‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 131 sur 136 · XIV. L'union de l'antimoine et du fer par fusion , est fa · texte numérisé non relu

XIV. L'union de l'antimoine et du fer par fusion , est fa

» Hatchett, sur les Alliages de l'or,

^ Lewis, Plxil. Com. P. 5-2 t.

3 Métallurgie Chemislry. P. i36.

^ Lewis , Neuman's Chcmistry. P. i3i.

^ Wallerius.

* Métallurgie Chemistry. P. i^i.'

7 Gellert, P. i3C.

Avec le mercure

Avec le fer.

DE l'antimoine. 6i I

cile ; elle forme ud alliage blanc, dur, cassant , dont la pesanteur spécitique ebt moindre que celle moyenne des deux méteux. La vertu luagnétique du fer est beaucoup plus dimiDuée par son ail: âge avec l'antimoine, que par son union avec le plus grand n- mbre des autres métaux ^ On peut également former cet alliage en loudatit ensemble, dans un creuset, deux parties de sulfure d'antimoine et une partie de fer. On appelait autrefois cet alliage régule martial.

XV. Laliiage d'antimoine et d'étain est blanc et cassant. ^"'^^ ^'^'^*'° Sa pesanteur spécifique est moindre que celle des deux métaux pris séparément -. On emploie cet alliage à différeus usages, et particulièrement pour faire les planches à graver

la musique ^. Souvent aussi il constitue prÎAcipalement la composition des potiers d etain.

Thenard a fait connaître une propriété remarquable de cet alliage. Lorsque sa dissolution dans facide hvdroclilorique est étendue d'eau , les deux métaux sont précipités en totalité ''.

XVI. En fondant ensemble l'antimoine et le plomb en pro- '^'«^isp'o"^' portions égales , on a un alliage cassant et poreux ; avec 3 parties de ])lomb et une partie daîitimoine , r.ili^ge est compacte, malléable, et d'une bien plus grande dureté que

le p omb. L'alliage de 12 parties de plomb et d'une partie d'antimoine est très-malléable et beaucoup plus dur que le plomb ; et enfin , falliage ne diffère du plomb que par sa dureté, lorsqu'il est formé de 16 parties de plomb et d'une partie dantimoine ^ Cet c.lliage sert à faire les caractères d'imprimerie. Sa ténacité est très-considérable^, et sa pesanteur spécifique plus grande que celle moyenne des deux métaux 7.

XV IL L'antimoine forme avec le zinc, par fusion, un -^^«^î-^-'^<^ alliage dur, cassant, de couleur d'acier, dont la pesanteur spécifique est moindre que celle des deux métaux pris séparément ^.

' GeUert. P. i36.

' Fourcroy. VI, 25.

4 Gmelin, Ann. de Chim. VIII, Sig.

* ^hischenbroeck.

^ Gellert. P. i36.

7 Jhid.

• Ann. de Chim. LV, p. i36.

Histoire.

6l3 COMBUSTIBLES SIMPLES.

XVIII. Les alliages que l'antimome forme avec le nickel , le cobalt , le manganèse , le cérium et i'urane ne sont pas connus.

BijmHth. XIX. L'alliage de Fanlimoine et du bismuth est cassant.

Potassium. XX. Loi'sque l'antimoinc est chauffé avec le potassium , ces métaux se combinent avec une grande énergie ; l'alliage devient rouge de feu au moment de l'union. Cet alliage est cassant, un peu moins blanc que l'éîain , et il n'est pas très-fusible. Il se détruit très-promptement à l'air et en contact avec l'eau ^

L'antimoine peut s'unir à-peu-près de la même manière avec le sodium. L'alliage a les mêmes propriétés ^.

SECTION IL

Du chrome.

Lehman donna, dans une lettre qu'il écrivit à Buffon, en 1766, la première description d'un minéral d'un beau ronge, avec une nuance de jaune, cristallisé en prismes quadrilatères, qui se trouvait dans la mine de Beresof, près d'Ekaterimbourg en Sibérie. Ce minéral, connu sous le nom de lîiine de plomb rouge de Sibérie , était employé en peinture; il est devenu extrêmement rare et cher. Il fut examiné bientôt après parPallas, qui le considéra comme un composé de plomb, d'arsenic et de soufre. Macquart, qui avait été envoyé , en 1^83 , en expédition miuéralogique dans le nord de l'Europe , en rapporta un certaine quantité à Paris, où il en fit l'analyse conjointement avec Vauquelin, en 1789. Ces chimistes annoncèrent que c'était un composé d'oxide de plomb et de fer. De son côté , Bindheim , de Moscou , assurait y avoir trouvé le plomb , l'acide molybdique et le nickel. C'est cette discordance dans les résultats des analyses, qui porta Vauquelin, déjà maître consommé dans l'art d'analyser les minéraux, à faire, en 1797 ^ , de nouvelles recherches sur celui-ci, et il trouva que c'était une combinaison d'oxide de plomb et d'un acide avec une base métaUique , qui n'avait point encore été examinée. En chauffant très-

' Gay-Lussac et Thcnard, Recherches phy sic o- chimique s. I, 219.

» Jbul. P. 244.

? Ann. de Chirn. XXV, 21 et 194.

DU CHROME. 6l3

fortement cet acide dans un creuset de charbon, il ie réduiSt en un métal auquel il donna le nom de chrome *. Les expériences de Yauquelin ont été répétées et confirmées par Klaproth *, Gmelin ^ et Mussin-Piischkin '^.

Richter parvint aussi à réduire le chrome à l'état métalh'que, et à reconnaître quelques-unes de ses plus importantes propriétés ^ . Yauquelin a publié un second mémoire sur le chrome, dans lequel il examine les propriétés de l'acide chromique, et décrit plusieurs de ses combinaisons ^, et Berzelius s'est occupé des recherches de la composition des oxides de ce métal ^.

