‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd.Chapitre 98 sur 136 · Acier · texte numérisé non relu

Acier

Propriétés.

43o COMBUSTIBLES SIMPLES.

dans un fourneau à réverbère , au moyen de la flamme des combustibles emplo^^és, qu'on dirige sur sa surlace. On la remue coutinuelleiuent pendant qu'elle est en fusion , alin d'en présenter successivement toutes les parties à l'air. Au bout d'environ une heure, la partie la plus chaude de la masse s'enfle , se soulève , et se couvre d'une légère flamme bleue. Cet effet dure environ une heure-, et après ce temps, la conversion est achevée. Le gonflement est évidemment produit par l'émission d'un fluide élastique ^ A mesure que l'opération avance , le fer acquiert par degrés plus de consistance; et à la fin , quoique la chaleur continue d'être la même, la masse du métal se congèle en entier. On le prend

alors , tandis qui

est encore rouge , et on

lui

fait subir une

percussion violente par l'action d'un marteau très-pesant, mu par une macbine à eau ou à vapeur. L'effet de cette percussion est non- seulement d'opérer le rapprochement et l'union plus étroite des molécules du fer, niais encore d'en séparer toutes les substances étrangères au métal.

2. Dans cet état, c'est-la substance décrite dans cette section sous le nom de fer. Gomme il n'a point encore été décomposé, on le considère jusqu'à présent, comme un corps simple, lorsqu'il est pur; mais on ne le trouve jamais, ou que très-rarement, sans mélange , soit de quelques-uns des autres métaux, soit d'oxigène , de carbone de silicium ou de phosphore.

3. En stratifîant dans un creuset fermé, de petits barreaux de fer avec- une quantité suffisante de charbon de bois en poudre , et vn tenant ce mélange à une forte chaleur rouge pendant huit ou dix heures , on convertit ce fer en acier ^ , qu'on distingue du fer par les propriétés suivantes.

11 est si dur qu'il n'est pas mallécible à froid, ou du moins il acquiert cette propriété lorsqu'on le plonge, quand il est rouge, dans un liquide froid; car cette immersion, qui ne produit aucun effet surle/êr, ajoute considérablement à la dureté de ï acier.

L'acier e^l cassant. Il résiste à la lime , il coupe le verre, il donne des étincelles avec le caillou , et il conserve pendant long-temps la vertu magnétique quand on l'en a imprégné.

» Becîdoes , -P/tt7. Tinns. 179'.

^ On appelle rc procédé cémentation.

Il perd sa dureté lorsqu'après avoir été mis à l'étaî d'ignition ou le laisse rcfroi<Jir lentemcnl. Il se fond à environ i3o» du pvromètrede Wcdgewood. Chauffé au rouge, il est malléabltr ; mais chauffé au blaric , il l'est à peine. Ou peut le réduire parle marteau en plaques beaucoup plus minces que le fer. Il e<t plus sonore , et sa pesanteur spécifique , lorsqu'il a été écroni , est plus considérable que celle du fer ; elle varie de 7,78 à 7,84-

Ou convertit de nouveau Tacicr eu fer forgé, en le faisant rougir à l'air à plusieurs reprises , et en le soumettant à l'action du marteau ^

4. La connaissance de ces différentes espèces de fer , et Nature des moyens de leur conversion de l'une dans l'autre . date de ^ "^'^^ vanete. temps déjà très-réciiés; et maintes fois on a cherché à expliquer ce qui se passe dans celte conversion. L'acier , suivant Pluie , doit principalement ses propriétés particulières à l'eau dans laquelle on le plonge afin de le refroidir *. Beccher supposa que le feu , en se fixant dans le fer , était l'unique ageiit d'i sa conversion en acier. Réaumur , qui en coiisidéra le premier avec beaucoup de soin le procédé , contiiÎDua beaucoup, par ses nombreuses expériences, aéclairerle sujet. Il supposa que le fer était converti en acier par sa combinaison avec des molécules saiiues et huileuses ou sulfureuses, et que ces molécules sont introduites par le feu ; mais ce fut Bergman qui , par son analyse publiée en 1781 , mit le premier sur la voie de la véritable explication de la nature de ces différentes espèces de fer ^.

