On voit aisément, par ce qui vient dètre dit, que le
Comment , . i i • i ^ i v ' '
la chaleur est degagenficnt du calorique , par Ja percussion, est du a ce que oc^Munnee ^.^^ç foice le séparc des molécules du corps frappé avec lesquelles il était combiné*, mais une partie du calorique en état de liberté après la percussion, provient souvent d'une autre cause. La quantité de calorique dégagé par la condensation, est suOisante })our élever assez la température de* <juelques-unes des molécules du corps, pour les rendre capables de se combiner avec l'oxigène de l'atmosphère; et cette combinaison ayant lieu, une grande quantité additionnelle de calorique est séparée par la décomposition du gaz. il n'est pas douteux que c'est ce qui arrive lors de la collision du caillou et de l'acier; car les éliucelles qu'elle produit ne sont autre chose que des petits morceaux de fer mis à l'état de chaleur rouge, qui s'unissent avec l'oxigèue pendant leur passage dans l'air, comme chacun peut s'en convaincre soi-même, en examinant ces particules. M. Hawksbée * et d'autres physiciens, ont fait voir que le fer ne produit point d'étincelles dans le vide; mais M. Kirvvan assure qu'il s'en produit sous feau de source ordinaire.
11 n'est pas aussi facile de rendre raison de l'émission du calorique par la percussion de deux corps incombustibles. jNous avons parle, d^ius le dernier chapitre, de la lumière ])roduite par le choc de deux pierres de quartz, de cailloux, ou de tous autres corps également durs. Il est évident , en considérant le phénomène dans son ensemble, que dans ce cas, il V a aussi émission de calorique. IM. T. Wedgewood a remarqué, qu un morceau de verre de vitres, mis en contact avec une meule de grès en mouvement, devient rouge de chaleur i\ son point de contact, et qu'il s'en sépare des molécules capables d'enflammer la poudre à canon et le gaz hydrogène *. Il faut alors, ou supposer que tout le calorique est produit par la condensation seule, ce qui n'est pas probable, ou convenir que nous ne pouvons expliquer le phénomène. Cet exemple est presque le seul du dégagement du «________ _____________
• T. Wedi^c^ootl , Phil. Trans. XXIV, 2iG5. ' Phil- Traas. 1792, p. 45.
DU GALOP. I QUE. l8r
calorique et de la lumière^ dans des circonstances où l'action de l'oxigène ne peut être démontrée, ou même rendue probable.
L'apparence lumineuse qui se manifeste par la percussion de certains corps dans le vide , ou dans des corps qui ne sont pas capables d'entretenir la combustion, semble devoir se rapporter aux phénomènes de l'électricité-, car de tels corps sont toas électriques. Ils sont souvent aussi pbosphorescens, propriété qui peut également contribuer à l'effet'.
4^. Du frottement.
Le calorique n'est pas seulement dégagé par la percussion, ^^^^jfoJi'^^e il l'est aussi par le frottement. On allume souvent des feux p^'en frottant vivement l'un contre l'autre deux morceaux de bois s'^c. On sait que des chariots lourdement chargés pren- ^,^^^ ^^ ^^^ nent feu quelquefois, par le frottement de leur essieu sur la j^'^.
^^il ', r. -11'' 1' condeusaiion.
roue. Ur, comment le calorique est-il dégage ou accumule par frottement? Ce n'est pas, comme dans les cas de percussion, en augmentant la densité des corps frottés les uns contre les autres -, car il y a production de chaleur par le frottement entre eux des corps mous , et cependant leur densité ne peut être augmentée par ce moyen, comme chacun peut s'en convaincre en frottant rapidement sa main contre son vêtement. Il n'y a pas, il est vrai, de chaleur produite par le frottement des liquides; mais ces corps cèdent trop facilement pour pouvoir être soumis à un frotteuient assez fort. Ou ne peut pas non plus attribuer la production de chaleur, par le frottement, à la diminution du calorique spéci- (lécrûilsTmeot fîque des corps frottés ; car le comte de Ruraf(>rd trouva qu'il ^"^ édS"* n'y avait pas diminution sensible * •, et en admettant même qu'il y eût en effet une diminution, pourrait-elle suffire pour rendre raison de la quantité considérable de chaleur produite par le frottement?
