IX' GENRE, \'OL0!VTÉ
Développement de la force de détermination.
Si l'écriture rend d'une manière si parfaite, à la faijoa de la pbotograpliie, la présence ou l'absence de la sensibilité, de l'impressionnabjlité , de la sensitivité dans les âmes, au point qu'au premier aspect, — quand l'écriture , est bien naturelle, bien spontanée, — ou puisse mesurer le degré de sensibilité de la personne dont on a l'autographe, comme on mesure le degré de la chaleur avec le thermomètre, elle rend avec la même exactitude, avec la même perfection, tous les mouvements de la volonté humaine, et nous rend un compté rigoureux de tous les phénomènes par lesquels se manifeste la liberté en nous.
Lorsque je voulus créer ce groupe graphologique, je suivis la méthode naturelle qui , dans toutes les sciences, conduit immanquablement aux résultats pratiques. Je commeni;ai par la classification de mes autographes en volontés fortes et en volontés faibles. J'arrivai ensuite aux volontés despotiques, aux volontés obstinées, aux volontés persévérantes, etc.
C'est surtout la volonté oui fait la personnalité humaine. Elle est le gouvernail sans lequel l'àme va à la
dérive. Et, quand ce gouvernail est bien tenu, l'être moral et libre suit fièrement et sûrement sa marche.
L'étude des écritures m'a porté à conclure que, de tons les traits de la plume, c'est la barre plus ou moins horizontale qui est le signe manifestant de la volonté.
Prenons ces mots :
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Ils sont barrés par deux traits faibles, courts, amincis, et dans beaucoup d'écritures, à peine saisissables. Voyons celui-ci :
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Tl est barré par un trait ferme, rude, grossissant, terminé en massue.
Nous avons là deux manifestations opposées de la volonté humaine. L'étude comparée de milliers d'écritures démontre que toutes les volontés molles barrent mollement les t minuscules. C'est toujours un trait léger, filiforme, en pointe d'aiguille imperceptible. Par contre, toutes les volontés fortes barrent fortement, durement et en appuyant la plume, tous les t minuscules.
Tel est le principe graphologique. Il ne s'applique pas seulement à la barre des t minuscules, mais à tous les traits sans exception, longs ou courts qui ont un point d'arrêt. Voyez la loi physiologique, page 95.
Ce sont là les données premières, les principes sur lesquels repose la théorie des manifestations de la volonté humaine. Ceci trouvé, le travail devenait affaire d'application et d'analyse.
Quant à la démonstration de ces principes , elle se produit avec son évidence dans la simple reproduction des documents sur lesquels j'ai opéré. Il est hors de toute discussion gué, si toutes les natures douces, molles, de »olonté faible ne font qu'effleurer de la plume les t minus-
î„ Tl
cules qu'elles veulent barrer, si toutes les natures énergiques, obstinées, de volonté forte, appuient fortement la Îlume sur toutes leurs finales, au point de les terminer LSgracieusement par un trait dur et carré qu'aucun maître d'écriture n'enseigna jamais, le principe est vrai et inattaquable.
C'est donc une constatation toute simple à établir, une exposition matérielle à faire. Ce n'est plus qu'une œuvre de loyauté, qui consiste à reproduire les autographes sur lesquels le travail primitif de la classification a été établi.
Voici donc comment nous procéderons. Nous prendrons au hasard les écritures des hommes très-connus par leur volonté forte, et nous verrons que les signes des barres dures arrivent toujours sous leur plume. Ce n'est pas une forme due à aucun enseignement d'école; car les élèves du même maître, arrivés à leur vie spontanée et libre, gardent les uns la ligne classique, et les autres improvisent, par instinct, si je puis parler ainsi , ces barres plus rudes et plus accentuées. La seule explication logique et irréfutable est celle-ci, que c'est l'âme elle-même qui traduit de la sorte, d'une manière inconsciente, se^ impressions et ses instincts.
L'expérimentation, cette grande maîtresse donton ne peut contester la parole, a lait voir que jamais les natures fortes, rudes, anguleuses, ne se servent, en écrivant, de la courbe, et que, par instinct, elles se complaisent dans les angles, dans les traits appuyés fortement, dans les traits terminés carrément, ce que j'ai appelé dans la terminologie graphologique :1e trait en massue. Cette a mas]; sue » formidable m'apparait dans toutes les écritures des hommes qui ont été, surtout à Tépoque contemporaine, c les enfants de leurs œuvrais, » c'est-à-dire qui sont parvenus à se faire leur place dans ce tourbillon immense d'esprits se heurtant et se coudoyant à qui arrivera le premier. Ils arrivent, mais en jouant de la massue, c'està-dire en écartanty par une volonté terrible^ tous les obstacles qui se posent devant eux.
