SYSTÈME DE TOUT1QUE MKUIH
nobles. Aussi les a-ton taxées souvent d'égolsme collectif, quoique cette irrationnelle exagération méconnaisse radicalement leur vraie nature, toujours caractérisée par la tendance à vivre pour autrui. Mais ee cas initial comprend réellement deux penchants, qu'il importe de bien distinguer, d'après leur inégale spécialité. La sagesse populaire a heureusement qualifié le premier sous le nom Rattachement, qui indique l'énergie supérieure des affections les plus circonscrites. D ne lie profondément que deux êtres à la fois. La vie domestique lui suffit, et même lui convient mieux. Aussi se développe- t-il beaucoup chex les animaux, et souvent davantage que parmi nous. 0 y produit surtout la monogamie, poussée quelquefois jusqu'au veuvage complet. Quant à l'autre sympathie spéciale, elle consiste dans la vénération proprement dite, dont la destination, quoique toujours déterminée, comporte une extension trèssupérieure à celle du pur attachement. La soumission volontaire constitue son caractère essentiel. C'est pourquoi elle Rapplique surtout aux chefs, tandis que le penchant précédent préfère l'égalité. Cette noble affection appartient encore à beaucoup d animaux, quoique plus rarement que la pure tendresse. Quelques-uns la poussent même jusqu'à honorer les morts, comme le chien l'a souvent montré envers son maître. La vraie nature d'un tel penchant fut peu sentie chez Gai], que sa destinée militante disposait mal au respect. Elle fut mieoi appréciée par Spurzheim, et surtout par Brouesais, qui termina si dignement sa noble carrière en étudiant et proclamant, avec une consciencieuse énergie, une doctrine qu'il avait méconnue jusqu'alors. Ce grand sentiment constitue une transition naturelle entre la tendresse particulière et l'amour universel. Quant à cette dernière inclination, terme suprême de la progression affective, elle comporte beaucoup de degrés, mais sans admettre aucune division. Son caractère consiste, en effet, dans une
destination collective, quelle que soit l'étendue de la collection. Depuis l'amour de la tribu ou de la peuplade, jusqu'au plus 'vaste patriotisme, et même jusqu'à ht sympathie envers tous les êtres assimilables, le sentiment ne change jamais de nature. Seulement, il s'affaiblit et s'ennoblit à mesure qu'il s'étend, suivant la loi commune de ma série affective. Quoique les animaux y participent moins qu'aux deux antres penchants sympathiques, on ne saurait l'ériger en privilège exclusif de notre espèce, dont il constitue pourtant la principale propriété. Une admirable équivoque consacre, en effet, la même expression pour désigner à la fois la plus vaste extension habituelle de cette suprême affection et l'ensemble de la Tace où elle se développe le mieux. Comme une telle expansion est réellement incompatible avec la haine envers les autres espèces, il y a peu d'inconvénients à seeervir de ce terme usuel pour caractériser davantage la sympathie vraiment universelle. Le lecteur doit donc -sentir comment j'ai été conduit à désigner ainsi, dans mon tableau cérébral, le meilleur type de l'unité vitale, qui "tend toujours à dériver d'un tel principe, d'après l'ensemble des notions précédentes.
En terminant cette explication spéciale de la progression partielle qui complète la série affective, je ne saurais néghjwr d'indiquer sa haute importance morale. Il est, sans duafc. moins dangereux de confondre en un seul tous les sociaux que d'en méconnaître l'existence distincte, vague appréciation, insuffisante pour la théorie, nuh la pratique. Elle y devient même profondéuMil* comme le témoigne trop l'état présent de sofiv l'élite tend ainsi aux plus désastreuses abarmua» que publiques. Cette indication sonuBÛA. «uiw ^ tannai*» :au: développement serait ici déplacé, snfitt wnrafiBiacsâr *"-«nirnent service que rendra la biotofâ* ih t f min ira* . g 3ru:r-ai»
la source naturelle de cette éducation sympathique, d'où dépend toute notre vraie discipline. Dans son origine animale, une telle progression devient irrécusable pour les plus rebelles métaphysiciens. Non-seulement on y reconnaît la distinction des termes, mais aussi leur gradation de noblesse ou d'énergie, et enfin leur succession normale, dont rien ne saurait dispenser. Un tel fondement permet ensuite à la sociologie de Cure mieux apprécier l'inanité et le danger des tendances qui, aspirant tout k coup au sentiment suprême, font essentiellement avorter toute l'éducation affective, où il ne doit jamais constituer que le terme final.