Le comte de Pxumford prit une pièce de canon de fonte solide, et telle qu'elle sortait du moule de la fonderie ; il eu fit couper l'extrémité, et former , dans cette partie, un cy-
Journ. of tbe royal inslit. I, 26^.
jNicholson's Jour. Il, loG.
î?^ CORPS IMPONDÉRABLES.
lirulre solide, attache an canon, de 2, décini. de dîamcîre,eî cîe 2') centim. de longuenr Ce cylindre continuait à faire corps avec la pièce, au moyen d'un petit collet cylindrique. 11 fit percer au foret le cylindre , d'un trou de 9 centim. de diamètre et de 18 centim. de profondeur. Il plaça dans le cylindre, ainsi j^ercé, un foret obtus d'acier, qui pressait fortement contre le fond du cylindre, tandis que la pièce avait un mouvement de rotation, qui lui était imprimé par l'action de chevaux. On pratiqua en même temps un ])etit trou rond dans le cylindre, dans une direction perpendiculaire à son axe, et se terminant dans la partie solide un peu au-delà de l'extrémité de la partie creusée ; de sorte, que dans cette cavité, on put introduire un thermomètre qui indiquât la chaleur du cylindre. Afin de prévenir toute déperdition du calorique , le cylindre fut enveloppé d'une flanelle épaisse. Le foret pressait contre le fond du cylindre avec une force égale à environ /j-53o kilogrammes, et le cj^liudre tournait sur son axe en faisant Sa révolutions par minute. La température du cylindre , de 16° centigrades au commencement de l'expérience, était de 54*' centigrades au bout de 3o minutes, ou après 960 révolutions. La quantité de poussière métallique, ou d'écailles, produites par ce frottement, s'élevait à environ 54 gram. Si l'on suppose maintenant que tout le calorique a été dégagé de ces écailles , comme leur poids n'était justement que la 94^^- partie de celui du cylindre, elles auraient dû perdre 948 degrés de chaleur pour élever la tempéiature du cylindre de i*^., et par conséquent 86024 pour la faire monter de 16" cent, à 54°j ce qui doit sans doute paraître incroyable *. K, Le dégagement du calorique par le frottement n'est pas dû
non plus à la combinaison de l'oxigène avec les corps euxmêmes, ou avec aucune partie de ces corps. Au moyen d'une espèce de mouvement d'horlogerie, M. Pictet fit tourner, avec une grande rapidité, de petits godets contre lesquels il faisait frotter différentes substances. Ces godets étaient fixés sur Taxe de Tune des roues-, et dans leur concavité, au-dessus du centre, était ]:»lacée la boule d'un thermomètre assez sensible pour indiquer très-promptementla chaleur procurée au godet par le frottement de la substance employée à Topérer. Avec cet appareil, dont le volume total était assez petit pour
* IVicholson's Jour TI, :c/i.
i'H coiiiiJUsIion
qu'on put facilement Tintroduire dans le récipient d'une machine pneumatique j, il fit frotter dans lair un morceau de spath adamatin contre les bords extérieurs d'un godet d'acier trempé. Il y eut, pendant tout le temps de la durée des révolutions, production abondante d'étincelles; mais le thermomètre , placé au centre du godet à quelque distance de ses parois, n'indiqua aucune chaleur produite par le frottement. Cette expérience fut répétée dans le vide , à un degré de raréfaction où le mercure se soutenait encore à 9 millim. Il n'y eut point d'étincelles produites; mais, en opérant dans l'obscurité, on apercevait a l'endroit du contact une lueur phosphorique • le thermomètre n'accusa point de chaleur produite. Il fit ensuite frotter, de la même manière , dans l'air, un morceau de laiton contre les bords d'rm godet également de laiton, mais beaucoup plus petit. Le thermomètre, dont la boule remplissait presqu'en entier la concavité de ce godet, et était très-voisine de ses parois , monta de 3" : mais cette ascension ne commençait à avoir Heu que lorsque les révolutioDs de la machine étaient achevées. Il y a apparence, qu'à raison du mouvement produit dans l'air, le calorique était entraîné à mesure que le frottement le dégageait. En faisant cette expérience dans le vide, l'ascension du thermomètre fut en tout de i^^a, et cette ascension commençait dès que l'appareil était en mouvement. En substituant au laiton, qui frottait contre le godet de même métal, un morceau de bois , il obtint dans fair une ascension moyenne de 7"; et en remplaçant aussi le godet de laiton par un godet de bois, l'ascension fut de s^^i dans l'air, de 20,4 <3^"s le vide; et cette ascension fut de 5^ dans un air condensé à iSBo millimètres, et par conséquent chargé d'une atmosphère trois quarts *.