L'homme de génie qui fit le 18 Brumaire à la barre
en massue. LTionnête et doux Louis XVI a la barre fine, molle, en ai^îlle, acutiforme. Mieux encore, la volonté est si faible cpie, souvent, il écrit un mot sans le barrer. Marie-Antoinette est plus énergique. Elle barre fortement. Nous avons de nombreux spécimens de volontés fortes. Nos lecteurs qui possèdent nos collections de 4872-1877, peuvent vérifier sur les autographes qui y sont reproduits, si lès hommes dont les noms sont devenus célèbres par leur énergie de volonté, ne sont pas des hommes ayant le trait dur, carré y terminé en massue. Ce sont toujours des écritures très-appuyées.
Citons seulement quelques exemples pris au hasard et ^ dans différentes conditions.
Napoléon 1"»
Thiers
Gakbetta
ç^, net
/ J /^ ■ w**! Alexand. Dnus fils.
Victor Hugo.
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le Cfiid. Anio.nelu. ^
178 aUTÈjm DE GtL&PfiOLOSIZ
Napoléon écrit i Jcséphîne : a ta tante b et le ( miniiscule est d'im trait long , Bscendaot , dur , terminé carrément. Même remarque pour le mot . ■ j'étaù. »
Thiers a la matsiu, en terminant le mot : ■ eff^. ■ Cette massue est ascendante : c'est la plus terrible.
Et c'est celle de Napoléon, et, sauf respect, celle de Troppmann et de Lacentdie.
Gambettaest de Is même famille des forts volontaires. Antre mtmue ascendante.
Est-il homme de volonté forte, ce Victor Hugo qui n'a jamais youln se contenter d'être un grand poète et un ^;rand prosateur? Voyez, à côté du signe de son immense imagixation et du signe type poétique très accentué (la majuscule du mot : aRit d, cette massue carrée et ascendante, comme un petit fragment d'acier qui* barre le t minuscule. Vu minuscule qoi se termine par au trait brusque et carré, le g finissant en massue.
Et Alexandre Dumas fils, ce spontané qui se domine dans sa fougue, art-il aussi la iorte massue? Elle touche i peine la hampe de la lettre qu'elle doit barrer : vivacité, tpontanéité, mais surtout volonté d'une grande résolution.
Et ce senàtif, cet impressionnable du Vatican, l'ami de Pie DC, a-t-il dû sa fortune politique et le nom qu'il laissera dans l'histoire à côté de celui du prêtre-roi son maître , h autre chose qu'à cette longue massue de volonté implacable qui s'étale dans son écriture.
J'ai dû insister sur ce signe capital, expression si vive et si incontestable de la volonté humaine.
H est logique de conclure qne l'absence de ce signe, c'est-à-dire le trait léger, faiblement tracé , comme si la plume était uue pointe d'aiguLUf: trompée d'encre et se promenant sur le papier ea formant le trait le plus léger qui se puisse tracer, nous rend l'absence de volonté, la volonté faible, facile à vaincre, facQe à dominer et in-
capable de résolutions fortes. Exemple : l'écriture de Louis XVI:
ùi^ufii^iji ii^u%âi^ ^^0f^ àLn^r^.
Ici la plume^ au lieu de barres fortes^ n^a que des barres à peine tracées. Bien plus^ sur trois mots : autant, partie, indigente, qui demandent des barres pour les t, une seule barre se trouve à la fin de Tun de ces mots. Les faibles volontaires semblent repousser^ par instinct , la barre un. peu appuyée , au point , comme dans récriture de Louis XYI^ de laisser même des t minuscules sans les barrer.
Ces exemples de t non barrés sont assez communs; et ceux qui ont la barre fine ^ acutiformey d'une légèreté extrême^ sont innombrables.
Etudions miaintenant les espèces ou nuances de la volonté forte.
250 Résolution. Les hommes de déterminations fortes affectionnent la massue. Ils la placent aux finales des lettres, aux barres des t minuscules. Voyez dans le cliché (page 477), le mot nromptement deGambetta, le mot state du cardinal Ântonelli, le mot temps de Dumas fils. Vous avez là des types d^hommes résolus. Ecritures-types : Thiers, — Charles Rogier, — Guizot, — Pierre Napoléon, — le prince Napoléon (Jérôme), — Barbey d'Aurevilly, — le capitaine Buonaparte (Napoléon I"), — Balzac, — Préault,- — Fouquier-Tin ville, — Charlotte Corday , — Rachel, — Grétry.
26» Persévérance. C'est la constance des résolutions. La persévérance a pour signe graphique, la ligne droite, le mouvement rectiliqne des mots. Chaque ligne, chaque mot semblent une petite tige d'acier inflexible.