Quant aux sièges de ces trois nobles instincts, la solution de Gall n'a besoin d'être rectifiée qu'envers le premier, et Ton doit d'ailleurs admirer sa profonde sagacité, autant statique que dynamique, à l'égard du dernier. Le défaut radical de méthode systématique conduisit cet éminent fondateur de la physiologie cérébrale à placer l'attachement auprès des organes égoïstes et loin des deux autres instincts sympathiques. Mais, en partant de son heureuse détermination pour la bienveillance, on caractérise convenablement l'ensemble de cette partie supérieure de la région affective. La bonté étant ainsi placée dans la plus haute portion médiane du cerveau frontal, il faut d'abord concevoir l'organe de la vénération immédiatement derrière celuilà, suivant l'opinion de Gall, complétée par Spurzheim. Mais, entre ces deux sièges et celui du plus noble penchant personnel, je laisse un vide, destiné ci-après à Tune des trois fonctions actives. L'attachement réside aux côtés de la vénération; son organe, incliné d'avant en arrière, vient se lier en dessous à celui de la vanité; de manière à maintenir la continuité totale de la région affective, malgré cette lacune médiane. On sentira bientôt, d'après la région active, que cette disposition exceptionnelle est prescrite par l'ensemble de ma construction sub-
jective. Elle y sert d'ailleurs à mieux distinguer la plus noble partie de la région affective. La supériorité générale justement attribuée par Oall aux organes médians sur leurs voisins latéraux, concourt aussi à marquer davantage la prééminence de cette portion sociale, qui comprend deux organes impairs et un seul pair ; tandis que la portion personnelle renferme quatre des uns et trois des autres. En outre, ce sommet de La région affective, directement lié à la région spéculative, doit avoir moins de rapports que tout le reste, soit avec l'appareil moteur, soit avec les viscères végétatifs. Mais ce voisinage des organes intellectuels ne le fait point participer à l'intermittence qui leur est propre, puisqu'il n'y introduit aucune relation extérieure* La perpétuité de fonction, que j'ai attribuée à toute la région affective, s'étend aussi à ses organes sociaux, du moins en proportion de leur énergie. Quand ils sont assez développés, ils doivent naturellement veiller sans cesse, sauf l'alternance symétrique, chez toutes les espèces qui vivent en société, ou même en famille.
En achevant ainsi la première des trois parties de ma théorie cérébrale, son appréciation totale me suggère une importante application, dont l'étude propre appartient à la sociologie, mais que la biologie doit ébaucher, comme étant commune aux animaux et à l'homme.
De l'ensemble de sa doctrine, Gall déduisit une classification, remarquable quoique vague, complétée par Broussais, entre les différentes natures humaines. Mais, ayant mal classé les fonctions affectives, et mal apprécié les fonctions intellectuelles, il dut manquer une telle opération, sauf comme indice d'une des plus utiles conséquences de la saine théorie cérébrale. Le classement normal constituant, au contraire, la principale valeur de ma construction actuelle, j'y dois signaler sommairement cette application naturelle. Pour la mieux
accomplir, il faut df abord la réduire aux. moteurs affectifs, et c'est pourquoi j* la place iei, Ge classement pratique des- divan types d'unamème espèce doit surtout dépendre de* impulsion* qui dirigent la conduite habituel**, quels que soient lea moyens intellectuels que Gall y mêla mal à propos. En outre, quand même on le destinerait seulement à. notre race, on aurait toit de* le fonder, comme lui, sur aucune distinction absolue entra l'humanité et l'animalité, dont nous Tenons; de vérifier, sou* chaque aspect, l'identité radicale* sauf les inégalités de degré. Gela posé* considérons l'ensemble des dix penchants élémentaires, cinq purement personnels,, trois pleinement sociaux^ ei deux intermédiaires, égoïstes; par le but et la source, maïs altruistes quant aux moyens. Leur répartition statique représente leur comparaison dynamique, dont elle peut ainsi devenir un précieux équivalent logique» Àm seul aspect de cette grande progression affective, commune à toutes les espèces importai* tes, on - voit surgir une: classification naturelle entre lea différents types de chaque race, suivant le genre des penchants qui dominent la conduite ordinaire. Elle mérite d'autant plus de confiance qu'elle aboutit à systématiser la sagesse populaire, dont la compétence spontanée n'y saurait être contestée* Ainsi nttft d'abord la distinction générale entre les bons et lea méchants, tous dominés par des inclinations tranchées, respectivement altruistes et. égoïstes. Mais ces deux classes extrêmes, seules nettement oaractérisahles, sont toujours peu nombreuses, et d'ailleurs inégalement : leur proportion mutuelle détermine l'opinion que mérite l'espèce correspondante. Dans toutes les races, une majorité teès-prononcée, quoique à divers degrés, flotte entre ces deux constitutions principales, sans manifester aucune tendance spéciale. Il y faut pourtant distinguer, un troisième) type, dirigé surtout par les deux penchants intermédiaires. Cette classe abonda chez les espèces sociables,
où elle fournit la plupart des chef» ordinaires. Parmi nous, elle pousse au commandement ou au conseil, selon que prévaut le plus personnel ou le plus social de ces deux instincts ambigus.
Tel est le classement naturel que suscite , chez une espèce quelconque,la principale des trois régions cérébrales. Onpourm le développer, autant que la pratique l'exigera, en y décomposant davantage la progression affective, comme je viens de l'indiquer pour les penchants intermédiaires. En n'y faisant participer que les sentiments, je l'ai rendue plus appréciable et mieux applicable. Mais les âmes ainsi définies d'après le cœur ne peuvent se développer assez si l'esprit et le caractère ne leur fournissent point les moyens convenables. Quand ces types affectifs se trouvent dissimulés par le défaut d'aptitude , théorique ou pratique, une appréciation approfondie peut néanmoins manifester toujours leur vraie nature, chez les animaux comme parmi nous»
Après avoir construit cette partie fondamentale de ma théorie cérébrale , l'élaboration des deux autres doit devenir plus facile et plus rapide. Il faut d'abord traiter la région spéculative, qui découvre les moyens propres à satisfaire les divers besoins affectifs , et ensuite la région active, qui dirige l'exécution des projets ainsi formés»
Envers les fonctions intellectuelles, je diffère presque autant de Gall que lui-même de ses prédécesseurs métaphysiques. Mais cette discordance plus profonde tend d'ailleurs à me dispenser davantage des discussions spéciales , de manière à simplifier mon exposition. Toutefois, elle m'oblige d'abord à caractériser ensemble le vice nécessaire de la marche suivie par Gall et la nature propre de celle que la sociologie m'a inspirée. L'appréciation sommaire de nos principales dissidences achèvera ensuite d'indiquer l'esprit général de ma doctrine, dont l'exposition directe deviendra dès lors courte et nette.
