Les m.étaux
Les combustibles composés sont les différens corps formés par l'union de ces substances simples l'une avec l'autre. Les comJDustibles oxides consistent principalement dans les combinaisons de rhvdrogène , du carbone et de l'azote avec Foxigène , sans éprouver de combustion • et ces corps constituent principalement les substances végétales et animales.
18. Pendant la combustion, le corps soutien (en le supposant simple , ou , s'il est composé , loxigène , le chlore ou l'iode, excluant la base) s'unit toujours avec le combustible, et forme avec lui une substance nouvelle, que j'appellerai un produit de combustion. C'est la raison du changement que le combustible éprouve par la combustion. Or, toutpro-' duit de combustion est l'un ou l'autre des produits suivans, savoir: I. un acide, 2. un oxide , 3. un clilorure , 4. un iodure.
19. Comme il y a toujours émission de calorique et de lumière pendant la combustion, mais que cette émission n'a jamais lieu lorsque l'oxigène se combine avec un corps combustible, sans que la combustion s'ensuive, on peut naturellement supposer que les corps soutiens contiennent l'un ou l'autre de ces principes, ou les deux ensemble.
Je suis disposé à croire que les corps soutiens de la combîîstîon contiennent le calorique, tandis que ce corps manque dans d'autres cas, ou au-moins qu'il n'est pas présent en quantité suffisante. Je fonde mon opinion à cet égard, sur ce que la quantité du calorique dégagé pendant la combustion^ est toujours proportionnelle à la quantité du corps soutien qui se combine avec le corps brûlant; mais il n'en est pas de même relativement à la lumière. Ainsi l'h^-drogène se combine avec l'oxigène dans une plus grande proportion que tout autre corps ; et il est bien connu que la combustion de l'hydrogène donne plus de chaleur que celle qui pourrait être produite par tout autre moyen, et cependant la manifestation delà lumière est peu sensible.
DU CALORIQUE. 1 6q
20. L^s chimistes, en général, ont été pendant longtemps dans l'opinion que la lumière existe à l'état de fixité comfu" Mes dans tous les corps combustibles; mais comme on lavait'^tmS '* désignée ainsi sous la dénomination âep/i/og/sù'que, expression rju ils considéraient comme incompatible avec la vérité, là plupart d'entre eux profitèrent de la circonstance des découvertes de Lavoisier, au moi en desquelles ils supposaient qu on pourrait expliquer les phénomènes de la combustion sans le secours de Ihvpothèse de la lumière fixée, pour renoncera celte opinion. Lhypothèse fut cependant reproduite , d'abord par Richter et de Lamétherie, et ensuite d'une manière plus formelle par Gren. Mais on nV avait fait que peu d attention en Angleterre, jusqu'à ces derniers temps. L état de combinaison de la lumière avec le corps combustible doit parsitre extrêmement probable, si l'on considère que la quantité qui s'en manifeste pendant la combustion, dépend entièrement de la nature de ce corps. Le phosphore en émet une très-grande quantité, le charbon une plus petite, et l'hydrogène est celui de tous qui en produit le moins. Cependant la quantité doxigène qui se combine avec le corps combustible pendant ces combustions, est la plus considérable dans ceux des cas où il y a le moins de lumière produite. La couleur de la lumière dépend aussi toujours de la nature du corps qui brûle, circonstance qu'on ne pourrait supposer avoir lieu si cette lumière n'était pas séparée du combustible.
Il est également bien connu que , dans les vé-étaux qui croissent dans l'obscurité, il ne se produit aucunes substances combustibles, la présence de la lumière étant indispensabîement nécessaire a leur formation. Ces faits , et plusieurs autres qu'on pourrait citer, donnent un grand de-ré de probabilité à l'opinion que la lumière est partie constituante de tous les corps combustibles ; mais ils n'en fournissent aucune preuve décisive; et cependant il ne serait pns facile de répondre a toutes les objections qu'on pourrait faire contre cette opinion, quoiqu'il faille convenir, en-même-temps , qu aucune de ces objections n'en démontre la fausseié. C'en toujours une preuve de la difficulté d'un objet de recherches, et du peu de progrès qu'on y a fait, lorsqu'on peut produire des argumens plausibles pour et contre l'explication qu'on en donne. ^
IJO CORPS IMPO>DEJlABLES.
