ET CONSULTATIONS SUR LES ÉCRITUBÏS
Pour vulgariser la science nouvelle, j'ai dû recourir aux moyens de publicité dont on peut disposer de nos jours, en dehors des réclames industrielles qui répugnent à la science, parce qu'elles sentent toujours le charlatanisme. Mes conférences, pendant cinq ans, dans la salle du boulevard des Capucines, n*» 39, à Paris, m'ont attiré de nombreux disciples, mieux que cela, des amis dévoués» Paris, le grand centre intellectuel du monde, devait naturellement inaugurer la science graphologiphe ; et c'est encore la ville d'Europe où elle a trouvé, parmi les hommes de la science et de la littérature, les plus chaudes sympathies. Les grandes villes du Midi, celles du commerce, comme Lyon, Marseille et Bordeaux, celles de la science, comme Toulouse et Montpellier, ont acclamé la brillante découverte. Après ies conférences si bien applaudies de Bordeaux, j'ai terminé l'année 1874 par celles de Toulouse et de Montpellier. Je n'oublierai jamais l'accueil que j'ai reçu de ces deux villes, dans le monde intelligent et lettré. J'ai eu les mêmes joies, en 4876, à Nîmes, à Marseille et à Avignon.
En Belgique et en Suisse, la Graphologie n'a pas eu moins de succès. Des villes entières, comme Neuchâtel, se sont déclarées pour elle (i).
(1). La presse des villes où se sont données les conférences de graphologie a constata unanimement le succès de la science nouvelle devant le public de ces villes. Je prends pour exemple cet article du Journal de Gand du 10 février 1874.
« Samedi dernier, le Cercle littéraire de Gand assistait à une très-curieuse conférence. Une découverte d*une haute portée était expliquée simplement, loyalement, sans aucun charlatanisme, par celui qui en est l'heureux inventeur. M. Michon, partant des premiers essais de Lavater, et des données
K Les villes commerçantes^ comme Anyers^ en ont com
'' pris l'importance capitale au point de vue des affaires. Je ne pouvais négliger le puissant secours du jouma* lisme. J'ai fondée à Paris^ la Graphologie^ journal qui parait le 4 «^ et le i 5 de chaque mois^ et qui est à sa sixième année de publicité. J'ai pu appliquer là, en 'grand, sur toute écriture, spécialement sur celle des célébrités contemporaines, les principes développés dans mes conférences.
transmises par un ami qui connaissait quelques signes graphologiques, est parvenu, en appliquant aux écritures le sys» tème des familles naturelles, aujourd'hui universellement admis dans la science, à créer des groupes de signes qui don nent, à première inspection, toutes les facultés de 1 âme, sa nature, ses instincts, son caractère, ses aptitudes, ses passions.
« A chacune de ses conférences, de petits papiers écrits rapidement au crayon par les auditeurs, lui sont présentés ; et il les juge instantanément, d'après sa inéthode, avec un admirable précision.
« Nous constatons avec plaisir que M. Michon a éveillé autoinr de lui d'unanimes sympathies et obtenu le succès le plus complet, le plus légitime. Non-seulement il a vivement intéressé son auditoire par les aperçus nouveaux qu'il a exposés, mais encore il Ta amusé par des traits piquants et gaulois qui provoquent Tattention et imposent le succès.
« Nous ne disons pas adieu à M. Michon, mais au revoir. »
Un journal de province rendait aussi comptev d'une co^iférence :
« M. Michon, le premier qui ait fait de la graphologie positive, c'est-à-dire au moyen a'une méthode qui est sa découverte, donnait une conférence à rHôtel-de-ViUe.
« L'auditoire, composé de curieux attirés par Tétrangeté de la chose, n'était pas favorable. Ils voulaient s'assurer par euxmêmes de l'exactitude de la méthode. Chacun écrivit quelques lignes à cet effet, les signa, et après les avoir déposées dans ime boite ad hoc^ attendit la parole de l'CËdipe.