Privé de toute méthode systématique, Gall oscilla toujours entre l'inspiration subjective et les tendances objectives, sans jamais adopter aucun plan général. Mais cette fluctuation empirique, qui était alors inévitable, altéra peu l'élaboration originale de la physiologie du cerveau, en ce qui concerne les penchants. Envers eux, son insuffisance logique se trouvait naturellement compensée par l'irrésistible concours de deux impulsions décisives, la sagesse vulgaire et l'observation des animaux. Dans un tel sujet, il n'y avait de radicalement vicieux que les opinions des philosophes, dont les nombreuses dissidences ne tendaient qu'à y mieux cacher la vérité. A cet égard, le principal succès de Gall résulta davantage de la hardiesse de son caractère que de la supériorité de son esprit ; comme je l'ai jadis remarqué pour Kepler, au sujet de sa seconde loi. Quand il eut franchement répudié les rêveries métaphysiques sur la souveraineté de l'intelligence, l'instinct populaire le conduisit bientôt à ériger le cœur en principal arbitre de la vie réelle. Pour en mieux apprécier la prépondérance, il dut dès lors employer l'observation des animaux, où elle se trouve dégagée des influences mentales et des résultats sociaux. Aussi son étude spéciale des divers penchants fut-elle ordinairement très-heureuse. Je n'ai eu à y opérer que certaines rectifications secondaires et quelques éliminations indispensables. Elle ne m'a d'ailleurs réservé que la grande élaboration accomplie cidessus envers l'ensemble des penchants , pour y découvrir la vraie série affective, que Gall n'avait pas même cherchée. A cela près , mon appréciation confirme ses principales inspirations, tant statiques que dynamiques.
Mais il en doit être tout autrement quant aux fonctions intellectuelles. Là, Gall se trouva privé des indications animales; et la sagesse populaire ne lui fournit plus que des lumières trop confuses, susceptibles seulement d'être utilisées par une théo-
rie qu'il ne pouvait avoir. Néanmoins, il y brisa vigoureusement le joug nébuleux de la métaphysique. Quoiqu'il n'ait ainsi abouti qu'à une doctrine superficielle, essentiellement indigne de lui, cette construction éphémère fut cependant assez rapprochée de la réalité pour me permettre de monter enfin au vrai point de vue encyclopédique en fondant la science sociale. Cette ascension décisive pouvait seule conduire aux véritables lois sur la nature et la marche des fonctions intellectuelles. Écartant irrévocablement une vaine exploration personnelle, elle a directement subordonné la théorie mentale à l'étude positive de l'évolution collective, sans laquelle de tels phénomènes ne sauraient être assez caractérisés. Telle est la source nécessaire des graves dissidences que je vais indiquer, entre Gall et moi , sur ce grand sujet , dont la véritable élaboration restait impossible avant mon ouvrage fondamental.
Il serait superflu de signaler ici aucune erreur spéciale de Gall envers les différentes fonctions intellectuelles. En dissipant les ténèbres résultées d'une vicieuse généralisation, il fut conduit, faute d'une vraie théorie encyclopédique, à trop multiplier les distinctions, qu'il rendit souvent frivoles. Aspirant aveuglément à la réalité, son analyse devint empirique et incohérente. D'une autre part, en combattant les aberrations métaphysiques sur la suprématie intellectuelle des sens extérieurs, Gall fut entraîné à trop restreindre leur vrai domaine, en transportant à autant d'organes cérébraux les principales attributions de la vue et de l'ouïe. Sans m'arrèter à ces critiques particulières, je dois seulement caractériser ses erreurs, plus excusables et moins reconnues, envers les phénomènes généraux de l'intelligence.
Dans l'immortelle élaboration de Gall sur les doctrines des psychologues et des idéologues, il n'y a de vraiment décisif que sa discussion négative. Il a pleinement démontré l'inanité
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radicale de leurs explication* logiques , en appréciant les vagues facultés d'attentipn, mémoire , volonté f etc., qu'ils érigent en attributs élémentaires* lfai& il nefutpointauasi heureux dans la conception qu'il s'efforça de substituer à ces puérilités doctorales, en représentant ces phénomènes généraux comme autant de modes d'action communs à toutes les vraies fou* tione cérébrales, même affectives» Le peu de succès d'une telh théorie constitue déjeune présomption défavoraMe,en un temgi d'émancipation où cetavortement ne saurait être toujours im» puté à la routine» Cependant» la sociologie m'a seule permis de la juger et de la remplacer, sans revenir aux aberrations antérieures. Avant d'exposer ma propre doctrine sur les fonctions élémentaires de l'esprit , je dois indiquer comment j'apprécie ces états généraux qui ne résultent, à mon gré, ni de facultés propres, ni de modes communs, mais du concours des diverse opérations mentales-.