2 1. Si nous supposons que le calorique est partie composante des corps soutiens de la combustion, et que les corps combustibles contiennent la lumière , il ne sera pas difficile Je rendre raison de ce qui se passe pendant la combustion. Les parties constituantes des corps soutiens sont : i." une hase 5 2.^ le calorique. Les parties composantes des combustibles sont également : i « une base, 2.° la lumière. Pendant la combustion, lu base du corps soiuien se combine avec ia base du combustible, et cette combinaison forme le produit; tandis qu'en nième-teuips le calorique du corps soutien se combine avec la lumière du combustible , et le composé se dégnge sous la forme de feu. Ainsi la combustion est une double décomposition ; le corps soutien et le combustible se divisent chacun d'eux-mèii)es en deux portions qui se combinent deux à deux. L'une de ces combinaisons forme le produit f et l'autre \v. feu qui s'échappe.
Si l'oxigène des produits est insuffisant pour la combustion , c'est que son calorique lui manque. Si la combustion ne peut pas avoir lieu lorsque l'oxigène se combine avec les produits , ou avec la base des corps soutiens, c'est que ces corps ne contiennent point de lumière. Le calorique de l'oxigètie n'en est donc pas séparé , et il n'y a pas apparence de feu. IMais cet oxigène, qui retient encore son calorique , est capable de produire la combustion, si on lui présente un corps quelconque qui contienne la lumière, et dont la base ait de l'affinité pour l'oxigène. C'est aussi la raison pour laquelle un combustible peut seul servir à rétablir la combustibilité dans la base d'un produit. Dans tous les cas semblables il se fait une double décomposition ; l'oxigène du
Î)roduit se combine avec la base du combustible, tandis que a lumière du combustible se combine avec la hase du produit. 2 2. Cette théorie, dont l'application aux phénomènes de la combustion est si évidente, nous fournit les moyens d'expliquer avec la même facihté quelques-uns des faits remarquables de la formation des sulfures et des phospluues. Le soufre et le phosphore se combinent avec les métaux et avec quelqries-unes des terres; etcette combinaison n'a lieu qu'a l'aide du calorique , qui fond le soufre et le phosphore. A l'instatit où elle s'opère avec une base métallique ou terreuse, le composé devient solide, et acquiert rapidement un grand degré de chaleur rouge, qu il conserve pendant quelque temps. Dans ce
i3âs, le souTre et le phosphore font en partie les fonctions d'un corps saïuien ; car ils sont en fusion, et contiennent, par consécjuent, une grande quantité de calorique. Le métal, ou la terre, agit en partie comme combustible, car ils contiennent lun et l'autre la lumière comme partie composante. Au moment de la combinaison , le soufre ou le phosphore se combine avec le métal ou la terre , tandis que le calorique de l'un s'unissant à la lumière de fautre, ils se dégagent dans cet état d'union sous la forme de feu. On pourrait donc appeler seuti-coinhustion Ja formation des sulfures et des phosphures , pour indiquer qu'elle présente préciséinent une moitié des signes caractéristiques de la combustion.
^3. Toutes les fois qu'un corps soutien entre dans une combinaison plus intime qu'auparavant, avec un corps combustible, la combustion s'ensuit. Ce phénomène se manifeste dans plusieurs des oxides métalliques, et il a, en dernier lieu, particulièrement fixé l'attention de Berzélius *. Ainsi, 1 oxide vert de chrome, lorsqu'il est chauffé au rouge, brûle pendant un instant, sans éprouver d altération dans son poids. Avant d'avoir été exposé a la chaleur, foxide se dissolvait facilement dans les acides, mais après cette combustion, il y était devenu entièrement insoluble , ce qui indique une combinaison plus intime entre l'oxigène et le cbrome, ou au-moins un accroissement d aggrésjation dans les molécules de l'oxide. L'oxide de tantale, foxide de rbodium, et plusieurs autres corps, offrent des phénomènes semblables. On peut expliquer de cette manière les combustions que j'attribuais autrefois à i action de soutiens partiels.