Si ces expériences pouvaient ne pas paraître suffisamment concluantes, j'en ai d'autres à citer, qui ne permettront plus de douter que le calorique produit par le frottement, n'est pas du à la décomposition du gaz oxigène. Le comte de Rumford imagina de renfermer le cylindre que nous avons décrit cidessus, dans une boîte de bois remplie d'eau, et dont l'air était entièrement exclus, le cylindre lui-même ainsi que le foret
* Pictet, sur le Feu ^ chap. g.
l84 COUPS IMPONDÉRABLES.
-pîant aussi entièrement plongés dans ce liquide, et en mêmetemps l'appareil était disposé de manière qu'il pouvait être misen mouveuientsans déranger la boîie, ni sans en faire sortir Teau qu'elle contenait. La quantité de ce liquide s'élevait à environ 8,5 kilogrammes, et la température, au commencement de l'expérience, était de 1 6' centigrades. Au bout d'une heure de mouvement du cylindre, qui faisait 32 révolutions par minute , la température de l'eau s'était élevée à ^•20 centigrades; une demi-heure après, elle était de Si» centigrades; et au bout de deux heures et demie, à dater du commencement de l'expérience, l'eau fut en pleine éhuU lition. Suivant le calcul du comte de Rumford, la quantité de calorique, produite dans cette expérience , aurait suffi pour amener j akilog.d'eau à la glace, au degré de l'ébullition; et neuf bougies de grosseur moyenne, brûlant à-la-fois d'une flaunne claire et brillante, pendant le même temps qu'avait duré l'expérience, auraient à peine fourni la même quantité de calorique. Dans cette expérience, l'eau n'entrait pas dans la cavité du cylindre, dont l'entrée était fermée par un piston; mais le comte de riumford la répéta après avoir supprimé ce piston, et laissé ainsi l'eau en contact avec les surfaces métalliques à l'endroit même ou le frottement s'opérait : et les résultats qu'il obtint furent absolument les mêmes '*' .
Les expériences de Rumford furent répétées et diversifiées par M Haldot. Il disposa un appareil, avec lequel deux corps pourraient être pressés l'un contre l'autre au moyen d'un ressort, tandis que l'un d'eux aurait un mouvement de rotation d'unevîtesse de8 décim. environ par seconde. Le frotteinent s'opérait dans une forte boîte contenant de 3 à4 décim. cubes d'eau. Les résultats qu'il obtint concoident tellement avec ceux des expériences du comte de Rumford, qu'il serait inutile d'entrer ici dans de plus grands détails. La su])stance frottante était le laiton; et c'est lorsque le métal frotté était le zinc, qu'il y eut la plus grande quantité de chaleur dégagée. Le laiton et le plomb en dégageaient en quantités égales, mais moins que le zinc. L'étîiin ne produisait que les 0.78 de la chaleur dégagée pendant le frottement du plomb. Lorsque la pression fut quadruplée, la chaleur dégagée devint sept fois plus considérable qu'auparavant. La substance à surface
* i^icholson's Jour. ÎI, loG.
DU CALORIQUE. l85
frottante4 brute, produisait moitié moins de cLaleur qua surface polie. Lorsque l'appareil était en^irouué de corps mauvais conducteurs du caloricuie, ou de corps non conducteurs de lélecti'iciié, il y avait diminution daris la quaniité de la chaleur dégagée *.