«c M. Michon plongea la main dans ces centaines d'écritures, rendant des centaines de caractères différents ; et, lisant à haute voix les lignes du billet qu'il en avait retiré, il demanda si l'on en connaissait le signataire.
En outre^ comme il n^y a pas de démonstration plus définitivement convaincante que celle qui est faite sur notre propre écriture, je me suis imposé la fatigue des portraits graphologiques écrits de ma main, d'après les écritures qui me sont adressées.
Tout e^rit sérieux qui veut se rendre compte par luimême de la valeur de cette belle découverte, peut m'envoyer son écriture à Paris (5, rue de Chanaleilles). Le portrait intellectuel et moral que je fais d'une personne, dans quatre pages d'analyse fouillée et consciencieuse,
o Evidemment dans une p'etite ville, il n*y a d'inconnus pour personne. Tout le monde connaissait M. A.
« Le graphologiste lit alors le portrait de notre homme, qui demeura de longs instants sur la sellette. M. A. est un entêté; il a des goûts artistiques; il est généreux, franc et point poseur, etc.
« Voici venir M. B. Celui-là ne jette pas son argent par les fenêtres; il remplit son escarcelle ayant de songer à celle des autres. C'est un esprit logicien ne donnant point dans les théories et les systèmes ; un fin, un rusé, n'ayant d'autre ambition que de conserver, de longs ans, les écus qu'il entasse.
« Quant à Madame C, sous Tenveloppe féminine^ elle possède un tempéramment viril. C'est une femme qui porte chapeau au logis. Chez' elle, la tète domine le cœur. Avec cela, Madame C. est d'une grande générosité et d'une grande franchise ; elle n'a point à maîtriser les conseils d'une folle imagination, etc.
« Bref, on était ébahi. On eut. dit que le conférencier avait vécu de longues années avec ceux dont il entretenait l'auditoire.
<( Chacun croyait à la graphologie, »
Ceci est extrait, au hasard, des journaux, qui, depuis cinq ans, ont localement applaudi à la découverte de la Gra- J)hologie.
La presse de Bordeaux, de Toulouse, de Marseille, de Lyon, d'Orléans, el à l'étranger, de Genève, de Bruxelles, de Liège, d'Anvers, etc., a été unanime pour reproduire l'impression faite sur le piu)licpar les démonstrations de mes conférences, au point que j'ai pu dire publiquement que c j'étais l'enfant gâté delà presse.»
est une véritable photographie de ràme^ qui a toute la netteté et toute la précision d'une bonne photographie (prix pour la Fi;ance, 8 fr. avec droit à une année d'abonnement au journal de la Graphologie; pour l'étranger 10 fr.)
Je puis afîirmer que, parmi cent réponses qui me sont faites, il y a à peine quatre à cinq lettres où il me soit dit que, sur quelque point isolé et très-accessoire, mon diagnostic n'a pas été complètement exact, tellement sont précis les signes graphologiques indicateurs des facultés,, des instincts, etc.
Souvent même, il est démontré [ensuite qu'on a pris dans un sens différent de celui que j'avais donné à ma pensée, certaines expressions de mon travail.
C'est une merveille, dans un temps aussi troublé^ aussi préoccupé qae le nôtre, avec les angoisses de la politique et les incertitudes de l'avenir, qu'une doctrine nouvelle ait pu,' en si peu de temps, s'imposer aux esprits élevés, et prendre sa belle place parmi les heureuses découvertes qui honoreront'le XIX« siècle.
J'ai dû donner, avec la simplicité si connue de mon caractère, toutes ces explications qui eussent été déplacées sous la plume d'un écrivain, s'il se fût agi de toute autre travail que celui d'une nouvelle découverte sur laquelle le public n'a absolument aucun renseignement. Il fallait ces détails sur le côté matériel, en quelque sorte, de la vulgarisation de la science nouvelle. On n'aurait pu les trouver ailleurs. Il importait que ce livre devînt le guide de tous, pour arriver à se donner toute lumière sur une découverte dont l'application, en se généralisant, peut être Tun des grands bienfaits de la civilisation.