‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 92 sur 136 · DU CALCIUM · texte numérisé non relu

DU CALCIUM

Le chlorure àe calcium est la substance connue en chimie , sous le nou^ d'Ajdmc/i/orate de chaux. Ou l'avait autrefois appelée ammoniaque fixée y parce qu'elle se retirait ordinairenient du sel ammoniac, en le décomposant par la chaux.

On se procure habituellement Ihydrochlorate de chaux par ce procédé, mais on peut l'obtenir aussi en dissolvant le carbonate de chaux dans l'acide hydroclilorique.

L\vdrocblorate de chaux'cristalhse en prismes striés à six Prcpri-^^és. pans, terminés par des pyramides très-aigues. Il n'est pas aisé de l'avoir en cristaux, parce qu'il est extrêmement déliquescent. Il est en effet presque impossible d'obtenir de bous cris^ taux de cet hydrochlorate dans l'été; mais en hiver, ils se forment spontanément, lorsqu'après avoir fait dissoudre quatre parties du sel dans une partie deau chaude à 2 1^ centigrades, on expose cette dissolution à la température de zéro. La saveur de ce sel est très-amère et piquante. Sa pesanteur spécifiqueesti,76'.

L'hydrocblorate de chaux est extrêmement soluble dans leau, qui en peut prendre, jusqu'à près de quatre lois son poids, a la température de 16° centigrades. Cette dssolu- Dihte du sel diminue très-rapidement à mesure que la température s'abaisse; de sorte que de l'eau à zéro ne dissout que deux fois son poids du sel, ou la moitié de ce qu'elle en pouvait prendre à 160, tandis qu'à 38o centigrades elle peut s en charger en toute uroportion quelconque. On ne peut donc pas obtenir l'hydrochlorate de chaux cristallisé dans un temps chaud, mais seulement en une masse solide blanche et dure. M. Walkers'est assuré, qu'en évaporant une dissolution dhydrochlorate de chaux jusqu'à ce que sa pesanteur spécifique SQit devenue i,45o à la température de 270 centigrades, il s y forme des cristaux en fexposant alors à une température a zéro. Lorsque la pesanteur spécifique de la dissolution a ete amenée à 1,^90, à la température de 27° centigrades, elle prend par le refroidissement la forme d'une masse dure nacrée '.

L'alcool rectifié dissout si facilement l'bvdrochlorate de chaux que je pense qu'il en peut prendre considérablement au-delà de son propre poids, lors même que le sel a été préa.

* Hassenfralz , Ann. de CJiim XXVIII, 13 » JNicholson's Journal. V, 226.

Composition,

lodure.

lablement chauffé au rouge, pour lui enlever son humidité. La chaleur qui se dégage pendant la dissolution est assez considérable pour porter l'alcool a l'ébullition.

L'hydrochlorate de chaux exposé à l'air , en attire très-

Froniptement l'humidité, et y devient déliquescent. Soumis à action de la chaleur, il se boursoufle, se fond, et perd son eau de cristallisation. Un feu violent en sépare une petite portion d'acide hydrochlorique. Lorsqu'il a été ainsi altéré, il a la propriété de luire dans l'obscurité, ainsi que Homberg l'observa le premier : ce qui lui a fait donner le nom de phosphore de Homberg.

De toutes les expériences qui ont été faites jusqu'à présejit pour déterminer les proportions des parties constituantes de ce chlorure, les plus exactes sont celles qui suivent, savoir :

Wenzel '. Marcet '. Berztlius 5.

Acide. ... 5i. . . . 49,25. .. . .48, i Chaux.. . . 49- • • • ^^^il'J' • • . 5 1,9

ioo,oo

Faisant l'application de ces analyses à la conversion de la chaux en calcium, d'après les proportions établies ci-dessus , il s'ensuit que la composition de ce chlorure est de :

Wenzel. Marcet. BerzeUus.

Chlore. . . . 64,52. ... 65,23. .. . 62,41 Calcium. . . 35,48. . . . 36,77. . . . 57,59

Si nous comparons ces analyses avec les nombres déduits du gaz oxigène dégagé, que je considère comme exacts, on verra que c'est l'analyse du docteur Marcet qui se rapproche le plus de la vérité.

IV. On peut obtenir l'iodure de calcium, par la combinaison de l'acide hydriodique avec la chaux, et en exposant à une forte chaleur le composé formé par cette combinaison. L'hydiiodate de chaux est un sel îrès-soluble et déliquescent. L'iodure de calcium n'a pas été analysé, mais il n'y a

» Vcrwandschaft, p. io3.

» jSicholson'sJournal. XX, ug.

9 Ann. deCUim. LXXVH, 84.

DU BARIUM. 385

aucun doute que c'est uu composé de i atôrae iode, et i atome calcium, ou de

Iode i5,625

Calcium. . . 3,635

Lorsqu'on chauffe la chaux dans de la vapeur d'iode, il n'y a point de dégagement d'oxigène; et par conséquent, il paraît que l'oxigène a plus d'affinité que Tiode pour le calcium.

V. Toutes les combinaisons que le calcium peut éti e susceptible de former avec le fluor , l'azote , et les corps combustibles simples acidifiables , nous sont inconnues. jNous savons qu'il se combine avec le potassium et le sodium; mais, nous n'avons encore rien appris sur la nature de ces alliages.

L'affinité du calcium pour les soutiens de combustion est Affinités dans l'ordre qui suit. calcium.

Calcium.

Chlore.

Oxi^ène.

Iode.

