DU CALCIUM
tenir pcnclitit quelque temps chanffées au blanc , et qn'mi appelle brûler la chaux. Le produit de cette opération, qu'on désigne vulgairement par la dénomination de chaux vive, est la substance connue en chimie sous le nom de chaux.
\. On peut obtenir la chaux parfaitement pure en brûlant Préparation. celles des pierres à chaux cristallisées, blanches et transparentes, qu'on appelle spaths calcaires^ ainsi que quelques marbres blancs purs. Ou peut également se la procurer à l'état de pureté , en dissolvant dans de l'acide hydrochlorique des écailles d'huîtres, en filtrant la dissolution, en j versant de l'ammoniaque jusqu'à ce qu'il ne s'y fasse plus de précipité sous forme de poudre blanche , et en filtrant de nouveau. On mêle alors la liqueur avec une dissolution de carbonate de soude. La poudre qui se précipite, lavée, sechée et chauffée à un feu violent dans un creuset de platine, est la chaux pure.
2. La chaux pure est de couleiir blanche, médiocrement P'-opriL-tés. dure, mais facilement réductible en poudre.
Sa saveur est chaude, brûlante; elle corrode, et détruit à un certain point, le tissu des substances animales auxquelles on l'applique. Sa pesanteur spécifique est de 2.3 V Elle verdit les couleurs bleues végétales qu elle fait à la fin passer au jaune.
Elle est infusible au feu le plus violent qui puisse être produit par nos fourneaux, et même par raclion des plus fortes lentilles^.
Quant cà la composition de la chaux, on n'avait encore
• Kirwan's Miner. I, 5.
' La chaux pure est susceptible de cristalliser. C'est ce que nous reconnûmes, en 1807, M. Chompre' et moi, dans une suite d'expériences que nous avions alors entreprises sur l'action de la p>ile jjalvanique. Sur le mémoire que nous présentâmes à ce sujet, à la première classe de Tinstilut, elle char;îea une commission compo>ée de MM. Rertholîet, A auquelin et Gay-Lussac , de re'peter nos expe'ricnces. Elles furent faites au laboratoire de Pécole poiytechni<{ae, en notre présence. On obtint, ainsi qive nous l'avions aonoucé , de beaux cristaux de chaux pure, qui e'taient àe^i, prismes hexaèdres réguliers ; ces cristaux étaient parfaitement transparens. Sur le rapport qui en fut fait à la classe , par M. Gay-Lussac , elle arrêta que notre me'moire et ceux que nous lui avions présentés sur les differciis résultats de DOS expJricDCS galvaniques seraient imprimés dans le recueil des savans ttranger';. Davy n'avuit point obtenu, dans ses expériences, de cristiuxde chaux, parce qu'il op.crait trop en petit, et que d'ailleurs dans les nôtres, failes beaucoiq> p->i5 en grand, nous nous senions d'au appareil qui rendait les résuil;jt> Ircs-scn-
du calcium.
38o COMBUSTIBLES SIMPLES.
présente que des conjectures à ce sujet, jusqu'à 1 époque de la grande découverte, par Davy, des bases de la potasse et de la soude. Elle le porta naturellement à soupçonner que la chaux et les autres corps terreux , qui ont des propriétés semblables à celles de la chaux, pourraient bien être aussi des composés d'oxigène et de métaux particuhers. Découverte I. Dans Cette idée, Davy soumit ces corps, dans des étals '' difterens, à Taciion d'une batterie galvanique-, et il eut
bientôt lieu de conclure qu'il ne s'était pas trompé, dans son opinion sur leur nature, quoiqu'il eût éprouvé beaucoup plus de difficulté à les décomposer et à obtenir leurs bases, qu'il n'en avait eu pour séparer, par des procédés semblables, le potassium et le sodium cîe la potasse et de la soude. Lorsqu'il traita ces terres sous l'huile de naphte, il n'y eut point de décomposition distincte-, mais lorsqu'après les avoir mises en fusion avec un excès de potasse, il les soumettait à l'action dans cet état, les résultats purent beaucoup mieux être distingués. 11 y eut apparence de substances métalliques. moins fusibles que le potassium , qui brûlèrent l'instant d'après qu'elles furent formées, en produisant un mélange de potasse et de la terre employée. Lorsque les terres furent exposées à faction de félectricité. en état de mélange avec It^s oxides de mercure, d'étain, de plomb et d'argent, il se produisit des amalgames avec des propriétés, indiquant, d'une manière non équivoque, qu'elles étaient des mélanges de la base de la terre employée et de la base de foxide métallique mêlé avec cette terre. Mais la quantité d'amalgame obtenu était trop petite pour qu'il pût être examiné avec soin. Lorsque Humphrv-Davy se livrait à ces expériences, il reçut une lettre du professeur BerzA'lius, de Stockholm, qui lui annonçait que le docteur Pontin et lui avaient réussi à décomposer la barite et la chaux en électrisant négativement le mercure mis en contact avec ces substances. Davy répéta immédiatement cette heureuse expérience, avec le succès le plus complet, en obtenant pour résultat, des amalgames de la base de la terre qu'il employait.