Eu dissolvarit 100 parties de fer fondu dans l'acide sulfurique étendu, il obtint i 5o5 grammes, mesures, de gaz hvdrogène:ioopartiesd'acier eu produisirent i4qî- et loopartiesde fer forgé I 554- Ilobtint pareillement de 100 parties de fer fondu 2,2 ou ^-'^de plombagine; de 100 parties d'acier, o, 5 ou rb; et de 100 parties de fer forgé 0,12 ou — *. Il conclut de cette analyse que le fer fondu est celui qui contient le moins de phlogistique ; que la proportion en est plus grande dans

' D."" Prarson . Phil. Trans.

» Pline. Liv. XXXIV, p. 14.

3 Opasc. III, X.

< Schëeie avait dcjâ observé qti'en dissolvant quelques espèces de • fer dans l'acide Fulfiuique, on ôbliênl de la ploiabagine. T^orézs^ Dissertation sur la plombagine.

l'acier, et que c'est dans le fer forgé qu'il en existe le plus : car le gaz hydrogène était alors considéré comme une indication delà présence du plilogistique dans le métal. Bergman crut pouvoir conclure aussi de cette analyse, que le fer fondu et l'acier diffèrent du fer pur, en ce qu'ils contiennent de la plombagine. M. Grignon , dans ses observations sur cette analyse, s'efforça de prouver que la plombagine ne fait pas essentiellement partie du fer fondu ni de l'acier, et qu'elle ne s'y trouve qu'accidentellement; mais après avoir examiné ses objections, Bergman écrivit à Morveau , le 1 8 novembre 1 j83 : « Je reconnaîtrai que je me suis trompé , si M. Grignon m'envoie un seul morceau de fer fondu , ou d'acier ^ qui ne contienne point de plombagine; et je vous prie, mon cher ami , de tacher vous-même d'en trouver et de m'en faire part ; car, si j'ai tort, je désire être détrompé le plus tôt possible *"»

Cette lettre fut presque le dernier acte de l'illustre Bergman. 11 mourut quelques mois après, en laissant, à l'âge de 49 ans , une répnîation des plus brillantes comme des plus justement acquises. Son étonnante et infatigable industrie , l'étendue de ses connaissances , sa sagacité ^ sa pénétration , la rectitude de son jugement, n'avaient pas seulement contribué pour beaucoup à lui faire un nom, à attirer l'attention des philosophes; sa candeur et son amour pour la vérité lui avaient encore mérité la confiance et l'estime générale. Toutes ces qualités se trouvèrent réunies dans Bergman pour en former un des plus nobles caractères dont un homme puisse être doué par la nature.

Expliquée. Les expériences de Bergman furent répétées, variées et poussées plus loin encore par Vandermonde, Monge et Berîhollet, qui publièrent, dans les mémoires de l'Académie pour 1786, une très-savante dissertation sur ce sujet. Ces savans, par une ingénieuse application des découvertes théoriques de Lavoisier, se trouvèrent en état d'expliquer d'une manière satisfaisante la nature de ces trois substances. Il résulte de leurs expériences , ainsi que de celles postérieurement faites par Clouët,Vauquelin et Morveau, les faits suivans bien établis.

\u^. fer forgé est une substance simple qui, lorsqu'elle est parfaitement pure^ ne contient autre chose que le/è/-;

\]acicr est le fer combiné avec une petite portion de

■*■ Morveau, EncycL méth. chim. 1, ^\3s

carbone: on Ta pour cette raison appelé /èr carburé. Cette proportion 8u carbone n'a pas été déterminée avec beaucoup de précision. Elle serait, suivant lanalyse de Vauquelin des 0,007 '.

