Acide nitrique
Le troisième de ces composés est le seul qui s'obtienne directement par l'union de l'oxigène et de l'azote. On se procure les deux premiers , en privant l'acide nitrique d'une partie de son oxigèncj et le dernier est séparé du nitrate dépotasse lorsqu'on distille cette substance avec l'acide sulfurique, s- combine j; Si l'ou fait travcrscr , par l'étincelle électrique, de oxjgeiie. |,^j^ ordinaire renfermé dans un petit tube de verre, ou un mélange de gaz oxigène et de gaz azote , le volume deFair diminue. Friestley fit, le premier, celte expérieuceintéressante. Il trouva, en même-temps, qu'en introduisant dans le tube une infusion ])leue végétale, oile s'y colore en rouge % et il en conclut qu'il v avait eu production d'un acide. Cavendish observa , que la diminution de volume était en raison des quantités d'oxigène et d'azote présens; et que ces deux gaz étant mêlés ensemble dans des proportions convenables, ils disparaissaient en totalité, et se trouvaient convertis ,. par leur combinaison , en acz'de nitreux. Cette découverte l'Acd^™* importante fut annoncée à la Société royale le 2 juin 1785. Il trouva que la combinaison des gaz, et la formation de l'acide s'opéraient beaucoup plus facilement en iutroduisam dans le tube une dissolution de potasse dans l'eau. Cette potasse s'unissait avec l'acide nitreux, à mesure quil était produit par la combinaison des gaz, et cette union formait le sel appelé jiitre. Dans les premières expériences de Cavendish, il était resté quelqu'incertitude , tant sur la proportion de l'air ordinaire et du gaz oxigène, qui pouvait produire la plus grande diminution de volume dans un temps donné, que sur la proportion des deux gaz qui disparaissaient par l'action de l'électricité. Ces
'^ Priestley, on Air. II, a4&.
DE l'azote. 24^
êipérftnces furent répétées deux fois dans l'hiver de i 787 ài7^d, par M. Gilpin, sous la direclioii de Cavendish, en présence de plusieurs membres de la Société royale. On peut considérer, comme offrant les résiihats If s plus "approximativement exacts, la dernière de ces expériences, qui fut conduite avec la plus graîide dttentionel touîesl^s précautions possibles. Elle dura plus d'un mois. 11 y fut absorbé 4090 mesurés de gaz oxigèue contenant o,o3i d azote^ et 3588 mesures d'air ordinaire. En supposant, actuellement, que l'air atmosphérique contienne 21 parties sur 100 de gaz oxigène on aura, en faisant les corrections nécessaires , 45o5,5o mesures de gaz oxigèue et 2 172,00 mesures de gaz azote, ou, à peu dé chose près, 2 mesures de gaz azote sur 4 de gaz oxigènf\^4^<^5,jO centimètres cubes doxii^ène pèseiit environ 6 grammes, et 2172.50 d'azote, environ 2,5o grammes.
Il résulte de ce calcul que, dans la f )rmation de f acide ni- Proportiob*treux, 100 parties, en poids, d'azote, s'unissent à 287 de gaz co^sUtu^îi!' oxigène, et que cet acide est composé, sur 100 parties , de
29,68 Azote.
70,^2 Oxigène.
Ce résultat s accorde presqu'exacteraent avec ceux des expériences subséquentes de Davy , d'après lesqueUes il évalue les parties constituantes de l'acide nitreux à 29,60 Azote.
'0,00 Oxigène.
Mais, d'après un examen plus attentif des composés dans lesquels l'azote entre comme partie constituante , le poids d'uu atome de ce principe semble devoir être représenté par 1,70 un atome d'oxigèue étant supposé 1 ; et Facide nitreux pa'rait être un composé de i atome d'azote -f- 4 atomes oxigèue: donc sa composition, en poids, est de
Oxgène. . . . 4,00. . . . 228,5. . . . 6o,56. -^^^^^e 1:75. ... 100, ... . 3oJ4.
Je ne puis exposer actuellement quels sont mes molifs pour
' Phil. Trans. i-8,S. p. ^(iG.
' R^searclies^ p. 565:
iG*
i. Gai nitreux.
adopter de préférence ces nombres ; mais ils se déduiront à mesure que nous avancerons.
Leux oxide» '^- L'acide nitrique, obtenu, par distillation, d'un mélange de d'aiote. nitrate de potasse et d'acide sulfurique , est un liquide pesant, de couleur ordinairement jaune, qui agit avec une grande énergie sur la plupart des substances, à raison surtout de la facilité aveclaqtielle il abandonne une portion de son oxigène. Si l'on verse dans cet acide, du phosphore, ou du soufre, par exemple, et qu'on le fasse un peu chauffer, il leur fournit de l'oxigène, et convertit ces deux corps en acides, de la même manière que s'ils eussent été soumis à la combustion. L'acide nitrique, en perdant ainsi une portion de son oxigène^ est changé eu une espèce de '^az auquel on a donné le nom de gaz nitreux, dont le dégagement occasionne l'effervescence qui accompagne l'actiou de l'acide nitrique sur ces combustibles simples.
On obtient le gaz nitreux en abondance et dans un grand état de pureté, en dissolvant du cuivre ou de l'argent dans l'acide nitrique. On peut le recueillir au moyen d'un appareil pneumatique, à la manière ordinaire. Une propriété remarquable de ce gaz, est celle qu'il a de se combiner avec l'oxigène dès l'instant qu'il entre en contact avec lui, et de former de l'acide nitrique. C est cette combinaison, qui produit les vapeurs jaunes qu'on voit s'exhaler, lorsque le gaz nitreux se mêle à l'air ordinaire. Elle prouve suffisamment que les parties constituantes du gaz nitreux sont l'azote et l'oxigène, et que ce g^z contient moins d'oxigène que l'acide nitrique : c'est donc dans cet état un oxide d* azote.
Gay-Lussac a prouvé, d'une manière satisfaisante, que ce gaz est composé d'un volume d'oxigène et d'un volume de gaz azote unis ensemble sans aucune condensation de volume'*'; il s'ensuit, que sa pesanteur spécifique est le terme moyen de celle de ces deux gaz, ou i,o4i6-, et à la température de i5 à \&^ centigrades, sous la pression de 76 centimètres de mercure, un décimètre cube de gaz nitreux pèse iy4^3* Actuellement, un décimètre cube de gaz oxigène pèse 1^/3^9, et un décimètre cube de gaz azote 1,171 : amsi le gaz nitreux est composé de
Azote 29,652. ... 1,7
Oxigène. . . . 33,888. ... 2,
"^ Mémoires d'ArcueiJ. Vol. II, p. ai6.