SECTION IV

Du Barium,

C'Est à Schéele qu'esti due la découverte de la barite Découverte d* dont il exposa le premier les propriétés dans sa disser- '* ^* '^*' tation sur le manganèse, qu'il publia en 1774 *• l^ existe un minéral très-pesant, le plus ordinairement de couleur de chair, d'une texture foliée et cassante, très -commun en Angleterre et dans la plupart des autres pays, spécialement dans les mines de cuivre. On le connaissait sous le nom de spath pesant, et on le supposait être un composé d'acide sulfurique et de chaux. Mais Gahn ayant analysé ce minéral en 1773, reconnut que c'était une combinaison d'acide sulfurique avec la nouvelle terre découverte l'année d auparavant par Schéele * qui proposa une méthode pour

' Schéele. 1 , 61 et 78 , traduct. française. » Bergman's notes on Scheffer ^ 167.

Tobteiiir du spath pesant '. Les expériences de ces chimistes fiireul coîiinmées par Bergman *, qui donna à cette terre le nom de terre pesante. Morveau Tajipeia harote et Kii wan barite ^, dénomination qu'adopta Beigman'^, et par i.jquclle cette terre est aujourd'hui générafemenl désignée. Schéele , Bergman, Wiegleb et Afswéhus, indiquèrent différens moyens de se la procurer; mais on avait encore peu ajouté aux premières connaissances que Schéele avait données, de ses propriétés, lorsqu'en lypS le docteur Hope publia ses expériences sur cette terre ^ C'est à ses travaux ^ et depuis à ceux de Pelletier, Fourcroy et Vauquelin^, en 1797, qu'on doit toute i étendue des notions exactes qu'on a aujourd'hui sur la Ijarite.

On peut obtenir la barite du spath pesant, ou sulfate rréparaiioa, dc baritc , ainsi qu'on l'appelle aujourd'hui , de la manière suivante, qui est celle indiquée par Schéele et V^auquelin. On mêle le minéral réduit en poudre fine , avec le huitième de son poids de poussière de charbon. En tenant ce mélange, pendant quelques heures, chauffé au rouge dans un creuset, il se convertit en un sulfure de barite qu'on dissout dans l'eau, et dont on précipite le soufre par l'acide nitrique. On iiltre alors la dissolution qui contient l'acide nitrique combiné avec la barite, et on l'évaporé lentement jusqu'à ce qu'elle cristalhse. On chauffe fortement par degrés les cristaux dans un creuset, l'acide nitrique en est dégagé, et la barite reste à l'état de pureté ^ . Le docteur Hope avait proposé long-temps auparavant un autre procédé moins dispendieux , qui fut depuis perfectionné par Pelletier. Il consiste à décomposer le bulfate de barite en le chauffant fortement avec de la poussière de charbon , et à traiter le résidu avec l'eau , pour en séparer tout ce qui est soluble. En ajoutant ensuite au liquide filtré une dissolution de carbonate de soude, il se

» Crt'irs Annals. 111,3- Trad. anglaise. » Opusc. III , 291.

' De ".ïfvc , pesant.

* Opusc. IV. 'j6i, 5 Edimh. Trons. IV, 36.

^ Ann. de Chira. XXI , ii3 61276.

' Lorsqu'elle a été ainsi préparée , clic contient toujours envirop. 0,0b de carbonate de barite, et quelquefois beaucoup plus.

DU BARÎUM. 387

précipite une poudre ])lanche. Après avoir lavé cette poudre avec soin , on en forme avec du charbon des boules qu'on chauffe fortement dans un creuset. En traitant ces boules à Veau bouillante , il s'y dissout une portion de baritc qui cristallise par le refroidissement de la liqueur.

La l3arite obtenue par la première méthode est une Propriétés, substance poreuse , d'un blanc grisâtre , qu'on peut réduire très-facilement en poudre. Sa saveur est plus piquante et plus caustique que celle de la chaux. Prise à l'intérieur , elle agit comme le poison le plus violent. Elle n'a pas d'odeur sensible ; elle verdit les couleurs bleues végétales , elle détruit et décompose les substances animales comme le font les alcalis fixes, mais avec moins d'énergie.

La pesanteur spécifique de la barite, évaluée par Fourcroy à 4 * , 'l'est que de 'ipyi^ seulement, suivant Hassenfratz ; mais on a heu de conclure de la méthode dont ce dernier s'est servi pour la détermination des pesanteurs spécifiques , qu'il les a toutes fixées à des termes trop bas.

La barite se durcit au feu , et acquiert intérieurement une nuance verte bleuâtre. Chauffée au chalumeau sur un morceau de charbon , elle se fond , bouillonne , et roule en globules qui pénètrent promptement le charbon^. Cet effet est probablement dû à l'eau contenue dans la barite , car Lavoisier a trouvé qu'elle n'était point affectée par la chaleur la plus forte qu'il lui fut possible de produire.

L Gehlen et Bucholz se sont assurés que les cristaux de barite exposés à la chaleur, se fondent promptement et abandonnent de Veau. Lorsque la chaleur est poussée au rouge , ils éprouvent une nouvelle fusion , et prennent une apparence oléagineuse. Mais cette expérience ne réussit pas avec la barite obtenue du nitrate de cette substance par le procédé de Vauquelin. Gehlen et Bucholz firent voir que cette différence ne résulte pas de la présence de l'acide carbonique, ni d'aucune matière terreuse provenant du creuset dans la barite extraite du nitrate ^. La fusibilité, dans le

' Fourcroy. II, 189.

» Ann. de Chim. XXVIII , 11.

Fourcroy et Vauquelin , ^nn, de Chim. XXI, l'^G. Gehîen's Journal, fur die Cuemie , Pbysik uud IMiueralogic. IV, '25.S,

premier cas, est due, j'imagine, à une portion d'eau retenuç par la barite '.