Morveau , en formant l'acier par la combinaison directe du fer avec le diamant , a prouvé que c'était bien réellement une combinaison du fer avec le carbone. Sur l'invitation de Clouët, il renferma un diamant dans un petit creuset de fer pur, et après avoir placé ce creuset dans un autre de terre de Hesse, l'un et l'autre complètement couverts, et convenablement lûtes, le tout fut exposé à une cbaîeur suffisante. Le diamant disparut , et le fer fut converti en acier. Le diamant pesait 0^^907, le fer 5-^800, et l'acier obtenu 56^384; De sorte que dans fopératiou il y avait en une perte de fer de 2''3-23 '. Il résulte de cette expérience que l'acier contient environ les 0,016 de son poids de carbone. M. Musbet fit contre cette expérience des objections qui furent pleinement réfutées par sir Georges M'Kenzie^.

Rinman a indiqué, depuis long-temps, un moyen de distinguer l'acier du fer. 11 consiste à verser sur une lame d'acier une goutte d'acide nitrique étendu , et de l'y laisser pendant quelques minutes; on l'enlève alors, et on trouve qu'elle a laissé sur la lame d'acier une tache noire; tandis que celle, qu'une goutte du même acide forme sur une lame de fer, est d'un vert blanchâtre. Il est aisé de voir que la tache noire est due au carbone de l'acier mis à nu comme insoluble dans l'acide nitrique.

Le ferfoîidn. est le fer combiné avec une proportion de carbone encore plus grande que celle nécessaire pour former l'acier. Celte proportion, que Clouët évalue auxo,i 25 du fer, D a pas été déterminée avec précision. La couleur noire plus ou moins foncée du fer fondu dépend, ainsi que sa fusibilité, de la proportion de carbone qu'il contient. Le fer fondu est presque toujours accompagné de substances étrans^ères. Ce sont principalement l'oxide de fer, le phosphure de fer et le silicium '',

' Ann. tle Cl)im. XXII, i.

> ilid. XXXI, 3i8.

' IN^irholson's Journal . IV, io3.

•» Un échantillon de fer fondu Ircs-pur. analvsé par Eerzclius, hii

r.-.b.ir,-, rie

ier doux.

5. Il est aisé de voir pomquoi , par l'extraction du fer de sa miue, on l'obtient à letat de fer fondu-, c'est que ia quantité de charbon avec laquelle cette mine est mise en fusion , est si grande, que le métal peut facilement s'y unir jusqu'à saturation.

En brûlant le charbon dont le fer s'est saturé dans cette première opération, et en. enlevant à ce métal tout son oyigèue, on convertit le fer fondu en fer forgé ou fer doux, et c'est ce qui a lieu lorsqu'on expose le fer fondu à une chaleur violente, en le remuant lorsqu'il est en fusion , de manière à en présenter successivement toutes les parties à l'air *.

Clo'.ièt a trouvé qu'en cbaulïanr , à un degré de chaleur convenable , un mélange de fer fondu avec les o,25 de soa poids d'oxide noir de fer, on opérait également sa conversion eu fer doux '. Dans ce cas, loxigène de l'oxide, et le carbone du fer fondu, se combinent et laissent le fer à l'état de pureté.

. La méthode ordinaire de l'afiinage de la fonte n'est rien autre chose qîie ce procédé de Clouët , ainsi que l'a observé le docteur Black. Une portion considérable de fer (environ les 0^33) est scorifiée,ou convertie en oxide noir de fer, connu 5 lorsquil est fondu, sous le nom à^ fraisil d* affijierie ^ et par les Français sous celui de laitier.

Cette matière étant mêlée avec le fer fondu , et la chaleub^ augmentée, loxigène de l'oxide agit sur le carbone, et une double décomposition a lieu. Ce qu'il y a de délicat dans l'opération c'est de bien connaître le véritable degré decalcination qu'il convient de faire subir au fer pour que la totalité du carbone soit consumée.

