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quelques indication* générales aur tara volumes relatifs» cefr fermement A l'énergie reqpeetivedeefpj^ liait ces, vagues aperçai ne miraifeit suffire pou* déteanftjiee réellement le forme, ni même la grandeur de cee organevl* méthode objective» qui die km trouye un© base rattonpiHfc détient aeulo compétents envers cette taverne, parti» du pwh UAma général, et, * plue, forte nriien,. qnent à 1* ptructum préparaient dite. Héemnoin% o^ gré l'importance réeH* de** notéons complémentaires* nllns .ne- sert i^lftffî^f indienttn sables ètl'applicetion ofiisctive, ta* pratique que théorique, de k vraie doctrine cérébrale. Je vai* ki le, construire,, eam^ humant aux limitée ectueUeida» positivité propre* à k #e«ie méthode qui puisse 1* fonder, et enlaisesnfà mes successm l'emploi ultérieur damai* objectif «vend il sert devenu eeftr vanaUe. llaie l'ensemble de ee Traité constatera clairement* dès le volume minai, enver*las>plas haute* questionna aarife logiques,, le puissance immédiate; de. cette, théorie puteumt subjective du cerveau, qui déjà m'a souvent guidé aecrètemeet dans. le discoure préliminaire»
Plus synthétique qu'aueun autre,. ce. grand problème hiebh gîque est doue caractérisé par une intime subordination du conceptions statiques au notions dynamiques. Ce* deux détfe minutions graduelles doivent ici s'accomplir à la foie., hm principale difficulté commune consiste à bien classer les fou* tiens intellectuelles et morales, d'après une saine appréciation de l'ensemble de la nature humaine et animale. Si ce classement est vraiment positif, il tendra bientôt à déterminer à;la fois le nombre et le siège des organes cérébraux, ûanamoe traité philosophique, je signalai déjà l'importance fondamentale de cette opération initiale, en regrettant que Gall l'ety trop négligée. Mais alors aucun sujet préliminaire» menu celui-là , ne devait m'arrèter qu'autant que l'exigeait mog s*y
INTRODUCTION POWUtfBNTAlE. — CHAPFIBE TROISIÈME. 679.
censton graduelle vers lascieoce finale, qu'il fallait fonder avant de revenir sur les, .systématisations spéciales qui en émaneraient. Je me bornai donc à l'appréciation philosophique des principaux résultats obtenus par Gall, en y indiquant quelque» rectifications immédiates* et caractérisant la nature générale des, perfectionnements essentiel» qu'exigeait encore la doctrine cérébrale; Après avoir fondé la sociologie , et constitué ainsi le positivisme , je me sentis enfin placé irrévocablement au vrai, point es vue systématique envers tous les sujets scientifiques, dont j'annonçai même la révision ultérieure, en terminant mon ouvrage fondamental. Cette révision nécessaire devait naturellement commencer par la partie supérieure de la biologie , vu son intime liaison avec le Traité actuel » promis dès loors comme destiné à construira dogmatiquement la science universelle, dont je venais de poser- les vrais fondements. Mais la prépondérance du cœur saut l'esprit, graduellement émanée dans ma longue élaboration», et d^jà. érigée en principe unique de k nouvelle synthèse, devait d'abord s'étabLir complètement dans ma. propre nature. D après cette longue préparation, une, sainte affection privée détermina bientôt mon. intime régénération, par une influence, hélas 1 trop rapide, mais inaltérable. Ainsi dégagé , le premier , de toute tendance révolutionnaire, je me sentis désormais appelé k. suivre directement ma mission fondamentale pour la reconstruction systématique de Tordre intellectuel et moral. C'est alors que je reconnus l'impossibilité d'écrire convenablement œ Traité avant d'avoir. assez systématisé la grande théorie créée par Qall. Après l'essor nécessaire de la plus juste douleur, le premier résultat philosophique de ma rénovation finale consista» le 2 novembre 1846, dans le tableau cérébral placé ci-dessous, et d'où date le cours non interrompu de ma seconde carrière publique. Cette classification positive des fonctions centrales du cerveau n'a
jamais cessé de m 'occuper ensuite, soit en écrivant mon discours préliminaire, soit pendant les deux cours positivistes, l'un dogmatique, l'autre historique, qui l'ont précédé et suivi. Dans ces trois années, j'ai graduellement perfectionné ce tableau systématique, par dix rédactions successives, dont la dernière (du 4 janvier 1850) me semble l'avoir enfin amené i son état normal , d'après lequel je vais exposer ma théorie cérébrale.
Toutes ses différences essentielles avec la doctrine de Oall résultent d'un tel classement, jusqu'alors entièrement inconnu, et qui ne pouvait, en effet, émaner que de l'inspiration sociologique. Gall n'avait réellement attaché d'importance qu'à sa division fondamentale des fonctions centrales en affectives et intellectuelles, toujours indiquée par l'instinct universel, et envers laquelle il n'eut d'autre mérite que de surmonter les diverses aberrations théoriques qui neutralisaient la sagesse vulgaire. Mais ses autres distributions furent presque arbitraires, soit pour les aptitudes mentales, soit même quant aux tendances morales. Sous ce dernier aspect , je dois ici spécifier sa principale erreur, qui m'a longtemps arrêté, d'après la juste autorité d'un tel penseur, dont je n'avais point assez réduit l'ascendant dans mon traité philosophique, quand j'y adoptai sa vaine division entre les penchants et les sentiments. L'inanité de cette distinction se manifeste par l'impossibilité de l'appliquer nettement aux diverses fonctions affectives. Chacune d'elles, en effet, constitue un vrai penchant quand elle devient active et un simple sentiment tant qu'elle reste passive. Il n'y a donc là de réel que la distinction nécessaire entre les deux modes alternatifs de toute force positive , principalement vitale, et surtout animale. Ces deux états alternent aussi dans les fonctions mentales, mais sans y susciter des noms caractéristiques, qui conviennent seulement envers les fonctions mo-
raies, d'après leur énergie supérieure» d'où résultent entre eux des différences plus sensibles.