La préparation du chrome consiste à calciner, pendant quelque temps, dans un creuset, uu mélange de deux parties du minéral appelé chromate defervéàvài en poudre, et d'une partie denitrate dépotasse. On laitdigérer la masse dans l'eau, on sépare le liquide, et le résidu est traité avec l'acide h^drochlorique. On décante promptement la dissolution acide, et le résidu, qui est le chromate de fer, non décomposé, est calciné denouveau avec son poids de nitrate dépotasse, et traité ensuite comme après la première calcination. Lorsque la mine est complètement décomposée, on réunit les dissolutions aqueuses qui contiennent loxide de chrome, on les sature avec l'acide nitrique etonles fait cristalliser. On dissoutalorsle sel dans l'eau, et on ajoute à cette liqueur une dissolution de nitrate de mercure avec aussi peu d'excès d'acide que possible. II se forme un précipité rouge , qui consiste dans l'acide chromique combiné avec le mercure. Après avoir bien complètement lavé ce précipité, on le fait chauffer dans une cornue de terre. L'oxide de chrome reste à l'état de pureté. Piichter obtenait le métal en soumettant uu mélange d'oxide de chrome

' De >-t'xu.x, à cause de la propriété qu'il a de colorer d'une manière remarquable d'autres corps.

* Crell's Annals. 1788. I , 80. Klaproth examina la mine de plomb rouge par suite de l'analyse de Eiodheim. Ses expériences le portèrent à conclure que l'acide métallique, combiné avec le plomb, n'était pas l'acide mohbdique, mais celui de quelque nouveau métal inconnu L'échantillon qu'il avait de ce minéral étant trop peu considérable, il ne lui fut pas possilile de pousser plus loin ses recherches ^ ce fut dans ces entrefaites que Vauqueiin publia ses expériences.

3 JLid. 1799. 1, 275.

< Ihid. 1798.1,355, etc.

5 Gehlen's Journal. V, 35 1.

^ Ann. de Chim. LXX, 70.

" Annals of Philosophy. III, ici.

6l4 COMBUSTIBLES SIMPLES.

et de charbon à une chaleur intense dans un fourneau de porcelaine. Il trouva que c'était le charbon du sucre dont l'emploi convenait le mieux pour cette préparation.

propriétés. J. Le chrome est d'un ] lauc qui tient le milieu entre la couleur de Pélain et de 1 acier. Sa pesanteur spécifique n'est que de 5,90. Il est -extrêmement cassant et susceptible de piendre \m beau poli. Suivant les observations de Richter, ce uiélal jouit des propriétés magnétiques;, mais dans un degré inférieur au fer,au nickel et au cobalt '.Richter a reconnu que le chrome ne se dissolvait ni dans l'acide nitrique, ni dans l'acide hj^drochlorique, même à la température de l'ébullition; mais l'acide hydro-chloro-nitrique le convertit lentement en hydrochlorate de chrome.

Le chrome exige pour se fondre une température trèsélevée ; mais on n'eu a pas précisément déterminé le degré. Richter parvint à le fondre en petits grains dans un fourneau de porcelaine.

S'oxiJe. II. Le chrome ne s'altère point à l'air; mais lorsqu'il est chauffé, il se convertit par degré en oxide. On ne s'est point assuré si l'eau lui fait éprouver quelque changement. Le chrome paraît pouvoir se combiner avec l'oxigène en trois proportions différentes, formant ainsi trois oxides, le vert, le bn/n et le jaune , ou acidt: chromiqne.

protoxicie. j . Lc protoxidc, ou oxide vert de chrome, s'obtient par le procédé que nous avons décrit pour la préparation du métal. On peut le former également en chauffant l'acide chromique en vaisseaux clos*, l'oxigène se dégage et l'oxide vert reste. Lorsque cet oxide est précipité de sa dissolution dans les acides , il est d'un gris foncé, et contient de l'eau, dont cependant on le sépart^ aisément par la chaleur. Il se dissout facilement dans les acides; mais lorsqu'on l'expose à une chaleur, même au-dessous du rouge, il entre en ignition, diminue de volume et devient d'un beau vert clair. 11 est alors entièrement insoluble dans les acides; cependant il n'a rien perdu de son poids ^.

Denioxide. 2. Lc déutoxidc , OU l'oxidc brun j tienf le miheu entre l'oxide vert et facide chromique. Mussin-Puschkin décrivit le premier cet oxide , qu'il compare à l'oxide brun de fer ^.

' Gehleo's Journal. V, 09 ».

=> Berzelius; Annals of Philosophy. Illj io5.

,5 CreU's Annals. 1798, II, 445.

DU CHROME. CiD

n a été depuis plus particulièrement examiné par \ auqiielin. On|^»eut lobtenir en dissolvant le protoxide de chrome dans l'acide nitrique , en évaporant à siccitéla dissolution, et en chauflant la masse desséchée jusqu'à ce qu'elle cesse d'exhaler des vapeurs nitrenses. Il reste une poudre brune , brillante, qui est à peine soluble dans les alcalis, et qui ne se dissout pas du tout dans les acides. Cette poudre ciant chauffée avec l'acide h^^drochlorique, il y a dégagement de chlore et conversion du deutoxide en protoxide ; d'où l'on voit que ce dernier oxide contient moins d'oxigène que le deutoxide.

3. L'acide chromique est d'un rouge foncé, avec saveur stiptique et métallique. Il est soluble dans i"eau, et cristallise difficilement en petits cristaux d'un rou^e de rubis, qui absorbent lentement 1 humidité de l'air. Cet acide est transformé en oxide vert par l'acide hydrosulfurique, l'acide sulfureux, le protoxide de fer , le protoxide de cuivre et le protoxide detain. Il forme, par sa combinaison avec les différentes bases, des sels appelés chromâtes.

D'après les expériences de Berzelius, il paraît que la composition des chromâtes de plomb et de barite est, savoir ;

CJiromate de plomb»

Acide chromique. . . . loo. . . 6^547 Protoxide de plomb.. . 2i5,84i. i4

Chromate de barite.

