‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 58 sur 136 · DE L'OXIGÈNE · texte numérisé non relu

DE L'OXIGÈNE

et de clfcux vive. On serre bien le tout avec de la corde ' : on plonge alors rextrémité du tube F dans 1 appareil pceuluatique D. On en couvre Touverture avec la jarre ou cloche G, préalablement remplie d'eau et posée sur la tablette. Tout l'appareil étant établi dans cet état, on chauffe le vaisseau f^, qui contient le mélange, par le moven dune lampe ou d'une bougie. Il s'établit par le tube F , un courant de gaz oxigène qui passe dans la cloche G, en traversait et en déplaçant l'eau qu'elle contient. Dès que cette cloche est remplie de s^âz oxigène , on la retire de dessus Touverlure de l'extrémité du tube, en la faisant ghsser sur la tablette, et on y en substitue une autre. On continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait obtenu tout le gaz dont on avait besoin. Cette dernière méthode pour se piocurer le gaz oxigène est due à Schéele '; la première au docteur Priestlev.

Le gaz obtenu par ces procédés fut découvert par le Découver» docteur i^riestley, au commencement d'août 1 774 ^■, et environ ^^''^cbélie7 * trois ans .s près par Schéele, qui n'avait eu jusqu'alors aucune conna:s>auce de cette découverte. Priestlev donna à ce gaz le nom d'air dëphlogistiqué , et Schéele celui ^airdufeu ''. Condorcet le désigna, le premier, sous la dénomination iS!air

' On appelle luter, le procédé qui consiste à joindre les vaisseaux^ ne manière qu'il ne puisse se faire par leurs jointures aucune déperdition , et qu'elles ne laissent rien échapper des fluides aè'riforraes. Les snbst.'inccs dort on se sert pr»ur lemplir cet objet se nomment luts. Le lut le plus ordin?<irement empinyï'- par les chimistes, lorsoue les vaisseaux doivent être exposés a la chaleur, est le lut gras. On le prépare en batl;^nt pendant plusieurs henres , dans un moitier de fonte , avec un lourd pilon de IVr , de Tari^ile pure trt'S-st'che. réduite en poinlfe et passée au tamis de soi€ , en l'y arrosant peu-à-pe.u avec de rhuie de lin cuite, rendue siccative p.;r adtlition d'un peu de litharge. Lorsque les vais-eaux ne «loivent pas avoir à supporter une très f<*rte chaleur, on peut se servir d'un lut composé de cire fondue ayec le huitii me de son poids de tért bentiiine. L'exactitude d'expériences chimiques Jipend pi esqu'eDtitremeut , dans ')eaucoup de cas, de la sûreté des jointures des vaisseaux convenablement lutées. Cette opération est tou4 «urs loni^'ie et ennuyeu^^e; et il faut de ia pratique et de l'babitude avant de réussir à hiter bien exrictement. On trouve de bntmt s instructions, à cet égard, données par Lavoisicr, ditiS SCS F.lémens , troisième partie, chap. VI. On peut éviter, dans beaucoup de cas, de faire emploi d'aucun lut, en usant les vaisseaux de verre à l'cmeri , de manière qu'ils s'ajustent pariaiteinenl les uns aux autres.

* On yîir and Fire , p. -13 Fngl. Trans. ^ Priestlev, on y4ir. H, i/^j-

* Schéele, on Air and Firi- . p. S^. Edî;]. Trar.s.

vital ^ et Lavoisier le nomma , depuis, gaz oxigène^ nom généralement reçu aujourd'hui, et que nous adopterons. ..., I. Le saz oxii'ène est incolore et invisible comme l'air ;

Propriétés Ç ,9 . • i -p • \ ^ ^■>

d« roxigène. comme lui aussj il est élastique, et mdehniment capable dex-

Î)ansionet de compression. Il n a aucune saveur sensible, et orsqu'il est pur, il n'a point d'odeur. Fa , e.Anieur ^' ^^ S^^ oxigèiie est uu pcu plus pesaut que l'air atmospéafique. sphérique. La pesanteur spécifique de celui-ci étant i,ooo, celle du gazoxigène sera, savoir: suivant Kirvvan, i.io5 *, Saussure , i ,i i4 * ; Allen et Pepys , i ,088 ^ ; le terme moyen est 1,108 qui se rapproche le plus de la vérité. Je suis disposé, par des considérations que je ne peux exposer ici, à regarder comme étant encore , selon toute probabilité , plus correcte , la pesanteur spécifique indiquée par le docteur Prout, à 1,111 '^. D'après cette supposition, un décimètre cube de ce gaz-, à li température de 160 centigrades, et sous la pression de j6 centimètres de mercure, pèsera 1^809. A la même température et sous la même pression , un décimètre cube d'air atmosphérique pèse i';2o5 ^.