24. L'évaluation de la quantité du calorique qui se dégage de différens corps combustibles, lorsqu'ils brûlent, n'est pas seulement un objet intéressant sous un point de vue philosophique, mais cette évaluation est encore d'une trèsgrande importance sous le rapport de l'économie. Lavoisier et La Place firent une suite d'expériences sur ce sujet, eîi brûlant différens corps dans le calorimètre, et en estimant le calorique dégagé, par la quantité de glace fondue dans chaque expérience. Le docteur Crawford, dans ses essais sur le même sujet, appréciait le calorique dégagé de corps brùlaus , pur l'augmentation de température de l'eau , dont
^ Ann&ls of Philosophy. VII, 438.
ii les tenait entourés pendant leur combustion '. Des expériences en plus grand nombre encore, ont élé faites par Dalton, principalement sur le calorique dégagé pf^ndani la combustion des corps gazeux. Ce savant remplissait du gnz qu'il voulait essayer, une vessie, dont le volume , lorsqu'elle était remplie d'air, était égal à lui volume d'eau du poids do deux kilogrammes 1 à cette vessie était adapté un rohiîiet portant un petit tuyau. Il se procurait de plus un vase étamé, pouvant contenir deux kilogrammes d'eau ; et après avoir délerminé la chaleur spécitique de ce vase, il y mettait autant d'eau qu'il était nécessaire pour que la chaleur spécifique du vase et celle de l'eau fussent Tune et l'autre équivalentes à celle de deux kilogrammes d'eau. Il pressait la vessie pour en faire sortir le gaz , qu'il allumait, et dont il dirigeait l'extrémité de la flamme sur le fond du vase, jusqu'à ce qu'il eût élé consumé en totalité. 11 estimait ensuite la quantité du calorique dégagé par l'augmentation de température produite dans leau du vase *.
Le comte de Rumford a fait également de très-nombreuses suites d'expériences sur le calorique dégagé pendant la combustion des huiles, des esprits, et de différentes espèces de bois. Il s'attacha pendant si long-temps, et si particuUèrement à ses recherches, sur ce sujet, en ayant recours aux plus grandes précautions , qu'il est probable que ses résultats se rapprochent de la vérité ^.
La table qui suit présente le résultat de toutes ces expériences, en estimant le calorique dégagé par la quantité de glace qu'il ferait fondre. La première colonne indique chacune des substances brûlées , dont on suppose qu'il a toujours été consumé une livre. La seconde est le poids de l'oxigène en livres, qui s'unit avec le combustible-, enfin la troisième est le poids eu livres de la glace fondue d'après les résultats de$ différens expérimentateurs.
* T^oy . His Experiments on animal heat , p. ^34 , 820 , 338. =* "New System of chemical philosoptjy by Diilton , p. ^6. ' Nirholson's Jour. XXXII, io5 ^ XXXIV, 3195 et XXXV, g?. — Gilbert's Annalen , XLV, I, 3o6.
ry3
Substances brûlées.
(une li\rc.)
Hydrogène
Hvdroj^ène carburé Gaz olétiant. . , . .
Oxicle (le carbone.
Huile d'olive. . . .
Cire
Suif. ........
Huile de térébenth.
Alcool
Oxigi ne
consumé.
Glace fozîdue.
( en livres. )
(enliv.) Lavoisier. Crawford. Dalton
jElher sulfurique.
jN aphte
: Phosphore i i,5
;CI)arl)on : 2,8
: Soufre j i,36
I Camphre »
iCaoutcfaoac ' »
]o4 io4 io4
Rumford.
Chaleur produite par
la combuitiou.
On peut juger, d'après le procédé que Dahon adopta pour ses expériences, que les résulsats qu'il en obtint devaient être trop faibles, puisqu'une partie du calorique se dissipait par rayonnement. Mais la simplicité de la méthode et la facilité qu'elle offre de répéter les expériences, donnent lieu de croire que les erreurs ne sont pas très-importantes.
La table qui suit présente le résultat des expériences du comte de Rumfoi-d, sur la combustion du bois.
Poids, en livres, ds
EspiCFS H glace fondue pai
Ou ALITÉ le dégagement du
yUALITB. calûriq.:e, pédant
de bois. lacombustion
d'une liviedeboi*.
Tilleal , bois sec de menuiserie, de 4 ans. . . . 46^1 45
Idem, idem 46.4o6
Idem, idem fortement séché sur un poêle. 5 2.806
Idem, idem 5/i, 2 10
Idenu idem, un peu moins séché 5 '«777
calorique pendant
Poids, en livres, de -p. , la glace fondue par
ll-SPECns OuàLITÉ le dégagement du
de bois. la combustion
d une livre du DOIS.