Décomposition Bergman avait soupçonné que la barite était un oxide métallique ^ ; mais on avait essayé en vain de découvrir la base métallique qu'on bji supposait , jusqu'à l'époque de l'analyse par Davy, de la potasse et de la soude, en 1808. C'est alors que ce savant fut porté à penser que toutes les terres étaient également des oxides métalliques. Berzelius et Pontin réussirent les premiers à décomposer la barite , en soumettant à l'action de 1 électricité négative , un globule de mercure dans de la barite humectée placée sur une plaque de platine : il se forma une amalgame du métal et de la barite. Davy répéta ces expériences et, en distillant l'amalgame, il parvint à obtenir de peti'es quantités du métal de barite auquel il donna le nom de hariuni. Plus récemment le docteur Clarke a décomposé la barite en l'exposant à la chaleur intense produite par la combustion d'un courant de gazoxigène et hydrogène mêlés ensemble dans les proportions nécessaires pour la formation de l'eau. Il donna au métal de barite le nom à^ plutonium. du"«ritm' ^^ barium ainsi obtenu , est un métal solide , de couleur d'argent -, il fond à une température inférieure à la chaleur rouge , et ne se volatilise pas à un degré de feu capable de fondre une lame de verre; mais à cette température son action, sur cette substance > est très-énergique , ce qui est probablement dû à ce que l'alcali du verre est décomposé et converti en un protoxide. Le barium se ternit prouiptement à l'air ; il en absorbe l'oxigèue , et il est transformé en bnrite ; il coule rapidement au fond de l'eau et semble être au-moins quatre ou cinq fois plus pesant que ce liquide. Il le décompose avec une grande énergie en dégageant de 1 hydrogène et en se convertissant en barite. Sous une forte pression ,il s applatit et semble être ainsi ductile et malléable.

11. On voit, parles expériences deGay-Lussac et Thénard, que le barium peut se combiner avec l oxigène en deux proportions , formant deux oxides appelés barite et peroxide de barium.

' Ce qui ré<;iille évidemment, ce me semble, des expériences de Ga\-(,ussac et ïhénard. Voyez Recherches physico-chimiques. I , 170.

' Opusc. IV, aia.

LV BARIUM. 38g

1. La barite est la substance qui se produit lorsqu'on met ^°^J'^^l°^^ Je barium en contact avec l'eau. Cette substance, connue depuis i7j4iSe trouve en abondance dans le règne minéral, combinée quelquefois avec l'acide carbonique, mais beaucoup plus fréquetninent avec l'acide sulfurique.

Il n'a pas été possible de déterminer, par des expériences directes, la quantité dosigène avec laquelle le baiii m se combine lorsqu'il se convertit en barite; mais on y parvient d'une manière suQisamment exacte par un autre moyen.

La composition du sulfate de barite a été établie , savoir :

Acide sulfurique loo . . . 5

Barite 194 ... 9,70

et le carbonate de barite est composé de

Acide 22 ... . 100 . ... 2,75

Barite 78 ... . 354,54 • • 9i 7^

Il est évident d'après ces analyses, que le nombre équivalent pour la barite est 9,76. On verra plus loin que 100 parties d'acide sulfurique se combinent avec une quantité de base qui contient 20 d'oxigène , tandis que 100 d'acide carbonique se combinent avec une quantité de base contenant 3g.'2.6y oxigène. Donc 194 parties de barite contiennent 20 d'oxigène, et dans 354,54 parties il existe ^6,^67 de ce principe. Suivant la première de ces dé^errain?itinns. 100 parties de barite contiennent 10,009 oxigène, et d'après la seconde, 100 parties de barite contiennent 10.2') d'oxigène. Le terme moyen 10,2695 est la quantité d'oxigène qui existe dans 100 parties de barite. Cette substance est donc composée de

Barium 89, 73o5

Oxigène 10, 2695

En divisant actuellement le nombre 9,75 (poids d'un atome de barite)daus la proportion deSt/ 7806 ^ 10,2695, le résultat sera :

Barium 8,7538585

Oxigène . . . . o 9961410

Mdis le nombre pour l'oxigène est à très-peu de chose près

OgO COMBUSTIBLES SIMPLES.'

= I. 11 pst évident qu'il serait exactement i , si les calculs qui précèdent avaient été établis d'après des expériences exemptes de toute erreur : il n'est plus douteux alors que la composition de la barite est :

Barium 8,70 100.

Oxigène . . . . i.oo 11.42.

Ainsi, la barite est formée de i atome de barium, et de 1 atome d'oxigène-, et le poids d'un atome de barium est 8,^5. peroxide. 2. Gaj-Lussac et Théuard ont fait voir, qu'en chauffant, dans le gaz oxigène du barium sec, provenant du nitrate ou du carbonate de barite, décomposés. par le charbon, ce gaz est absorbé avec une grande rapidité. Le peroxide formé est gris. Mis en contact avec l'eau, il abandonne son excès d'oxigène. En le chauffant dans le gaz hydrogène, ce gaz est absorbé, et il se forme de l'eau qui reste à l'état d'union avec ia barite '. Nous n'avons aucune donnée pour pouvoir déterminer la quantité additionnelle d'oxigène que la barite absorbe dans sa conversion en peroxide.

III. Le barium se combine aisément avec le chlore , et forme un composé appelé chlorure de harium. On peut fobtenir en chauffant la barite dans le gaz chlore. L'oxigène est séparé du barium, et le chlore prend sa place. Davy , qui a fait le premier cette expérience, s'assura que pour deux volumes de chlore absorbés, il y avait un volume de gaz oxigène dégagé; d'où il suit que ce chlorure est formé de i atome de barium et de i atome de chlore, ou , en poids :

Barium. . . 8,75. . . . 100. . . 66, o4 Chlore. . . 4i5 5 1,42.. 53,96

Chlorure.