Acide chromique. ... 100 ... . 6,54 1 Barite * . . . 149,066. . 9,750

On voit, par ces analyses, que le nombre équivalent pour l'acide chromique est 6,544* On peut donc prendre sans erreur sensible 6,5 pour ce nombre. BerzeUns pense que l'acide chromique contient deux fois autant d'oxigène que l'oxide vert de chrome, et que 3 1,0 d'acide chromique consistent en 24^14 d'oxide vert -H 7,86 doxigène "*" : doù il suit que l'acide chromique est formé de

Chrome.. . . 16,78. .. 100 . . 5,5

Fer 14,72» • • ^7^1'^' • ^^^^

* Anaals of Philosophy. III, io3.

AnJe chiomi^u;

6l6 tOMBUStlfeLÈâ SiMPLÉS.

On peut conclure des nombres de la dernière coloDtie^ «qu'en considérant comme exactes les expériences de Berzelius , l'acide chroniique doit être composé de i atome de cbrome et de 3 atomes d'oxigène , et le poids d'un atome de chrome sera :J,5. Si le protoxide de chrome ne contient que h moitié de l'oxigène dans l'acide chromique,il doit être composé de 2 atomes de chrome et 3 atomes d'oxigène, et son poids ^e^a 10. La composition du deutoxide est encore inconnue*

Les autres propriétés du chrome n'ont point été examinées.

SECTION III

Du Molybdène,

Hisbirs. Le mot grec fAoXuQêuivet , traduit en latin par plumbago ^ sen)ble avoir été employé par les anciens pour désigner différens oxides de plomb ; mais les modernes l'appliquèrent indistinctement à toutes les substances dont les propriétés sont d'être légères, friables, de couleur foncée, douces et grasses au toucher, et de tacher les doigts. Schéele est le premier qui , ayant examiné avec attention ces divers minéraux, trouva qu'on avait confondu ensemble deux substances très-différentes. 11 appropria le vaolplumbago à l'une d'elles, qui est composée de Carbone et de fer , et que nous avons déjà décrite ; il appela l'autre molybdène.

Le molyi)dène est composé de particules écailleuses , adhérant légèrement les unes aux autres. Sa couleur bleue se rapproch ' beaucoup de celle du plomb. Par l'analyse qu'en fit Srhéele en 1778, il obtint du soufre et une poudre blanchâtre à laquelle il reconnut les propriétés acides, et qu'en conséquence il appela acide de molybdène^. Bergman présumant, d'après les propriétés de cet acide, que ce devait être un oxide métallique, il engagea Hielm, en 17^2, à entreprendre le travail et la suite d'expériences par lesquelles il réussit à obtenir de cet acide le métal auquel il donna le nom de molybdène ^.

Les expériences de Schéele, répétées depuis par Pelletier^,

* Schcele. 1 , 236.

* SciagraCe <le Bergman. Trad. angl. p. ig. ^ Jour. d« Phjs. 1785. Dccembre.

DU MOLYBDÈNE. OI^

llseman* et Heyer % furent non-seulement conruméfs eu tous points , mais encore celles faites par ces philosophes préseutèreul beaucoup de faits nouveaux qui ne laissèrent aucun doute sur la nature métallique de Tacide molybdique , quoiquà raison du très-violent degré de chaleur qu'exige la fusion du molybdène, ils n'eussent alors pu en obtenir que quelques parcelles à létat de métal. 11 fut examiné encore plus récemment par Hatchett, dont les expériences répandirent un nouveau jour sur sa nature ^. Nous sommes redevables à Bucholz de la dernière et non moins importante suite d'expériences sur ce métal réfractaire et ses composés *.

La méthode la plus simple pour se procurer le molybdène Préparation. à l'état de pureté, paraît être celle que Hielm employait. Il grillait lentement, et à plusieurs reprises, le molybdène, à une chaleur modérément rou^e , jusqu'à ce qu'il fût réduit en tolahté en une poudre fine, qu'il faisait dissoudre dans l'ammoniaque, après l'avoir tamisée. Il évapoi'ait à siccité cette dissolution filtrée, et eu ajoutant un peu d'acide nitrique au résidu chauffé à une douce chaleur, il restait une poudre blanche qui est foxide pur de molybdène ^ Bucholz, qui se procura le molybdène par un procédé rà-peu-près semblable, Ht voir qu'on réduit par la chaleur Foxide à l'état métallique sans qu'il soit nécessaire d'ajouter du charbon ; mais il reconnut que la chaleur la plus forte qu'il est en notre pouvoir de produire, ne l'est pas assez pour fondre ce métal réfractaire en un bouton solide. Les chimistes qui l'avaient précédé dans leurs recherches sur ce métal, ux avaient pas non plus réussi.

En chauffant à un feu très- violent un mélange de cet oxide avec de l'huile ou de la poussière de charbon, il est réduit à l'état métallique.

I. On n'a obtenu jusqu'à présent le molybdène qu'en petits Propriétés. grains, ou en petits morceaux imparfaitement agglutinés, qui se brisent facilement par la percussion. Sa couleur , d'après les observations de Bucholz, semble être le blanc d'argent, mais souvent avec une teinte de jaune. Hielm trouva que sa pesanteur spécifique était de 7,4^0 j ^^'^^ Bucholz , dont

' Crell's Atmah. T7S7. I ,407.

' Crell's Aonals. T787. II, 27 et 124.

' Pliil. Trans. 1790,^ B2I.

4 Gehlen"'5^ourn IV , 3r,S.

* Crell's Annals. III, 333. Tratl. angl.

6l8 COMBUSTIBLES SIMPLES.

les échantillons avaient subi sans doute un degré de clialeur plus violent, et qui par conséquent étaient plus compactes, établit cette pesanteur spécifique à 8,6 1 1 *.