Hêtre. Bois sec de menuiserie, de 4 à 5 ans. . 45.089
Idem, idem 45. 00 2
Idem, idem séché fortement sur un poêle. 4^-445
Idem, idem 48.245
Orme. Bois de menuiserie un peu humide. . 06.196
Idem. Bois sec de menuiserie, de 4 i 5 ans. 40.478
Idem, idem 4o.o68
Idem, idem fortement séché sur un poêle. 46.020
Idem. idem. . 44.868
Idem, idem séché et bruni à l'étuve. ... 4 1-200 Chêne. Bois à brûler, ordinaire, en copeaux
moyens 54.120
Idem. en copeaux plus épais, laissant un
résidu de charbon. ...... 02.997
Idem. en copeaux minces. . '. 55. 06 2
Idem. en copeaux minces, bien séchés à
l'air 08.946
Idem. Bois de menuiserie bien sec, copeaux
minces • . 3o.84o
Idem, idem 09.728
Idem. copeaux épais , laissant j en charbon 54.969
Frêne. Bois de menuiserie ordinaire, sec. . . 40'^88
Idem. en copeaux séchés à Tair 44*960
Idem. idem fortement séchés sur un
poêle 47*265
Erable. Bois de la saison, fortement séché sur
un poële 48-i56
Cormier. idem , fortement chauffé sur un
poële 48.170
Idem. zV/e77i bruni dans une étuve 45.ii6
i\Ierisier. Bois sec de menuiserie 44*452
Idem. Même bois, fortement séché sur un
poële. 49*'^o5
Idem. Même bois, bruni dans une étuve. . 46.55o Sapin. Bois sec de menuiserie, ordinaire. . 40.429 Idem. en copeaux, bien séchés à Tair. 4^.555 Idem. fortement chanffés sur un poële. 49.808 Idem. séchés et brunis dans une éluve.. 44*477 Idem. en copeaux épais, laissant beaucoup de charbon. 58.26r>
DU CALOr. TQUE. 17^
Poids, en livres, «ie
F Ç P «" r HÀ 1.1 glace fonduepar
' ' " /^ ^ le dégagemeut du
\^ V A L I T E. calorique pendant
de lioi>. la combustion
d'uaclivredubois.
Peuplier. Bois sec Je menuiserie, ordinaire. . . 46.i34 Idem. Même bois, fortement sécbé sur un
poêle 49«548
Charme. Bois sec de menuiserie 42.400
Idem, idem 42.i45
gramm.
/Avec 19,6 pour cent d'eau. . i o,8i 55,228
.^1 . ilmparlaiteiuent brûlé ( 0,73 34, 121
^ Laissant du charbon comme (
( résidu de la combustion. . ) 0,94 34,556
Si Ion peut accorder quelque confiance à l'exactitude des tables précédentes , il paraîtrait eu résulter que la quantité de calorique dégasjé pendant la combustion , n'est pas proportionnelle à la quantité d'oxigéne qui s'unit avec le corps brûlant. Si nous comparons la combustion des builes, de la cire et de Paicool, par le comte de Rumford, avec la quantité du calorique désjagé pendant la combustion de l'hydrogène et du charbon telle que l'a établie Crawford , en reconnaissant la constitution des composés inflammables, ainsi quelle a été déterminée par les expériences de Saussure et de Gay-Lussac. il paraîtrait qu'il y aune quantité spécifique de calorique dégagé pendant que l'hydrogène et le charbon brûlent, et que cette quantité est la même pendant la combustion de ces corps j dans quelqu'état de composition qu'ils puissent exister.
3". De la percussion.
On sait qu'il se produit du calorique par la percussion des corps durs enlr'eux. Lorsqu'on frappe fortement et vivement avec un marteau, un morceau de fer, il devient rouge de cbaleur.; et le produit des étincelles , par la collision du caillou et de l'acier, est un fait trop familier pour qu'il soit nécessaire de le rappeler ici. Aucun efft^tde percussion, cependant, n'a jamais été observé à l'égard des liquides, ni des corps mous qui cèdent facilement au choc.
1 . Ce dégagement du calorique par la percussion semble La percussion
latioa.
jyG CORPS IMPONDÉRABLES.
produit la résulter d'une condensalion permanente ou temporaire du
t^oadensaiion. ^orps fiappé. La pcsanteui' spécifique du fer, avant d'avoir
été soumis à l'action du marteau, étant 7,788, elle est, après
l'avoir subie, de 7,840; celle du platine, de 19, 5o, devient
2 1,65 dans la même circonstance.