Une telle distinction rendait impossible le vrai classement cérébral. Quand je l'eus pleinement écartée, je ne conservai de Gall que la division fondamentale» en sanctionnant, encore plus systématiquement que lui» la différence vulgaire entre Yesprit et le cœur. A cet .égard, mon propre travail ne comporte d'autre mérite que de consolider et développer le service, trop peu apprécié, que rendit ce philosophe en procurant, le premier, une haute consistance théorique à cette grande notion pratique. La prépondérance du cœur sur l'esprit devint ainsi un dogme positif de la science moderne, de manière à ne plus redouter les discussions sophistiques. Sans doute, la sociologie peut seule l'établir pleinement, comme base nécessaire de la vraie religion. Mais ce dogme fondamental doit d'abord être ébauché en biologie , où l'ensemble de l'animalité le manifeste spontanément, sans qu'une telle source permette de soupçonner aucune affectation morale. Cette prépondérance est nettement représentée, dans ma classification cérébrale, par le nombre respectif des fonctions élémentaires ou de leurs organes propres. En effet, le cœur y fournit treize éléments, statiques ou dynamiques, et l'esprit cinq seulement» On doit même reconnaître que les organes moraux sont, en général, plus volumineux que les organes intellectuels ; ce qui achève de caractériser anatomiquement l'énergie supérieure des attributs correspondants.
En adoptant cette principale division dynamique de Gall, on est bientôt conduit à admettre aussi la répartition statique par laquelle il Ta complétée et consolidée. Sa démonstration à cet égard sera jugée irrécusable par quiconque en appréciera l'ensemble , sans s'y arrêter à aucune localisation spéciale. J'y dois seulement ajouter que ma méthode subjective aurait con-
duit plus directement au même résultat. En effet, cette marche ne constitue jamais, au fond, que Inapplication logique du régime relatif, qui permet, ou plutôt prescrit, de construire toujours la plus simple hypothèse compatible avec l'ensemble des phénomènes. C'est surtout en cela que j'ai fait consister partout le véritable esprit scientifique, même en mathématique. Or, dans ce premier état du problème cérébral, il n'y a encore de connus que les deux appareils extérieurs, l'un sensitif, l'autre moteur, entre lesquels le cerveau central doit instituer une liaison statique, en harmonie avec les fonctions correspondantes. A ces deux termes extrêmes de la constitution cérébrale, doivent donc se subordonner les deux parties générales de l'appareil moyen. On est ainsi conduit à placer en awrt les organes intellectuels, pour être mieux liés aux principiix appareils sensitife, dont leur office intérieur ne fait que concentrer et compléter les opérations extérieures. Tout le reste du cerveau échoit ainsi aux fonctions affectives, qui ne produisent immédiatement que des instincts, sans aucune connaissance directe du dehors. Cette double détermination se trouve confirmée par l'obligation inverse de placer surtout en arrière les organes moraux, afin de faciliter leur influence sur les principaux appareils moteurs, loin desquels doivent siéger les opérations mentales, qui ne commandent, par elles-mêmes, aucun mouvement. Le plein concours spontané de ces deux conditions fondamentales me semble dissiper toute incertitude envers ce début de la démonstration subjective.
Tel est donc le point de départ commun à la nouvelle théorie cérébrale et à l'ancienne. Au delà, elles divergent essentiellement, sauf des coïncidences partielles; puisque je viens d'écarter la principale division à laquelle Gall assujettissait les fonctions affectives : sa distribution intellectuelle se trouve d'ailleurs encore plus vicieuse, comme je le ferai bientôt sentir. Je dois
ici expliquer davantage l'importance de cette base commune, où la méthode sociologique se borne à systématiser le résultat général de l'induction biologique. Gar il y faut déjà caractériser l'harmonie vraiment fondamentale entre Y esprit et le cctur, dont l'ensemble peut être utilement désigné sous le nom A9 âme; en adaptant à la raison moderne ce vieux terme, aussi précieux que les deux autres, et non moins purifié aujourd'hui de toute acception mystique. Hais, auparavant, il convient d'établir la vraie division principale des fonctions morales en affectives proprement dites, et actives ou pratiques. En effet, les unes précèdent et les autres suivent l'office intellectuel, dans la marche normale des opérations humaines ou animales ; en sorte que la relation naturelle entre le cœur et l'esprit ne peut être bien appréciée sans une telle distinction préalable.
Mon traité philosophique a souvent insisté, même envers les notions cosmologiques, sur le besoin rationnel de rattacher toujours les grandes conceptions théoriques aux inspirations unanimes de la sagesse pratique, dont la véritable science ne constitue jamais qu'un prolongement systématique. Cette maxime universelle doit surtout convenir aux études morales, à l'égard desquelles la raison commune est mieux exercée, tandis que l'esprit dogmatique s'y trouve moins préparé jusqu'ici. Aucun penseur ne sentit autant que Gall la valeur d'une telle assistance scientifique : néanmoins, il n'y recourut pas assez. En la consultant davantage, il aurait évité sa vicieuse opposition des penchants aux sentiments, et reconnu déjà la division que j'y substitue ici, d'après cette respectable source spontanée de toute vraie notion scientifique. Gar la sagesse vulgaire a, depuis longtemps, prononcé à cet égard par son interprète naturel, le langage, dont l'évolution émane essentiellement du peuple. La distinction proposée s'y trouve nettement indiquée sous deux formes équivalentes, chacune fort
usitée, surtout en français : le double sens moral du mot cœur, et la principale acception du mot caractère. En effet, le premier nous désigne, moralement, tantôt l'affection qui dispose à agir, et tantôt la force qui dirige l'action réelle ; le motif métaphorique convient également aux deux cas, suivant que Ton considère l'intention ou l'exécution. Cette distinction se manifeste surtout dans la comparaison morale des deux sexes, où le mot cosur désigne alternativement tendresse et énergie. D'une autre part, l'acception morale qui convient le mieux au mot caractère, celle qu'il offre quand il se trouve isolé, se rapporte certainement à l'ensemble des qualités pratiques, d'où dépend immédiatement tout résultat effectif, même chez les penseurs. Par une telle métaphore, la raison publique proclame dignement que chaque individualité se trouve finalement constituée par les conditions d'activité, sans lesquelles tous les autres attributs, intellectuels et même moraux, deviendraient inutiles à l'homme ou à l'animal.