Le molybdène est cassant. 11 n'est point altéré par l'eau. On n'a pas reconnu d'une manière satisfaisante les effets que peut produire sur ce métal son exposition à l'air.

Sûxiae. II- Le molybdène , chauffé avec le contact de Fair , en

absorbe peu-à-peu Toxigène , et se convertit en un oxide hlanc qui se volatilise en petits cristaux, aiguillés brillants. Cet oxide, qui a les propriétés acides, est connu sous le nom à' acide molyhdique.

Les combinaisons du molybdène avec l'oxigène n'ont été qu'imparfaitement examinées. D'après les expériences de Bucholz , il semble être susceptible de former trois oxides très-distincts les uns des autres. Le premier est une poudre sans saveur; mais le second ainsi que le troisième, ont les propriétés acides. \.^ protoxlde est brnn^ \ acide moljh deux est bleu^ et \ acide molybdique hlanc,

Prcioxide. I. Le protoxide ou oxide brun s'obtient en chauffant, à l'air, le sulfure de uiolybdène jusqu'à ce que le soufre s'en soit séparé en brûlant , et que le métal ait été transformé en acide molvbdique. On dissout cet acide dans l'ammoniaque-, et après avoir évaporé jusqu'à siccité le molybdate d'ammoniaque , on chauffe au blanc le résidu sec dans ua creuset, en l'y recouvrant de poussière de cbarhon. L'oxide, qu'on trouve au fond du creuset est d'un brun cuivreux avec apparence cristalline. Sa pesanteur spécifique est ^^GÇ)^. Il ne peut pas former de sels avec les acides, mof îdeux ^* L'^-2^^'''^'^ ^^^'^ oi^i \ acide molybdeux s'obtient en opérant ainsi qu'il suit. On mêle ensemble une partie de molybdène en poudre, et deux parties d'acide molvbdique. On triture ce mélange dans un mortier de porcelaine, en le mettant à l'état de bouillie avec de feau chaude jusqu'à ce qu'il devienne bleu -, on ^ ajoute alors 8 ou lo parties d'eau , et on fait bouillir le tout pendant quelques minutes. On filtre la dissolution, et on f évapore à une température qui n'excède pas 49° centigrades. L'oxide bleu reste à fétat d'une poudre fine. Si le mélange de molvbdène et d'acide molybdique n'était pas dissous en totalité, il faut traiter de nouveau le

* Gehlen's Journal. lY, 6i8.

DU MOLYBDÈNE. 619

résidu à l'eau bouillante , aussi souvent que cela est nécessaire. Cet oxide bleu possède les propriétés acides. Il rougit les couleurs bleues végétales, il se dissout dans l'eau, se combine avec les bases salines et forme des sels. Le molvbdène semble toujours se transformer en cet oxide , lorsqu'on ie laisse expose à lair^ou en contact avec l'eau, ou encore, lorsqu'étant mêlé avec l'eau, on l'évaporé lentement. L'oxide hlcu. paraît être composé d'environ 100 parties du métal et 34 parties d'oxigêne.

3. C'est du molybdène natif que s'obtient le plus aisément moiybdkju? l'oxide blanc ou Tacide muhbdique. Après avoir grillé pendant quelque temps le sulfure de motybdène, et avoir fait dissoudre le résidu gris de la dissolution dans l'ammoniaque, on verse dans la liqueur de l"ac;de nitrique^ et l'acide mo- Ijbdique se précipite à l'état de pureté ^ L'acide ainsi obtenu est en fines écailles blanches ; mais lorsqu'il a été fondu et sublimé, il est jaune. Ce futSchéele qui en examina le premier les propriétés. Il roiigit les couleurs bleues véçîérales , mais avec moins d'intensité que l'oxide bleu, suivant Bucliolz, qui considère ce dernier comme étant le plus énergique des deux acides.

Il résulte des expériences de Berzelius ^ que le molvbdate de plomb consiste en

Acide molybdique ..... . 100 9,025

Protoxide de plomb i55,i5... i4

Ainsi le nombre équivalent pour l'acide molvbdique est 9. Bucholz établit la composition de l'acide molybdique à 100 de molybdène, et 49 à 5o oxigène. En divisant 9 , dans cette

roportion on aura , pour la constitution de l'acide mo-

ybdique :

Molybdène 6 100

Oxigène 5 5o

Nous voyons donc que le poids d'un atome de molybdène est 6 , et que l'acide molybdique est formé de 1 atome de molybdène + 3 atomes oxigène.

Bncholz , Gehleirs Journal. IV, 604.

Anoals of Philosophy, III , i©i.

^20 COMBUSTIELES SIMPLES.

L'acide molybdeux consiste, suivant Bucholz, en

MolyLdène i oo

Oxigène 54

Il s'en suit que c'est un composé de i atome molybdène t 2 atomes oxigéne, ou en poids de

Molybdène 6 100

Oxigène 2 33,5

Le protoxide n'a pas été analysé; mais il est, sans aucun doute, formé de i atome molybdène -+ i atome oxigéne, ou en poids , de

Molybdène 6 100

Oxigène 1 16,6

IIL On ignore quelles sont les combinaisons que le molybdène peut former avec le cblore, l'iode et le fluor. Nous ne connaissons de composés de ce métal avec les combustibles acidifiables, que ceux qu'il produit avec le soufre et l'arsenic. A-la-vérité, Pelletier s'assura que le irolvbdène peut être combiné avec le phosphore; mais il ne fit pas de recherches sur les propriétés de ce pb spbure'.

Unîon avec les ^^- Lc molybdèue se combine aisément avec le soufre, combustibles. ç|. |p composé a exactement les mêmes propriétés que la substance décomposée par Schéele ^. Ce qu'il appela alors molybdène est donc le sulfure de molybdène. S'il en obtint par l'analyse un acide auquel il donna le nom d'acide molybdique, c'est que le métal s'était combiné avec l'oxigène pendant l'opération. On peut également former le sulfare de molybdène, en distillant ensemble une partie d'acide molybdiqiie , et cinq parties de soufre. Suivant les expériences de Bucbolz, ce sulfure se compose de

Molybdène 1 00

Soufre 66,5

Il est en conséquence évident qu'il est formé de 1 atome de

' Ann. fie Chim. XIII, 137.

