'abord Macquer etBauraé^, puis bientôt après

argento splenâere. Quod est natwuni et venena dcprehendit. JVamque (liscurrunt in calicibus arciis ccelestihus similes cum igneo stndore et gemind latioue prœdicunt. Lib. XXIII , cap. 4-

' Ann de Chim. LX, 317.

=• Phil. Trans. XLVllI , 638; et L, 148. On trouve aussi dans le Phil. Com. p. 443, un exposé complet de toutes les expériences faites sur ce métal avant i-jôS.

2 î^.Iém. Berlin. 1707, p. 3i^ et MargrafTs Opus. II, 226.

^ Mém. Par. 1758. P. iig.

566 COMBUSTTÊLES sniFLE!";.

Buffon , Tillet, Morvean \ Sickingen^, Bergman^ et î-a^ voisi«^r% a s occuper d'expériences sur le platine; et plus récemment encore, Mussiu-Puscbkiu^ Morveau^ et plusieurs autres chimistes distingués ont ajouté beaucoup de faits nouveaux à la connaissance que nous avions de ce minéral ; mais les expériences de Berzelius^ et d'Edmond Davy^ sont celles qui ont le plus étendu nos connaissances sur les combinaisons (iu lilatine.

Purification; Le platine brut vient d'Amérique sous la forme de paillettes lenticulaires ayant l'éclat de l'argent. Dans cet état , il est t^è^-impur, puisqu'il no contient pas moins de neuf autres métaux, mécaniquement mêlés ou cbimiquement combinés ; mais fin îie!Jî l'obtenir à-peu-près pur de la manière suivante. On fait dissoudre les grains de platine dans de l'acide hydro- Ciiloro-nitrique concentré, en chauffant aussi peu que possible. Après avoir décanté la dissolution de dessus la matière noire qui résiste à lact ion de l'acide, on y verse une dissolution d'hydrochloraîc d'ammoniaque, lise foruie un précipité de couleur jaune orangé. On lave ce précipité; et lorsqu'il est sec. on le fait chauffer lentement jusqu'au rouge dans un creuset de porcelaine. La poudre qui reste dans le creuset est le platine presque pur. En la dissolvant de nouveau dans l'acide bydrochioro-nitrique, et en U traitant de la même manière, on obtient le métal encore phis pur. En chauffant au rouge ces grains enveloppés dans une plaque mince de platine , et en les soumettant avec précaution à l'action du marteau , ils s'unissent, et le tout se forme en un lingot ^.

Prcpriéiés. j . Lc rlitinc ainsi obtenu est d'une couleur ^° semblable à

' Journ. de Phys. Ilî , 234.

= niclionnaire de IVÎacquer.

3 Opu;-c. II. i66.

^ Ann. de Chim. V, i3"^.

5 Jbid. XXIV, 2o5.

^ JbùJ. XXV, 3.

- lùid. LXXXllI, 1(5;.

* î'hil. Mag. XL, 27, 209, 2G3 , 35o.

9 Iùid.XXl, 175.

'" C'est à cette couleur qu'il doit son nom. PLata signifie en espj gnol « argent » . et on l'avait appelé platinn « petit argent » . Bergman changea cette dénomination dans celle ùe plntimun. afin qu'elle e\U la lermimiison et le genre des noms que les Latins avaient do:int'S ^1 tous les m* taux. Celui-ci avait cependant clé appelé p/ir/j//K'K îcn;;^tenips auparavant , par Linnee.

celle de l'argent, mais d'un blanc moins clair vil n'a iii saveur

ni odeiic. „ , . j .

2. Sa dureté tient le niilieu entre celle du cuivre et du ter. Sa pesanteur spécifique, lorsqu'il a été réduit par l'hydrochlorate d'ammoniaque, à l'aide de la chaleur, est 2147. Lorsqu'il a été écroui, elle a pu augmenter d'un trois cent cinquantième-, de manière que sa pesanteur spécifique est, au /7Zff:r//7zz//7î, de 2i,53i3 *. ^ .