Ce chlorure était connu depuis long temps sous le nom de muriate de barite. Ce fut Schéele qui en examina le premier les propriétés ^. Le docteur Crawford en fit l'objet dun tiaifé qui! publia en i7()o. 11 a été annoncé, depuis cette époqîie, beaucoup de procédés pour le préparer^; et c'est par les recherches de Kirwan , Haiiy , Bucholz et Bouilion-

" Reclieiches pliy^ico-chiuniqnes. 1 , 169. * Crtlls Annali. Jil, 6. Trad. anglaise. ' rojez Yan Mons, Journal de Phj's. XIV, 297. — Goettling ^

Dr BARIUM. 391

Lagrang^e que nous avons connu, sur cette substance, la plupart des faits à ajouter à la description qui en avait été donnée par S( héele.

Le înoveu le plus facile à employer pour se procurer l'hy- Préparation, drochlorate de barite, chlorure de barium, serait celui de dissoudre du carbonate de barite dans l'acide bydrochloiique, et de faire cristalliser cette dissolution : mais comme le carbonate de barite est rare, on forme ordinairement l'hydrochlorate de barite en caîcinant dans un creuset un mélange de sulfate de barite et de charbon. On décompose, par l'acide hvdrochlorique, le sulfure qui s'est formé: on filtre la dissolution, et après lavoir évaporée jusqu'à pellicule, on la laisse refroidir lentement. Les cristaux du chlorure se déposent peu -à- peu. S'il arrive que le sel employé contient du fer , ce qui est souvent le cas, on fait calciner les cristaux, on les dissout dans l'eau , on fihre la dissolution et on fait cristalliser de nouveau. On a proposé dernièrement, comaie perfectionnement à ce procédé, de faciliter la fusion et la décom.position du sulfate de barite, en ajoutant au mélange du soufre et du chlorure de calcium ou sel marin.

La forme primitive du chlorure de barium est, suivant prcpriéfés. Haiiy, un prisme à quatre pans à bases carrées: il cristallise le plus ordinairement en tables. Quelquefois il affecte la forme de deux pyramides à huit pans, appliquées base à base *.

Le chlorure de barium a une saveur piquante et très-désagréable. C'est, ainsi que toutes les autres préparations de barite, un poison. Sa p'-santeur spécifique est 2,8207 ^. I! exige 2,29 parties d'eau à la temjiérature de 88» centigrades pour sedissoudre.il est à peine soluble dans l'eau froide, et par conséquent on ne peut pas obtenir ce sel en cristaux ])ar le refroidissement de sa dissolution saturée dans feau chaude^.

On voit, par les expériences de Bucholz, que l'alcool pur n'agit pas sensiblement à froid sur le chlorure de barium ; mais 4oo parties de ce liquide à l'état d'ébuUition peuvent dissoudre une partie du sel ♦. L'alcool faible en dissout

Phil. Mag XXII, 218. — Bouillon-Lagransie, Ann. de Chim. XLVII , 139. — Resat, iùid. LV, 5i.

» Crawlord.

* Rassenfratz, yînn. de Chim. XXVIII , la.

^ Crawford.

^ Beitrage. III , 2^.

un peu , et sa qualité dissolvante augmente en raison delà plus grande proportion d'eau qu'il contient. L'alcool, d'une pesanteur spécifique de 0,900 j par exemple peut dissoudre -^ de son poids de ce sel ^

Le chlorure de barinm ne s'altère point à l'air; il décrépite et se dessèche au feu, et à une température trèsélevée il foud ; mais à quelque degré de chaleur qu'on l'expose, il ne peut être décomposé. H a été publié par différens chimistes, un grand nombre d'analyses du chlorure de barium. Les plus exactes de toutes sont celles qui suivent, savoir :

Kirwan 2. Rose?, Eetrelius 4. Aiken 5 =

Acidehydrochlorique.. 23,8. . 24,3. . 25,75. . 28 Barite 76,2. . 75,7. . 74,25. . 72

En faisant à ces analyses les corrections nécessaires, nous aurons pour résultais

Kirwan '. Rose'. Eerzelius ♦. Aiken 'i

Chlore. . . 3i,6. . . 32, 06. . . 33,36. . . 35,58

Barium. . . 68,4. . . 67,94. . . 66,64. . . 64,62

Toutes ces analyses semblent être de grandes approximations de la vérité. Celle de Berzehus s accorde presque exactement avec les nombres que nous avons déterminés ci- dessus.

IV. Le barium se combine aisément avec l'iode, et il en résulte un iodure de barium. Lorsqu'on fait passer sur de ia barite, du gaz hvdriodique refroidi à 20® centigrades audessous de zéro, elle devient incandescente , et il se forme de l'eau en abondance. Il est évident que^ dans ce cas, l'acide bydriodique et la barite sont décomposés fun et l'autre, et convertis en eau et en iodure de barium ^. En chauffant l'iode avec la barite, il y a combinaison, mais sans dégagement doxigène ; ce qui prouve que le gaz oxigène a plus d affmité

' Kirwan, on minerai waters. P. 21^.

* îîicholson's Journal. III, 2j.

' Gehlen's Journal fiirdie Chemie, Fhysik unj Minéralogie. III , 3jJ. L'analyse de Buchoiz est presque la même. 4 Ann. de Chim. LXXVIII , 8i3.

' ^'icliolson's Journal. XXII, 3oi.

' Gby-Lussac , yl/in. de Chim. XCI , 58.