Calorique 2. L'cftct dc la condeusatiou semble toujours être de par iïfonden- dégager du calorique. C'est au moins celui qu'elle produit à l'égard des corps dont il nous est possible de diminuer le volume d'une manière sensible et permanente. Lorsque le gaz acide hydrochlorique est absorbé par l'eau, la température du liquide s'élève proinptemenl à 38° centigr. Elle augmente plus considérablement encore, par la conversion en un sel solide, des gaz ammoniac et acide bydrochlorique. La dissolution d'une pierre calcaire dans l'acide sulfurique produit une chaleur considérable, indépendamment de la grande quantité d'acide carbonique qui est mis en liberté et se dégage; et si au-lieu de la pierre calcaire, on emploie la chaux {3ure,la chaleur est des plus violentes. Or, dans ce cas, 'acide, et l'eau qu'il contient, sont convertis, en partie, de liquides qu'ils étaient en solides , et le volume est de beaucoup diminué. On sait aussi que par la condensation soudaine de l'air qui environne un thermomètre, cet instrument monte de plusieurs degrés '. Dalton a fait voir que, dans ce cas, il y a plus de calorique dégagé que ne l'indique l'élévation subite du thermomètre. Il résulte de ses expériences, qu'en condensant rapidement l'air, de manière à le réduire aux o.5o de son volume, sa température s'élève de 28» cent. -. Le même changement a lieu par l'admission subite de l'air dans le vide. Il n'est pas même douteux qu'une plus grande augmentation de température que celle de 28° cent, puisse êti-e produite par la condensation de l'air, si on regarde comme exact le fait mentionné, pour la première fois, par ]\lollet,raaisqui aétélong-teuîps famiher aux cliimibtes; savoir, qu'un morceau de mèche préparée, ou d'amadou, prend feu lorsqu'on le place dans le canal étroit qui termine ordinairement l'extrémité inférieure d'une pompe à condenser l'air, et que cet air est rapidement condensé ^.
» Dar-win , Phil. Trans. 1788.
a IVTanchesler's Mcmoirs. V, 5)5.
» PicLet, Phil. lUag. XIV, 304.
DU CALORIQUE. TJ7
D'un autre côté, la température d'un corps s'abaisse parsa raréfaction subite : J)aiton a trouvé que cet abaissement était également de 28° centigr. ^ dans la température de 1 air raréfié par l'action de la machine pneum::ticjue.
Benhollet, Pictet etBiot, ont fait une suite d'cx^^ériences, pour chercher a connaître la quantité de calorique qui se dégage, lorsque des métaux ductiles sont fortement et soudainement frappés , cotome lorsqu'ils sont soumis à faction d'un balancier âa -monnoTage. Ces expériences ftirect faites sur des flaons d'or, d'argent et de cuivre de même dimension et de urème forme, et en eut soin, avant de les commencer, de s'assurer qae le balancier et les pièces de métal avaient acquis la même température. La quantité de chaleur dégagée des trois métaux, fut plus considérable pour le cuivre, plus faible rour fargeut, et ce fut l'or qui eu donna le moins. C'est par le premier choc du baîaDcier que la plus grande quantité de chaleur «tait dégagée: cette quatiîiîé diminuait au s'^cond choc, et après le troisième, la chaleur était à peine sensible. On estimait la chaleur que les pièces de métal acquéraient par le choc du balancier, en jetant prjmptement la pièce dans une quantité d'eau suffisante pour la recouvrir, et en ji^gearK.par l'augmentation de température de leau, de celle à lac[ueile le métal avait été élevé.
y^ccroissement de température éprouvé par deux pièces de cuivre ^soumises à trois chocs successifs du balancier.
ceatigrades.
Premier coup ( '" P*!""^^ S"'??
^ ( 2^. pièce 11, Db
Second coup. . . h '/PJ^^ ^'S^
^ l 2*. pièce 2,3o
T- •' ( i*^^. pièce 1.06 roisieme coup. . .-'. ^ J .. '"
^ l 2^ pièce o,Si
La quantité totale de chaleur dégagée de chacune des deux pièces de cuivre, est à-peu-prés la même, car elle est, pour la première, de i4°,8i cent, et de 14*^,87 pour la seconde.
3iancîiC5Ler"s 3Icmoiis. V. Si 5.