On ne saurait donc méconnaître l'intime réalité de la division spontanée que j'introduis systématiquement dans la physiologie cérébrale. Elle y désignera toujours la distinction indispensable entre les tendances qui déterminent les motifs d'action, et les aptitudes à exécuter les1 desseins arrêtés. Les premières, plus spontanées, n'admettent la consultation spéculative qu'afin d'apprécier la convenance des désirs : les autres ont toujours besoin de connaître le but extérieur, pour accomplir l'acte voulu. Celles-ci sont donc plus liées aux fonctions intellectuelles. Ainsi, leur siège cérébral doit être essentiellement moyen, et même plus rapproché de la région frontale que du cervelet. Cette disposition générale va devenir plus précise, quand j'aurai déterminé les éléments respectifs de chaque groupe.
Voilà donc un second pas essentiel dans la construction du
traité positif, à la fois statique et dynamique, de l'âme humaine ou animale. Composée d'abord de cœur et d'esprit, elle nous offre maintenant la succession normale du cœur proprement dit, de l'esprit, et du caractère, d'après la division naturelle des fonctions morales en moteurs affectifs et aptitudes actives. Dans cette décomposition nouvelle, le nom principal reste aux attributs les plus essentiels, suivant les règles ordinaires du langage. La conception théorique demeure binaire, tant qu'on n'y considère que l'économie totale, qui constitue alors une combinaison irréductible. Mais elle devient ternaire, quand on veut s'y représenter la marche générale d'un tel ensemble, comme l'exige toute progression logique. Sous ce dernier mode, qui est le plus usuel, la théorie statique consiste à répartir le cerveau entre les trois groupes de fonctions intérieures, en assignant sa principale masse, surtout postérieure, au sentiment, son extrémité antérieure à l'intelligence, et sa partie moyenne à l'activité. Pour préciser déjà cet aperçu général, je dois annoncer, par anticipation, que, dans mes dixhuit éléments de l'âme, dix appartiennent au cœur, cinq à l'esprit, et trois au caractère.
Cet état synthétique de la doctrine cérébrale permet de mieux apprécier la constitution fondamentale de l'âme, sans s'y préoccuper d'aucun détail statique, ni même dynamique. Il caractérise directement l'harmonie générale entre la vie affective, la vie spéculative, et la vie active, en ce qu'elle offre de commun à toutes les natures animales. Le sentiment ou instinct y ressort aussitôt comme le centre essentiel de l'existence morale, qui sans lui ne comporterait aucune unité. Par l'intelligence et l'activité, l'être animé se trouve en relation directe avec les corps extérieurs, soit pour les connaître, soit pour les modifier. A cet effet, les deux régions correspondantes du cerveau sont respectivement liées aux appareils sensitifs et locomoteurs. Je
686 SYSTÈME DE. POUTIQCR PÛSmVC.
conçois, au contraire, sa région affective comme habituellement dépourvue de relations immédiates avec ces instruments extérieurs d'appréciation ou d'action. Elle ne communique directement qu'aux deux autres régions cérébrales, qui seules la rattachent indirectement au dehors. C'est ainsi qu'elle reçoit les unpressions d'où dépendent ses propres émotions, et qu'elle transmet les impulsions émanées de ses désirs spontanés. Las mêmes moyens de communication doivent aussi lui servir en sens inverse, soit pour stimuler les fonctions spéculatives, soit pour être réexcitée par les actes pratiques. On ignorera probablement toujours en quoi consistent ces deux ordres de liant cérébraux, qui ne sont pas des nerib proprement dits avec enveloppes fibreuses; mais il importe peu. de. les connaître spécia* lement.
La spontanéité animale on humaine réside donc surtout dj«s la région affective du cerveau, la moins dépendante de tous rapports extérieurs. A. la vérité, chacune des deux autres a aaan des tendances nécessaires qui lui sont propres, comme l'exige h première loi d'animalité. Gela n'est point douteux même envers la région spéculative, quoiqu'elle soit la moins énergique. Elle éprouve certainement la besoin d'un exercice direct, qui lui procure une satisfaction immédiate, indépendante de toute destination. Tous les animaux supérieurs en offrent des preuves irrécusables, quand leur existence matérielle se trouve assez garantie pour ne pas les préoccuper constamment. Il serait superflu d'y démontrer une telle spontanéité envers les fonctions actives, dont l'exercice propre y suscite des besoins beaucoup plus prononcés. C'est surtout à leur insuffisante satisfaction que s'y rapporte l'important phénomène de Y ennui, bien plus qu'aux tendances spéculatives, comme Georges Leroy l'a judicieuse* ment reconnu. A mesure que l'animalité s'élève davantage, ces besoins directs de l'intelligence et de l'activité acquièrent
aussi plus d'importance, même dans l'existence solitaire. Néanmoins, en aucun cas, sans excepter notre espèce, ils ne sauraient devenir habituellement les moteurs essentiels de l'être, dont l'unité réelle dépend toujours d'une affection quelconque.