DlJ STR0>-T1UM. SgS

pour leharium que pour l'iode. On produit aisément Tiodiire de bariura en dissolvant la barite dans l'acide bydriod que, et en chauffant au rouge l'hydriodate formé. Ce sel cristallise en fines aiguilles avant l'apparence de l'hydrochlorate de strontiaoe. 11 se décompose par degrés à l'air ^ L'iodure de bariura n'a pas été analysé", mais on ne peut pas douter qu'il ne soit formé de i atome de barium et de i atome d'iode, ou, en poids, de

Barium 8,75

Iode i5,625

V. Nous n'avons aucune connaissance des composés que le barium peut former avec le fluor, l'azote, les combustibles simples acidifiables, le potassium, le sodium et le calcium. L'ordre des affinités des soutiens simples pour le barium peut Affinités. être établi ainsi :

JBarii/m.

Oxigène.

Iode.

SECTION V

Z)u Strontium.

Ci: fut vers l'année 1787, qu'un marchand de minéraux Découveitt apporta à Edimbourg un fossile provenant de la mine de la stroutiane. plomb de Strontian dansl'Argyleshire, où il se trouve enveloppé dans la raine, en état de mélange avec plusieurs autres substances. Ce minéral est quelquefois transparent et sans couleur, mais le plus ordinairement il a une teinte de jaune ou de vert. Il est doux au toucher, sa pesanteur spécifique varie de 3,4 à 8,726. Sa texture est généralement fibreuse. On le rencontre quelquefois cristallisé en colounes prismatiques déliées, de différentes longueurs ^

Ce minéral fut d'abord ejénéralement confondu avec le carbonate de barite; mais le docteur Crawford a^ant remar-

• Gay-Lnssac, y4nn. de Chim. XCl , 58.

'* Hope , Ediinb. Trans. ^\.

que quel([ues différences entre sa dissolution et celle de ia barite , dans l'acide livdrochlorique , il annonça , dans son Tiaité sur le mvriate de barite, publié en 1790, quil lui paraissait probable que c'était une terre nouvelle, et il en envoya un échantillon à Kirwan , pour en examiner les propriétés. Le docteur Hope rendit compte, en 1793, à la société d'Edimbourg, d'une suite d'expériences qu'il avait faites en 1791 sur ce minéral, et dont le détail fut inséré dans les Transactions au commencement de 1794 ^^^ docteur Hope s'était assuré par ces expériences, que le minéral était composé d'acide carbonique, et d'une terre particulière dont il décrivait les propiétés, et à laquelle il avait donné le nom de strontite. Klaproth tira les mêmes conclusions que le docteur Hope, dont il ne connaissait pas encore les expériences, d'une analyse qu^il avait également faite de ce minéral en 1798, et qu'il publia dans les ^«//a/e5 de Crell, pour 1793' et 1794^. Il paraît aussi, par sa lettre à Crell, que Kirwan avait découvert, dès 1793, les propriétés les plus importantes de cette terre nouvelle, quoique sa Dissertation à ce sujet, dont il avait donné lecture à l'académie d'Irlande en 1794? n'ait été rendue publique qu'en 1795.

Les expériences de ces chimistes furent répétées et confirmées en 1797 ^ , par Pelletier, Fourcroy et Vauqueliu, qui portèrent encore beaucoup plus loin l'examen de plusieurs des propriétés de cette terre-, Klaproth, qui l'avait découverte, lui donna le nom de -stroiidane , du lieu où elle avait été trouvée pour la première fois ; et cette dénomination est aujourd'hui généralement adoptée.

La strontiane existe en abondance dans différens pays ; mais elle s'y rencontre toujours à l'état de combinaison avec les acides carbonique ou sulfurique.

Préparation. On pcut dégager l'acide carbonique du carbonate de strontiane, et obtenir cette terre dans son état de pureté, en mêlant le minéral avec de la poussière de charbon et en exposant ce mélange aune chaleur de 1 4^° de Wedgewood '*.

' Vol. II , p. 189.

» Vol. I, p ijf) ; et Klaproili's Bcitragc. 1 , 2G0 5 et le Journal des iVIines, n." 5, p. 61.

3 Ann. de Chim. XXI , 1 13 et i-fi. Jour, des INIin. An VI , 3. < Kirwan.

DU STRONTIUM. SqS

On y parvient encore, en dissolvant le carbonate de strontiace dans lacide nitrique, en faisant cristalliser cette dissolution, et en cbauffai.t au rouge dans un creuset les cristaux jusqu'à ce que l'acide nitrique en soit chassé. On sépare la stroutiane de sa combinaisoiitavec l'acide sulfurique, de la même manière que la barile, en employant le procédé décrit dans la précédente section.

La strontiane ainsi obtenue est en masses poreuses, d'une Propriéié-. couleur blancbe grifjâtre. Sa saveur est acre et alcaline. Elle verdit les couleurs bleues végétales. Sa pesanteur spécifique est, suivant Hassenfratz, de 1,647 '> ^^^ action sur les substances animales n'est pas aussi énergique que celle de la barite, dont elle n'a point les propriétés délétères *.

I. Davy , après avoir découvert la nature métallique de la strontium, potasse et de la soude, crut pouvoir considérer la strontiane comme étant , de même que la barite et la chaux, un oxide métallique. Il parvint à la décomposer par le même procédé dont il s'était servi pour la décomposition de la chaux et de la barite, ainsi que nous l'avons exposé dans les sections qui précèdent: il donna à la base métallique de la strontiane, le nom de strontium.

Ce métal est blanc, solide, beaucoup plus pesant que fean et ayant beaucoup de ressemblance , dans ses propriétés, avec le barium. Par son exposition à l'air, ou mis eu contact avec l'eau, il absorbe rapidement l'oxigène , et il est converti en stroutiane ^.

