‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 82 sur 136 · V. On ne connaît point de combinaison de l'arsenic avec · texte numérisé non relu

V. On ne connaît point de combinaison de l'arsenic avec

le fluor, et il ne paraît pas susceptible de s'unir avec l'azote.

^ , , ■„, VI. L'arsenic se combine avec Thydrogène, et forme un

arseniqué. composé qu'on peut appeler gaz hydrogène arsenie ou ar-

s en i que.

Ce gaz fut découvert par Schéele , dans le cours de ses expériences sur l'acide arsenique ^ Proust lit depuis la même remarque, lors de ses expériences sur l'éiain ^ et ïrommsdorf , après avoir plus particulièrement examiné ce gaz , en i8o3, en exj30sa les propriétés ^ En 1806, le professeur Stromeyer fit des expériences très-importantes sur le gaz hydrogène arsenique % qui fut examiné depuis, en 1808, par Gay-Lussac et Thénard , dans le cours de leurs expériences sur le potassium ^. ' ' 1 ' Je ne pense pas qu'il ait été jusqu'à présent obtenu a l'état de pureté. Il est probable que le minéral appelé J7iisplckel, qui est un Srseniure de ier, doit être employé avec avanta-e pour la préparation du gaz hydrogène arsenique. Le moyen le plus facile de l'obtenir est, suivant Trommsdorf, de mêler ensemble quatre parties de zinc en grenailles et une partie d'arsenic, et de traiter ensuite ce mélange avec de l'acide sulfurique étendu de deux fois son poids d'eau. Le gaz livdrogène est dégagé eu abondance, etlorsqu'au moment de ce'^dégs^emenî, il se trouve en contact avec l'arsenic, il le dissout, "et forme le gaz qu'on voulait se procurer. Stromeyer recommande un alliage composé de quinze parties d'étain et d'une partie d'arsenic. En mettant cet alliage en digestion dans l'acide hydrochlorique, le gaz hydrogène s'é^cbappe en enlevant avec lui tout l'arsenic, et il laisse l'étain à l'état de pureté. Gehîen , qui fut, en i8i5, victime de ses expériences sur ce gaz, le préparait en chauffant l'arsenic dans une lessive alcaline. ♦

' Ruhland; Sch\veigger\s Journal , XI, i4o. > Mémoires de Chimie de Sclit'cle. I, 182. ^ Ann. de Chim. XXVIII , 2i5.

4 IN"ichoiso»)'s Journal. \I,200.

5 Ihid. XIX, 38i.

6 Recherches physico-chiinif[ues. I; 229

DE l'aRSENIC^ 341

Le ga hvtlrogène arseniqué ainsi formé, est sans couleur. 11 a une odeur nauséabonde, et il n'est pas sensiblement absorbé par leau. Une peut servir ni à la combustion, ni à la respiration. Sa pesanteur spécifique, suivant Trommsdorf, est de 0,6290, celle de l'air étant 1. Davy la trouva de 0,5562 * , mais il n'est pas douteux que ces pesanteurs spéciliques sont toutes beaucoup au-dessous de la vérité.

Le gaz bvdrogène arseniqué brûle avec une fl.unme bleue ; et si le col du vaisseau dans lequ< 1 cette combustion a lieu est étroit, l'arsenic s'y dépose. Lorsqu'on mêle ensemble deux parties de ce gaz avec trois d'oxigène , et qu'on met ce mélange en contact avec une bougie allumée, il se produit une explosion, et il se forme de lacide arsenieux et de Teau. La détonation d'un mélange de ces gaz, à parties égales, est moins forte, mais il brûle avec une flamme plus vive. Lorsque le mélange consiste en deux parties de çaz hvdrosfène arsenique, et une partie de gaz oxigene, li laisse après sa combustion un petit résidu. Suivant Stromever, ce gaz exi<:;e , pour sa combustion, 0,72 parties de son volume de gaz oxigène.