Cette notion fondamentale ne fût jamais contestée sérieusement quant à l'activité, qui ne produirait qu'une agitation désordonnée, entraînant bientôt une profonde lassitude, si son principal exercice était purement spontané, sans aucun but affectif. Mais, par un contraste qui d'abord semble paradoxal, on a souvent méconnu la nécessité humaine d'une semblable impulsion morale envers l'intelligence ,, malgré son énergie beaucoup moindre. On explique aisément cette apparente contradiction, en remarquant que la transmission sociale, principale distinction de notre espèce, dépend surtout de l'esprit, qui se trouve ainsi appelé à un fréquent exercice spécial. Chea les animaux, où cet office ne se développe pas, personne n'hésite à regarder k spéculation comme essentiellement subordonné* à l'affection, qui d'ailleurs s'y trouve plus circonscrite et dès' lors mieux appréciable» Ainsi guidée par fa biologie, l'étude générale de l'âme peut reprendre l'appréciation du cas social sans y commettre aucune méprise. On reconnaît alors que l'exercice intellectuel n'aboutirait qu'à de vagues et incohérentes contemplations, devenues bientôt fatigantes, s'il n'était point habituellement subordonné à une destination affective. Il n'y a de variété réelle, à cet égard, que quant à la nature du moteur moral, tantôt personnel, tantôt social. Son im^ pulsion continue n'est pas seulement indispensable pour diriger et coordonner l'exercice intellectuel. C'est d'elle aussi que dé-* pend toujours l'attention ou contention qu'il exige, même dans ses moindres opérations. Le langage usuel, fidèle dépositaire spontané de la sagesse universelle, manifeste souvent cette M-
lation nécessaire, par beaucoup de formules familières, relatives surtout au besoin naturel d'aimer, soi ou autrui, pour contempler et méditer avec fruit. Cet arrêt populaire a toujours surmonté les orgueilleuses rêveries des théoriciens sur la spontanéité de nos principales spéculations. Sans méconnaître l'attrait direct des opérations mentales, on reconnaît ainsi que leur essor énergique et soutenu ne se développe jamais que pour éclairer l'activité commandée par une passion quelconque. En un mot, l'harmonie fondamentale de l'âme, tant humaine qu'animale, se trouve toujours caractérisée exactement dans le vers systématique qui borde ici mon tableau final :
Agir par affection, et penser pour agir.
Au point de vue biologique, cette grande notion ne comporte aucune incertitude, vu le faible développement de l'intelligence solitaire et la haute prépondérance des appétits animaux. Mais son principal essor appartient néanmoins à la sociologie, quoique son appréciation s'y trouve moins facile. Puisque le progrès ne saurait jamais consister que dans l'évolution de Tordre, il faut bien que le besoin de l'affection, pour diriger à la fois la spéculation et l'action, augmente en s'élevant à une plus noble espèce, et se développe en même temps qu'elle. Sans un tel concours, le principe d'unité aurait moins d'énergie à mesure que le consensus devient plus difficile et plus urgent, par suite de tendances plus diverses et plus vives. Or, au contraire, l'unité vitale so perfectionne tandis que l'existence s'ennoblit. C'est pourquoi la principale explication de cette harmonie fondamentale de l'âme est naturellement réservée au volume suivant, quoique sa première ébauche dût se trouver ici. On peut déjà apprécier aisément combien la sociologie procure seule une consistance décisive à de telles notions biologiqnes, en remarquant leur faible efficacité chez Gall. Malgré son appréciation
réelle de l'harmonie animale, il n'a pu rectifier, à cet égard, de graves aberrations théoriques, et lui-même a trop peu senti la portée d'une semblable notion. Elle ne devient pleinement appréciable qu'envers l'existence sociale, où un plus grand besoin de l'unité fait seul ressortir assez l'unique source de tout consensus moral.
Pour achever de comprendre cette prépondérance naturelle de l'affection sur la spéculation et l'action, il suffit ici de les comparer aussi quant à l'intermittence nécessaire qui caractérise tous les attributs d'animalité. Les trois ordres de fonctions centrales du cerveau sont certainement assujettis à cette loi universelle, comme ses deux classes de fonctions extérieures. On éprouve d'abord un grand embarras à concilier cette alternative nécessaire d'action et de repos avec la continuité, du moins partielle ou temporaire, qu'exige l'efficacité des opérations quelconquee. Mais la symétrie constante des organes correspondants vient bientôt résoudre cette difficulté générale, en étendant au dedans l'alternance, évidente au dehors, entre les deux moitiés, droite et gauche, de chaque appareil animal. Bichat, le premier, érigea cette symétrie en caractère statique de l'animalité, sans toutefois apprécier assez sa liaison naturelle avec la loi de l'intermittence. Gall commença seul à sentir dignement cette connexité, dont je complète ici l'appréciation dogmatique. Je dois, à cet effet, signaler une distinction essentielle entre la région affective du cerveau et les deux autres. La relation directe de celles-ci avec les appareils extérieurs, de sensation ou demouvement, les assujettit, presqu'au tant qu'eux, à la loi d'intermittence. Mais, le consensus total dépendant surtout de la vie affective, son siège cérébral exige une activité plus soutenue. Je le regarde, en effet, comme ne se reposant jamais en totalité, sauf l'alternance des parties symétriques. En suspendant les impressions extérieures et les mouvements qui
<HW SYSfÉME DE POUTIQeB POSHIV*.
•Y rapportent, le sommeil doit périodiquement engourdir les deux autres régions du cerveau. Mais «a masse affective veille toujours, pour maintenir l'unité et la continuité de chaque existence animale. Il faut, en outre, conserver alors l'assistance cérébrale propre aux fonctions végétatives, qui sont en relation directe et spéciale avec les principaux instincts. A ce double titre, cette région du cerveau peut même fonctionner davantage dans le sommeil que pendant la veille* d'après le repos des deux autres. Seulement, l'inertie de celles-ci permet rarement la manifestation de telles opérations affectives, qui ne laissent presque jamais de traces distinctes et durables. Dans les rêves ou délires qui comportent cette appréciation, elle fournit k meilleur indice des inclinations dominantes, alors libres de toute contrainte extérieur^.
Ainsi, une étude systématique confirme enfin la maxime spontanée que le cœur m'inspira pour l'épigraphe particulière de mon discours préliminaire : on se lasse de penser, et même d'agir ; jamais on ne se lasse d'aimer. Telle est la solution na» torelle que la théorie positive de l'Ame fournit envers la célèbre question si vainement agitée entre les métaphysiciens, sur l'intermittence ou la continuité des plus hautes fonctions vitales. Il y a, en effet, suspension périodique, d'ailleurs partielle ou totale, dans les fonctions spéculatives et actives du cerveau, d'après leur liaison constante avec les appareils extérieurs, de sensation ou de mouvement, directement soumis à la discontinuité. Mais, immédiatement isolée du dehors, la région cérébrale prépondérante peut et doit fonctionner sans cesse, par alternance symétrique. La vie affective constitue donc doublement l'unité de l'âme humaine ou animale, soit comme principe du consensus, soit comme source de la continuité.
