DE LA TERMINOLOGIE GRAPHOLOGIQUE
Toute science a forcément sa terminologie, parce que, rendant des idées spéciales, elle a besoin de termes spéciaux adaptés à ces idées. La terminologie d'une science peut être très-compliquée : elle peut être très-simple, très-sobre et peu fatigante pour la mémoire.
Je reconnais que c'est une grande tentation, quand on a à créer la terminologie d'une science, de s'en donner à cœur joie, de faire appel à ses études d'helléniste et de présenter, tout fraîchement éclos, un ensemble de termes, fort gracieusement combiné, qui puisse pleinement satisfaire l'instinct de coordination dont les savants apprécient tant les avantages. La nomenclature chimique est, en ce genre, un chef-d'œuvre.
J^ai résisté fortement à cette tentation. En cela, j'ai eu tort, dans l'intérêt de ce qu'on appelle la gloire qui revient naturellement d'un semblable travail ; mais j ai été déterminé par une considération sérieuse. Je tenais avant tout à vulgariser la science nouvelle. J'attachais à cela plus de satisfaction qu'à la vanité d'avoir produit une terminologie brillante. Or, l'expérience m'a appris combien la langue savante rebute vite le commun des lecteurs. Tous ne savent pas le grec. Ceux qui en ont rei^u quelques éléments sur les bancs des écoles, l'ont généralement oublié. 11 en résulte, pour retenir une série de noms nouveaux empruntés à cette langue, un effort dont *e fatiguent les esprits peu familiarisés avec les procédés classiques.
Je me suis donc imposé pour règle de prendre dans la langue vulgaire les mots qui ont dû rendre les idées nouvelles que j'avais à exprimer. Je n'ai fait d'exceptions que
Kl
82 SYSTÈME DE ORAPHOLOGIE
pour quelques mots dont notre langue n'avait pas les équivalents.
J'expliquerai donc ici ces quelques mots^ et d^autres quoique tirés de notre langue^ mais sur le sens desquels on pourrait se tromper.
i° Ecriture type. C'est celle qui rend très-nettement un signe graphologique. L'écriture de Talleyrand est une écriture type du signe de l'aptitude diplomatique, qui est la ligne sinueuse.
2« Ecriture serpentine. C'est celle dont toutes les lignes sont sinueuses, onduleuses, au lieu de suivre un tracé droit et régulier.
S'» Ecriture équilibrée, "Ce^X celle dans laquelle le signe de l'intuition, de l'idéalisme est répété à peu près autant que le signe de la déduction, de la logique.
4« Ecriture artificielle. Celle qui n'est pas l'écriture bien naturelle, bien habituelle, mais que l'on a déguisée plus ou moins, par exemple : des écritures redressées de droite à gauche sont des écritures artificielles.
5<> Ecriture rigide, qui a la ligne droite aussi inflexible que la règle de fer.
6° Ecriture enchevêtrée. C'est celle (dont les lettres par leurs jambages inférieurs vont atteindre les mots de la ligue inférieure et quelquefois les traverser. |$*jv 70 Ecriture gladiolée, en forme de glaive. Ce sont des
pll^ mots dont les premières lettres sont assez hautes et qui
vont en diminuant jusqu'à la dernière, laquelle souvent n'est qu'un simple trait.
8<» Ecriture féminine. L'écriture des femmes, en raison de leur grande sensibilité, est d'ordinaire formée de lettres très-couchées.
9° Ecriture virile. La virilité dans l'écriture a, pour principal caractère, le redressement des lettres dans le sens vertical. En général les écritures des hommes d'an caractère viril sont redressées, et se distinguent par là de celle des femmes; mais beaucoup d'hommes écrivent comme les femmes.
p^ 10«» Ecriture mobile. Celle dont les lettres sont, dans les
mêmes mots, de hauteur perpétuellement inégale.
11* Ecriture lilliphtienne. Très-petite écriture; écriture microscopique a le même sens. Alexandre tournas père s'amusait à cette forme d'écriture.
12« Ecriture magistrale. Grande écriture en lettres constamment hautes. Ex.: celle de Louis XIV, du baron des Adrets, de Barbes.
13° Ecriture pâteuse. Celle qui dégorge beaucoup d^encre de la plume, parce qu'on appuie beaucoup. Une écriture peut être grosse si la plume est grosse; elle n'est pas pâteuse pour cela.
14° Ecriture renflée. Celle qui a un gonflement au milieu des jambages.
i5« Paraphe arachnéïdey c'est-à-dire en forme de toile d'araignée. Ces paraphes sont formés de traits multiples enchevêtrés les uns dans les autres et représentant assez bien le tissu de l'araignée pour saisir les mouches au vol.
i6« Paraphe fulgurant. Celui dont le trait descendant imite, sur le papier le zig-zag de la foudre tombant sur la terre.
il** Lettre harmonique. C'est celle qui a toutes les proportions que le goût demande pour qu'elle plaise aux regards, sans, pour cela, qu'elle ait la régularité absolue de la calligraphie.
18* Lettres barrées en retour. Le t et le f minuscules prennent ce nom^ quand le même trait de plume qui les a tracés de haut en bas se relève sans quitter le papier pour aller les couper par une barre transversale.
19® Sigtw graphique ou signe grapholoaique. C'est le trait, la forme, la disposition, quelle qu'elle soit, de l'écriture d'où se déduit une manifestation de l'âme, un instinct, une aptitude, etc. Ainsi l'écriture à lettres très-couchées est le signe graphique ou le signe graphologique, de la grande sensibilité.
20° Ligne ascendante. C'est celle qui s'élève en montant au-dessus de la ligne horizontale habituelle.
21» Fioritures. Ce sont des courbes rentrantes en forme de volutes.
22« Mots grossissants. Ce sont des mots dont les lettres
as.
augmentent de hauteur depuis la* première jusqu'à la dernière.
23® Finales écourtées. Ce sont les fins des lettres arrêtées brusquement.
24' Le coup de sabre. C'est le mouvement vif de certaines lettres représentant une courbe ascendante. Beaucoup de personnes écrivent ainsi le P majuscule. Ce n'est plus un P, mais un coup de plume recourbé.
25° La massue est une fin de barre soit horizontale, soit perpendiculaire, terminéelargement et carrément de manière à former une épaisseur.
La massue relevé^ est celle de certaines finales de lettres montantes terminées durement et carrément. Ex. : les finales de l'écriture de Troppmann.
26° Trait du procureur. Petit trait à la fin des lignes pour remplir le blanc et empêcher qu'on n'ajoute à l'écriture :
27° Le croc ou, harpon est un trait recourbé tout-à-coup en forme de hameçon.