Il faut d'abord les restreindre aux organes intellectuels, en abandonnant, malgré les amendements de Spurzheim, l'opinion de Gall qui les attribuait aussi aux or ganes affectifs. Non-seulement on ne peut accorder à ceux-ci ni la mémoire, ni le jugement, ni l'imagination; mais on doit encore leur refuser, malgré leur vive sensibilité , la sensation proprement dite. I* sagesse universelle a, depuis longtemps, justement qualifié d'aveugles tous les penchants quelconques. Sentir et désirer, telles sont leurs fonctions propres et exclusives , tant actives que passives. Ainsi, leur nature consiste en émotions, d'où résultent des impulsions; mais sans comporter jamais la notion, ni, par suite, le jugement. Dans leur plus haute énergie, même maladive, ils ignorent entièrement leur propre état, qui ne peut être connu que des organes intellectuels, si ceux-ci restent assez libres pour procéder à cette appréciation intérieure comme envers un spectacle extérieur. L'opinion de Gall ren-
INTRODUCTION FUKD&HEITALI. — GHAKT1Œ TROISIÈME. 711
drait inexplicable la croyance, erronée, mais très-prolongée, qui rapportait les penchants aux viscères végétatifs, évidemment étrangers à tonte connaissance. Dépourvus de notion et de jugement, les organes affectifs ne peuvent donc être douée ni de mémoire, ni d'imagination. Toute leur apparente efficacité à cet égard résulte, au fond, da leur réaction nécessaire sur k région intellectuelle, dont ils dirigent et stimulent l'exar» cke. Leur impuissance pampre ne s'y vérifie que trop dans les cas douloureux ou, malgré les plus vifs désirs, noua ne pouvons reproduire d'intimes émotionaantériBurea, si elles ne lai* seront aucune traça qui permette à l*esprit de rappeler les images ou les signes convenables. Parmi les anciens attributs intellectuels, un seul a été justement appliqué par Gall aux organes affectifs; c'est h. volonté, qu'il aurait dû mémo leur rapporter exclusivement. Car, la. volonté proprement dite ne constitue que le dernier état du désir, quand la délibération mentale a reconnu la convenance d*una impulsion dominante. Il est vrai que les organes intellectuels inspirent aussi des dé» s» spéciaux, relatifs, comme, en tout antre cas, au besoin ds leur propre exercice^ suivant la première loi d'animalité. Mais leur énergie est trop faible pour qu'il en résulte jamais une véritable volontér capable de déterminer la conduite, laquelle se dirige toujours par des impulsions affectives.
La mémoire et l'imagination sont donc, autant que la connaissance et le jugement, des attributs purement intellectuels* comme on l'avait toujours pensé. Mais il n'y faut pas voir davantage des fonctions propres que des fonctions communes* Ils constituent seulement divers résultats composés, dus au concours des vraies fonctions élémentaires ds l'esprit, qui seront définies ci-dessous*
Toutes les études positives, tant spontanées que systématiquesy montrent l'inanité- radicale da la séparation classique
entre l'observation et le raisonnement. Nos opérations intérieures ne sont jamais que le prolongement, direct ou indirect, de nos impressions extérieures : réciproquement, celles-ci M compliquent toujours des autres, même dans les moindres eu. Comme Kant l'a bien senti, chacune de nos opinions estais fois subjective et objective, notre esprit y étant à la fois actif et passif. Au fond, cette grande notion logique revient, dans U doctrine positive, à étendre convenablement aux fonctions intellectuelles le principe fondamental de la biologie sur le concours nécessaire entre l'organisme et le milieu pour tout phénomène vital. Longtemps avant les philosophes, les poHet avaient reconnu avec le publie, dont ils sont les meilleurs interprètes, que la plus vulgaire appréciation extérieure résulta souvent d'une combinaison très-complexe entre les facultés d'observation et de raisonnement que sépare vainement l'analyse métaphysique. Ce mélange serait, au besoin, assex constaté par une seule réflexion aisément vérifiahle:iln'yajamaii de notions efficaces que d'après une suffisante réitération des impressions extérieures. Or, l'esprit ne pourrait étro purement passif que dans la première perception. Dès la seconde, il se trouve déjà préparé par la précédente, combinée avec l'ensemble des notions antérieures. Même au début, il n'offre jamais l'isolement contemplatif des docteurs métaphysiques qui négligeaient entièrement la réaction mentale du cœur, principale source de l'activité intellectuelle. L'admirable composition de Cervantes caractérise profondément la manière dont nos émotions modifient nos sensations, ébauchant ainsi la vraie théorie de la folie avant aucun biologiste. Ses tableaux heureoigérés indiquent auex le véritable état normal aw penseur qui applique convenablement le prinap» tal de Broussaissurla relation générale de la malais ité. Il n'existe aucune séparation tranchée entre le «V
maine systématique de la science réelle et le champ spontané de la raison commune. Le premier n'offrant jamais qu'un prolongement spécial du second, sa culture logique, mieux caractérisée, peut éclairer la marche vulgaire. Or, elle consiste surtout, comme je lai si souvent montré, à construire toujours la meilleure hypothèse propre à représenter les phénomènes constatés. Ce principe universel de la logique positive trouve journellement son application spontanée dans les appréciations pratiques, première source de nos saines théories quelconques. La moindre détermination extérieure pourrait être formulée comme un problème scientifique, où l'esprit s'efforce de produire une conception en harmonie avec l'ensemble des impressions du dehors. Moins celles-ci sont nettes, plus il tente d'y suppléer par ses propres combinaisons, souvent très-fines ou fort indirectes. Quand le jugement est assez désiré, le défaut de documents extérieurs pousse quelquefois à le prononcer d'après des opinions purement intérieures, uniquement dues à une énergique réaction du cœur sur l'esprit. Toujours placée entre les impressions du dehors et les impulsions du dedans, il faut bien que l'intelligence se décide d'après ces dernières influences quand les autres sont insuffisantes, à moins qu'elle ne s'abstienne d'apprécier, ce qui est souvent impossible. Cet état logique, où l'esprit, au lieu d'être le simple ministre du cœur, devient son pur esclave, se réalise fréquemment chez les animaux. Mais il ne leur appartient pas exclusivement. On l'observe aussi dans l'homme, même sain. Il y fut normal tant que dura la longue enfance théologique de notre espèce, comme l'expliquera la suite de ce traité.
