‹ Système de logique déductive et inductive [microform]; exposé des principes de la preuve et des méthodes de recherche scientifiqueChapitre 113 sur 146 · II · texte numérisé non relu

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nôtres ; et enfin parce qu'on peut justement appeler propriétés d'une classe celles qu'une chose possède en tant qu'elle appartient à la classe, c'est-à-dire, qu'elle en possède les principaux attributs constitutifs.

R /, Re.te à considérer quelle peut être la distribution intérieure la plus convenable de la série, de quelle manière elle doit être divisée en Ordres, Familles et Genres.

le premier principe de division doit être évidemment raffinité naturelle. Les classes doivent être des groupes naturels Quant à la formation de ces -roupes, nous en avons déjà suffisamment parlé. Mais l'application des principes d. groupement naturel doit être subordonnée à celle du principe de la série naturelle. Les groupes ne doivent pas etrr formés de manière à réunir des choses qui doivent occupei des points différents de l'échelle générale. La précaution a prendre dans ce but consiste à ne pas fonder les divisions primaires sur toutes sortes de distinctions indifféremment, mais seulement sur celles qui correspondent aux variations de degré du phénomène ' principal. Les divisions de la série Animale doivent être marquées par les points où la variation en degré d'intensité du principal phénomène (telle qu'elle se manifeste dans les caractères les plus importants : Sensation, Pensée, Mouvement Volontaire, etc.) commence à être accompagnée de changements prononces dans les diverses propriétés de l'animal. Ces changements très-tranchés se produisent, par exemple, la ou finit la classe des Mammifères, aux points où les Poissons se séparent des Insectes, les Insectes des Mollusques, etc. Amsi formés, les groupes naturels primaires composeront la série par simple juxtaposition, sans redistribution, chacun d eux correspondant à une portion définie de l'échelle. De même, chaque famille doit, autant que possible, être subdivisée de manière qu'une partie se trouvera placée plus haut et l'autre plus bas, quoique contiguës dans l'échelle générale. C'est seulement quand ce classement est impossible qu U est permis de fonder les subdivisions restantes sur des carac-

tères sans connexion appréciable avec le phénomène principal. '

Lorsque le phénomène principal dépasse de beaucoup en importance toutes les autres propriétés qui pourraient servir de base à une classification, comme dans le cas de l'animalité, tout écart considérable de la règle précédente est en général suffisamment prévenu par le premier principe de tout arrangement naturel, qui prescrit de former les groupes d'après les caractères les plus importants. Dans tous les essais de classification scientifique des animaux, depuis que leur anatomie et leur physiologie ont été étudiées avec succès, on a eu instinctivement égard à une série naturelle, et, en fait, ils ont présenté beaucoup plus de points de concordance que de différence avec la classification qui aurait été le plus naturellement fondée sur une pareille série. Mais l'accord n'a pas toujours été complet, et c'est souvent encore une question de savoir laquelle de plusieurs classifications correspond le mieux à l'échelle d'intensité du phénomène principal. Cuvier, par exemple, a été à bon droit critiqué d'avoir, dans la formation de ses groupes naturels, tenu trop décompte du mode d'alimentation; circonstance qui n'a de connexion directe qu'avec la vie organique, et ne conduit pas à l'arrangement le mieux approprié à la recherche des lois de la vie animale, puisqu'on trouve des animaux carnivores ainsi que des herbivores ou frugivores à presque tous les degrés de l'échelle. La classification de Blainville a été considérée par de hautes autorités comme exempte de ce défaut, et comme représentant exactement, rien que par l'ordre des groupes principaux, la dégradation successive de la nature animale, depuis son type le plus élevé jusqu'au plus imparfait.

§ 5. — La classification de quelifue portion considérable du champ de la nature d'après ces {principes n'a jusqu'ici été reconnue praticable que dans un cas, celui des animaux. Pour les végétaux, l'arrangement naturel n*a pas été poursuivi au delà de la formation de groupes naturels. Les naturalistes ont trouvé impossible (et pro-

bablemcnl ce le sera toujours) de ranger ces groupes en une '^érie dont les termes correspondent à des degrés réels de la vie végétative ou organique. Une différence de degré neut bien être suffisamment marquée entre la classe des plantes Vasculaires et celle des Cellulaires, qui comprend ies lichens, les algues et autres espèces dont 1 organisation est plus simple et plus rudimentaire que celle de végétaux d'un ordre plus élevé, et qui se rapprochent par conséquent davantage de la nature inorganique. Mais quand on sclevc beaucoup au-dessus de ce point, on ne trouve plus de différence suffisante dans le degré auquel les plantes possèdent les propriétés de l'organisation et de la vie. Les dicotylédones ont une structure plus complexe et une organisation un peu plus parfaite que les monocotylédones, et quelques familles de dicotylédones, telles que les Composites, sont un peu plus complexes que les autres dans leur organisation Mais ces différences n^ont pas de caractère tranche, et ne semblent pas pouvoir jeter beaucoup de jour sur es conditions et les lois de la vie et du développement végétatifs. S, eues le pouvaient, la classification des végétaux devrait, comme celle des animaux, être établie avec référence a

l'échelle ou série indiquée.

Bien qu'on ne trouve jusqu'à présent que dans les classements scientifiques de la nature organique une appl.cat.ou complète des vrais principes de classification rationnelle, so.i pour la formation des groupes, soit pour celle d une seru, ces principes doivent régir tous les cas où il s agit de coo donner mentalement les différentes parties d un vaste sujc • Ils sont aussi bien de rigueur pour les classements faits c» vue d'un art ou des affaires que pour la science pure. L airan-ement convenable d'un code de lois, par exemple, csi soumis aux mêmes condi.ions scientifiques que es claudications de l'histoire naturelle; et il n'y aura. Pa^ de m J leure préparation pour cet important travad ^^l]^^' des principes d'un arrangement naturel, "on-oeuleme • un point de vue abstrait, mais dans leur application a e à la classe de phénomènes pour laquelle Us ont ete d aboru

élaborés, et qui est encore la meilleure école où Ton puisse en apprendre l'usage. C'est ce que savait parfaitement la grande autorité en matière de codification, J. Bentham; et son premier Fragment sur le gouvernement, admirable introduction à une série d'écrits sans rivaux dans leur spécialité, contient sur ce point des aperçus aussi lumineux que justes, qui n'auraient guères pu se présenter à l'esprit de personne avant l'époque de Linnéc et de Bernard de Jussieu.

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