D'après cette appréciation fondamentale, il faut maintenant poursuivre la construction directe de ma théorie cérébrale, en
y spécifiant peu à peu ces fonctions prépondérantes, dont j'ai seulement caractérisé l'ensemble. Leur analyse positive doit précéder, et même diriger, celles de l'intelligence et de l'activité.
Cette vie affective, qui domine et coordonne toute l'existence, se décompose d'abord en personnalité et sociabilité. À la vérité, la première anime seule les êtres inférieurs, jusqu'au degré zoologique où commence l'entière séparation des sexes. Mais la seconde s'y joint toujours chez la plupart des animaux supérieurs, tout comme dans l'homme, quoique avec un moindre développement. J'ai déjà remarqué qu'il en résulte deux modes très-distincts pour l'unité de chaque être, par égoïsme ou par altruisme; et j'ai expliqué comment le plein essor de ce dernier régime appartient à notre seule espèce. Malgré ce privilège nécessaire, la lutte élémentaire des deux moteurs affectifs, tant célébrée envers la nature humaine, ne lui est point particulière. Elle existe aussi sans équivoque, quoique avec moins d'intensité, et surtout de continuité, chez tous les principaux types d'animalité. La biologie doit donc en ébaucher l'étude scientifique, mais en réservant à la sociologie sa théorie systématique, qui s'y fonde sur l'appréciation directe du cas le plus prononcé.
Un tel dualisme affectif ne comporte jamais une véritable équivalence entre ces deux éléments généraux, dont l'un prévaut nécessairement, de manière à constituer l'unité totale, qui ne saurait s'établir autrement. Sans détruire ni neutraliser la sociabilité, la personnalité tend ordinairement à la dominer, même chez notre espèce, quand l'être puise en lui seul ses principes de conduite. Cette prépondérance est, en effet, nécessaire pour que la vie animale atteigne assez sa destination individuelle, toujours relative à l'existence végétative, dont les besoins continus et irrésistibles impriment seuls une direction
692 SYSTÈME DR POUIfQUS POSITIVE.
fixe aux fonctions supérieures. Au fond, ees mêmes exigences inférieures continuent à dominer notre propre espèce, mais suivant un mode indirect, qui tend au régime opposé, lorsque chacun vit surtout pour les autres. Car, si la conservation fondamentale ne suscitait aucuns besoins personnel», notre existence collective serait autant dépourvue de direction fixe et de caractère déterminé que chaque vie individuelle. De là résulte le grand problème humain, déjà posé par mon discours préliminaire, et auquel est consacré l'ensemble de ce traité : subordonner, autant que possible, la personnalité à la sociabilité, en rapportant tout à l'Humanité. L'état social tend toujours vers cette inversion radicale de l'économie individuelle, parce qu'il développe nécessairement le plus faible instinct et comprime le plus énergique. Quoiqu'une telle tendance ne puisse devenir et ficaoe que dans notre espèce, d'après les motifs que j'ai expliqués, j'ai aussi démontré qu'elle appartient à toutes les rscsi supérieures, dont chacune formerait spontanément un Grand- Être, si sa situation totale le permettait. Il faut donc concevoir ce conflit permanent entre la sociabilité et la personnalité comme la base naturelle d'une vraie théorie générale de la vie affective, dont l'ébauche appartient à la biologie et l'essor décisif à la science finale.
Tel est le début fondamental du classement positif des divers penchants élémentaires, suivant leur énergie décroissante et leur dignité croissante. On reconnaît déjà que son principe coïncide essentiellement avec la lot universelle à laquelle j'ai ramené toutes les classifications réelles, en commençant parcelle des différentes sciences abstraites, d'après la moindre généralité et la complication graduelle. Dans cette nouvelle application de ma règle taxonomique, il s'agit de décomposer peu à peu, d'abord la personnalité, puis la sociabilité, en penchants vraiment irréductibles, dont la succession totale développe entière-
ment la progression ou je viens de poser les deux termes extrêmes. Entre l'égoïsme complet et le pur altruisme, il faut intercaler les diverses affections intermédiaires, en procédant toujours par décomposition binaire. Suivant l'esprit général de notre méthode subjective, l'appréciation continuera d'être dynamique au début pour devenir enfin statique.
Ce précepte logique m'oblige d'abord à compléter l'indication générale de la progression affective, en déterminant les sièges collectifs dos deux états extrêmes. Mais l'ensemble de cette détermination n'offre ici aucune grave difficulté d'après les notions précédentes sur l'harmonie fondamentale de l'âme. D'ailleurs, le résultat mérite d'autant plus de confiance qu'il s'accorde essentiellement avec les inspirationsprimitives de Gall, dont le génie surmonta si souvent les vices de sa méthode. Nous avons déjà reconnu que les fonctions cérébrales deviennent plus élevées et moins énergiques en procédant d'arrière en avant. Par ce seul motif, on est donc conduit à réserver l'extrémité antérieure de la région affective aux sentiments sociaux, en consacrant sa principale masse aux instincts personnels, les sièges les plus postérieurs appartenant toujours aux moins nobles penchants. Cette répartition générale se trouve confirmée par l'obligation normale de placer les inclinations bienveillantes auprès des organes intellectuels. U existe, en effet, une harmonie intime et spéciale entre ces deux ordres d'attributs supérieurs. L'altruisme, quand il est énergique, semontre toujours plus propre que l'égoïsme à diriger et stimuler l'intelligence, même chez les animaux. Il lui fournit un champ plus vaste, un but plus difficile, et même une participation plus indispensable. Sous ce dernier aspect surtout, on ne sent point assez que l'égoïsme n'a besoin d'aucune intelligence pour apprécier l'objet de son affection, mais seulement pour découvrir les moyens d'y satisfaire. Au contraire, l'altruisme exige, en outre, une
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assistance mentale afin de connaître même l'être extérieur vers lequel il tend toujours. L'existence sociale ne fait que développer davantage: celte solidarité naturelle, d'aptes la difficulté supérieure de comprendre l'objet collectif de la sympathie. Mais déjà la vie domestique <einnanife*te nettement la nécessité constante, chex toutes les espèces bien organisées.