Ainsi le calorique, nuise manifeste par le frottement , ne Et
. T I -' i . 111 » ' • J5 I» ' par con^éaneni
provient m dune augmentation da la densité, m dune aite- me.piicabie ration dans le calorique spécifique des substances exposées au '"""ï^'^P"'^"^ frottement; il n'est pas dii non plus à la décosiq^osition de l'oxigèue de l'aluiosphère : doù peut-il donc alors dériver? On n'a point encore satisfait à cette question-, mais nous n'en coDclnons pas, ainsi que le fait le comte de Ruuiford, que le calorique n'existe pas du tout, et que ce qu'on appelle ainsi, n'est qu'iuie espèce particulière de mouvement r car il résulte évidemment des faits exposés dans ce clia))itre, que le calorique existe comme substance. Il faudrait pouvoir prouver que son accumulation par frottement est incompatible avec cette manière de le considérer comuie étant une substance, pour admettre la conclusion du comte de R.umtord-, et certes cest ce à quoi on n'est pas parvenu. Nous sommes encore loin sans doute de connaître assez les lois du mouvement du calorique, pour pouvoir affirmer avec certitude que le frottement n'est pas la cause qui produit cette accumulation dans les corps frottés. Nous savons, au-moins, que c'est ce qui a lieu avec félectricité. Mais si, jusqu'à présent, personne n'a pu parvenir à démontrer comment le calorique est accumulé par le frottement, ce n'est pas uue raison suffisante pour en nier Texistence.
11 semble en elfet v avoir une très-grande analogie entre Analogie le caluriqiie et la m^itiere électrique. Ils tendent l'un et l'autre ^qu^ é^'éUc'à se distribuer également d'eux-mêmes dans les corps; et tncué. l'un et l'autre ils les dilatent. lis fondent l'un et fautre les métaux, et l'un et l'autre ils allument les substances combustibles. M. Acbard a prouvé, que félectricité peut être substituée au calorique, mè:ne dans les cas où son action semble être particulièrement nécessaire : car il trouva, qMo par un certain courant de fluide électrique consîammc:;-; soutenu , on pouvait faire éclore des œufs tout aussi b t.7. <ju'avec uue température de .^o**. centig. Un accident ern-
* isicholîon's Jour. XXVI , 3o.
î86 CORPS IMPONDÉRABLES.
pécha les poussins de sortir de la coque; mais ils y étaient formés et vivans, et ils la brisaient au bout de deux jours. L'électricité a aussi une grande influence sur l'échaiifiement et le refroidissement des corps. M. Pictet ayant vidé d"air, jusqu'à 3 millimètres de Téprouvette , un ballon de ^erre de 24 décim. cubes de capacité, il suspendit au milieu un thermomètre, au moyen dune baguette de verre fixée au fond du ballon, et qui s'élevait jusque vers son extrémité supérieure. De chaque côté de ce ballon, il plaça deux bougies allumées, dont les rayons étaient réfléchis, au moven de deux miroirs concaves, sur la boule du thermomètre; les bougies et le ballon avaient pour support une même planche, posée sur un tabouret isolant. A 76 centimètres de distance de l'appareil ainsi disposé, était une machine électrique établie en communication métallique avec l'anneau de laiton qui garnissait le col du ballon. Cette machine fut maintenue en action pendant tout le temps de l'expérience, et par conséquent le ballon qu'on y avait exposé devait se lompîir de la matière électrique qui y entrait continuellement, et de manière à en former, suivant M. Pictet, une atmosphère non-seulement au-dedans de ce ballon, mais encore à l'extérieur tout autour, à une certaine distance : ce qui se manifestait évidemment par la flamme vacillante des bougies qui brùlaieut très-mal. Lorsque l'expérience commença, le thermomètre était à 10^ centigrades; il s'éleva à 210 dans 782''. La même expérience fut répétée; mais sans électriser lappareil. Le thermomètre monta de 10® à 210 en io5o''; de sorte que Télectricité avait accéléré réchauffement de près d'un tiers. M. Pictet répéta ces expériences ; mais avec cette différence , qu'il isola les bougies , en plaçant les flambeaux sur des vaisseaux de v{.'rre vernis à la copale. Le thermomètre monta dans 1« vide électrisc, de 1 1*^ à 24^ centigrades en io5o'', et en o65'' dans le vide simple. L'élévatiou du thermomètre fut de 3oo centigrades dans le vide simple, et de 25° dans le vide é!ectri.sé. Il résulte de ces expériences, que lorsque le globeeîlesbongiescomnvjniquaient ensemble, l'électricité rendait réchauffement du thermomètre plus prompt, mais qu elle produisait l'effet contraire, lorsque les bougies étaientisoiées'*'.