En insistant ainsi sur la participation habituelle du raisonnement dans les opérations attribuées à la seule sensation, je me trouve dispensé d'une équivalente appréciation envers la mémoire et surtout l'imagination. Car, leur difficulté supérieure
permet encore moins de les regarder comme des fonctions vraiment élémentaires, d'ailleurs propres ou communes. Vu souvenir intérieur exige nouvent la même élaboration intellectuelle qu'une découverte extérieure, par une suite d'inductions et de déductions fondées sur les relations mutuelles. H n'y a de vraiment spontanée que la reproduction immédiate de chaque impression, suivant la seconde ni d'animalité. Or, ce phénomène général de la vie animale diffère beaucoup de la mémoire proprement dite, qui constitue toujours une opération intellectuelle. A plus forte raison, le concours habituel de tontes les fonctions spéculatives existe-t-il dans l'imagination, dont les tableaux supposent fréquemment des combinaisons aussi profondes, quoique moins abstraites, que les méditation! scientifiques. Tous les penseurs ont déjà reconnu l'inanité des divisions encyclopédiques fondées sur ces prétendues facultés, qui ne président pas davantage au vrai classement individuel. Cette double épreuve devrait suffire pour y montrer des résultats composés de l'ensemble des fonctions mentales. Qnut à la célèbre argumentation de Gall sur les mémoires particulières, elle est plus spécieuse que solide. Une analyse mieu approfondie vérifiera toujours que cette prétendue spécialité résulte des diversités de préparation et de situation, combinées avec la seule différence organique qui concerne l'énergie individuelle dea fonction» oniver8eUBi.il n'y a de vraiment spéciale, soit pour la aaémoire, soit pour l'imagination, que la faculté du langage, appréciée ei -dessous. |
L'ensemble de cette explication éearted' avance la principale
difficulté ■■ ":-.-i i c ici l'exposition directe de ma propre théorie
^enaai t/ilii(sniiii[iiiii des cinq font-
HJMftflr Wmtm, des cinq organe!
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-JlWinHBjMM consistent seulement en
point la distinction fondamentale. Chez l'homme, la première est qualifiée de contemplation, et la seconde de méditation. Par Tune, l'esprit reçoit du dehors les matériaux primitifs de toutes les constructions, d'après les fonctions perceptives que remplissent les ganglions sensitifs. Dès lors, il construit, dans l'autre, les combinaisons plus ou moins générales qui doivent éclairer la conduite habituelle. Les idées proprement dites, c'est-à-dire les images, ne peuvent appartenir qu'à la contemplation, tandis que la méditation produit seulement des pensées. Malgré les préjugés théologico-métaphysiques qui érigent ces facultés en privilège exclusif de notre race, toutes deux existent certainement, à divers degrés d'infériorité, dans la meilleure partie du règne animal. Car elles y sont, comme pour nous, plus ou moins nécessaires à la vie personnelle, domestique, et surtout sociale, non-seulement chez les carnassiers, mais aussi parmi les herbivores. Les besoins nutritifs, les rapports sexuels, et les soins des petits, y suscitent journellement beaucoup d'observations et de réflexions, trop méconnues par notre sot orgueil. Dans ces diverses épreuves habituelles, plusieurs animaux se montrent plus inventifs que la plupart des lettrés qui les dédaignent, au nom d'une instruction presque toujours réduite, suivant le grand Molière, à savoir ce qu'ont dit les autres avant eux. Ce n'est pas seulement en tendresse et en courage, mais aussi en sagacité et en prévoyance, qu'un malheureux renard se montre souvent supérieur à la cohue aristocratique ameutée contre lui.
Pour faire ici marcher de pair, comme auparavant, l'appréciation statique et l'analyse dynamique, il suffit de noter que la contemplation doit siéger dans la partie inférieure du cerveau frontal, dont la région supérieure convient à la méditation. Cette répartition résulte d'abord du besoin de rapprocher le plus possible des organes sensitifs la fonction cérébrale qui seule se lie
offre uo phénomène très-fréquent, quoique à peine connu, où chacun peut sentir directement la distinction entre ces deux opérations cérébrales, d'après leur inégale vitesse. J'ai souvent éprouvé, dans mes compositions, que l'expression précède quelquefois la conception, jusqu'à un intervalle de deux on trois phrases, de manière à me permettre de véritables prévisions sur l'instant et le mode précis de leur concours définitif. Enfin, la comparaison des divers types humains, confirmé» par celle des différentes races animales, montre clairement que les deux sortes d'aptitude sont loin de se correspondre toujours. Même quand ces distinctions se bornent à l'instruction communiquée, sans s'étendre jusqu'à la production spontanée, les ni ne sont pas moins décisifs, puisque apprendre et inventer résultent d'opérations semblables, avec des degrés différents. D faut donc adopter irrévocablement l'opinion de Gall sur la nécessité d'un organe spécial pour le langage, non-seulement dans notre espèce, mais aussi chez tous les animaux supérieurs. Le degré zoologique où commence la pleine séparation des sexes marque naturellement le début de cette fonction cérébrale, dès lors plus ou moins nécessaire aux relations privées qu'exige ainsi la reproduction.