IL Le strontium, autant qu'il nous est jusqu'à présent Çompos; conuu, ne se corahme avec ioxigene que dans une seule proportion , et cette combinaison produit le composé bien connu, appelé strontiane. Il n'a point été fait d'expériences directes sur la quantité d'oxigèue que ce composé contient; mais nous pouvons la déterminer, par le même moyen dont nous nous sommes servis, pour reconnaître la proportion de ce principe dans la barite. Suivant Stromeyer le sulfate de strontiane est foi mé de

Strontiane 1 3 2,55 6,627

Acide sulfurique. ... 100 5

» Ann. de Chira. XXVIII, 11. ' ^ Pelletier, ihid. XXI, 120.

3 Davy's , clcctro-chemical Researches in to the décomposition of ihe eartlis, etc. Phil. Traiis. 1808.

tion stiuntium.

096 COMBtJ$TIBLES SIMPLES.

Les parties constituantes du carbonate de strontiane sont, d'après mes expériences :

Strontiane ^^34, 44 6,44?

Acide carbonique. . . . 100 . . . . • 2,75

Le terme moyen de ces deux analyses nous donne le nombre équivalent, pour la strontiane, 6,587. Nous pouvons donc, sans erreur sensible, le considérer comme étant 6,5; d'où il suit, par les mêmes raisons déduites dans la dernière section, que 1 00 parties de strontiane contiennent, d'après la première analyse, i5,o8, et d'après la seconde i5,47 ^l'oxigène, le terme moyen de lune et de l'autre est 15,275. Donc 100 parties de strontiane se composent de

Strontium. 84,726 Oxigène. . 15,275

En partageant 6,5, le poids d'un atome de strontiane, dans la proportion des nombres 84,7^5 : 1 5,270, on aura pour la composition de la strontiane :

Strontium 5, 6071 25

Oxigène . 0,992875

Il est évident que le nombre pour l'oxigène eût été i, si les expériences sur lesquelles notre calcul est fondé, eussent été exemptes d'erreur. 11 n'y a donc alors plus lieu de douter que la strontiane est composée de

Strontium. ... 5,5 ... . 100

Elle est formée de i. atome strontium et de 1. atome oxigène, et un atome de strontium pèse 5,5. cuorure. III. En cliauffaut la strontiane dans le cblore, elle abandonne son oxigène, et se combine avec le cblore, ainsi que Davy l'observa le premier. Le composé formé est le chlorure. (Je strontium.

Cette snbtance a été connue pendant long-temps, en cbiraie, sous le nom Aq muriate de strontiane. Elle fut décrite, pour la première fois, par le docteur Crawford, en 1790. Elle fut examinée, depuis, par le docteur Hope, par Klaproth, Pclleiier, Fourcroy et Vauquelin.

Ou peut l'obtenir, soit eu dissolvant le carbouale de cette

DU STRONTIUM. 397

substance dans l'acide hydrochlorique, soit en décomposant, par ce même acide, le sulfure de stroutiane. Ou fait évaporer la dissolution, jusqu'à consistance convenable pour en obtenir des cristaux.

Haiiy assigne à ces cristaux la forme de prismes hexaèdres Propriété-,, très-allongés^et très-déliés '. Ce sel a une saveur particulière, acre et pénétrante. Sa pesanteur spécifique est i.44o^/- Trois parties de ces cristaux se dissolvent dans deux parties d'eau à la température de i5° centigrades. L'eau bouillante les dissout en toute proportion \ D'après les expériences de Bucholz , 24 parties d^alcool pur , dissolvent , àla température de 1 50 centigrades, une partie de ce sel; il ne faut que 19 parties de ce liquide bouillant pour dissoudre la même quantité ou une partie du sel ^. La dissolution alcoolique brûle avec une flamme d'une belle couleur pourpre.

Les cristaux ne s'altèrent pointa l'air, à moins qu'ils ne soient humides; et dans ce cas ils sont déliquescens.

Au feu ils éprouvent d'abord la fusion aqueuse, et ils se réduisent alors en une poudre blanche.

Il n'est pas douteux que le chlorure de strontium est compoùtior formé de i. atome de chlore, et de 1. atome de strontium, ou, en poids, de

Chlore. . . 4,5 . . . 69,23 .... 4o,9 Strontium. 6,5 ... 100 .... 69,1

Nous avons différentes analyses de ce chlorure, qui en donnent les parties constituantes, comme s'il était un hydrochlorate. Les plus récentes de ces analyses, sont celles de

Kirwan î Rose 6.

Acide hydrochlorique 5i .... 38,33

Stroiitiane 69 ... . 61,67

» Fourcroy. III, 262. Traduction anî^laise. » Hassenfiati, ^?in. de Chirn. XXVÎII, 12.

3 Suivant Cravrford. ces cristaux se diss^lyent dans 0,8^5 d'eau chaude, à 88° ccntigr; mais ils sont moins soiut^les dans l'osa froide : d'où il suit qu'on les obtient par refroidissement.

4 Ruchol/,, Bcitrage. Ili , 29.

5 IN'icholson's Journal. 111 , 2i5.

• Gehlen's Journal. Yl, 33.