Entretint ^- "^^ ^'^^ plonge une bougie allumée dans une fiole remla iUmiue. p\Je dc gaz oxiuèiic, elle y brûle avec une telle splendeur que la vue peut à peine en supporter l'éclat; elle produit en même-temps une clialeur beaucoup plus grande que si elle brûlait dans Tair commun. On sait qu une bougie allumée, placée dans une, cloche remplie d'air atmosphérique et bien iermée, sV éteint en peu de secondes. Une bougie renfermée dans le gaz oxisjène s'y éteint aussi; mais elle y brûle plus long-temps que dans une quantité égale d'air commun,

4. Boyle avait prouvé autrefois, que les animaux ne peuvent vivre sans air, et Mayow, qu'ils ne peuvent respirer pendant long-temps le même air sans être suffoqués. Le docteur Priestîev et plusieurs autres savaus, ont reconnu, depuis , que les animaux vivent beaucoup plus long -temps

• On phlogisticon , p. 20. Lavoisier, Biot et Arrago donnent la même pesanteur speciècjue, » Ann. de Chim. LXXI , 2G0.

' Ou llie quantity of carbon in carbonic acid. Phil. Trans. 1807.

4 Annals of Plîilo'ophy. VI , 322.

5 Celle détermination re'siille des expériences de sir Georges Stuckburgli , qui paraît Tavoir établie avec une grande précisioB.

r.t la -if.

DE LOXTGENE. 21 Ô

Jans le gaz oxig c que dans une quauli'é égale d'air ordimire. Ce comte Morozzo ayant placé des moineaux, les uns après les autres, dans une cloche de verre remplie d'air couunuu et renversée sur l'eau, il trouva

Heures. Minutes.

Que le 1." moineau vécut. ... 3 »

le 2.* » 0

le 5.^ » I

11 remplit le même vase de gaz oxigène, et en opérant de la même manière

Heures. Minuta»

Le 1 .*' moineau vécut. ... 5 23

Le 2.« 2 lo

Le 5.^ I 3o

Le 4.^ * lo

Le 5.* » 00

Le 6." » 4?

Le y.*" » 27

Le 8.* » 3o

Le g.*' » 22

Le 10.''. » 21

Il en mit alors dans les deux gaz réunis-, un des moineaux y mourut en 20 minutes, et l'autre vécut une heure de. plus,

5. lia été bien reconnu, par des expériences dont nous Fxîste dans parlerons par la suite, que l'air atuiospliérique contient l'-i'^t-sphèe. 2. 1 parties sur cent ( en volume ) de gaz oxigèue , et qu'aucune substance ne peut y brûler, si cet air atmosphérique a été

pré liableraent dépouillé de tout le gaz oxigèue qui en fait partie. iMais les corps combustibles brûlent avec un grand éclat dans le gaz oxigène, ou dans les autres gaz auxquels on a ajouté du gaz oxigène.

6. Il a été également démontré par beaucoup d'expériences, qu'aucun animal qui respire ne peut vivre un seul moment dans un air ou gaz quelconque qui ne contient pas d'oxigène. Le gaz oxigène est donc absolument nécessaire pour la respiration.

7. Lorsque des substances ont brûlé dans le gaz oxigène, ou dans tout autre gàz avec lequel il peut être mêlé , si on examine l'air après la combustion , on trouvera qu'une grande partie de l'oxigène a disparu. Si c'est du charbon, par exemple j qu'on a fait brûler dans du gaz oxigène , cette

2l4 SOUTIENS DE COMBUSTIOÎT.

portion d'oxigène , qni aura disparu , sera remplacée par un autre gaz très-ditieient, connu en chimie sous le nom de gaz acide carbonique. Dans ce cas, l'oxigène se combine avec le corps combustible. Le nouveau composé formé s'appelle un oxide, ou quelquefois un acide.

La même chose a exactement lieu à l'égard de l'âir respiré

par les animaux-, une partie du gaz oxigène que cet air

contenait ne s'y retrouve plus après la respiration, et il

r- w ,• on Y existe d autre'^s substances de propriétés très-différentes.

Combinaison J . , -i i l i '

avec l'eau. g. Le ^az oxigeue n est pas sensiDlemcnt absorbe par l'eau, lors même qu'on en laisse des cloches pleines eu contact avec ce liquide. On s'est cependant assuré que l'eau l'absorbe réellement, mais en si petite quantité, qu'il n'en résulte aucune diminution sensible dans le volume du gaz. M. Henry a reconnu qu'un décimètre cube d'une eau, privée par fébulhtion de tout l'air qu'elle pouvait contenir, peut absorber environ 35 centimètres cubes de gaz oxigène *. Saussure trouva que Teau, dans les mêmes circonstances, absorbe 64 centimètres cubes de ce gaz '; niais M. Dalton a prouvé que l'estimation de Saussure était considérablement exagérée ^.

préparat'on.

SECTION IL

Du Chlore.

On peut obtenir le chlore par le procédé qui suit : On introduit dans une petite cornue de verre du péroxide de manganèse rédm't en poudre . et on y ajoute de l'acide hydrochlorique ordinaire du commerce, en quantité suffisante pour qu'il en puisse résulter un mélange à l'état de pâte. On fait plonger le bec de la cornue dans une cuve d'eau, et on place dessus un flacon de verre renversé et préalablement rempli d'eau, pouvant contenir un litre de cehquide. On chauffe la cornue à la lampe. Il' y a

» Phil. Trans. i8o3, p, 174.

* Annals of Philosophy. VI, S^o.

3 Ihul. VU, 218.

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