‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 55 sur 136 · Rondelle de drap · texte numérisé non relu

Rondelle de drap

imbibe.

imbibé.

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zinc et cuivre, des disques métalliques. Les rondelles de drap doivent être d'un diamètre un peu plus petit que celui des plaques métalliques-, et on doit avoir soin, en les imbi}3ant de là dissolution saline, qu'elles ne soient mouillées qu'autant qu'il le faut pour que le poids du disque métallique qui doit être placé dessus, ne puisse rien faire sortir du liquide. Il y a beaucoup plus d'avantage à souder ensemble chaque plaque de zinc et de cuivre, en les réunissant ainsi par paire; mais alors il faut faire attention à placer les paires de plaques métalliques dans la pile, de manière que ce soit toujours le même métal qui se trouve en-dessous, et par conséquent le même en-dessus dans chaque paire. Volta décrivit cet appareil nouveau dans les transactions philosophiques pour 1800, et il devint immédiatement renommé dans toute l'Europe comm^. pile galvanique Qwvoltaïque. M. Cruisckshanks de Woolvvich substitua, peu de temps après, à la pile, une auge ou cuve de bois, dont toutes les pièces qui la formaient avaient été vernies en dedans de manière à ce qu'elle put tenir l'eau. On avait pratiqué dans cette auge ou cuve des rainures à peu de distance les unes des autres, pour y admettre des plaques de zinc et de cuivre soudées ensemble par paire. Pour fixer ces plaques ainsi réunies deux à deux dans les rainures, on les garnissait d'un ciment résineux , et pendant qu'il était encore cbaud, on y logeait les plaques contre lesquelles on appliquait le ciment, qu'elles faisaient déborde;: , tandis qu'il était encore dans un état de molesse. Ces plaques formaient ainsi autant de cellules séparées, entre lesquelles les liquides ne pouvaient pas passer. Tout étant ainsi disposé dans l'auge, on remphssait les interstices ou les cellules formées par les paires de plaques, d'une dissolution de quelque sel, ou d'une eau acidulée avec le trentième de son poids d'acides sulfurique , nitrique ou hydrochlorique.

Cuve. On a fait, en dernier lieu, dans cet appareil à cuves,

un perfectionnement, qui en augmente tout-à-la-fois l'énergie et le rend d'un usage beaucoup plus commode pour Pexpérimentateur. Les cuves sont en porcelaine, avec des diaphragones de la même substance, qui les divisent en un nombre requis de cellules. Les plaques métalliques sont Carrées, et une tige de métal courbée sous la forme de la letire U, sert à joindre chaque paire; un des bouts de cette

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tige étanl soiulé , à l'extrémité , d'une plaque de zinc, el î autre })Out , à l'extrémité . d'une plaque de cuivre. L'une de ces plaques e^t mouillée par le liquide dans une cellule, et l'autre par ce liquide dans la cellule contigue , tandis que Ja tige métallique qui réunit ces deux plaques, passe sur le diaphragme qui divise les deux cellules. Toutes les plaques ainsi réunies, sont fixées à une verge ou tringle métallique, qui règne le long et au-dessus de la cuve, de manière que ces plaques peuvent être enlevées toutes ensemble hors de la cuve, soit avec la main , ou, si le poids en est trop considérable, au moyen d'une poulie convenablement disposée à cet effet.

On entendra mieux l'établissement de c€t appareil, en le vovant représenté dans la figure ci-dessous.

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Volta construisit d'abord ses piles avec des pièces de métal, de la dimension d'une demi-couronne (représentant à-peu-près un petit écu de la monnaie ancienne de France) ; mais il s'assura, depuis, que fénergie de la pile, au-moins quant à ce qui concerne les phénomènes chimiques, augmente en proportion de la plus grande dimension des pièces. On les fait ordinairement à-présent de lo, i5 ou 20 centimètres de diamètre. M. Children a fait construire dernièrement à Londres un appareil à auge, dont chaque plaque métallique a environ deux mètres de long, sur plus dun mctrê

de large. On met souvent en expérience plusieurs de ces ?.uges réunies ensemble , et alors l'appareil total s'appelle batterie galvanique ou voltaïque.

Propriétés En supposant une pile construite suivant la méthode de a pie. y^jj^ ^ gj Q^ applique un condensateur à l'extrémifé de cette pile, où est la plaque zinc, on reconnaîtra qu'il s'est chargé d électricité vitrée; on s'assurera, de la même manière, que l'électricité de la plaque cuivre, à l'autre extrémité de la pde, est résineuse. Si on se mouille les doigts des deux mains, et qu'on en applique une sur l'extrémité zinc de la pile, en posant en même-temps l'autre sur l'extrémité cuivre, on reçoit une commotion, dont la violence est toujours en raison du nombre de paires de plaques dans la pile. Si ce nombre est de plusieurs centaines de paires, le choc est si violent, qu'il produit de la douleur. Dans ce cas même, si plusieurs personnes forment une chaîne en se tenant par les mains, et si celles qui la terminent, touchent chacune une extrémité de la pile , ces deux personnes seulement recevront la commotion, tandis que les autres personnes de la chaîne n'auront rien éprouvé. Lorsqu'une même personne touche avec ses deux mains les deux extrémités de la pile , la commotion qu'elle éprouve se fait sentir beaucoup plus violemment dans ses bras que dans toute autre partie du corps. Dccomposîtion Si l'ou fîxe à chaque pôle de la pile un fil, d'or ou de platine,

chimique. Jq^j^ ['^mj,g extrémité se rende dans un vase de verre contenant de l'ean, et que les deux fils v aboutissent de manière que leurs extrémités dans l'eau se trouvent près l'une de l'autre, mais sans se toucher, on verra un courant continuel de gaz se dégager de chaque fil; et le gaz produit par le fil adapté à Textrémité négative ou résineuse de la pile , sera en quantité double de celui dégagé par l'autre fil. Si l'on recueille ces gaz dans des vaisseaux séparés, on reconnaîtra que le gaz, provenant du fil négatif de la pile, est le gaz hydrogène, et que le gaz qui se dégage de l'autre fil communiquant au pôle positif, est le gaz oxigène; et comme, ainsi qu'on vient de le remarquer, le premier gaz provenant de l'extrémité négative de la pile, ou l'hydrogène, est en quantité double de celui que dégage le fil communiquant à l'extrémité positive de la pile, oul'oxigène, il en résulte que ces deux gaz, ainsi dégagés de l'une et l'autre extrémité de la pile, sont exactement dans les proportions qui constituent