» Pelletier, Journ, de Phvs.

Avec l'or.

DU MOLYBDÈNE. 62 1

molybdène -H 2 atomes soufre -, car ce composé doune en

poids :

Molybdène 6 100

Soufre 4 66,6

Ce qui correspond presque exactement avec l'analyse de Bucliolz.

V. En Lndant ensemble le molybdène et l'arsenic , ce avec a'iYéuic. dernier métal se sublime en totalité ; mais si c'est l'oxide d'arsenic qu'on emploie, il se produit une combinaison delàquelle l'arsenic n'est pas, alors, facilement séparé '.

VI. Les alliages du molybdène avec les métaux des alcalis fixes, des terres alcalines et des terres pures ne sont pas connus.

VII. 11 n'entre qu'en fusion imparfaite avec l'or, et forme une masse cassante noirâtre, dont une portion considérable de l'or se sépare lorsqu'on la chauffe fortement pendant quelque temps. Cet alliage est attaqué par l'acide nitrique. L'or se dépose en une poudre lîne, et le molybdène reste audessus sous la forme d'un oxide blanc. La composition de cet alliage essayé se trouve être de

Or..... 6,4,2.

Molybdène 2,2,2.

Aucun des composés de ces deux métaux ne peut être amené à l'état de fusion parfaite, même à l'aide du borax ^

VIII. La fusion d'un mélange de parties égales de platine Avec lepistin et de molybdène produit une masse dure, irrégulière, cassante, d'une texture serrée, d'un gris clair, avec éclat métallique. Trois parties de molybdène et une partie de platine

ne se fondirent pas complètement. La même difficulté eut lieu lorsqu'on augmenta la proportion du platine. Hielm trouva que la pesanteur spécifique de cet alliage était de 20 ^.

IX. Hielm ayant chauffé fortement dans un creuset 4 ^^ec rar geui parties d'argent et 2 de molybdène, il ne se forma point de

" " ' ' ';ur, ily eut liquation d'une

' Crell's Annals. P. 368.

» Hielm, Crell's Annals. lil, i36. Trad. angl.

* Ihid. lil, 52, Ann. de Chim. IV, 17.

portion de l'argent retenant encore une partie du molybdène, et qui prenait, enle chauffant, une couleur bleuâtre. Le résidu étant fondu de nouveau dans le charbon, devint plus compacte. Il était cassant, de couleur grise, et d'une texture grenue. En le mettant seul en fusion, l'argent s'en écoulait. L'argent était séparé de cet alliage par l'acide nitrique, et le molybdène converti en oxide blanc.

Avec quatre parties d'argent et une partie de molybdène on eut un composé malléable , mais qui ne put être fondu en un bouton arrondi. 11 était de couleur d'argent et d'une texture grenue.

Une partie d'argent et 2. de molybdène fondirent en un petit bloc grisâtre, cassant et grenu. En cîiauffaut le comjjosé sur le charbon, le molybdène s'évaporait et l'argent restait. On peut séparer le moUbdène de l'argent par coupellation, et spécialement si l'alhage a été préalablement calciné ^

X. Hielm ne réussit pas dans l'essai qu'il fit d'unir le mercure au molybdène ^.

Avec le cuivre. XL Parties égales de cuivre et de molybdène formèrent un alliage à texture grenue, d'une couleur bleuâtre, mêlée de rouge, un peu malléable, quoique se brisant à la longue sous le marteau. Il cédait à Faction de la lime; sa surface, à l'endroit où il en avait été attaqué, était plus pale que le cuivre, et ne se ternissait point à l'air. Avec quatre parties de cuivre et une partie et demie de molybdène on eut un alliage très-peu différent dans ses propriétés -, mais celui d'une partie de cuivre et de deux parties de molybdène était cassant, et d'un gris rougeâtre. On en séparait le cuivre par Tacide nitrique, et le molybdène restait à l'état d'oxide blanc ^. Avec le fer. XIL La fusiou de parties égales de fer et de molybdène s'opère aisément. Elle forme un alliage cassant d'un gris bleuâtre, et d'une dureté considérable. Sa cassure était écaiU leuse, fine et grenue. Il fondait au chalumeau en se boursouflant, mais sans donner d'étincelles. Une partie de fer et deux parties de molybdène produisaient un alliage cassant, d'une texture fine et grenue et d'un gris clair. 11 était attirable à l'aimant et infusible au chalumeau. De tous les métaux , le

* CrelPs Annals. III, 3Si.

» Ibid. ill, 558.

» Ibid. 111,366.

DU MOLYBDÈNE. 620

fer semble être celui qui s'unit le plus facilement an molybdène \

XIH. En fondant parties égales de molybdène et de nie- Avec îe nickel. kel, on obtint uu bo'Uon d'un gris clair à fintérieur, cédant un peu à l'action du marteau avant de se rompre, et d'une texture grenue. Il n'était ni attirable à l'aimant, ni fusible au chalumeau. Lorsqu'on auguientait la proportion du molybdène. la fusion de l'alliage devenait plus difficile; mais il conservait à-peu-près les mémos propriétés ".

XIV. Parties égales de molybdène et d'étain se fondirent Avec réuin. en une masse grise noirâtre, grenue, cassante et molle. L'alliage de deux parties d'étain et d'une partie de molybdène

était plus dur que le précédent, mais il s'en rapprochait beaucoup sous d'autres rapports. Avec quatre parties d'étain et ime partie de molvbdène, on avait un alliage encore plus dur, un peu malléable, et qui n'avait pas en le ployant le cri d'étain. Sa cassure était de couleur grisâtre et sa texture grenue. En le cbauffant fortement , l'étam ne s'en écoulait qu'autant qu'on le pressait avec des tenailles ^.