* Pictet, sur le Feu , cbap. 6.
On pourrait soupçonner que l'effet produit dans l'expérience suivante de M. Pictet, était dû à l'action de l'clec- Iricité. Pour éviter que la boule du thermomètre, qiiil avait introduit dans un des godets de laiton dont nous avons dé]à parlé, ne fût brisée par le mouvement rapide de ce vase métallique, il en garnit l'intérieur d'un peu de coton, dont 2 ou 3 brins seulement touchaient la boule en-dessous. Le tliermomètre monta, indépendamment de tou.t autre frottement, de 5 à 60 pendant les révokuions du godet. En faisant toucher la boule du thermomètre par une plus grande quantité de coton, il parvint à obtenir une ascension de i5o. Je ne vois pas qu'il soit possible de conclure autre chose de ces faits, sinon que l'électricité contribue très-souvent à réchauffement des corps, et que son action est probablement pour qielque chose dans l'accumulation du calorique produit par le frottement. En supposant que l'électrité est réellement une substance, et en accordant que cette substance diffère du calorique, n'est-i! pas de toute probabilité qu'elle en contient comme tous les autres corps? jNe tend-elle pas à s'accumuler dans tous les corps par frottement, qu'ils soient conducteurs ou non conducteurs? Ou, lorsqu'ils sont bons conducteurs, ne peut-elle pas les traverser en grande quantité pendant que le frottement a lieu? Ne peut-elle pas partager de son calorique avec ces corps, soit à raison de hnr plus grande affinité, ou pour (juelque autre cause? Et pourquoi ne pourrait-elle pas être alors la source du calorique qui se manifeste pendant le frottement?
5*^. JDii Mélange.
On sait que l'union chimique de deux substances produit l^j mëiai.ge? presque touiours un chansiement de température. Dans quel-, changent ques cas, cette température devient plus iroide ; elle devient beaucoup plus chaude dans d'autres. INous avons présenté, dans la troisième division de la précédente section, une liste nombreuse des mélanges d'où résulte le froid : il nous reste à considérer ceux dont l'effet est contraire , et à rechercher la cause de l'un et de l'autre.
I. L'eau constitue une partie essentielle de presque tous les rat, pariie mélanges qui donnent heu à un changement de température. ^^■«'^'"^'î''- Il n'y a d'exceptions bien remarquables à cet égard, que
CORPS IMPONDERABLES.
celles (le l'union de quelques corps gazeux, tels, par exemple, que l'union du gaz ammoniac et du gaz acide hydrochlorique, qui produit un corps solide, avec dégagement, aumoment où cette union s'opère, d'une très-grande quantité de calorique: encore même ces corps gazeux contiennent-ils une proportion considérable d'eau ^ qui . selon toute apparence, ne contribue pas peu à l'effet.
la nature S. Daiis uu graiid Dom.bre de cas, le changement parti-
''''déplnT'"'<^'ilier de température produit parle mélange, dépend delà ^^tii^^fe°p°" proportion de l'eau qui était préalablement combinée avec une des substances qui le composent. Car le même corps peut produire ou le chaud ou le froid, en raison de cette proportion. Il a été bien prouvé, ])ar les expériences de Lowitz et de Waiker, que la dissolution dans l'eau d s sels, qui en retiennent une grande quantité dans leur composition, tels que le carbonate de sourie, \q sulfate de soude, Y hydrochlorate de chaux, etc. , produit un abaissement considérable de teiupérature , qui est d'autant plus pronipt, que la dissolution s'opère avec plus de rapidité ; mais lorsqu'on fait dis- 50 dre les mêmes sels, après qu'ils ont été préalablement privés de leur eau en les chauffant, la température du mélange s'élève considérablement.
Une 3. On peut établir comme une règle générale, à laquelle il
augmentation y a peu d'exceptious , que toutes les fois crue la fluidité, ou
de deus;te pro- , , ^ • , ,, ' > c ' •• • ^ i i
auit un dégage- la oensitc cl uu comnosc, lorme par lunion de deux corps,
ment n 111 1 ' ■
de calorique, surpassc Celle ui veune des deux substances avant leur mélange, il y a abaissement de température : qu'elle s'élève au coniraire si la densité ou la fluidité du nouveau composé est moindre, et que dnns ce dernier cas, l'élévation est à-peuprès proportionnelle ta la différence.
