IV
Soufre 2 4
Phosphore .... i , 5 5. . .', , «5
Mais ces substances se combinent sans doute dans d'autre, proportions. auiie^
SECTION VII
De V Arsenic,
Histoire. I. C'est dans les ouvrages de Dioscorides , et de quelques autres ecrivanis du commencement de l'ère chrétienne, qu'oa trouve pour la première fois le mot arsenic { «,^TinK,,\\\^ y désignent , par ce terme , la même substance qu'Aristote avait appelée ( ^^..c^^p«Ai'; ) % et son disciple Théophraste, ( «^p.v.«.v ). L est un minerai de couleur rougeâtre , composé d'arsenic et de soufre, employé par les anciens pour la peinture et comme médicament.
Avicennes fit mention de l'arsenic dans le onzième siècle; mais ce qu'on appelle ainsi dans le commerce, n'était à cette époque que /'oa:/de blanc d'arsenic , dont le métal n'avait point encore été séparé. Paracelse semble l'avoir connu , et Schrœdcr décrivit, dans sa Pharmacopée, publiée en 1649* lin procédé pour l'obtenir; mais ce ne fut qu'en 1^33, d'après l'examen chimique que Brandt ^ lit de ce métal , qu'on en reconnut la nature particulière ; et depuis cette époque, il a toujours été considéré sous la dénomination à^arsenic, comme un métal distinct. iMacquer en 1^46 +, Monnet en 1773 s et
■ Pline semble avoir fait une distinction entre sandaraque et arsenic. Liv. XXXIV, cliap. 18.
=» Bergman. II , «î^S.
. î Son mémoire fut publie' dans le recueil de ceux de la société d'Upsal, pour 1733, p. 39. Il y décrit avec précision les propriétés de Facide arsenieux , et indique le premier procédé exact pour obtenir l'arsenic à Vci^X. métallique. Jl mêlait de Tarsenic blanc avec de la potasse, et de l'alcali volatil , et il faisait fondre le mélange dans un creuset bien luté. Bergman semble avoir pris du mémoire de Brandt, beaucoup des faits qu'if y expose concernant l'arsenic.
4 Mém. Par. 174G, p. 323 j et 1748, p. 35.
* bur rarsenic.
DE l'arsenic; ^^^
Ber-man en 1777 S poussèrent plus loin leurs recherches sur "^ce métal-, et c'est aux travaux de ces chimistes et a ceux de Schéele que nous sommes redevables de presque tout ce que nous connaissons aujourd'hui sur ses propriétés, bes combinaisons avec Toxigène ont été exammees, avec beaucoup de soin , par Proust % Bucholz ^ Berzehus S et quelques autres chimistes ^ , , Propriétés.
I. L'arsenic est d'un blanc bleuâtre, qui se rapproche beaucoup de la couleur de l'acier. Il a beaucoup d éclat. H n'a ni saveur ni odeur sensibles lorsqu'il est froid, mais quand on le chauffe, il répand une forte, odeur d ail qm est tres-
caractéristique. , 1 r i i . 1
o C'est le plus mou et peut-être le plus fragile de tous les métaux. 11 se brise en morceaux par le moindre coup de marteau, et on le réduit facilement en poudre tres-hne,^en le triturant dans un mortier. Sa pesanteur spec.hque est 0,76^0 .
3 Oi ne connaît pas précisément le degré de cbaleur auquel il fond , parce qu'étant le plus volatil de tous les métaux , il se sublime avant d'entrer en fusion lorsqu'on l'expose dans des vaisseaux fermés à une chaleur de 1800 centi-rades ^ Lorsqu'on le sublime lentement, il cristallise sous la" forme de tétraèdes, qui est, suivant Haiiy, celle de sa molécule intéc^rante. ,, , .. ..
IL L'arsenic peut être gardé sous 1 eau sans y éprouver s o..,. d^altération ; mais il se ternit promptement a 1 air ; il y devient noir et pulvérulent. ,. > ^ i
L'arsenic peut se combiner avec l'oxigeae en deux proportions différentes, et former ainsi deux composes qm ont les propriétés acides et qu'on a appelés acides arsenieux et
I. L'arsenic étant un des métaux les plus combustibles, p-'-'^^ lorsdu'onle chauffe avec le contact de l'air , il se sublime faci-
» Bergman , Opiisc. II , 272.
» Journ. de Phys.
3 Journ. de CHim. ÎV, 5. „ „. ., , ttt 3
4 Ann. de Chira. LXXX, 9 ; et Annals of Philosophy. lil , gi.
5 Annals of Philosophy. IV, 171. , .
6 Flémens de Lavoisier , p. 57^^. Je trouvai la pesanteur specifaque de Tarsenic sublimé de 5,235. Bergman, dans ses Opuscules, Il , 3-q, établit la pesanteur spécifique de l'arsenic à8,3i , et Brandt la fait de 8,3o8^ mais il paraît que les échantillons essayés étaient impurs.