Quand ces rapporta sont faibles et fugitifs, le cerveau w contient probablement que deux organes spéculatifs, l'un it conception, l'autre d'expression, outre les ganglions ordinaire pour les divers sens extérieurs. Mais, aussitôt que lus so latifs à l'éducation des petits suscitent un véritable < famille, souvent lié à une certaine s se complique nécessairement, par la < principale, quoique la seconde i dans notre espèce.
11 existe dès lors, en effet, .' passive, l'autre active. JM
T18 sfWtau/UE potintOK touiîivb.
directement à leurs opérations. On ht confirmé £ar rdbligation de faire immédiatement succéder à *a région affective l'organe intellectuel qui, d'après les*nibrinations extérieures, apprécie ta convenance finale des impulsions émanées des divers penchants. Le concours spontané de «ces deux considérations subjectives semble ne permettre aucun doute sur une telle détermination générale.
D'après cette seconde analyse de l'esprit, sa combinaison fondamentale , entre la conception et -l'expression , devient une progression normale, qui manifeste mieux sa marche naturelle, d%bord contemplative, puisméditative, et enfin commumcative. Mais, pour aboutir à des fonctions vraiment élémentaires, ctst- A-dire irréductibles, il fautencofre décomposer la contemplation et la méditation, <foù^ par suite, leurs sièges respectifs. Je n*ai pas besoin d'expliquer ici que cette divisiota. finale doit offrir, comme toutes les précédentes, une nouvelle application du principe universel des classifications, d'après la spécialité Croissante et l'importance décroissante.
Cette double règle conduit d'abord à distinguer deux modes de contemplation : l'un, essentiellement synthétique, se rapporte aux êtrfes, et par conséquent il offre un caractère concret; loutre, toujours analytique, apprécie les événements, en sorte que sa nature est abstraite. Le premier procure donc des notions réelles, mais particulières; du second seul émanent les conceptions générales, mais plus ou moins artificielles. Cette dernière contemplation convient surtout à la science, tandis que l'autre se rapporte davantage à l'art, tant esthétique que technique, sans toutefois altérer jamais l'unité fondamentale de la marche intellectuelle. On voit ainsi confirmée, en biologie, la coïncidence philosophique établie, au premier chapitre de cette Introduction, entre le contraste du concret à l'abstrait et celui de la pratique à la théorie. Leur double opposition va dès lors
.recevoir une consécration anatomique, en sousxdi visant la partie inférieure du cerveau au frontal.
U suffit, pour cela,, de regarder l'observation concrète comme plus liée aux impressions extérieures que l'observation abstraite. Quoique celle-ci y ait souvent recours, elle s'opère quelquefois d'une manière indirecte, d'après une décomposition intérieure des images fournies par l'autre. Toute véritable image représente un être quelconque, et jamais un pur phénomène. Ainsi, les idées proprement dites émanent seulement de la contemplation concrète. L'organe de l'observation abstraite doit donc être surtout en relation avec l'autre organe contemplatif, et .moins rapproché que lui des sens extérieurs* Il siège, par conséquent, dans la ligne médiane^ comme l'exige d'ailleurs la solidarité plus intime de ses deux moitiés. La contemplation concrète demande, au contraire, un organe pair, dont chaque partie, placée au-dessus de l'œil correspondant, tende vers l'oreille voisine.
Quant à la méditation, sa décomposition normale est déjà préparée chez tous les vrais penseurs, qui ont assez apprécié la distinction positive entre l'induction et la déduction. On médite, en effet, de deux manières très-distinctes, mais également nécessaires, en posant des principes, et en tirant des conséquences. D'une part, on compare; de l'autre, on coordonne. Le premier mode aboutit à généraliser, et le second à systématiser. Tout classement régulier manifeste nettement leur différence, en exigeant d'abord l'appréciation des rapports propres à former les groupes, et ensuite la détermination de Tordre hiérarchique. Sous un aspect plus étendu, on doit surtout rattacher à la méditation inductive l'étude des relations statiques ou de similitude, et "a la déductive celle des relations dynamiques ou de succession. Ainsi, la région cérébrale qui découvre les lois se divise aussi nettement que celle qui observe les faits.
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D'après cela, la logique déductive, plus élevée et plus intérieure, mais moins indispensable et moins directe, doit avoir un organe impair, an milieu de la partie supérieure du cerveau. Gomme la principale prévoyance dépend surtout d'elle, sou siège a besoin d'un meilleur contact avec celui des nobles peu* chants dont la satisfaction habituelle 'constitue sa destination prépondérante. Il but bien que l'organe coordinateur réside auprès de l'instinct qui rallie. La logique inductive exige, an contraire, un organe pair, dont chaque moitié, plus extérieurs, soit en contact plus direct avec l'organe observateur d'où dépendent davantage ses données habituelles.