Le fondement général de la théorie affective étant ainsi devenu autant statique que dynamique, je dois encore, avant de la spécialiser davantage, y ^transformer la combinaison fct* flaire en une progression -ternaire, par l'introduction des penchants intermédiaire!. Cette opération complémentaire ne prélente aucune difficulté, paa plu* anatdmique que physiologique, lu effet, entre l'intérêt direct, propre à l'individu ierié> et 1s nui sentiment social, il existe un intérêt indirect, tpiï, caas cesser d'être personnel, ee rapporte aux liaisons de chacun avec les autres, pour eh tirer des satisfactions individuelles^ petit groupe intercalaire- doit donc siéger dans le haut de k région postérieure du cerveau. Sa division spéciale se trouvera naturellement déterminée ci-dessous, entre celles du plein égoïsme et du pur altruisme. Je puis ainsi construire immédiatement la progression finale de la vie affective, en y procédant toujours par décomposition binaire et succession ternaire.
Cet intérêt propre et direct, qui constitue Tégoïsme fondamental, se divise d'abord en instinct de la conservation et instinct du perfectionnement. Le premier est certainement le plus énergique et le plus universel, comme étant le plus indispensable, quoique le moins noble. Il existe, sous un mode quelconque, chez les moindres animaux, qui sans lui disparaîtraient bientôt. Mais cet instinct prépondérant n'est presque jamais simple. On ne peut s'en former que des notions vagues et confuses en le concevant comme unique. Son appréciation positive exige qu'on y distingue ce qui concerne la conservation
de l'individu et ce qui se rapporte à celle de l'espèce. Au point de vue biologique, la séparation de ces deux instincts devient évidente, puisque te second ne peut se prononcer dans toute la partie inférieure de la série animale, où les sexes ne sont point assez séparés. Mon tableau final qualifie le premier de nutritif, d'après sa principale attribution : mais on ne doit jamais oublier qu'il en a d'autres, devant comprendre, en général, tout ce qui intéresse immédiatement la conservation matérielle de l'individu. C'est le seul instinct qui soit pleinement universel, aucun animal ne pouvant subsister sans lui. Il demeure partout le plus fondamental, même chez notre espèce. L'incomparable Dante caractérise profondément sa prépondérance nécessaire dans le vers si ' philosophique qui termine l'admirable récit d'Ugolin, en opposant les besoins nutritifs aux angoisses paternelles : Poscia, più ckël d&lor potè'l digiuno*
Un tel instinct a pourtant été oublié par Gall, peut-être en vertu même de son ascendant, qui semblait incompatible avec un siège spécial, suivant les anciens préjugés physiologiques. L'absence d'organe propre n'y conviendrait qu'envers la plus infime animalité, là où une entière homogénéité paraît interdire toute distinction anatomique. Partout ailleurs, ce siège spécial doit exister, et son importance augmente même avec la dignité animale, qui suscite des penchants plus variés, dont les différentes impulsions détourneraient la sollicitude conservatrice, si elle n'avait point d'organe distinct. On l'a cherché depuis Gall, mais d'une manière confuse et empirique. Les principes précédents me semblent ne laisser aucun doute sur sa situation, chez quiconque aura bien saisi l'esprit de la théorie subjective. Cet instinct nutritif doit ainsi occuper le siège cérébral le plus inférieur, aussi près que possible de l'appareil moteur et des viscères végétatifs. Je le place donc dans la partie médiane du cervelet, dont le reste demeure consacré à l'instinct
reproducteur, auquel Gall accordait la totalité de cette vaste région cérébrale.
Quant à la conservation de l'espèce, elle exige nécessaire* ment deux instincts différents, l'un sexuel, l'autre maternel, dont le premier est plus énergique et moins noble que le second. Leur distinction est notoire dans l'échelle animale, qui montre quelquefois les sexes pleinement séparés, sans aucune sollici-. tude pour les petits. Envers tous deux, l'opinion de Gall me semble démontrée, sauf l'amendement que je viens d'y apporter. Ces sièges sont évidemment conformes à la méthode subjective, qui les aurait aisément indiqués au besoin.
Telle est donc la progression spéciale des trois premiers termes de la série affective, comprenant les trois instincts conservateurs, d'abord nutritif, puis sexuel, et enfin maternel. L'accroissement de dignité et le décroissement d'énergie, d'où dépend une telle coordination; s'y trouvent déjà très-prononcés. Cette gradation dynamique se traduit fidèlement dans la comparaison statique, entre le milieu du cervelet, ses côtés, et la partie médio-postérieure du cerveau inférieur. La continuité d'action, que j'ai ci- dessus attribuée à l'ensemble de la région affective, est incontestable ici envers le premier instinct, qui doit sans cesse veiller à la conservation personnelle. Quant aux deux autres, leur intermittence supposée sera jugée seulement apparente, par quiconque considérera les cas où leur impulsion n'éprouve aucune contrainte extérieure. Lorsqu'ils se trouvent privés de leurs satisfactions naturelles, comme il arrive souvent, leur sollicitude change de direction, mais sans cesser de se manifester, du moins chez les principales espèces.