XV. En fondant ensemble dix parties de plomb et une Avec le plomb: partie de molvbdène, on obtient un alliage tant soit peu malléable, plus blanc que le plomb pur. En le tenant cbauffé pendant quelque temps , le plomb s'en écoule en partie. Si on augmente la proportion du molybdène, falliage devient cassant < de couleur foncée, et plus difficilement fusible ^.

XVI. La volatilité du zinc rend très-difficile l'alliage deAveckzine. ce métal avec le molybdène. En chauffant ensemble très-fortement dans un creuset couvert, parties égales des deux métaux , on a une masse noire presqu'à l'état de poussière ^

XVIÏ. En fondant ensemble le molybdène et le bismuîb , ^vec ce dernier métal est volatilisé; il reste une masse noire, fragile, ^^ bi.muth. qui consiste principalement en molybdène. On obtint , parla fusion dans un lit de charbon, de quatre parties de bismutb et d'une partie de molybdène, une masse noire, cassante, ainsi qu un bouton de bismuth qui retenait une portion de molybdène. Ce bouton peut supporter quelques coups de marteau,

* CrelPs AnnaU. îlî , p. 3'-Z>.

» ff'uL P. 36-. '

^ I-nd. P. 3-3.

' Ibid. P. 3S8.

5 iLid, P. 3:5.

le manganèse.

mais à la fin il se brise eu morceaux. 11 était très-fusible et d'une texture pWs s^n^rée que le bismuth ^ Avecie cobalt. XVlIi. Parties égales de cobalt et de molybdèue fondirent en un bouton de couleur grise , cassant et très - peu fusible; deux parties de cobalt et quatre parties d'antimoine donnèrent un alliage d'un gris rougeâtreétincelant,dur, cassant, non attii able à l'aimant, grenu dans son intérieur qui était d'un gris bleuâtre ^.

Avec XiX. En fondant ensemble parties égales de manganèse et

de molybdène, on obtint un bouton irrégulier, infusible au chalumeau, et qui ne colorait le borax qu'après avoir élé grillé ^.

, SECTION IV

JJu Tungstène.

hisioufe. I. On trouva, en Suède, un minéral d'un blanc opaque, d'une grande pesanteur, et qu'à raison de celte dernière circonstance, on nomma tungsten y on pltrre pesante. Quelques minéralogistes considérèrent cette substance comme étant une" mine d'étain; d'autres supposèrent qu'elle contenait du fer. Schéele, par l'analyse qu'il eu fit, en 1781, reconnut que ce minéral était composé de chaux et d'une substance particulière également terreuse, avec les propriétés acides, et il la nonuna acide tungstique *. Bergman présuma que la base de cet acide ^ était un métal, et cette conjecture fut bientôt après pleinement confirmée par les expériences de MM. d'Elhuyart, qui trouvèrent la même substance dans un minéral de couleur noire brunâtre , appelé par les Allemands wolfram ^ , qu'on rencontre quelquefois dans les mines d'éîain. MM. d'Elhuyart trouvèrent que ce minéral contenait o,65 d'acide tungstique, et que le surplus était du manga-

' Crell's Annals. III , 363.

» Ibid. P. 3-1.

^ Jbid. P. 3-6.

« Schéele. II, 81.

5 Ibid. P. 91.

^ Le wolfram avait t-ïé analysé en 1761, par Lehman , qui le considéra comme un composé de ter et d'élain. Lehman's Piobier" kuust. P. 8.

DU TUNGSTÈNE. SlS

nèse, <3u fer et de létaio. Ils mirent un mélange de celte substance acide el de poussière de charbon dans un creuset fermé qu'i's exposèrent à un feu très-violent. En l'ouvrant lorsqu'il eut été refroidi, ils en retirèrent un bouton métallique d'un brun foncé, qui se réduisa.t en poudre entre les doigts. En le regardant à la loupe, ds reconnurent qu'il consistait en un assemblage de globules métalliques, dont quelques-uns étaient gros comme des têtes d'épingles. Le métal ainsi obtenu est le tungstène. Combiné avec l'oxigène dans l'acide tungstique, le charbon lui avait enlevé ce principe, et le métal était resté dans son état de pureté ^.

Les expériences des chimistes espagnols Elhuyart furent répétées, en i796,par Vauqaelinet Hecht,et en général avec succès; mais ils ne purent réussir à opérer la fusion du métal aussi complètement que l'avaient fait MM. d'Elhuyart ■. Quelques essais que firent également à ce sujet le docteur Pearson ^ et Klaproth ^, furent sans succès. MM. Allen et Aiken de Londres, sont aussi parvenus à effectuer la fusion de ce métal , en soumettant à une forte chaleur , une combinaison d'oxide de tungstène et d'ammoniaque ^ Bucholz a publié, depuis, une suite d'expériences sur le tungstène^, et Berzelius a fait des recherches importantes sur la composition de ses oxides ^.

1. Le tungstène, que quelques chimistes allemands appel- Propriété. lent scheelium , et que Berzelius désigne par le nom de wolfram , est un métal très-brillant, d'un blanc grisâtre, ou

plutôt d'une couleur semblable à celle de l'acier.

2. C'est un des métaux les plus durs. Vauquelin et Hecht ont pu à peine l'attaquer avec la lime. 11 semble aussi être cassant. Sa pesanteur spécifique est, suivant MM. d'Elhuyart, de 17,6, et de 17^33^ selon Allen etxAiken. Bucholz la trouva de 17,4 ^, ce qui étant à-peu-près le terme moyen des précédens résultats , peut être considéré comme se rapprochant

' Além. Thonl, Trad. en anglais. II, i4i. ' Journ. des urines. jN.° ig, p 3.