Telle est donc la constitution subjective, à la fois statique et dynamique, de la région cérébrale consacrée à la conception. Par ces deux analyses correspondantes, ce grand office spéculatif offre quatre opérations successives, émanées d'autant d'organes, pairs ou médiaux : l'observation des êtres, puis celle des événements; l'élaboration des principes, et ensuite celle des conséquences. Cette marche générale de l'esprit positif constitue une progression pleinement normale, aboutissant à la pievision systématique, destinée à éclairer une sage intervention. Quoique je n'aie point spécialement étendu aux animaux la der» nière décomposition , on ne peut douter qu'elle convienne à tous les cas où se manifeste l'activité calculée à laquelle prépare tout cet appareil cérébral. Il faut être fasciné par la théologie ou l'ontologie pour refuser aux divers types zoologiqoes une aptitude déductive indispensable à leur conduite journalière. Les principes généraux de l'appréciation subjective que je viens d'accomplir sont d'ailleurs tellement naturels qu'on en démêle une certaine application, statique et dynamique, dans l'analyse empirique qui caractérise la confuse élaboration de Gall et Spurzheim sur la région intellectuelle. Pour compléter la série spéculative, il me reste à déterminer
spécialement la fonction qui en constitue l'aboutissant nécessaire, du moins dans l'existence sociale ou domestique. Chez les espèces inférieures, dont la vie est toujours personnelle, Fezpression résulte seulement des actes eux-mêmes, qui témoignent involontairement les impulsions d'où ils émanent. Mais, partout ailleurs, le concert habituel de divers individus exige, en outre, une transmission plus claire et plus directe des sentiments et des pensées. Il faut, avant d'agir, que chacun fasse distinctement connaître ses émotions ou ses projets, afin d'obtenir la sympathie ou l'assistance d'autrui. L'organe cérébral de ces communications se borne d'abord à y employer une simple imitation des signes naturels qu'indique l'accomplissement ordinaire de chaque fonction. Quand des relations plus complexes et plus fréquentes en constatent l'insuffisance, il y joint un langage plus ou moins artificiel, dont les premiers éléments résultent de la décomposition des cris ou des gestes spontanés. Chez les espèces sociables, et surtout parmi nous, cette institution s'étend et se consolide, à mesure que se développent les notions et les rapports. Le langage devient ainsi le dépositaire continu de la sagesse collective. Sa transmission domestique constitue partout, même dans notre race, la plus précieuse partie de chaque héritage, et la première base d'une instruction quelconque.
Tous les mouvements volontaires peuvent servir au langage, dont l'organe cérébral ne change pas avec les instruments employés. Dans les relations simples, il préfère d'abord, comme plus faciles, et même moins équivoques, les moyens d'expression qui se lient directement aux actes et aux passions. Mais les sons vocaux deviennent bientôt, chez tous les animaux supérieurs, la principale base de l'institution des signes. Outre les motifs connus de ce choix naturel, il repose aussi sur une propriété inaperçue, qui pourtant contribue beaucoup à son uni-
versalité. Elle résulte de la correspondance spontanée entre ta voix et l'ouïe, qui permet' à chacun de s'adresser à lui-même, et, par suite, de développer directement sa propre éducation. L'expression mimique neparticipe nullement à ce privilège na*» turel de l'expression orale, qui rend celle-ci bien plus susceptible d'un perfectionnement continu.
Quoique toutes deux soient principalement destinée» aux relations mutuelles; elles servent aussi à l'existence personnelle; soit pour l'exercice direct des muscles correspondants, soi* même pour l'expansion solitaire des émotions. Beaucoup d'eapèces supérieures ont remarqué- la tendance de l'expression àréagir sur les sentiments «qu'elle manifeste. Le chant et la mimique, eu plutôt les cris et lesgestes $ y sont 6ouvent employés» comme parmi nous, non-seulement à soulager les passions, mak encore à les exciter davantage. Gela est surtout sensible envi» la colère, chez tout carnassier.
L'expression constitue toujours une fonotion intellectuelle, mais plus liée qu'aucune autre aux fonctions affectives, et même aux fonctions actives : en sorte qu'elle représente le mieur l'ensemble de chaque existence. Toutefois, l'office propre de son organe cérébral se borne à apprendre et inventer des signes quelconques. Pour qu'ils constituent un véritable langage, il faut que cette cinquième fonction mentale soit convenablement subordonnée aux quatre autres, qui contrôlent ou dirigent ses diverses opérations. Quand une telle harmonie n'existe pas, cet organe complémentaire ne produit qu'un vain verbiage, au lieu d'un vrai discours, propre à manifester le sentiment* développer la pensée, et assister 1 activité. Il lui faut d'abord des relations spéciales avec les deux parties de l'appareil contemplatif, pour les noms respectifs des substances et des propriétés. Mais la double région méditative doit aussi lui fournir ensuite des moyens de comparaison et enfin des procédés de
INTRODUCTION: FONDÀMfiNTAJLE. — CHAPITRE TROISIÈME. 72$
coordination. Le langage proprement 4it exige donc le concours de toutes les. fonctions intellectuelle*, avec Inactivité directe dft son organe spécial, auquel appartien&seulement l'initiative dçuf signes, mais nullement, leur appréciation finale. On expliqua ainsi les cas maladifs où l'altération du discours se borneàoex^ tains éléments grammaticaux, sans qu'il faille créer des stnjfr* tures partielles envers les différentes classes de mots.
Nos déterminations antérieures assignent, par exclusion, la place de ce cinquième organe ii#elrectuel,tà chaque extrémité latérale de la région spéculative, dont, tout le reste appartiflig déjà aux appareils contemplatif et, méditatif, sauf les siégas préalables des ganglions senMtifs. U doit donc commencer an milieu des bords antérieurs die la région frontale, et s'étendre epsuijte vers les tempes, à peu près au lien où Gall avait logé rigptinct constructeur. Mais cette splutipn indirecte est coor fixmée par un examen spécial des convenances subjectives., Car cet. organe se trouve ainsi équidistant de l'œil et de l'oreille,, qjii constituent ses principaux auxiliaires, D'ailleurs, un tel siège la rend contigu à la région active* qu'il 4pit spécialement seconder, et dont il forme le seul lien immédiat avec l'ensemble dp l'appareil mental.