3. II est extrêmement ductile et malléable. Il peut être réduit par l'action du marteau, en feuilles très-minces, et tiré en fils de o,oo3 de millim. de diamètre. Sous les rapports de la ductilité et de la malléabilité, il est probablement inférieur à l'or; mais il semble surpasser, dans ces propriétés, tous les autres métaux.

4. Sa ténacité est telle qu'un fil de ce métal de 2 miUim. dé diamètre , est capable de supporter, sans se rompre , un poids de i24"'6c)o*.

5. C'est un des plus infusibles de tous les métaux. Macquer et Baume en ont fondu de petites portions au chalumeau , et Lavoisier , en les exposant sur un charbon rouge de feu à un courant de gaz oxigène ^ 11 peut être fondu sans difficulté lorsqu'il est combiné ou mêlé avec d'autres corps; mais alors il n'est pas à l'état de pureté. Des morceaux de platme, chauffés au blanc, peuvent être soudés ensemble par l'action du marteau, de la même manière que le fer chaud.

6. L'air et l'eau n'ont aucune espèce d'action sur ce métal. IL On ne peut le combiner avec l'oxigène et le convertir

en oxide par la chaleur la plus forte de nos fourneaux, lorsqu'il est pur; mais dans l'état où il nous vient d'Amérique, et dans lequel il est combiné avec une certaine quantité de fer, il peut être en partie oxidé lorsqu'on l'expose à un violent degré de chaleur, ainsi que cela a été prouvé par un grand nombre d'expériences. On ne peut pas douter, cependant, qu'on ne parvînt à le brûler et à l'oxider de la même manière que les autres métaux, s'il nous était possible de produire un de-ré de chaleur suffisant pour opérer sur Im cet eifet: car

* Docteur WollasloB.

* ^]or\ eau, ^nn. de Chim.XXY, 9. , j i

3 Le docteur Clarke parvint, avec son chalumeau a gaz hvdro^éne €t oxigène , à fondre des morceaux de platine du poids d environ 6''5.

S'ojids.

Van-Mariim ayant soumis àl'action de sa puissante machine électrique un fil de ce métal, il brûla avec une flamme blanche peu vive , et fut dispersé en une espèce de poussière qu'on reconnut être l'oxide de platine. J'en ai également fait brûler un fil avec tout l'éclat d'un fil de fer et avec émission abondante d'étincelles, en le plongeant dans la flamme produite par la combustion d'un mélange de gaz hydrogène et oxigène. On ne connaît, jusqu'à présent, que deux oxides de platine. \ue protoxide est tzozV, mais le peroxide est d'un brun foncé ou gris, Frefox'de. I. On pcut obtenir le protoxide en versant une dissolution neutre de mercure dans une dissolution étendue d'hydrochlorate de platine dans l'eau chaude. Il se précipite une poudre dense, dont la couleur varie du brun foncé au jaune, et quelquefois au vert olive. Cette poudre est un mélange deprolochlorure de mercure et de protoxide de platine. llfaCt, après avoir lavé et fait sécher avec soin le précipité, l'exposer à une chaleur suffisante seulement pour volatiliser le protochlorure : ce qui reste est une poudre d'un noir foncé , ou le protoxide. Eu chauffant au rouge environ six grammes de ce protoxide, il s'en dégage deux cent centitnètres cubes de gaz oxigène, et le protoxide est réduit à l'état métallique. Lorsqu'on chauffe ce protoxide avec du noir de fumée, il se dégage la même proportion d'acide carbonique , et il est réduit à l'état métallique, IM. Cooper, à qui nous sommes redevables de la découverte de cet oxide, trouva qu'il pouvait être chaîiffé fortement en état de mélange avec le flux des émailleurs, sans être réduit; et en conséquence, il le considère comme une addition précieuse aux couleurs des émailleurs*. Il suit des expériences qui précèdent que le protoxide de platine est composé de

Platine . . too

Oxigène 4,423

Ainsi un atome de platine doit peser 22,620, et un atome du protoxide de ce métal 23,626.

Peroxide 2. Lc pcroxidc de platine paraît être un composé de r

atome de métal et de 3 atomes d'oxigène, ou un tritoxide. Il n'a point encore été publié de détails exacts à ce sujet j mais

Royal Institution Journal. III, 119.