Le gaz hydrogène arseniqué ne s'altère point à l'air; ii n'est pas altéré non plus par les gaz azote et hydrogène. Le deutoxide d'azote y produit une diminution de volume d'environ 0,02. Le gaz acide hvdrosulfurique ne lui fait éprouver aucim changement: mais si Ton ajoute du chlore au mélange de ce gaz avec le gaz bydrogèue arseniqué, le volume diminue, et il se forme uu dépôt floconneux coloré en jaune ; d'où il résulte que ces deux gaz peuvent servir comme réactif sensible pour reconnaître la présence du gaz hydrogène arseniqué.

L'acide nitrique concentré, mêlé subitement avec ce gaz, produit un dégagement de vapeurs rouges et une explosion accompagnée de flamme. Lorsque l'acide est étendu, il oxide l'arsenic et le sépare du gaz en laissant l'hydrogène pur. Trommsdorf, à qui nous devons la connaissance de tous ces faits, ne put pas réussir a faire l'analyse de ce gaz. Stroraeyer y parvint en se servant, à cet effet, d'acide nitrique,

*■ Eléments of chemical Phiiosophy , p. 4^

34^ COMBUSTIBLES StMPLLS.

Cl il If Ironva composé de 1 06 parties d'arsenic et de 2,1 9 parties d'hydrogène. Gay-Lussac et Théoard le décomposèrent anssi, en chauffant de fétain dans un tube de verre rempli dugaz. 100 volumes de ce gaz, dépouillés de leur arsenic, prirent de l'expansion jusqua occuper i4o volumes; de manière que l'accroissement s'éltvait aux f du volume priir.itif En supposant que cette expérience et l'analvse de Stromeyer sont correctes, il s'en suivrait que la pesanteur spécifique du gaz hydrogène arseuiqué est 45799- Mais il faut encore de plus amples recherches pour faire connaître exactement la conslitution de ce gaz. Il paraîtrait résulter des expériences de Davy et de Gay-Lussac et Tiiénard, que l'arsenic et lliydrogène se combinent aussi sous la forme solide en flocons Iniins qui dégagent, par la chaleur, du gaz hydrogène arsenîqué.

Vil. Nous ne connaissons aucune combinaison de l'arsenic avec le carbone, le bore, ou le silicium. ïhospbure. \/'ji[ L'arsenic se combine aisémf>nf avec le phosphore. On peut obtenir le j^iosphure d'arsenic, en distillant, à une douce chaleur, des parties essaies de phosphore et du métah Ce phosphure est noir et brillant, et il faut le conserver sons l'eau. On peut le former aussi, en chauffant doucement, pendant quoique temps, un mélange de parties égales de phosphore et d arsenic dans une suffisante quantité d'eau '.

IX. L'arsenic se combine facilement avec le soufre. En fondant un mélange de ces deux corjîs dans un creuset couvert, on obtient une masse rouge, vitreuse, qui est évidemfuent un sr.lfure d arsenic. On peut le former également en chauffant ensemble facide arsenieux, ou l'acide arsenique, 'î du soufre ; mais dans ce cas une portion du soufre absorbe foxigène de l'arsenic et se dégage en gaz acide sulfureux ^. On trouve le sulfure d'arsenic natif dans différentes contrées de lEurope. Il est de couleur écarlate, et souvent cristallisé 7. Réaigar. çjj prisuics trauspareus. On le nomme communément réalgar^ on l'emploie quelquefois dans la peinture. Sa pesanteur spécificjue est de .3,3384 ^. Ce sulfure n'a point de saveur

' Prlle-icr, yinn. <le Chim. XLH, iSg.

» Proust , Jnurn. de Phys. LUI , 9j.. - Jjinér^logic de Haviv. "IV, 22S.

DE l'arsenic. 343

et n'est p» , à beaucoup près , aussi pernicieux que les oxides d'arsenic, quoique Macquer lui attribue la propriété vénéneuse ' : on s'en sert quelquefois en peinture.