6. C'est la combinaison du carbone avec le fer qui le constitue acier. Elle peut s'opérer en grand par trois procédés différens, dont on distingue les divers résultats en acier naturel , acier de cémentation et acier fondu.

iloîina : Fer' avec silicium et magnésium ) 9iv"'3

Manganèse k,^'}

Carbone 3, 90

La proportion du silicium était des o,5o, et celle du magnésium des 0,20. Afhîmdlingar, III, i52.

' M. Colii'jr a publié, dans le cinquième volume des iMémoires de INIônchcstcr, p. 111, une drscription détaillée du procédé employé i« Sliefficld, pour convertir le 1er tondu en l'er pur.

» Jouru. des INIines. An VU, p. 8.

L acier naturel s'obtient de la mine en la convertissant Acier naturel. cl'al>ord en 4tT fondu et en exposant alors le fer fondu dans un fourneau à une chaleur très-violente, sa surface étant constamment recoaverte d'un bain de scories , ou laitiers en fusion, de i3o à i5o millimètres d'épaisseur. Une partie du carboue est supposée se comijiuer avec l'oxigène que contient la foute , et s'échapper a l'état de gaz acide carbonique; le surplus s'unit au fer pur qui devient acier '. Cette espèce d'acier est infé'-ieure aux deux autres ; ses qualités ne sont pas tout-à-fait les mêmes. Il est plus n;ou, et comme le procédé de sa fabrication est moins dispendieux , il se vend moins cher.

L'acier de cémentation se fait en stratifiant dans de grandes Acier caisses de tene , ou creusets, dont l'ouverture est soigneuse- ^*"^"'"' ''"''''"'''' ment h^rmée avt-c de l'argile, des barreaux de fer pur avec de la poudre de charbon. On met ces caisses, ou creusets, dans un fourneau, et on les y tient à une chaleur siifrisante, jusqu'à ce que les barreaux de fer soient convertis en acier, ce qui exige ordinairement huit ou dix jours*. Ce procédé fut inventé , ou au- moins pratiqué pour la première fois à toute extension en Angleterre. L'acier, ainsi formé, y est connu sous le nom iïar/er hoursoiifjlé ^ parce que sa sui-face est remplie d inégalités et de boursoufflures comme si un fluide élastique s'y était trouvé engagé. L'acier de cémentation a le grain tin, il est égal, plus dur et plus élastique que ïacier naturel.

L'acier fondu est le meilleur de tous ; sa texture est la plus Acisr fondu. compacte, et il prend le plus beau poli. On l'emploie pour les rasoirs, les instrumens de chirurgie , et .iutres qui exigent une dureté uniforme. Il est plus fusible que ïacier ordinaire, et ne peut être , par cette raison , soudé avec le fer : il se fond avant d'avoir éprouvé un degré de chaleur assez élevé. La méthode pour le faire fut découverte en irâo par M. Huntsraan de Shelfield. Il en tint pendant quelque temps le procédé secret, mais il est aujourd'hui bien connu, et d'autres manufacturiers réussissent également bien a le pratiquer. H consiste à fondre 1 acier boursoufflé dans un creuset terme, mêlé

» Journal des "Mines, n.o 4 , p. 3.

=• Ce procédé «st décrit en gr^md par M. Collier, d.<ns Icj Mémoires de .Maochesler. V, 117.

avec une cerlaiiie proportion de verre pilé et de charbon en pondre. On peut le former également, d'après les expériences de Clouët, en fondant ensemble ôo parties de fer, une partie de charbon et une partie de verre pilé, ou bien en entourant le fer dans un creuset, d'un mélange, à parties égales j de carbonate de cbaux et d'argile, en chauffant graduellement le creuset jusqu'au blanc , et en l'entretenant pendent un temps suffisant dans cet état '. Le carbone est produit dans cette opération, suivant Clouët, par la décomposition de l'acide carbonique que le carbonate de chaux contient en abondance. Une partie du fer se combine avec l'oxigène de cet acide , et l'autre partie s'unit au carbone '. Mais M. Mu^het ayant depuis répété cette expérience avec toute la précision possible , il n'obtint que du fer qui avait été fondu, dont la texture et l'apparence se trouvaient ahérées, mais qui n'était point converti en acier 2. 11 en inféra que la formation de celui obtenu par Clouët pouva t être due à quelque circonstance qu'il n'avait pas observée. Clouët, d'après ses expériences, ne regarde plus la présence du verre comme indispensable pour la préparation de l'acier fondu; les seuls ingrédiens essentiels lui paraissent être le fer et le carbone -, mais la proportion du carbone y est plus considérable que dans l'acier ordinaire, et c'est de cette différence de proportion que semble résulter celle qui existe entre ces deux espèces d'aciers.