àïSTÈMG DE GRAPHOLOCIE
C'est l'écriture d'une jeunefemme trës-iierséTéraiite.
Ecritures-types; le cardinal Régnier (GropAoiog'ie 1874, n"» 21), — Ferdinand de Lesseps {Graphologie 1872, n» 10^ — la princesse Matliilde (Idem n'I?), — Dupauloup, évêque d'Orléans {Id. n° 21), — Bazaine [Id. n» 39).
27* Entêtement. L'écriture des entêtés est Detteinent reconnaissable aux minittcuto anguleusa à la base.
Voyez l'écriture du Cardinal Régnier, page 171, légèrement nuancée de m ourements sinueux qui nous donnent diplomatie, la ligue est cependant ri^de.
Nous a\ons là un splendide échantillon d'écriture d'un homme de forte résolution (les massues), et d'entêtement, les angles à la base des lettres.
Ecritures-types : le P. Félix (Grapft. 1872, n" 25), — le due de Urauswick {Graph. 1873, n" 18).
Obstination (sens de la résistance). Les obstinés ne
démordent pas de leurs idées. Le ngne graphique da
ETSTEUE SE fiftAPBOUMIE 181
robstinatioQ consiste dans la barre en reloui des/ et des t minuscules.
L'obstination a plusieurs nuances, selon le mouvement plus ou moins anguleux de la barre en retour. Nous avons indiqué ces degrés sur le cliché ci-contre :
Les obstinés.
Le signe graphique de l'obstination est d'une importance capitale à étudier. Avec ceux de la résolution et de la ténacité, il donne l'expression la plus positive, la plus Indiscutable , je dirai presque la plus mathématique de la force volontaire dans l'àme.
290 Ténacité. L'obstiné ne démord pas de ses idées une fois bien arrêtées; le tenuce suit ses plans sans lâcher
Prise. L'un rend là volonté forte pour les principes, autre pour la réalisation.
Les écritures-types de ténacité sont nombreuses. Celle que je cite iréquemmeut dans mes conférences est celle du comte de Chambord. (Voyez la Graphologie de 1873, noi.)
Le signe graphique qui rend si nettement la ténacité est le croc ou harpon qui termine les barres et certaines finales de lettres. 11 y a même des obstinés qui terminent par un croc la barre en retour dont ils coupent le t minuscule. C'est fort étrange, mais bien significatif.
Voici la signature de Buonaparte i commandant de l'artillerie du midy, » écrite à Toulon pendant le siège (1 ) .
(1) ircliiTeB nationales, A F H, 281. (Comité du Saliti pviblic> Guerre.)
STSTÉUG DS GRAPHOLOeiE
Les deux croci sont très-netlement indiqués , l'on au t mmuscule, l'autre à la Su du paraphe &i.li^so affectionné par les coquQttes et les ambitieux de renommée ou de gloire. Louis XIV signait royalement sans aucun paraphe; mais quelquefois, sous son nom, il faisait un long trait terminé par un énorme croc. Encore un tenace 3e première force. "Voyez page 89,
Eeritures-types ; Ingres, — Préault {GropA. de Ï872, n» 6), — Déjazet, — baron Taylor, — Edgard Quinet, — Alton-Shée, — 6. deTerrens, — Mad. Victor Hugo, — La Guéronnière.
Opiniâtreté. L'opiniâtreté est la plus grande et la plus forte manifestation de la volonté dans son mouvement d'obstination et de résistance. C'est unedes formes étranges du développement de la force de détermination.
L'opiniâtreté a pour signe graphique dans l'écriture, le trait qui coupe les t ouïes f Su haut en bas, en grossissant d'abord le trait et en le tirant brusqnement aussi aigu qu'un fer de lance. Beaucoup d'obstinés sont en même temps opiniâtres, et quand ils barrent les / ou les t en retour, ils font le trait de l'opiniâtreté , tel que le voici dans cet autographe.
Le premier type A est l'écriture d'un petit être d'une opiniâtreté incroyable.
PETITE PILLE DE SEPT AH3. — Les .opiniâtres L'écriture du comte de Cliambord, déjà fort remarquable pour sa ténacité, porte également le signe de l'opiniâtreté. Voye! le mot Frohsdorf (B), où la barre du premier /est brusquemeat tracée du haut en bajs.
SYSTEME DE GRAFHOLOaiE 183
Ecritures-types. Voir dans les écritures des obstinés, celles dont la barre descend du haut en bas, selon le modèle de ce cliché. Il faut citer parmi les opiniâtres Alexandre de Humboldt.
r® CLASSE, FACULTÉS.