Le contraire Amsi lorsqu'oH mêle ensemble de la neige et du sel, ces P^ûuiteiroi 5u]3v;tances fondent peu-à-peu et passent par degrés l'une et l'autre à letat de liquides. Pendant tout le temps que dure cette fonte, la température se maintient à zéro ou au-dessous; mais elle monte lor-qne la dissolution est complèie. D'un autre coté, la pesanteur spécifique d'un mélange d'alcool et d'eau est plus grande que celle moyenne de ces deux corps; il y a donc condensation, et par cotLséquent le mélange s échauffe. Lorsqu'on mêle ensemble quatre parties d'acide sulfurique et une partie d'eau, la densité est considérablement augmentée, et en conséquence la tempe-
vaUwe ô^ mélange s'élève très-pi'oniptemerit à environ 149*^ ceDligr.
4. Ou conçoit actuellement la raison pour laquelle ceux des sels , qui contiennent beaucoup cl eau , produisent du froid pendant leur dissolution; c'est que l'eau qui , comme partie constituante du sel, v était à l'état solide, devient liquide lorsqu'il est dissous. Mais puisque ces sels, lorsqu'ils ont été privés de leur eau, produisent de la chaleur pendant leur dissolution, on ne peut pas douter que leau, avant de les dissotidre, ne se combine d'abord avec eux de manière à lormer un solide, ou au-moius, une dissolution d'une densité considérablement plus grande.
On voit bien plus clairement encore, par les expériences de Gay-Lussac, que dans des cas semblables, le dégagement de la chaleur ou du froid est dû au changement détat de
l'eau, lorsque de sohde elle devient liquide, et vice vt^rsà. Ce chimiste mêla ensemble uue dissolution saturée de nitrate d'ammoniaque d'une densité de i,3o2 à la température de *iG'',3 cenlig. , avec de l'eau, dans la proportion de 1\\^od grara. de la «hssoluîion saline, et de 33, 76 grammes d'eau; la température de ce mélange baissa de 4*^,90 cenlig.-, et cependant sa densité avait auginenté ; car la densité moyenne aurait été de 1 , 1 5 1 , et celle du mélange était de i , 1 69. Cet expérimentateur habile rapporte plusieurs exemples semblables , quoique, dans aucun , l'absorption de calorique n'ait été aussi grande que dans le cas que j'ai choisi pour le citer ici *.
5. Toutes les fois que l'eau se solidifie, il y a dégagement ^^ très-abondant de calorique. C'est ce qui a lieu lorsqu'on jète soiidiScatioa de l'eau sur de la chaux vive; une portion de l'eau se corn- produit dégabine avec la chaux et forme avec elle une poudre sèche, deSïque. entièrement dépourvue de fluidité. C'est aussi, par la-mème
raison , qu'il y a production de caîoriqiie , lorsqu on met de la chaux vive dans de l'acide sulfurique.
6. Tous ces phénomènes, de même que le dégagement de Dépend calorique qui a aussi lieu pendant la putréfaction et la fer- " uilTiT* mentation, s'expliquent d'une manière assez satisfaisaiite par
la théorie du calorique latent du docteur Black. La fluidité résulte, dans tous les cas, de la combinaison du calorique avec le corps qui devient fluide, d'où il suit qu'un mélange
* Ano. de Chim. et Phys. I, 2i4-
igO CORPS IMPONDÉRABLES.
qui passe à Tétat liquide doit absorber du calorique, ce qui t'st Ja même chose que si l'on disait qu il doit produire du froid. D'un autre côté , lorsqu'un corps fluide prend la forme solide, il doit y avoir dégagement de calorique; parce qu'un fluide ne peut devenir solide qu'en abandonnant le calorique qui le tenait à l'état de fluidité. Mais l'application de cette ihcorie, à tous les cas de changemens dans la température
^RV mélange, est si évidente, qu'il n'est pas nécessaire de
'expliquer davantage.