En faisant à ces analyses les corrections convenables, nous aurons les nombres ci-après :

Chlore 4i,G ...... 47,81

Strontium 58,4 ^2,19

L'analyse de Kirwan nous semble être, des deux, la plus exacte. lodure. IV. On ne connaît que peu de chose concernant l'iodure

de strontium. En chauffant la strontiane dans la vapeur d'iode, elle absorbe c:tte substance, sans aucun dégagement d'oxis;ène. On peut former l'iodure en dissolvant la strontiane dans l'acide hydriodique , et en exposant le sel formé à une forte chaleur, sans îe contact de l'air; car si on chauffe le sel à l'air, il est décomposé '. Il n'a point été fait de recherches sur les proportions dans lesquelles les parties constituantes de cet iodure se combinent ; mais il est probable qu'ils s'unissent atome à atome, et en supposant que cela soit amsi, l'iodure serait un composé de

Strontium 5,5

Iode i5,625

V. On ne connaît pas de combinaisons du strontium avec le fluor, l'azote , ou avec aucun des combustibles simples, ^maités. L'ordre des affinités des soutiens de combustion , pour le strontium , est ainsi qu'il suit :

Strontium^ Chlore.

Oxigène.

Iode.

Gav-Lussac, Ann. de Chini. XGI, 60.

DU MAGNÉSIUM. Sçç

SECTION VI

Du JMagTiésium.

Ce fut vers le commencement du dix-huitième siècle, Découverte ou un chanoine romain exposa en vente, à Rome, une poudre magnésie. blanche à laquelle il donnait le nom de magnesia alha^ et qu'il annonçait comme médicament propre à la guérison de tontes les maladies. Il tenait dans un grand secret la préparation de cette poudre, lorsque Valentiu publia, en 1707, qu'on pouvait l'obtenir en calcinant la lessive qui reste après la préparation du nitre ^ Slevogt trouva, deux ans après, le moyen de la précipiter , par la potasse, de l'eau mère ^ du nitre ^. On supposait généralement que cette poudre était de la chaux y lorsque J^'redéric Hoftman observa qu'elle formait des combinaisons très-différentes avec d'autres corps '^. Mais on ne connaissait que très-peu de choses sur la nature de cette substance; la plupart des chimistes la confondaient même encore avec la chaux, lorsque le docteur Black fit connaître, en lyôS, que c'était une terre particulière. Margraf publia, en 1709 , une dissertation sur ce sujet % que Bergman traita aussi, en 1770, dans un mémoire où il recueillit les observations de ces deux savans, en y ajoutant beaucoup des siennes propres ^. Enfin Butini de Genève publia également, en 1779, une dissertation importante sur cette substance.

La magnésie n'ayant point encore été trouvée dans la nature à l'état de pureté . on la retire ordinairement du sulfate de magnésie^ sel composé de cette terre et d'acide sulfurique,

' De magne si d albâ.

* L'Cûu mère est le liquide qui reste après avoir obtenu tout ce

3u'on péiit en retirer d'un sel quelconque Lorsqu'on fait évaporer e l'eau de mer , par exemple , après en avoir retire' , par la cristallisation , autant de muriale de soude que la quantité' d'eau évaporée pouvait en produire , il reste encore une portion de liquide , et c'est cette portion (|u'on appelle eau mère.

' Diss. de magnesia albd.

■* Obs. phys. chim. 1722 ,p. io5 et 177. ^ Opusc. n , ao.

• ntd, p, 365.

Préparatic

4pq

Composition.

qui existe en abondance dans les eaux de la raer et dans celles de beaucoup de sources. L'eau de la fontaine des environs d'Epsom en est particulièrement chargée , ce qui a fait donner autrefois à ce sel le nom de sel d'Epsom. En ajoutant à une dissolution de ce sel dans l'eau, la moitié de son poids dépotasse, la magnésie en est immédiatement précipitée à raison de l'affinité plus forte de l'acide sulfurique pour la potasse. On la lave alors dans une suffisante quantité d'eau et on la fait sécher.

Propriétés. La magnésie ainsi obtenue est une poudre blanche, trèsdouce au toucher, inodore, et sans saveur bien sensible. Sa pesanteur spécifique est d'environ 2,3 *. Elle verdit les couleurs bleues végétales les plus délicates, telles, par exemple, que celle des pétales de mauve.

Davy réussit à décomposer la magnésie par le même moyen qu'il venait d'employer sur les autres terres alcalines. En soumettant à l'action galvanique, en contact avec le mercure, la magnésie humectée, la terre est^réduite, et sa base s'amalgauie avec le mercure , beaucoup plus lentement cependant que celles des autres terres alcalines ; ce qui est probablement dû à ce que la magnésie est insoluble dans l'eau. L'effet a lieu beaucoup plus rapidement lorsqu'on substitue le sulfate de magnésie mouillé à la terre pure. Davy donna à la base de la magnésie, ainsi obtenue, le nom de magnésium. Le magnésium est un métal solide, blanc, ayant l'aspect de l'argent. Il tombe rapidement au fond de l'eau, et par conséquent, il est considérablement plus lourd que ce liquide. Lorsqu'on distille famalgame de magnésium dans un tube de verre rempli de vapeur de naphte, le métal paraît agir sur le verre, avant que le mercure en ait été séparé en totalité: il est, par cette raison, difficile de l'obtenir à l'état de pureté. Exposé à l'air, il absorbe rapidement l'oxigènc et se convertit en magnésie. Il décompose l'eau , dont il sépare l'hydrogène pour se combiner avec son oxigène, mais cette décomposition ne s'opère pas aussi rapidement qu'avec les autres métaux obtenus des terres alcalines, ce qui provient sans doute de l'insolubilité de la magnésie dans l'eau. Mais si ce hquide est acidulé avec lacide sulfurique, la décompo-

Èlrxgnésium.

* Kir"'^an''s ^lineral. 1,8,

DU MAGNESIUM. 4^1

sition de l'eau et la conversion du raagnésiuai eu magnésie ont très-rapidement lieu *.