y. On peut conclure de ce qui vient d'être dit, que le fer et le carbone sont évidemment susceptibles de se combiner ensemble dans un grand nombre de proportions diverses. Lorsque celle du carbone est la plus forte , le composé est un fer carburé, ou plombagine: lorsque c'est le fer qui domine, le composé est acier, ou fonte dans différens états, suivant la proportion de l'excès. On peut considérer tous ces composés comme des sous-carhurcs de fer. Le détail le plus C(iniplet d'expériences faites sur ces divers composés qui ait paru en Angleterre, est le traité de IM. INIushet, ])ublié dans le Philosophîcal magazine. Cet ingénieux chimiste praticien a observé que la dureté du fer augmente

' Journal des "Mines. An VII , p. 3.

« Guyton ei D;trcet, Journ. des Mines. An VI , p. ro3.

3 Phil. Mag. XII,27.

comme la groportion du charbon avec lequel il se combine, jusqu'à ce que cette proportion s'élève à environ 0,0 1 6 de la totalité de la masse. La dureté est alors à son maximum. Le métal acquiert la couleur de l'argent. Il perd sou appareuce grenue et prend la forme cristalline. Si on ajoute alors du carbone au composé, sa dureté dimiuue en proportion de la quantité ajoutée ^

La table qui suit, dressée par cet ingénieux chimiste, indique les différentes quantités de charbon qui ont disparu Sous carbura pendant la conversion du fer, dans les dilTéreutes variétés de sous carbures connues dans le commerce ^.

0,008 Acier fondu, mou.

0,010 Acier fondu, ordinaire.

0,011 Le même, plus dur.

0,020 Le même, trop dur pour être tiré en fils.

o,o4o Fonte de fer, blanche.

o,o5o /<:/e/7î , truitée.

0,066 Idem , noire.

8. La substance que nous avons décrite dans la section précédente , sous le nom de plombagine , a été ordinairement considérée comme un carbure de fer -, mais cette opinion ne peut être appuyée d'aucuns argumens plausibles. La plombagine est composée , suivant l'analyse de Allen et Pepys , de

Carbone 96

Fer 5

Or, si un atome de carbone pèse 0,75 et un atome de fer 3,5, il en résulte que la plombagine consiste dans environ 100 atomes de carbone unis à i atome seulement de ftr: mais comme on ne peut pas concevoir qu'il existe une combinaison semblable , il est beaucoup plus probable que la petite proportion du fer dans la plombagine, n\' est que mécaniquement mêlée.

Vil. On voit , par les expériences de Descotils ^ et de Gmelin ^^ que le fer est susceptible de se combiner avec le Borarw.

' Phil. Mag. XIII, 1^8.

=" Ibid. 14?..

^ Pvecherches physico-chimiques. I, 3o6.

438 COMEUSTIELES SIMPLE?.

bore. Le bonne se formait on mettaut en fusion dans nn creu' set fermé, un mélange de limaille de fer et d'acide Ijoravique- Ce borure se présentait en une masse ductile d'un blanc d ar-

Eilicurt.