7. 11 y a changement de calorique spécifique des corps dans la plupart des combinaisons , qui donnent lieu à une production de chaleur ou de froid -, et c'est à ce changement que le docteur Irvine attribuait tout dégagement de chaleur ou de froid. Quoiqu'il me semble avoir donné beaucoup trop d extension à cette idée, je n'en pense pas moins que ce changement y doit influer d'une manière très-sensible.
V I . ^électricité.
1. Il est bien connu que lorsqu'un corps excité (mis à l'état électrique) est déchargé à travers l'air, on aperçoit toujours un éclair très-brillant, qu'on désigne particulièrement parle Dora à^ étincelle. Cette étincelle, lorsqu'elle est assez forte, produit tous les effets de la chaleur. Elle fond les métaux les plus réfractuires, elle enflamme la poudre à canon, l'alcool et d'autres combustibles. Il s'ensuit donc évidemment que l'électricité dégage et chaleur et lumière, lin effet, la quantité de chaleur produite, par l'action d'une grande batterie galvanique, est presque aussi considérable que celle qu'on pourrait obtenir au moyen des plus fortes lentilles , ou par la combustion d'tin mélange de gaz oxigène et hydrogène. C'est ce qu'ont fait voir clairement les expériences de M. Children avec son magnifique appared galvanique '. Effets 2. Les effets que l'électricité produit sur les corps mé-
.'^r le» métaux, talliqucs scmblcHt être en raison inverse du pouvoir qu'ils ont de la conduire. Ces effets de l'électricité sont les plus faibles à l'égard des métaux qui en senties meifleurs conducteurs, et c'est sur les métaux mauvais conducteurs qu'elle agit le plus fortement. Van-Marura * ayant fait- passer successivement à
' Phil. Trans. i8i5, p. 368.
* Première conlinuptnon des expériences faites parle moyen de la m.itiiine clcctri^ue Iryleiicnc.
DU CALORIQUE. ÎQf
travers cle« fils de différens métaux, d'un millimètre de diamètre, toute l'électricité accumulée dans une batterie chargée par la machine teylériène, chacun de ces fils fut fondu par la décharge, sur des longueurs diverses, ainsi qu'il suit, savoir :
mètres.
Fil d'argeut. . . "j
Fil de cuivre. . > o,oq6
Fil de laiton. . J
Fil de plomb. . . 3 Fil d'étain. .... 3
Fil de fer 0,137
Fil d'or o,8y
Par des décharges égales de la batterie.
Un fil de fer d un demi-miîlimètre de diaiuètre fiU fondu sur la longueur de o,4o6 "^'^^^
Un fil d'argent de même diamètre fut en partie
fondu, et en partie réduit en petits morceaux. 0,22 1
Un fil de cuivre de même diamètre (non
fondu ) 0,006
Un fil de laiton de même diamètre , fondu en partie , et en partie réduit en petits morceaux o,3oo
Il paraît , d'après les expériences de Van-Marum, que le cuivre est de beaucoup meilleur conducteur de l'électricité , que le laiton ou le fer.
Lorsqu'on fait passer des chocs électriques à travers un bon conducteur, un thermomètre placé dans le conducteur ne s'élève point. Van-Marum lit passer un courant de matière électrique à travers la boule d'un thermomètre ; cet instrument monta de ^yà 38° centigrades. Dans le vide de Boyle, un thermomètre, dans les mêmes circonstances, s'éleva à 49° centigrades. Ce thermomètre ayant été placé dans les gaz oxigène et azote, raréfiés l'un et fautre au même deçré, son élévation fut la même "*",
Les expériences de M. Children, avec sa puissante batterie galvanique, furent plus susceptibles d'exactitude que celles de Yan-Marum , comme avant été faites sous un flux non-interrompu de courans électriques; ce qui, selon toute probabilité , contribue beaucoup à leur efficacité. D'après la longueur des fils raétaUiques mis en fusion par cette batterie,
^ Phil. Mag. VIII, ir,3.
îga CORPS IMPONDÉRABLES.
il paraîtrait que les métaux peuvent être rangés, comme conducteurs de l'électricité, dans l'ordre qui suit , savoir "^ :
1, Argent. I 3, Or.