M. Edmond Bavy s'est assuré qu'en traitant son platine fulminant avec l'acide nitrique , et en chauffant avec ménagement, il reste uQOxidegris que, d'après ses expériences, il considère comme étant formé de

Platine 100

Oxigène 11 ,86

Berzelius essaya de se procurer le peroxide de platine en opérant de la manière suivante. Il décomposait Ihydrochlorate de platine par de l'acide sulfurique ajouté avec excès. Il se débarrassait de cet excès parla distillation, et il décomposait le sulfate de platine par la potasse caustique ajoutée en léger excès. Le peroxide se sépare sous la forme dune poudre volumineuse , d'un brun légèrement jaunâtre. Lorsqu'on chauffe cette poudre , elle devient d'un brun foncé, presque noire, et elle abandonne de l'eau. Lorsque le peroxide de platine est chauffé à une température élevée, il est réduit à l'état métallique en abandonnant du gaz oxigène. Il se dissout dans les alcalis fixes, soit caustiques, soit à l'état de carbonates. Il se combine également avec la chaux, la strontiane et la barite. C'est cet oxide qui constitue la b^ise des sels de platine ' . Il contient, suivant les expériences de Berzelius, deux fois autant d'oxigèue que le protoxide *, il est donc composé de

Platine 100

Oxigène 16,494

Le terme moyen des résultats de Berzelius et d'Edmond Davy, serait i4,i;7 pour foxigène dans le peroxide. Or ce terme ne diffère pas beaucoup de 13,^.69 , qui représente la quantité d'oxigéne qui serait nécesbaire pour former un Iritoxide.

III. Le platine ne s'allume pas dans le gaz chlore, mais il chu s'imbibe lentement de ce gaz, ce qui le convertit en un chlorure. M. Edmond Daw, qui nous a fait connaître le premier tous les faits concernant cette combinaison, est dans l'opinion quil V a deux chlorures de platine. Le protochlorure est soluble dans l'eau , et il n'a pas été beaucoup examiné. \,^ per chlorure est une poudre insoluble; mais son existence n'a pas été bien clairement démontrée^.

' Berzelius; Lnrbok i Kemien. II . 422. « Phii. Mag. XL, 271.

Byo COMBUSTIBLES SIMPLES.

Perchiorure. Poui' obtenir cc chloriire de platine à l'état de pureté, on le fait bouillir dans l'acide hydrochlorique concentré, en y ajoutant au besoin un peu d'acide nitrique. Après avoir évaporé la dissolution à siccité, et avoir fait alors digérer le résidu dans un peu d'acide bydrochlorique, qu'on eu chasse également, on chauffe avec précaution la masse desséchée jusqu'à une température approchant de la chaleur rouge ; et on la fait bouillir ensuite avec une quantité considérable d'eau. En la desséchant alors de nouveau, on a le chlorure pur de platine.

Sa couleur est d'un brun olive foncé ou verte. 11 est rude nu toucher; mais il n'a ni odeur ni saveur. ]1 rst inlusible. Il ne paraît pas ah érable à fair, et il se dissout à ppinc dans l'eau. Chauffé au rou^^e, le chlore en est dégagé et le plafine pur reste. II est légèrement soluble dans facide hydri>chlorique bouillant, mais les acides nitrique, sulfuric|ue, phosphoriqne et acétique ne faltacnient pas. Lorsqu'on le fait bouillir dans une lessive de pota^^se , ofi obtiesU une poudre noire mû abandonne à-la fois, parla chaleur, del'oxigèue et du chlore \ En le chauffant avec le soufre ou le phosphore, il se produit des chlorures de soufre et de phosphore, et des sulfure ou phosphure de platine. Suivant Edmond Davy, la composition du chlorure de platine est de

Platine loo ou près de 12,1 25

Chlore 37,93 ou 4,5

On voit, par celte analyse , que ce chlorure est formé de i atome platine H- 2 atomes chlore. Le chlorure soluble, si cesf en effet un chlorure distinct, doit être \q protochlorure.

Page 1