Chaleur dégagée de deux pièces d'argent ^ traitées de la même manière»
centigrades:
Premier coup. ...< .*'•- ,'^
^ ( 2^. pièce 4,00
Cl ( 1". pièce 0,25
Lîecona coup. ■ * > { ^ ^^
^ (2^. pièce 1,19
rr • •« f 1". pièce i,5o
Iroisieme coup. . < ^ •'
i \ 2*^. pièce 1,12
Chaleur totale, dégagée de la 1". pièce S°,i9
Chaleur totale, dégagée de la 2^ pièce 6,37
On chercha ensuite à connaître le changement que les métaux, ainsi essayés, avaient pu éprouver dans leur pesanteur spécifique , et on trouva que ce changement était proportionnel à la quantité de chaleur dégagée, ainsi qu'on peut le voir dans la table suivante , qui présente les résultats des expériences faites à ce sujet. Les pesanteurs spécifiques furent prises à la température de 8^ centigrades.
Pesanteur spécifique de l'or 19,2367
Idem^ recuit 19,2240
Idem^ frappé 19,2487
Pesanteur spécifique de l'argent 10,4667
Idem ^ recuit 10, 4465
Idem , frappé 10, 4838
Pesanteur spécifique du cuivre 8,8529
Idem^ recuit 8,8898
Idem^ frappé une seconde fois 8,9081
D'après ces expériences, il est évident que la chaleur dégagée des métaux par le choc, est due à la condensation, et que ce dégagement de chaleur est proportionnel au changement de dimension qu'éprouvent ces corps. 11 s'ensuit que lorsque les corps ne peuvent plus être condensés davantage, tout dégagement de chaleur par le choc, cesse d'avoir heu. Bertholiet, Pictet et Biot, eurent lieu de remarquer dans le cours de ces expériences, que la communication de la chaleur d'un métal à l'autre est beaucoup plus rapide par le choc que par le simple contact *.
* Mém. d'Arcueil. II, p. !\\\»
Et comment.
3. ll«'est pas difficile de voir comment la condensation occasionnerait le dégagement du calorique, et la raréfaction l'effet contraire. Lorsqu'on force le rapprochement des molécules d'un corps, la puissance répulsive du calorique qui était combiné avec elles, est accrue, et par conséquent une partie de ce calorique tendra à s'échapper. Une barre de fer est beaucoup plus dure et plus cassante après qu'elle a été échauffée parie marteau Elle doit être alors devenue plus dense, et avoir par conséquent perdu de son calorique; et ce qui le prouve, c'est que la même barre ne peut être échauffée une seconde fois par la percussion, tant qu'elle n'a pas été exposée pendant quelque temps à une chaleur rouge. Elle est trop cassante, et elle se brise en morceaux sous le marteau. Or, la fragilité semble être due, dans la plupart des cas, à l'absence de la quantité ordinaire de cal; rique. Le verre, qui n'a pas été recuit, ou ce qui est la même chose, qui a été refroidi trèspromptement , est toujours extrêmement fragile. Lorsque le verre est en état de fusion, il s'y accumule une grande quantité de calorique, dont la force de répulsion entre les molécules doit être en conséquence très-considérable. Elle est telle en effet , qu'il serait disposé à s'échapper dans tous les sens avec une inconcevable rapidité, s'il nV était pas maintenu par une quantité de calorique plus grande qu'à l'ordinaire dans les corps environnans. Si donc cette quantité nécessaire de calorique environnant est soustraite , celui du verre se dégage aussitôt;, et il en abandonne une quantité plus considérable, à raison delà grande augmentation de vitesse que ses molécules ont dû avoir acquise. Ainsi il est probable que la fragilité du verre est due à un manque de calorique -, et il n'est guère possible de douter que celle du fer n'ait la même cause, si Ton se rappelle que, par l'application d'une nouvelle quantité de calorique , eUe cesse d'avoir lieu.
4. Il est à observer aussi, que la condensation diminue le La calorique spécifique des corps. Après qu'un des morceaux d'ar- ''°dfmbue°'* gile,donton se sertpourletherujomètredeWedgewood.a été ^V"ci^"^uë* chauffé à i 20» ^ il est réduit a 1h moitié de son volume primitif, quoiqu'il n'ait perdu qu'environ un décigramme de son poids; et
son calorique spécifique est en même-temps diminué des o.33 *i
* T. \yedgewood , Phil. Tiwns. 1752.
lee par percussion
l8o CORPS IMPONDÉRABLES.
mais il est difficile de concevoir que le calorique sj^xicjfiqu? rViiii corps puisse diminuer sans qu'il n'y ait en aiénie-temps dégageaient de calorique.