7 Bergman. Il, •279.
Icinent, sous la forme d'une poudre blanche, en répandant une iorte odeur d'ail. Si on augmente la chaleur, il brûle avec une flamme bleue pâle. On appelait autrefois arsenic ou arsenic blanc cette substance sublimée, qui est encore connue sous les mêmes dcnommations dans le commerce. Elle porte aujourd hui le nom à'acide arsenieux. Les chimistes le préparent rarement, parce qu'on le trouve dans la nature, et qu'on l'obtient souvent en abondance dans le travail d'extraction des autres métaux de leurs mines.
Cette substance, obtenue ainsi, est compacte, blanche, fragile et d'apparence vitreuse; elle a une saveur très-àpre , qui finit par produire une impression douceâtre. C'est un des poisons les plus violens. Cet oxide a une odeur d'ail.
Suivant les expériences de Klaproth, looo parties environ d'eau froide ne dissolvent que 2,00 parties de cet acide, tandisque la même proportion d'eau bouillante en dissout 77,70 '. Cette dissolution a une saveur très- acre, et rougit les couleurs bleues végétales. Par une évaporatiou lente, l'acide cristallise en tétraèdres réguliers. Il est soluble aussi dans 70 ou 80 fois son poids d'alcool, et dans les huiles. Chauffé à 196*^ centigrades, il se sublime; et si c'est dans des vaisseaux fermés, il devient translucide comme le verre, mais il reprend promptement à l'air sa première apparence. La pesanteur spécifique de ce verre , suivant les expériences du docteur WoUaston, est 3,699; celle de l'acide, dans son état ordinaire, est de 3,706 *. 11 a été fait un très-grand nombre d'expériences pour déterminer la composition de cet acide. On verra dans la table qui suit , les résultats obtenus par les différens chimistes qui les ont faites.
Proust ^ 100 arsenic + ^2,979 oxigèue.
Théuard * 100 idem 4* 54,69^ idem,
Berzelius ^ 100 idem + 54,265 idem.
Thomson^ 100 idem + 54,95o idem.
Nous serons plus en état de juger ces expériences lorsque la composition de l'acide arsenic nous sera connue.
• Anncils of Pliilosophj. IV, iSa.
=» Bergman. II , 286.
3 Journ. de Pl»ys.
^ Ann. (le Chiin. I, îiS.
= Ihul. LXXX , 9.
^ Auuals of Philosophy. IV, 176.
DE LARSENIC. 33^
Lorsqu'on chauffe lentement jusqu'au rouge, dans une cornue, ou da^sun matras, un mélange d'acide arsenieux et de flux noir, l'arsenic est réduit a l'état métallique, et il se sublime. On peut ainsi se procurer le métal pur. Ce procédé de réduction de l'arsenic a été iudiqué, pour la première fois, parBrandt, à qui nous sommes redevaljles de la plupart des propriétés de l'acide arseuieiix ci-dessus décrites.
^ 2. L'arsenic peut se combiner avec une nouvelle dose Peroxide d'oxigène. et former ainsi un autre composé que Schéele °" '^^^^ "-'^" découvrit le premier, et auquel on a donné le nom diacide "'^"^' arsenique. Le procédé décrit par Schéele consiste à dissoudre 3 parties d'acide arsenieux dans 7 parties d'acide hydrochlonque, d'ajouter à cette dissolution 5 parties d'acide nitrique, de mettre le mélan-e dans une cornue et de distiller jusqu'à sicciîé. On fait chauffer au rouge le résidu bien séché et on le laisse refroidir; c'est l'acide arsenique solide. Bucholz a fait voir que toute la quantité d'acide Imlrochlorique prescrite par Schéele n'est pas nécessaire. Le procédé, qu'il considère comme étant le meilleur, est celui d'un mélan^^e de deux parties seulement d'acide hydrochlorique de i 200 de pesanteur spécifique, avec huit parties d'acide arsenieux et vmgt-quatre parties d'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de 1,2 5 *.
L'acide ainsi obtenu n'a pas une saveur très-forte lorsqu'il est sec-, mais elle devient excessivement aigre quand il a été dissous dans l'eau; et il reste à l'état liquide lors même que sa dissolution a été évaporée jusqu'à consistance de gelée. Il est aussi délétère que l'acide arsenieux.
La table ci-dessous. présente les résultats des expériences qui ont été faites jusqu'à présent sur la composition de cet acide.
^,^?^^'\ • 100 arsenic + 52,906 oxi^ène.
i^>^°f ^' ioo idem f 56,25o idem,
Sf^^^'^s i"o idem ^ 01,428 idem.
^^o°ison ,00 idem f 52,4 idem.
Pour nous mettre en état de juger de l'exactitude de ces expériences, essayons de déterminer le nombre qui dénote le |)0!ds «l'un atome d'acide arsenique. Nous avons deux ana-
*■ Journ. tle Chim. de Van-^îons. IV 16
338 COMSUSTIELES SIMPLES.
lyses d'arséniates qui paraissent exactes ; celle de l'arséniate de plomb par Berzelius ^ , et celle de l'arséniate de chaux , parLaugier ^. Ces analyses ont donné:
Arséniate de plomb. Arséniale de chaux.