Si dans une dissolution d'acide arsenieux dans l'acide â. orpinient. hydrochlorique , on verse une dissolution d'acide hydrosulfurique dans l'eau, il se forme un précipité d'une belle couleur jaune. Cette poudre, qu'on nomme ordinairement orpiment^ peut également s'obtenir par la sublimation d'un mélange d'arsenic et de soufre à une chaleur insuffisante pour en opérer la fusion. On trouve cette substance dans la nature; elle est en lames très-minces, qui ont un très- grand degré de flexibilité. Sa pesanteur spécifique est 3.4-^22 ^. Quelques cliimistes ont supposé que l'orpiment ne différait du réalgar qu'en ce qu'il contient une moindre proportion de soufre; d'autres, que l'arsenic y existe à l'état d'oxide, et quelques-uns, enfin, qu'il contient de l'acide hydrosulfurique. Mais Proust a prouvé, qu'à une chaleur suffisante, il fond sans émission d'aucun gaz, et que par le refroidissement il prend l'apparence du réalgar ^. Haùy remarqua que la forme de leurs cristaux est la même -. d'où il concluait que c'était ia même substance sous des formes différentes, conformément à l'opinion de Proust *. C'est cette divergeance d'opinions, à ce sujet, qui porta M. Laugier à faire une suite d'expériences sur ces substances ^ , et il en résulte que le sulfure d'arsenic préparé artificiellement est composé de

Arsenic 58,54 100

Soufre 4 1,66 71,42

Or. ce résultat se rapproche d'un composé formé d'un atome d'arsenic et de deux aiùmes de soufre. Laugier trouva qu en chauffant ensemble l'orpiment et le réalgar natifs, il se subHrae de l'acide arsenieux. La substance était alors exactement composée comme le sulfure artificiel. Il eu induit, que

' HoflFman nous apprend qu'il en donna deux srrapuîe> à un chien, qui n'en ressentit aucuns mauvais tfftrts quc^lconques. Observ. p'iysico'cliemico sélect, p. :236.

^ liaiiy. IV, 235.

3 Journ. dePhys. LUI, 9^.

4 Ann. deChim. LaXXV, :C.

2 îbLd.

dans ces substances, lorsqu'elles se trouvent dans la nature , il y a une cerîairie quantité d'arsenic, ou d'acide arsenieux, mécaniquement mêlé entre leurs molécules.

SECTION VIII

Du Tellure,

Histoire. I- Les minéralogistcs furcnt loug-tcmps daus l'inccrtitude sur la nature d'une substance de couleur blanche bleuâtre , avec éclat métallique, que contient la mine de Mariabilf, dans le mont Fatzbay, près Zalethna, en Transylvanie. Ou s'accordait à y trouver un peu d'or- maïs elle consistait principalement en une substance métallique que quelques-uns supposaient être le bismuth, et d'autres l'antimoine. Muller de Reichensîein, qui examina, en 1782 ', cette mine, qu'on avait désignée par les noms ^aurum prohlematicum ^ auium ■paradoxum^ et aurum album ^ crut y reconnaître un métal nouveau, différent de tous les autres. Cependant, n'étant pas encore satisfait de ses propres conclusions à ce sujet , il en envoya un échantillon à Bergman; mais l'échantillon était trop petit pour que cet illustre chimiste put décider si c'était un métal nouveau que contenait cette mine. Ce dont il put seulement s'assurer, c'est que celui qu'on y trouvait n'étail pas l'antimoine. Les expériences de Muller parurent si satisfaisantes à Kirwaa , que dans la seconde édition de sa Minéralogie , publiée en 179(3 , ii assigna à ce métal une place distincte, sous la dénomination de sjlvanite. Klaproth, après avoir fait une analvse de cette mine, qu'il publia en 1 798, confirma complètement les conclusions de Muller ^. 11 donna au nouveau métal, qui constitue les 0.920 de la mine, le nom de tellure , et ce nom a été généralement adopté. Les résultats des expériences que fit Gmelin sur celte mine, en 17(9 ^ , se trouvèrent presqu'exactement d'accord avec ceux qu'avaient obtenus Muller et Klaproth, et ces savans distinguèrent dans le tellure les propriétés suivantes. Davy découvrit, en 1809 '^, quelques combinaisons nouvelles et importantes

Tîorn. II, 468

• liorn. Ji, /joo.

^ Crcl'i's Anna'is. T-98. 1,91.

3 Ibid. 1799. I, c-:5ct 365.

^ Phil. Trans. 1810, p. 16.

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