VIIÏ. Berzelius et Stromeyer ont fait des expériences dont les résultats donnent lieu de considérer le silicium comme pouvant se combiner avec le fer. Il est même probable, d'après les observations de Berzelius, que quelques espèces de fer doivent leurs qualités particiilières an silicium qu'elles contiennent. Le siliciiTc de fer est d'un blanc d'argent et ductile , il faut qii'd s it chauffé pour se dissoudre dans l'acide snîfurique. Sa dissolution dans les acides abandonne de la .^iiice, consistant en une masse poreuse de la dimension du silicnre dissous. Ou ne sait pas daiis quelles proportions du fer et du silicium cette union peut avoir lieu.

IX. Le fer s'unit aisément au phospbore , et il se forme un phosphure de fer.

Phos;:hi!re. !• Ou obticut Ic pbosphurc de fer en fondant ensemble, dans un creuset , seize parties de verre pbosphorique , seize parties de fer et une demi-partie de charbon en poudre. Ce composé, très-fragile, esi. attuabie à Taimant et paraît blanc dans sa cassure. Il fond par une forte chaleur, et le phosphore se dissipe \ On peut également le former en fondant ensemble parties égales de verre pbosphorique et de limaille de fer. Dans cette fusion, une portion du fer se combine à l'oxigène qu'abandonne une portion du verre pbosphorique, et ce fer ainsi oxidé entre en vitrification avec l'autre portion du verre phosphorique. Le phosphore de la portion du verre pbosphorique qui a abandonné sou oxigène, s unit au fer qiii reste, et il en résulte \\\\ phosphure qui gagne le fond du creuset. Enfin on peut former ce phosphure en projetant de petits morceaux de phosphore sur de la limaille de fer rougie dans un creuset *. Les proportions des inî;Tédieus de ce phosphure n'ont pas encore été déterminées. Il tut découvert par Bergman qui , l'ayant exauiiué le premi«:r, le regarda comme un métal nouveau auquel il donna le nom desiden/m. K -ooi.f 2. il y a une espèce particulière de fer connue sous le nom

j.coJve:te. de fcr cassant à froïd , parce qu'il ne supporte pas alors

' Vt'Wiiliev, y/nn..tlf; Chim. 1, lo^. » Annales d> Ctiimie. Xiil, ii/f.

DU FEK. 4^9

Taction du marteau sans se h iser , quoiquil soit malléable lorsqu'il eSt chaud. Bergman ^ s'occupait àUpsal des moyens de connaître la cause de cette propriété , tandis que Meyer * se livrait , à Stettin , à la même recherche. Ils découvrirent à-peu-près en même-temps, l'un et l'autre, qu'on pouvait séparer de cette espèce de fer, par l'acide sulfurique, une poudre blanche susceptible d'être réduite, par le procédé ordinaire, en un métal de couleur gris d'acier foncé, excessivement cassant et peu soiuble dans les acides. Sa pesanteur spécifique était de 6,yoo. Il était moins fusible que le cuivre; et lorsqu'il était combiné avec le fer, il le rendait cassant à froid, Meyer avait conclu, ainsi que Bergman, que cette substance était un métal nouveau, celui-ci le nomma siderum^ et M^yer hydrosiderum. Mais Klaproth s'étant rappelé bientôt après, que le sei composé dacide phosphorique et de fer ressemblait beaucoup à la poudre blanche obtenue du fer cassant à froid, il soupçonna la présence du phosphore dans ce nouveau métal. Pour s'assurer de ce fait, il fit une combinaison d'acide phosphorique et de fer, et en la chauffant dans un creuset avec du charbon en poudre, procédé ordmaire, appelé en chimie réduction^ il obtint une substance qui ressemblait parfaitement au nouveau métal 2. Meyer apprit à Klaproth, lorsqu'il lui eut fait part de sa découverte, que déjcà il s'était satisfait lui-même à cet égard, et que, par un examen plus approfondi, il avait reconnu que le siderum contenait l'acide phosphr.rique *. Peu de temps après, Schéele ayant fait l'analyse de la poudre blanche obtenue du fer cassant à froid, il la trouva, en effet, composée d'acide phosphorique et de fer'. Quoi qu'il en soit, le siderum de Bergman est composé de phosphore et de fer, ou c'est un phosj.hure de fer, l'oxigène de l'acide phosphorique en ayant été séparé pendant la réduction ^.