Base... 19/1,11-.. i4 Base... 33 . 3,625
Acide.. 100 ... 7,212 Acide.. 67.... 7,36
On voit, diaprés ces analyses , que si i4 et 3,625 représentent respectivement le poids d'un atome d'un oxide de plomi) et de cliaux , le poids d'un atome d'acide arsenique est représenté par 7,212 et y 36, dont le terme moyen est 7,286, qui doit donner à très-peu-près le poids d'un atome d'acide arsenique; peut-être le nombre 7,25, qui est un multiple de 0,1 aS ( le poids d'un atome hydrogène ), se rapproche-til encore plus de la vérité. Ce nombre doit comprendre les atomes d'oxigène et le poids d'un atome d'arsenic. En supposant que loxigène, dans ce nombre , est représenté par 2,5, alors le poids d'un atome d'arsenic sera 4:75, et l'acide arsenique sera un composé de
Arsenic. ... 4,75. .. . 100 Oxigène. . . 2,5 .... 5 2,63 1
Or, ce nombre est presqu'exactement le terme moyen drs résultats des expériences de Proust et des miennes; je suis donc disposé aie considérer comme exact.
Si nous supposons que le poids de l'oxigène , dans l'acide • arsenieux, est de 1,0 , cet acide sera formé de
Arsenic. . . . 4^75. . . . 100 Oxigène ... 1,5 ... . 3i,6
Ce nombre ne diffère que très-peu de la détermination de Proust, le seul chimiste qui ait fait des expériences directes sur ce sujet. Par celles de Thénard, de Berzelius et les miennes, la détermination n'a été établie que d'après l'analogie. Je pense donc que l'oxigène, daus ces deux acides, est comme les nombres i,5 et 2,5, ou 3 H 5; c'est-à-dire que l'acide arsenieux est un composé de deux atomes d'arsenic et de trois atomes d'oxigène, et l'acide arsenique de deux atomes d'arsenic et cinq atomes d'oxigène.
' Annals of Philosopliy. lll , gS.
» Ann. de Chim. LXXXV, 58.
DE l'arsexic. 33(^
lïl. L'arsenic se combine avec le chlore, et forme un composé qn# nous appellerons chlorure d'arsenic.
Ce composé a été pendant long-temps connu sous le chicrure nom de beurre d'arsenic. Ou l'obtient en introduisant de Tarsenjc en quantité suffisante dans le gaz chlore; il y biule spontanément avec un très-grand éclat, et forme le ch 01 ure. Mais le moyen le plus facile de se Drocurer ce chlorure a 1 eiat de pureté, et en trés-o^rande quantité, est 1 a!ic;en(»e meihode. Elle consiste à mêler ensemble six parties de perchlorure de mercure et une partie d'arsenic , et à dis- UlltT ce mélange dans une cornue à une douce chaleur ; il passe dans le récipient un hquide qui est le chlorure d^irscLic.
Ce chlorure est transparent et d'une consistance oléac^ineuse.Ilesttrés-volatil;sapesameur spécifique n'a pas e'té déterminée. Lorsqu'il est chauffé, il dissout facilement le phosphore et Je soulre; mais ces corps sont précipités de la dissolution, par son refroidissement. Ce chlorure dissout aussi la resme, et il se combine avec les huiles d'olive et de terebenihme^ en le mêlant avec 1 eau, il est décomposé, et il se précipite de l'acide arseuieux. Suivant les expériences du docteur John Davy, 1 3 centigrammes d'arsenic absorbent 6b c^ntimeti es cubes de chlore \ Or, 66 centimètres cubes de ce gaz pèsent 19 centigrammes , donc le chlorure d arsenic est composé de
Arsenic. ... 2. ... 4,75
Ces nombres se rapprochent de i atome arsenic et i ^ atome de chlore, ou ^ atomes arsenic et 3 atomes chlore.
IV. L'arsenic entre facilement en combinaison avec l'iode, lod.re. et forme ainsi un icdure d'arsenic.
La combinaison sVjpère avec une grande faciHté et sans aucun dégagement de chaleur, suivant Ruhland, qui est le seul qm 1 ait examinée. Cet iodure est d un rouge pourpre fonce, ayant les propriétés acides. Il se dissout dans l'eau; et en introduisant dans cette dissoUuion delà potasse à saturation, il ne s y manifeste point de précipité. En aiou ant du nitrate d argent à la dissolution, il s'y produit un préci-
• John Davy, PhiL Ttans. 1812, p. i36
* Ibid. p. ibS ^
3io COMBUSTIBLES SIMPLES.
pitéiauriC soufre, bien connu pour être miarsenite d'argent ^ On n'a point encore essayé, jusquà présent, de déterminer les proportions des parties constituantes de cet iodure.