3 Trnd. de la TNomenclature t hitn.

4 Observ. on tlie fossils of Cornw^lles. P. 77.

* Aiken's Dictionary of Chemislry. Il, 44^.

* Sciiweig£;rr''s Journal. III, i • ei Annals of Philosophy. VI, 198. 7 Annals of Philosophy. III, 2 4-

* Aiken's Dictionary of Cheraistry. II, !\\%. 9 Annals of Philosophy. YI, 2o5.

626 C05ÎBÎJSTÎBIES SIMPLES.

le plus de la vérité. C'est donc, après l'or, le platine et l'iridium, le plus pesant des métaux.

3. Il exige , pour sa fusion , une température au moins égale à 1700 de Wedgewood. Il paraît- être susceptible de cristallisation par refroidissement, comme tous les autres métaux; car Vauquelin et Hecht observèrent uu grand nombre de petits cristaux dans le bouton imparfait qu'ils avaient obtenu.

4- ï^ "'^st pas attirable à l'aimant. boxide. II. Lorsqu'on cbauffe le tungstène avec le contact de l'air, il en absorbe peu-à-peu l'oxigène, et se convertit en oxide. Il semble pouvoir se combiner avec l'oxigène en deux proportions différentes, et former ainsi deux oxides, le brun et le jaune ou acic/e tungstique.

protoiiHe. I . L'oxide brun de tungstène semble avoir été observé par Bucholz ; mais c'est Berzelius qui le premier en a examiné avec soin la nature. Il obtenait cet oxide en chauffant au rouge dans un tube de verre de Tacide tungstique, et en le faisant traverser dans cet état par un courant de gaz hydrogène. Il se formait de l'eau et l'acide était dépouillé d'une portion de son oxigène. L'oxide produit était d'un brun puce. Chauffé à l'air, il prend feu, brûle comme de l'amadou et se convertit en acide tungstique.

On peut obtenir le protoxide, ou oxide noir, en chauffant pendant quelques heures l'oxide jaune dans un creuset couvert.

2. Le peroxide, ou oxide jaune, connu aussi sous le nom d'acide tungstique % se trouve natif dans le 'wolfram. On l'en sépare en faisant bouillir une partie de wolfram avec trois parties d'acide hydrochlorique. On décante l'acide au bout d'une demi-heure. Il s'en précipite , par le repos , une poudre jaune qu'on dissout dans l'ammoniaque. On évapore cette dissolution à siccité, et on chauffe pendant quelque temps au rouge le résidu desséché. C'est alors r oxide jaune à l'état de pureté *. Cet oxide est insipide et insoluble dans

Peroxide.

tnng>itique de vSchéele diffère de cet oxide en ce que idre blanche, d'une saveur acide, et soJnble dansl'eau.^ vart ont ile'montré que c'est un sel triple, composé

» L'acide tm c'est une poudi

MM. d'Flhuyart ont ile'montré qu(

d'oxide jaune' de Inngstrne, de potasse, et de l'acide employé pour décomposer le minéral dont on l'a obtenu.

» Bucholz a proposé un procédé plus économique pour former

DU TUNGSTÈNE. 627

l'eau; mais il reste long-temps en suspension dans ce liquide qu'il rend ainsi d'un jaune laiteux, et qui n'a point d'action su? les couleurs végétales. En chauffant cet oxide dans une cuillère de piatine, il prend une couleur verte ; au chalumeau, sur un charbon, il devient noir. Berzelius a fait voir quel'oxide bleu de Bucholz, qui se produit eu décomposant le tungstate d'ammoniaque par la chaleur dans une cornue, est le même que Toxide jaune. Us possèdent, l'un et l'autre , les propriétés acides , et forment avec des bases les mêmes composés.

11 paraît résulter des expériences de Berzelius , que la composition du tungstate de chaux ^ est de :

Acide tungstique 100... i5,o3

Chaux 24,12. 3,625

Il s'ensuit que le nombre équivalent pour l'acide mngstique est i5,2, MAL d'Elhuyart, Bucholz et Berzelius* ont fait voir que les parties constituantes de l'acide tungstique sont:

Tungstène 100

Oxigène 23

En divisant i5 dans la proportion de loo à 25 on aura pour la composition de lacide tungstique :

Tunsfstène 1 2 100

Oxigene 3 25

Il paraît donc ainsi, que l'acide tungstique est formé de i atome tungstène et de 3 atomes d'oxigène, et qu'un atome de tungstène pèse 12.

Suivant Berzelius l'oxide brun de tungstène contient àpeu-prés les deux tiers de la quantité d'oxigène qui existe

cet oxide. On mêle une partie de wolfr^im , réduit en poudre fine^ avec deux parties de sous-carbonate de potasse; on tient pendant une heure le mélange en fusion dans un creuset en le remuant de temps en temps. On le verse alors dans un cône de fer. On réduit la masse CD poudre avant qu'elle soit entièrement refroidie, et on la fait bouillir à diverses reprises dans l'eau jusqu'à ce qu'elle en sorte sans saveur. On réunit toutes les dissolutions , et on y ajoute de l'acide hydrochlorique jusqu'à ce qu'il ne s'y forme plus de précipité. On décante , on lave le précipité (btenu, on le met dans une aissolution bouillante de carbonate dépotasse; on précipite de nouveau par l'acide hydrochlorique , on lave et on sèche le précipité. C'est le peroxide pur de tunsgtène. Joum. de Chini. III., p. 220.

' Afliandiitigar. I^ , ^nr.

' Annals of Philosophy. III , i\ô.

dans l'acide tungstique , ou qu'il consiste dans environ :

Tungslène ... 100

Oxigène i6fi

Si nous le considérons comme un composé de i atome tungstène -h 2 atomes oxigène, sa composition sera

Tungstène 12 100

Oxigène 2 16,6

Ce qui s'accorde exactement avec l'analyse.