II. Ou ne connaît encore qu'âne seule combinaison de magnésium et d'oxigène, la magnésie. Quoiqu'il n'ait pas été possible den déterminer les parties constituantes par des expériences directes, nous pouvons en établir les proportions de la même manière que pour la composition de la barite et de la strontiane.

Suivant Berzelius, le sulfate de magnésie est composé de Composition

Acide sulfurique. ... loo . . . 5 Magnésie 5o,o6 . . 2.5i

D'où il est évident que le nombre équivalent pour la magnésie est 2,5. Il suit, de plus, de ce qui a été établi dans les sections qui précèdent, que 5o parties de magnésie contiennent 20 parties d'oxigène, de sorte que la magnésie consiste en

Magnésium 6o

Oxigène I\0

En partageant 2,5 dans le rapport de 60 à 40 j o'^ ^ pour la composition de la magnésie :

de la. magaéâi«.

Magnésium i,5 • . . . 100 .... 3

m. La magnésie, chauffée dan s îe gaz chlore, abandonne son oxigène pour se combiner avec le chlore ; elle est ainsi convertie en chlorure de magnésium. Davy,qui a opéré le premier cette conversion de la magnésie , s'est assuré que pour chaque volume de gaz oxigène dégagé, il y avait 1 vohunes de gaz chlore absorbés ; d'où il suit que ce chlorure est un composé de I atome de chlore, et de i atome de mugnésiumj ou. en poids de

Chlore 4,5.... 76 100.

Magnésium. i,5.... 25.... 55,5.

La substance, anciennement connue sous le nom de m-sriate de magnésie ^\\^i,x autre chose qu'imo combinaison de ce chlorure avec fean. Ce sel existe dans \^<> eaux de la mer,

* Dcivy's Flcctro-chemicil Pvesearches on thc dccompcsitioa ot the Earlas , eic. Phil. Tr^.n?. iSou.

Cilûiura.

4oii COMBUSTIBLES SIMPLES.

dans plusieurs eaux minérales , parriculièrement dans celles de Lyniington dans le Hampshire. Il fut décrit, pour la première fois, par M. Brown, dans les transactions philosophiques pour j'y2i ^ ] mais sa nature, et particulièrement celle de sa base , ne furent connues cjue long-temps après, par les expériences de Black et de Margraff Bergman publia depuis une description de ce sel^. Comme il se trouve en abondance dans la nature , on le fait rarement par le moyen, de l'art : on peut néanmoins se le procurer, en dissolvant du carbonate de magnésie dans l'acide hydrochlorique , et en évaporant la dissolution jusqu'à consistance convenable.

L'hydrocblorate de magnésie cristallise difficilement. Berg- Propriétés. ^^^^ parvint à l'obtenir en cristaux , en faisant évaporer , par une très-grande chaleur, sadissoliuion jusqu'à un degré convenable de concentration ; et alors , il l'exposait subitement au froid. Il s'y déposait de petits cristaux en aiguilles ^. Sa pesanteur spécifique est i,6oi '^.

La saveur de l'hydrochlorate de magnésie est extrêmement amère, chaude et piquante. Il exige au-delà de la moitié de son ]joids d'eau pour s'y dissoudre-, car lorsqu'il est exposé à l'air, il <^n attire, jusqu'aux 0,66 de son poids, l'humidité, et s'y résout en liquide ^ Sa dissolubilité dans l'alcool augmente en raison du degré de force de ce liquide. L'alcool de 0,817 en dissout la moitié de son poids, et l'alcool de 0,900, f seulement ^. Une dissolution saturée de ce sel se forme promptement en gelée, qui se convertit, lorsqu'on y verse de l'eau chaude, en une masse spongieuse , insoluble , même dans l'acide hydrochlorique ^.

L'hydrochlorate de magnésie , exposé à l'air, y devient trèspromptement déliquescent; lorsqu'il est fortement chauffé, i'eau qu'il contient est décomposée. Son hydrogène s'unit au chlore , et se dégage à l'état de gaz acide hydrochlorique; et son oxigène convertit le magnésium en magnésie. De toutes les analyses qu'on a faites de ce sel, dans la supposition qu'il

' Phil. Trans. XXX1Ï,348.

> Opusc. I, 382.

^ Bergman , I , 382.

* Hassenfratz , yïnn. de Chim. XXVIII, 12, ^ Opusc. de Ijci'amaTi. I, i36.

^ Kir-wan , sur les Eaux minérales , p. 2'jl\. ' Bergman. 1 , 382.

BU MAGNESIUM. ^o6

était formé (f acide hydrochlorique et de magnésie, c'est celle de Wei^el qui est de beaucoup la plus exacte. Suivant lui , ses parties constituantes sont :

Acide hydrochlorique. ... 67.

Magnésie 4^.

En faisant les corrections nécessaires , ces nombres donnent la composition du chlorure comme suif :

Chlore 74,2.

Magnésium. . . . 25,8.

Or, ces nombres ne diffèrent pas beaucoup de ceux présentés ci-devant, comme établissant la composition réelle du chlorure.

IV. On ne connaît point encore d'iodure de magnésium. En chauffant ensemble l'iode , la magnésie et l'eau, on obtient une matière insoluble de couleur puce, que Gay-Lussac, à qui noussoramesredevablesde cette expérience, considère comme un iodure de magnésium *. En dissolvant la magnésie dans l'acide hydriodique,ilse forme un sel déliquescent, qui est vraisemblablement un composé d'iodure de magnésium et d'eau ; mais s'il en est ainsi, l'eau est décomposée par l'application de la chaleur; il se dégage de l'acide hydriodique, et la magnésie reste.

V. On n'a point encore obtenu la combinaison du magnésium avec le fluor, l'azote et les combustibles simples.

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