A cette progression conservatrice, succède une combinaison, plus élevée et moins universelle, entre les deux instincts du perfectionnement, que mon tableau final qualifie de militaire et industriel, par une extension systématique des termes usités
envers l'espèce humaine. Plus élevés et moins énergiques que les précédent? , ils se rapportent directement à l'animalité, tandis que ceux-ci concernent, au fond, la vie végétative. Néanmoins, ils '.continuent d'appartenir, comme eux, à [Yègoïsme fondamental, puisqu'ils ne poussent l'être à améliorer sa condition que pour sa seule satisfaction personnelle. Cette amélioration s'obtient de deux manières très-différentes, quoique souvent coexistantes, par la destruction des obstacles et par la construction des moyens. Loin que le premier mode soit particulier aux carnassiers, il est, au contraire, plus universel que le second, comme étant à la fois plus indispensable et plus facile. Aucun animal, même herbivore, ne saurait subsister sans détruire beaucoup d'objets, et spuvent d'autres êtres animés, sans excepter ses semblables, surtout dans les luttes sexuelles. Spurzheim a judicieusement généralisé la notion d'un tel instinct, que Gall restreignait trop aux attributions les plus saillantes. Quant à l'instinct industriel, quoique plus rare et moins prononcé, il appartient assez à l'animalité pour que la biologie doive en ébaucher la théorie naturelle. S'il ne se développe pleinement que dans la race humaine, on peut, au fond, en dire autant de l'autre; puisque, partout ailleurs, la guerre n'aboutit jamais à la conquête permanente, même individuelle. On a trop borné l'instinct constructeur, comme la socialité, à quelques espèces exceptionnelles, qui semblent arbitrairement réparties. 11 doit exister, sous un mode quelconque, partout où les instincts conservateurs, principalement la maternité, exigent des travaux spéciaux. Sa notion actuelle est aussi trop restreinte, puisqu'elle n'embrasse point l'ensemble des tendances relatives à l'amélioration , qu'il faut souvent juger indépendamment des résultats effectifs, à l'égard desquels la plupart des animaux constructeurs éprouvent beaucoup d'entraves, surtout humaines. Cette confusion dynamique a
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gravement affecté le siège assigné à l'instinct industriel, que Gall plaçait auprès des organes intellectuels. Il réussit mieux pour l'instinct militaire. Dans la théorie subjective, tous deux doivent résider en arrière, mais celui-ci davantage. Toutes fcs conditions essentielles me semblent concourir à les faire sîégsr^ l'un aux côtés, l'autre au-dessus, de l'organe maternel.
Les cinq instincts égoïstes étant ainsi classés et logés, il d* vient aisé d'étendre k série affective aux penchants interné* diaires, qui préparent graduellement sa terminaison socials. Cette transition s'accomplit par deux inclinations très-distinct^ quoique souvent confondues, l'orgueil, ou le besoin de domina* tion, et la vanité, ou le besoin d'approbation. Toutes deux soat essentiellement personnelles, d'après leur source et leur but Mais elles deviennent sociales, quant à leurs moyens de satit* faction, qui, en effet, rendent leurs tendances beaucoup pi* modifiables que les précédentes, même hors de notre espèce. Néanmoins, il existe entre elles, à cet égard, une grave différence, qui place la vanité au-dessus dé l'orgueil, comme Gall Ta bien senti. Son aptitude à être modifiée par les influences sociales est assez prononcée pour que d'irrationnels penserai lui aient attribué la sociabilité, qu'elle suppose, au contraire. Un coup d'œil philosophique sur les animaux rectifie aussitôt cette erreur grossière, dont les suites morales sont si dangereuses. On doit d'ailleurs regarder, pour l'espèce humains, cette distinction entre les deux penchants intermédiaires comme la première source naturelle de la division des deux pouvoifl élémentaires, ainsi rattachée à notre organisme cérébral. Car, chacun d'eux aspire également à l'ascendant personnel ; ma» l'un y prétend surtout par la force, et l'autre par l'opinion. L'orgueil pousse dono à commander, et la vanité à conseiller, en persuadant ou convainquant. Or, le lecteur sait déjà, d'aprèi l'ensemble de mon discours préliminaire, que telle est, au fond,
INTRODUCTION FONDAMENTALE. — CHAPtTBE TROISIÈME. 697
envers l'espèce humaine. Plus élevés et moins énergiques que les précédents , ils se rapportent directement à l'animalité, tandis que ceux-ci concernent, au fond, la vie végétative. Néanmoins, ils .continuent d'appartenir, comme eux, à ^l'égoîsme fondamental, puisqu'ils ne poussent l'être à améliorer sa condition que pour sa seule satisfaction personnelle. Cette amélioration s'obtient de deux manières très-différentes, quoi*
que souvent coexistantes, par la destruction des obstacles et par la construction des moyens. Loin que le premier mode soit particulier aux carnassiers, il est, au contraire, plus universel que le second, comme étant à la fois plus indispensable et plus facile. Aucun animal, même herbivore, ne saurait subsister sans détruire beaucoup d'objets, et cuvent d'autres êtres animés, sans excepter ses semblables, surtout dans les luttes sexuelles. Spurzheim a judicieusement généralisé la notion d'un tel instinct, que Gall restreignait trop aux attributions les plus saillantes. Quant à l'instinct industriel, quoique plus rare et moins prononcé, il appartient assez à l'animalité pour que la biologie doive en ébaucher la théorie naturelle. S'il ne se développe pleinement que dans la race humaine, on peut, au fond, en dire autant de l'autre; puisque, partout ailleurs, la guerre n'aboutit jamais à la conquête permanente, même individuelle. On a trop borné l'instinct constructeur, comme la socialité, à quelques espèces exceptionnelles, qui semblent arbitrairement réparties. Il doit exister, sous un mode quelconque, partout où les instincts conservateurs, principalement la maternité, exigent des travaux spéciaux. Sa notion actuelle est aussi trop restreinte, puisqu'elle n'embrasse point l'ensemble des tendances relatives à l'amélioration, qu'il faut souvent juger indépendamment des résultats effectifs , à l'égard desquels la plupart des animaux constructeurs éprouvent beaucoup d'entraves, surtout humaines. Cette confusion dynamique a
repousser systématiquement les funestes sophismes delà théologie et de l'ontologie contre l'existence propre des instincts sympathiques, encore méconnus par les esprits qui rejettent une telle autorité.
La principale tendance de ces penchants supérieurs consiste à changer la constitution fondamentale de l'unité vitale. Dans chaque existence complexe, l'harmonie générale ne peut résulter que d'une suffisante subordination de toutes les impulsions spontanées à un seul moteur prépondérant. Or, ee penchant dominateur est égoïste ou altruiste : d'où dérive mt distinction antérieure entre les deux modes que comporte le consensus vital. Non-seulement le second régime surpasse le premier comme seul compatible avec l'état social. Hais, en outre, il constitue, même chez l'individu, une unité plus complète, plus facile, et plus durable. Les instincts inférieurs dirigent la conduite d'après des motifs purement internes, dont la multiplicité et la variation ne lui permettent aucune marche fixe, ni même aucun caractère habituel, sauf pendant les exigences périodiques des principaux appétits. Il faut que l'être se subordonne à une existence extérieure afin d'y trouver la source de sa propre stabilité. Or, cette condition ne peut se réaliser assez que sous l'empire des penchants qui disposent chacun à vivre surtout pour autrui. Tout individu, homme ou animal, qui, n'aimant rien au dehors, ne vit réellement que pour lui-même, se trouve, par cela seul, habituellement condamné à une malheureuse alternative d'ignoble torpeur et d'agitation déréglée. Le principal progrès de chaque être vivant doit, sans doute, consister à perfectionner ce consensus universel où réside l'attribut essentiel delà vitalité. C'est pourquoi le bonheur et le mérite, même personnels, dépendent partout d'un ju3te ascendant des instincts sympathiques. Vivre pour autiwi, devient ainsi le résumé naturel de toute la morale positive, dont
la biologie doit déjà ébaucher le principe universel, mieux dégagé alors des diverses influences perturbatrices.