III. Ou ne comiaît pas les composés que le tungstène forme avec le chlore, l'iode et le fliior.

Il est pro!)able qn'il ne se combine point avec l'azote, ni avec l'hydrogène. De toutes les combinaisons qu'il est sus- , ceptible de former avec les combustibles simples acidifiables , nous ne connaissons que \esulf/ire. A la-vérité Pelletier s'est assuré que le phosphore peut se combiner avec le tungstène*, mais les propriétés de ce phosphure n'ont pas été examinées.

Sulfure, IV. MM. d'Mhuyart formèrent les premiers le sulfure de

tuu;4Stène. Bi^rzelius l'obtint en exposant pendant une demiheure a une chaleur violente dans un creuset , un mélange d'acide tungstique et de quatre fois son poids de sulfure de mercure, le tout recouvert dans le creuset de poussière de charbon. Le sulfure de tungstène ainsi formé est une poudre d'un noir grisâtre, qui, frottée sur une pierre à brunir, prend un bel éclat métallique. Berzelius détermina les proportions des parties constituantes de ce sulfure ^ à:

Tungstène 100

Soufre 53,26

j*tinsi il contient «ieux fois autant de soufre que l'oxide brun contient d oxigène, et par conséquent, il est formé de i atome tungstène ^- 2 atomes soufre.

S'allie. V. ^VlM- d'Eîhuvart sont les seuls qui aient essayé de

combiner le tmigstèiie avec d'autres métaux. Ils faisaient un mélange de ino parties de chaque métal, dont ils voulaient produire Talliage , et de 5o parties de l'oxide jaune de tungstène, avec une quaiitifé convenable de charbon, et ils chauffaient le mélange dans un creuset. Ils obtinrent de leurs essais les résultats suivans :

* Pelletier, Ann de (lliim. XIII, 137. ' Annais of Pliilo.sopby. 111 , 245.

DU îUKGSTiNE. 629

1. Avec l'or, la fusion ne fut pas complète; le bouton était de 189 parties. Parla coupellntion avec le plomb, l'or était reodu à sa pureté première. La fonte ne soperait pas mieux avec le platiue^ la masse obtenue était de i4o

2. Avec l'argent , ils eurent un bouton brun blanchâtre , im peu spongieux qui, par quelques coups de marteau s'étendait facilement, mais qui, en les continuant, se brisait en morceaux. Ce bouton éta t de i ^2 parties.

3. Avec le cuivre , le bouton était d'un rouge cuivreux , approchant du brun foncé. 11 était spongieux , un peu ductile, et de i33 parties.

4. Avec la fonte de fer blanche, ils obtinrent un bouton parfait d'un brun blanchâtre, dur, rude au toucher, d'une cassure compacte représentant 187 parties.

5. Avec le plomb, le bouton était d'un brun obscur avec très-peu d'éclat-, il était spongieux, très-ductile, se fendant en feuilles sous le raart(^au. Il représentait 127 parties.

6. Le bouton formé avec lélain était d'un brun plus clair que le dernier, très-spongieux, un peu ductile, et représentant i38 parties.

7. Avec l'antimoine, le bouton était brun obscur, luisant, un peu spongieux, rude au toucher, et se brisant facilement. 11 était de 108 parties.

8. Le boulon obtenu avec le bismuth présentait une cassure, qui vue dans un certain jour, était brun obscur avec éclat métallique, et, dans un autre, d'une apparence terreuse et sans éclat •. mais , dans l'un et l'autre cas , on y distinguait une infinité de petits creux sur toute la masse. Ce bouton étoit dur , rude au toucher , et représentant 68 parties.

9. Le manganèse donnait un bouton brun bleuâtre foncé et d'apparence terreuse. En l'examinant dans sa partie intérieure, avec une loupe, il ressemblait à de l'écume impure de fer.ll était de 107 parties *.

* Chemical analyses of Wolfram, iranslaled by Cullen. P. 69.

63o COMBUSTIBLES SIMPLES.

SECTION V

Du Columhium ou Tantale,

KUicire. I. M. Hatchett étant occupé, en 1801 , à arranger quelques minéraux dans le iMusée anglais, une substance pesante, de couleur foncée, attira son attention, comme a^^ant quelque ressemblance avec le chromate de fer. L'échantillon était peu considérable, il se trouvait décrit dans le catalogue de sir Hans Sloane, <f comme une pierre noire, très-pesante, avec rayures dorées ». 11 paraît qu'il faisait partie d'un envoi de différens échantillons de mines de fer , que lui avait fait M. WinthropdeMassacbusett. Sa couleurétaitd'un gris hrun foncé , sa cassure longitudinale imparfaitement lamelleuse , et celle transversale ayant l'aspect d'un grain fin. Son éclat était vitreux , et dans quelques portions , légèrement métallique. Il était médiocrement dur, mais très-cassant. Il donnait , par la trituiation , une pondre id'un brun chocolat foncé , qui n'était pas attirable à l'aimant. Sa pesanteur spécifique, à la température de iS*" centigrades , était de 5,918.

M. Hatchett s'assura , par l'analyse ingénieuse qu'il fit de ce minéral , qu'il était composé d'une partie d'oxide de fer, et de plus de trois parties d'une substance blanche qui avait les propriétés acides et présentait évidemment les caractères d un composé d'oxigène uni à une base métallique. M. Hatchett démontra que cette substance différait de tous les acides métalliques jusqu'alors examinés; qu'ainsi sa base métallique devait être également d'une nature particulière et exiger un nom distinct. Il lui donna en conséquence celui de columbium.

Peu de temps après cette découverte par M. Hatchett , M. Ekeberg , chimiste suédois très-distingué , découvrit une subslance înétallique , différente de toutes celles qu il connaissait alors. Il donna h ce métal le nom de tantale , pt celui de tantalite et yttrotantalite * aux minéraux dont on l'obtenait.

Vefcnsrap!- AcKiemions lïr.nclîingar, 1803, p. 68.

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