* Opuso. ni, 109.

' Schriften der Beiliner Gescllsch. Naturf. freunde. 1780. II, 33+ ^ et III, 38o.

^ (^ell's Annals. ir^4- ^ ■> •^Qf'-

4 Ihul. 195.

^ Crell's Annals. I, 112. F-nt;l. Trans.

^ Rinman est parvenu à faire disparaître la fragilité' et les dt fauts du fer cassant .à froid, en le chauffant fortement avec la rliaiix. Ses expériences, à cet égard, se sont trouvées d'accord avec celles de Levavasseur. Ann. de Cliini. XLII, i83.

^40 <^0>ÎB l-iSTIIÎLES SIMPLES.

X. Le icr se combine avec le soufre en deux pro)3orlions, et 01. ne le protosulfure et le/7e/-..«//}.^e defer, composés, que les minéralogistes distinguent ordinairement par les noms de pyrites magnétiques et pyrites cubiques.

rr.}05u:r«rc. i- Le protosulfure de fer, ou ])vrite magnétique, se trouve en grande quantité dans la nature. Sa couleur est celle du bronze, avec éclat métallique; mais lorsqu'il est réduit en poudre, cet(e poudre est d'un gris noirâtre. Sa pesanteur spécifique est 4,5 1 8. Il fait feu avec le briquet et se fond aisément par la chaleur. M. Hatchett trouva que ce sulfure est composé de 63 de fer et de 3y de soufre, ce qui s'accorde prcsqu'exacteraent avec l'analyse de Proust. Suivant l'opinion du premier chimiste, le fer dans le protosulfure de ce métal, » est pas entièrement à l'état métallique; mais il contient environ les 0,076 de son poids d'oxigène '.

Ce sulfure se dissout promptement dans les acides sulfunque et hydrochlorique, avec dégagement abondant de gaz acide hydrosuif urique. Lorsqu'on le chauffe avec facide nitrique, il s'en sépare une portion considérable de soufre ^

Si nous le supposons composé de 1 atome fer -h i atome soufre, ses parties constituantes seront :

ooulrc 2 57,1

Or, le résultat de l'analyse de M. Hatchett, donne

Fer ,00

Soulre 58^73

Ce qui, comme on voit, coïncide d'une manière satisfaisante. Pcr:=ifurc. ,?* J^^ ^^'^ P^"^ ^^- Combiner avec une quantité additionnelle de soufre , et former ainsi une nouveau composé qu'on peut ajipelei persii/furc de ferou pyrite cubique. Ce composé, qui se trouve en grande abondance dans la nature, est de couleur jaune avec éclat métallique. ïl est cassant et assez dur pour faire feu avec le briquet. Sa pesanteur spécifique'est d'environ 4,5 •' il cristallise ordinairement en cubes. Lorsqu'on le chauffe, il est décomposé; si c'est à l'air, le soufre prend

' Hatf.hett'cAnalysis of magnelical pyrites. Phil. Trans. i8oj.

DU FEB. /\:[l

feu; si c'est dans des vaisseaux fermés remplis de charbon, une partie ^u soufre est volatilisée , et il reste une substance noire qui conserve la forme première du minéral; mais qui tombe en poudre dés qu'on la touche. Proust a démontré que cette substance noire est le protosulfure de fer. Suivant lui, il se dégage des pyrites, lorsqu'elles sont ainsi traitées, 20 parties de soufre, et il en reste 80 du sulfure *. Ainsi les pyrites sont composées de

80 protosulfure de fer.

Mais cette méthode n'est pas susceptible d'une grande exactitude. M. Hatcbett a soumis à l'analyse, avec la précision qui le distingue, divers échantillons de pyrites, et il obtint les résultats suivans.

Echantillons.

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