Notre espèce est seule destinée, comme je l'ai expliqué, à développer entièrement Un tel régime, en constituant sasociocratie d'après une longue initiation, assez accomplie maintenant chez son élite. Mais beaucoup d'autres races pourraient y parvenir aussi, à leur manière, en échangeant une farouche indépendance contre une subordination volontaire, acceptée déjà par celles que leur organisation y dispose le mieux. 'L'extension graduelle de cette vaste biocratie à toutes les espèces disciplinâmes deviendra l'un des principaux résultats de notre propre régénération, morale et mentale. Mais une telle affiliation suppose partout les mêmes penchants qui, à un degré supérieur, ou sous de meilleures conditions, déterminent la sociabilité humaine. Ainsi, ces nobles instincts tendent nécessairement à prévaloir chez tous les animaux susceptibles de se subordonner à nous, quoique cette soumission ait été souvent attribuée à une servilité chimérique.
Ces penchants supérieurs sont peu nombreux : mais on ne pourrait les réduire à un seul, sans retomber aussitôt dans la confusion métaphysique d'où Gall nous a retirés. Il y distingua judicieusement trois instincts, envers lesquels il suffit ici de mieux systématiser son appréciation dynamique : d'abord l'attachement, puis la vénération, et enfin l'instinct suprême, la bonté, ou l'amour universel, dont la charité des chrétiens constituait l'ébauche théologique. Leur gradation naturelle termine la série affective par une progression partielle, évidemment conforme au principe général de ma coordination morale. Gomme les précédents, elle résulte aussi d'une décomposition toujours binaire. En effet, on doit d'abord diviser les affections sympathiques suivant que leur destination est spéciale ou générale. Dans le premier cas, elles sont plus intenses, mais moins
repousser systématiquement les funestes sophismes de la théologie et de l'ontologie contre l'existence propre des instincts sympathiques, encore méconnus par les esprits qui rejettent une telle autorité.
La principale tendance de ces penchants supérieurs consiste à changer la constitution fondamentale de l'unité vitale. Dans chaque existence complexe, l'harmonie générale ne peut résulter que d'une suffisante subordination de toutes les impulsions spontanées à un seul moteur prépondérant. Or, ce penchant dominateur est égoïste ou altruiste : d'où dérive mt distinction antérieure entre les deux modes que comporte le consensus vital. Non-seulement le second régime surpasse le premier comme seul compatible avec l'état social. Mais, en outre, il constitue, même chez l'individu, une unité plus complète, plus facile, et plus durable. Les instincts inférieurs dirigent la conduite d'après des motifs purement internes, dont la multiplicité et la variation ne lui permettent aucune marche fixe, ni même aucun caractère habituel, sauf pendant les exigences périodiques des principaux appétits. Il faut que l'être se subordonne à une existence extérieure afin d'y trouver la source de sa propre stabilité. Or, cette condition ne peut se réaliser assez que sous l'empire des penchants qui disposent chacun à vivre surtout pour autrui. Tout individu, homme ou animal, qui, n'aimant rien au dehors, ne vit réellement que pour lui-même, se trouve, par cela seul, habituellement condamné à une malheureuse alternative d'ignoble torpeur et d'agitation déréglée. Le principal progrès de chaque être vivant doit, sans doute, consister à perfectionner ce consensus universel où réside l'attribut essentiel delà vitalité. C'est pourquoi le bonheur et le mérite, même personnels, dépendent partout d'un juste ascendant des instincts sympathiques. Vivre pour autrui, devient ainsi le résumé naturel de toute la morale positive, dont
la biologie doit déjà ébaucher le principe universel, mieux dégagé alors des diverses influences perturbatrices.
Notre espèce est seule destinée, comme je l'ai expliqué, à développer entièrement Un tel régime, en constituant sasociocratie d'après une longue initiation, assez accomplie maintenant chez son élite. Mais beaucoup d'autres races pourraient y parvenir aussi, à leur manière, en échangeant une farouche indépendance contre une subordination volontaire, acceptée déjà par celles que leur organisation y dispose le mieux.1 L'extension graduelle de cette vaste biocratie à toutes les espèces disciplinables deviendra l'un des principaux résultats de notre propre régénération, morale et mentale. Mais une telle affiliation suppose partout les mêmes penchants qui, à un degré supérieur, ou sous de meilleures conditions, déterminent la sociabilité humaine. Ainsi, ces nobles instincts tendent nécessairement à prévaloir chez tous les animaux susceptibles de se subordonner à nous, quoique cette soumission ait été souvent attribuée à une servilité chimérique.
Ces penchants supérieurs sont peu nombreux : mais on ne pourrait les réduire à un seul, sans retomber aussitôt dans la confusion métaphysique d'où Gall nous a retirés. Il y distingua judicieusement trois instincts, envers lesquels il suffit ici de mieux systématiser son appréciation dynamique : d'abord l'attachement, puis la vénération, et enfin l'instinct suprême, la bonté, ou l'amour universel, dont la charité des chrétiens constituait l'ébauche théologique. Leur gradation naturelle termine la série affective par une progression partielle, évidemment conforme au principe général de ma coordination morale. Gomme les précédents, elle résulte aussi d'une décomposition toujours binaire. En effet, on doit d'abord diviser les affections sympathiques suivant que leur destination est spéciale ou générale. Dans le premier cas, elles sont plus intenses, mais moins