Afin de se procurer ces amalgames en quantité snftlsante
siblfs. (JVst flnnc bien rcclk-ment M. Chompre et moi qui avons lait connaître les prcmieis la cristallisation de la chaux pure, et la forme de ses crisiaui.
( JYcte du Traducteur. )
DU CALCIUM. 38l
pourles distiller avecle mercure, et obtenir la terre piire,Davy combina son procédé avec celui de Berzelius et Pontin. La terre, après avoir élé légèrement humectée, fut mêlée avec un tiers de peroxide de mercure et placée sur une plaque de platine adaptée à l'extrémité positive de la pile. Ou pratiqua dans le mélange terreux une cavité dans laquelle on introduisit un globule d'environ 4 grammes de mercure , communiquant, au moyen d'un fil de platine, à l'extrémité négative de la batterie. On distillait ensuite les amalgames ainsi obtenus dans des tubes de verre remplis de vapeur de napbte; le mercure était aisément chassé en plus grande partie, mais il était extrêmement difficile de le séparer en totalité. Le globule qui restait était , dans tous les cas , duo blanc d'argent , solide et extrêmement combustible. Exposé à fair , il absorbait l'oxi^ène , et régénérait la terre d'où il
venait d être obtenu.
Dhvv donna le nom de calcium à la base métallique de la chaux. Il ne put parvenir à en reconnaître les propriétés. Il est d'un blanc d'argent, solide, et probablement quatre ou huit fois plus pesant que leau. Chauffé à l'air, il brûle avec splendeur, et il se produit de la chaux vive '.
II. Le calcium , autant qu'on a pu s'en assurer jusqu'à chaux, présent, ne se combine avec foxigène qu'en une seule proportion , et forme l'oxide bien connu et si important, appelé chaux. Les essais que Berzelius a faits pour déterminer la proportion d'oxigèoe dans la chaux, par la perte de poids de l'amalgauie mis en contact avec l'eau, et par la quantité de chaux formée, ne méritent pas, malgré toute l'attention que ce savant a pu y apporter , une grande confiance dans leur exactitude, parce qu'il opérait sur des quantités trop
f)etites. Le terme moyen de trois de ces essais , donne pour a composition de la chaux *.
Calcium joo
Oxigène 38,5;
Mais par d'autres considérations, Berzelius a fixé ces proportions à
Calcium loo
Oxigèue 39,21 2
» PLil Trans. 180S, p. 333 > Ann. deChim. LXXXI , i3.
' Annals of Philosophy, III, 36o.
COMB L'SllBI.LS SIMPLES.
Pour s'assurer si ces nombres sont exacts, il est un moyen qui ne doit laisser que très-peu d'incertitude à cet égard. Le sulfate de chaux a été analysé avec grand soiu , et il est composé de
Acide sulfiinque loo ... 5
Chaux 72,41 . . 3,6205
L'analyse , également bien établie, du carbonate de chaux donne :
Acide carbonique. . . . 4^,2 .... 2,76 Chaux • . . . . 56,8 .... 5,6i
On voit par la première analyse que si le poids de l'acide sulfuiique est représenté par 5, le nombre équivalent pour la chaux, sera 3,62o5. D'après la seconde analyse, le poids de Tacide carbonique étant représenté par 2,76, celui correspondant pour la chaux, sera 3,6'i5. Ces deux nombres s'accordent presque parfaitement; nous pouvons donc, je pense, considérer, sans craindre de faire sensiblement erreur, le nombre '^fi'iS comme représentant celui véritable équivalent pour la cbaux. Cette substance ne se combinant quavec une seule dose d'oxigène, on la peut supposer formée de I atome calcium H- i atome oxigène, et d'après cette supposition, ses parties constituantes seront :
Calcium 2,625 100
Oxigène 1,000 5'8,o9
Ce qui se rapproche de très-près des résultats des expériences de Berzelius.
cùorure. Ili. En chauffaut la cbaux dans le chlore, elle est décomposée. Iille abandonne son oxigène, qui s'en sépare à l'état de gaz, et le calcium se combine avec le chlore, forn.ant un chlorure de calcium. Il résulte des expériences de Davy, à qui nous devons la coniiaissance de ce fait très-intéressant , que par chaque volume d'oxigène dégagé, il y a deux volumes de gaz chlore absorbés. Le chlorure de calcium est donc ainsi un ccraposé de i atome de chlore uni à j atome de calcium , et par conséquent, ses parties composantes sont:
Chlore. . . . 4'^- • • • 100 .. . 65, 16 Calcium.. . . 2,625. . . 58,3. , . 56,84