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Teau; on^en peut donc conclure qu'ils sont provenus delà décomposition de l'eau. Ce fait important fut observé pour la première fois par I\IM. jNicholson et Carlisle.

On reconnut bientôt après cette première découverte, qu'on pouvait, au moyen de la pile galvaniqiie, décomposer beaucoup d'autres substances. L'ammoniaque, les acides sulfurique et nitrique, et différens sels métalliques furent soumis à son action : et ces corps furent décomposés comme l'avait été l'eau. Si les fils qu'on adapte aux deux pôles de la pile sont de fer, de cuivre ou de tout autre métal, excepté le platine ou l'or, et par conséquent su ceptibles d'ètie facilement oxidés , il se dégage comme à l'ordinaire du gaz hydrogène par le fil communiquant au pôle négatif; mais il ne se manifeste point de dégagement par le fil communiquant au pôle positif, et ce fil se recouvre promptement d'une couche doxide. Dans ce cas, l'oxigène, au-lieu de se dégager, comme avec les fils de platine et d'or, sous forme de gaz, se combine avec ce fil du pôle positif, et le convertit en oxide.

Berzelius etHisinger découvrirent, en i8o3, un fait de la Loi plus grande importance relativement à l'action de la bat- ^^ BerzeiiuK terie galvanique pour la décomposition des corps '^. Ils essayèrent ses effets sur une grande variété de sels et d'autres corps composés, et ils trouvèrent que dans cette décomposition les corps observent cette loi : L'oxigène et les acides sont accumulés autour du pôle positif ^ tandis que l'hydrogène y les alcalis , les terres et les métaux le sont au pôle négatif. Les acides et les bases peuvent traverser une colonne considérable d'eau, et même se croiser les uns les autres , pour venir s'accumuler dans cet ordre vers les pôles auxquels ils sont respectivement attirés. Berzelius déduisit, de celte loi générale, la conséquence que les décompositions avaient lieu en vertu des attractions exercées entre les corps et les électricités respectives. Depuis, il généralisa encore beaucoup plus cette conclusion, ou plutôt il adopta l'opinion émise par Humphry-Davy, que l'affinité chimique est identique avec les attractions électriques; que les corps,

* Le mémoire rapportant ces expe'riences , fut publié, pour la première fois , par Gehien , dans son journal , en i8o3 ; il fut ensuite publié en 1806, en suédois, par Berzelius lui-même, dans le premier volume de /te Afaandjin^ar, imprimé à Stockholm.

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cjui S unissent chimiquement , possèdent des électricités de différentes sortes; que l'oxigène et les acides sont toujours résinensement électriques, tandis que l'hydrogène, les alcalis, les terres et les métaux sont toujours vitreuscraeiit électriques; d'où il résulte qu'une de ces sortes d'électricités est attirée par le pôle positii , et l'autre par le pôle négatif. p^rouverte, Humphry Davj prit ce sujet au point où Berzelius et Hide cavy. singer l'avaient laissé. Sa dissertation , qui lui valut le prix du galvanisme institué par le gouvernement français, n'est que la vérification de la loi découverte par Beizelius et Hisinger. 11 eu étendit, depuis, beaucoup plus loin l'application. Suivant lui, les corps continuent d'être unis parce qu'ils sont dans des états d électricité différens. Si on peut les amener à un état semblable, en les rendant les uns et les autres positifs, ou les uns et les autres négatifs, alors ils se repoussent entre eux, et leur décomposition s'ensuit. La batterie galvanique produit cet effet si elle est assez puissante. Il suffit donc, dans l'opinion de Davy, d'exposer tout composé quelconque à l'action d'une batterie galvanique assez énergique, pour qu'il soit décomposé. 11 appliqua cette théorie à la décomposition des alkalis fixes, et il réussit ainsi à les faire reconnaître pour des corps composés d'oxigène et d'une base métallique. Il essaya les terres par le même moyen ; quelques-unes manifestèrent des traces de décomposition, tandis que d'autres résistèrent à l'action de la plus puissante batterie à laquelle il lui fut possible de les soumettre.

Ce court abrégé doit suffire pour mettre le lecteur en état d'entendre les expériences galvaniques , lorsque j'aurai l'occasion d'en parler dans la suite de cet ouvrage. Je n'entrerai point ici dans l'explication d'aucune théorie de la pile, Don plus que dans la discussion des opinions respectives sur ce sujet, établies par Volta et BerzeHus. Je me dispenserai aussi de décrire les colonnes électriques de Deluc et Zamboni, et de parler des piles secondaires de Riiter. Ce sujet et beaucoup d'autres prendront leur place dans un ouvrage que j'ai l'intention de publier par la suite sur l'électricité et sur le galvanisme. En continuant d'en traiter ici avec plus d'étendue , ce serait tomber dans l'inconvénient de détourner trop long-temps l'attention des phénomènes propres à la chimie.

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