CHAPITRE VI
Relations commerciales.
Sous le titre de relations extérieures {Poreigh Relations), l’historieft du Ministère britannique traite k la fois des relations politiques et des relations commerciales. Malgré tout l’attrait que la première partie d’un tel sujet pourrait offrit en ce moment au lecteur , je crois devoir m’abs^ tenir de l’abordér. Ce n’est point pour cacher ma pensée , qui se prononce fortement en faveur de la paix et de la concorde , entre toüs leà peuples civilisés : quelles que soient les nuances et les diversités de leurs institutions. Mais jè veux être fidèle à la condition que je me suis imposée, d’éloigfier de cet examen toute discussion politique , ' pour ne traiter qùe des sujets d’utibté constante et générale, qui lie puissent enflammer les passions des hommes et qui tournent à l’avantage de toutes les classes de
citoyens. Liaissons donc de côté oe qui regarde les relations politiques extérieures de la Grande- Bretagne , pour nous occuper uniquement des relations commerciales.
Quoique l’Angleterre interdise à la Marine russe l’issue de la mer Noire , et toute prépondérance dans la Méditerranée quoiqu’elle ait fait subir à la Russie les désappointements diplomatiques les plus piquants, en arrêtant l’e^or que cette puissance espérait prendre à petit bruit, pour envahir quelques contrées de la Turqtûe d’Europe, la nation moscoviteetlanation britannique continuent de commercer amicalement:
mais sans traité de commerôe.
Nous n’avons pas voulu faire de Semblables traités avec la Rus^e, n(m plus qu’avec la France, ni les Pays-Bas, ni la Germanie, dit l’historiea du Ministère britannique ; parce que nous n’avons pas voulu donner à notre diplomatie, Vair de poursuivre uniquement des avantages commerciaux.
11 ajoute avec raison : la tenace adhérence de nos propres marchands et de nos manufacturiers, à leurs privilèges exclusifs, rend d’ailleurs presque impossible de demander une plus grande liberté de commerce aux puissances étrangères.
En 1822, le Parlement a rapporté la partie de l’Acte de navigation, quimetUnt la Russie sur le meme pied que les nations étrangères à l’Europe, et qui, comme telles, ne pouvaient importer dans la Grande-Bretagne , que les produits de leurs propres contrées. L’historien britannique aurait pu dire en outre que cet acte de générosité fut produit après que des enquêtes parlementaires, très profondes et très lumineuses , eurent démontré jusqu’à l’évidence , qu^une telle innovation ne donnerait à peu près aucun avantage réel aux navigateurs moscovites.
En Allemagne, des lois prohibitives ont frappé plusieurs produits de l’industrie britannique. L’Angleterre n’a pas réclamé contre ces lois , que la contrebande se chargera de rendre inexécutables. Les Anglais portent, à présent même , pour 205 millions de francs de marchandises, dans l’intérieur de l’Allemagne. Plusieurs Etats germaniques tirent ime partie de leur revenu, du transit de ces marchandises; ils ont par conséquent un intérêt direct à l’accroissement des ventes faites par l’Angleterre.
Malgré l’abolition presque totale du commerce des grains, le commerce général entre
la Prusse et la Grande-Bretagne, s’est augmenté d’un tiers depuis quatre ans.
Il est assez curieux de voir dans la même page (p. 173) le diplomate britannique assurer que le commerce de l’Angleterre augmente avec le Royaume Néerlandais ^ et reste stationnaire avec la Flandre et la Hollande : c’est probablement une faute d’attention. /
Le trafic de la Grande-Bretagne avec le Danemarck , prospère , depuis l’abolition du droit sur les bois ; avec la Suède , il décline , depuis que les fers britanniques remplacent , dans les trois royaumes, l’usage des fers de Suède.
Le cabinet de Saint-James, tout en s'e plaignant des droits nouveaux imposés par le Portugal sur les lainages britanniques, caresse cette X puissance qui, se guidant d’après une politiquq commerciale bien dilTérênte de celle que l’Espagne a suivie , ouvrit la première aux Anglais, non - seulement ses ports européens , mais ses ports d’Amérique.
Les relations commerciales de l’Angleterre et des Etats-Unis devieiuient, comme nous^l’avons observé déjà, de plus en plus étendues, de plus en plus avantageuses aux deux contrées:" surtout dans les rapports qui concernent les
E^als;Unis çt les colonies britanniques (It-’s InJes occitlen laies.
Par le traité <le i8i4, les pprts 4e CMcu^la, (le Madras et de Boi^ay, furent ouyeft^ a,vx Américains.
Le compierçe dé V Angleterre ayec les. E|;çcts du sud de l’Apaçific^i:^, est aussi 4ans yne sUpalîon prospère ; q^oi^ue la Grande-Bretagne p’ait pas (^iciellcmçnt reconnu l’ioilépeiadaoçe de ces Etats.
Le diplqmatebrita^nique çxj^lique pour quels, nioli^s apparents le cabinet de Saint-James n’a^ pas cru devoir wççre reç(?|in.a,ître term^^, ex^èsj, une, incjé^endance qui, dil-U> eji^te ind^putahlement eïi Jait. , , ; .
Par le nouvel acte de. nayigation, un opmmerce. libre est pen*jiis,e,nlre l’A.ngleterre et Ips, Eta,t§ du sud de l’Afliérique, : œs Eta.t?, sont, traitésjà tous é^ar(Js, comme de^co/o«i'e5a/7wV«A Ainsi, les factieux ^ les révoltés, les. rebelles 4 r ï’Aménque du sud (pour employer lesexpcçjj,sions consacrées sur l<e continent européen.),. s<?nt considérés et traités, çQTunterQialjÇTnent , spr Ip pied ,de çolonies amies, par le eaJ^inet'do $aint~ Jamesj et les Grecs ne l’ayaieut pais, été. jusqu’à ce .foiir ! . . .
Par la plus ingénieuse de toutes les fictions^ poui’vu que les Etats qui brisenl le joug de la dépendance espagnole, aient à bord de leurs navires un pavillon de lu vieille Espagne , cela suffît pour légaliser leur conunerce avec la Grande- Bretagne.
11 serait curieux de savoir si, naguère, il aurait suffî que les Grecs eussent en magasin sur leufs ilavires , afin de les hisser dans l’Occasion , des paVilloiis d’Alger , de Constantinople ét dé Tunis, poül: étée reçus dans lés ports des SeplTsles de Malthc , de Gibraltar et de E Angleterre.
Depuis Eépoqüe ehcOré si rapprochée , où parut l’exposé ministériel qui fait l’objet de cet exaihen, le systèrtie boinmerciàl de l’Àngleterl’C, par rapport a la Grèce, senible complètement changé. Là Grande-Bretagne favorisait la Marine ottomane , elle favorise la Marine des Hellènes ; elle en accueille les navires marchands, et reconnaît pour ses propres navires de Commerce, les blocus déclarés par les flottes des insulaires dé l’Archipel. Les destins de la force navale et dé la force coOimcrciale de la Grèce, sont changés par cc seul fuit. Le tiioin[)hc de i’Hellènie est assure.