Ayant ainsi complété la seconde partie essentielle de ma théorie cérébrale, je vais terminer la constitution subjective du cerveau par une rapide indication de ses fonctions pratiques. Dans l'ensemble de l'existence morale, j'ai asses déterminé d'abord le principe d'impulsion, toujours émané dji cœur, et ensuite le moyen consultatif, qui appartient exclusivement à l'esprit. Le traité positif de l'âme n'exige donc pins que l'examen spécial du caractère proprement dit, d'où dépend immédiatement la réalisation finale de chaque résultat voujji et préparé.
Ce* aptitudes pratiques sont tellement nettes que leur a#*~
lyse dynamique ne présente aucune grave difficulté en biologie, où elles se montrent aussitôt dégagées des complications mentales et sociales. Tout être actif doit se trouver doué de courage pour entreprendre, de prudence pour exécuter, et de fermeté pour accomplir. Il n'y a jamais de succès pratique sans un suffisant concours de ces trois qualités. Réciproquement, leur saine coopération suffit à la réalisation de tout projet dignement inspiré et sagement conçu, dans une situation assez favorable. Chacun de ces attributs est, en lui-même, aussi indépendant du cœur proprement dit que de l'esprit, quoique son efficacité pratique dépende beaucoup de tous deux. Son exercice direct est essentiellement aveugle, et non moins disposé à assister les mauvais desseins que les bons, sous l'impulsion d'une suffisante volonté. Aussi beaucoup d'animaux nous surpassent-ils en énergie, en circonspection, ou en persévérance, et peut-être même pour l'ensemble de ces qualités, sans toutefois les utiliser autant que le permet notre prééminence intellectuelle et affective, surtout socialement.
Une telle appréciation dynamique conduit aisément aux sièges correspondants. Dans un cas aussi prononcé, la marche empirique du fondateur de la physiologie cérébrale ne pouvait exposer sa sagacité naturelle à aucune grave méprise. Il assigna très-judicieusement à la fermeté un organe médian, derrière celui de la vénération et devant le siège que j'attribue au plus noble penchant personnel. A ses deux côtés, réside la circonspection, inclinée en avant jusqu'à la région intellectuelle, et croisant au début l'organe de l'attachement, qui penche en sens inverse. Son étude, surtout dynamique, fut mieux accomplie par Spurzheim que par Gall. Quant au courage, leur commune opinion n'exige qu'une faible rectification, consistant à élever un peu son siège, en le plaçant aux côtés de l'organe impair de la vanité. Le lecteur qui aura suivi l'en-
semble de ma construction cérébrale reconnaîtra sans peine que ces trois déterminations'statiques deviennent la suite forcée de toutes les précédentes, qui n'ont pas laissé d'autres places admissibles. Mais la méthode subjective les aurait d'ailleurs indiquées directement, quand même je ne les eusse point trouvées établies. Car ces sièges sont indispensables pour que la région active confine à la fois avec la région affective et avec la région spéculative, d'où dépend l'efficacité de son office propre, également lié à la volonté et au conseil. Il fallait même que ses trois organes fussent placés entre les trois sortes de penchants, supérieurs, moyens, et inférieurs, dont ils doivent alternativement subir les impulsions.
Ce dernier ordre de fonctions cérébrales est trop clairement
caractérisé, dans chaque existence animale, pour exiger ici un
examen plus développé. Il constitue d'abord une combinaison nécessaire entre l'activité d'où émanent les opérations quelconques et la persistance qui seule assure leur succès. Mais on y reconnaît bientôt que l'aptitude fondamentale résulte du concours de deux forces distinctes, dont l'une pousse et l'autre retient. De là naît enfin une progression pleinement normale, qui représente nettement la vie active, en appréciant les trois phases successives de toute élaboration pratique. Ainsi, la dernière partie essentielle du traité positif de l'âme aboutit au type le plus simple et le plus net d'une véritable série vitale, par la transformation la plus régulière d'une combinaison binaire en une succession ternaire. Cette série active se trouve entièrement conforme au principe universel de coordination qui déjà préside à la série affective et à la série spéculative. Le décaissement de généralité et l'accroissement de dignité sont, en effet, irrécusables en passant d'abord du courage à la prudence, et puis de celle-ci à la fermeté ; soit que l'on compare les différentes espèces animales,ou seulement les divers types humains.
726 s Ysriatt de politique positive.
Gomme dans les deux, autres, parties de ma constitution cérébrale, cette gradation dynamique reçoit naturellement unf fidèle représentation. statique d'après l'ordre de* organes res^ pectifs, toujours plus nobles et: plus spéciaux à mesura qu'ils sont plus supérieurs .ou plus antérieurs.
Ma théorie subjective du cerceau se trouvant ainsi construite entièrement, je dois placer ici le tableau systématique (voir à* contre) , qui en offrira désormais, le résumé caractéristique* après en avoir d'abord fermé l'ébauche originale, ainsi que. je l'ai déclaré au début do cette explication, spéciale.
La nature profondément synthétique de la construction que je viens d'achever me dispense d'insister sur l'intime connerité de toutes ses parties, dont aucune ne doit jamais être conçue isolément. Déjà le fondateur de la physiologie cérébrale avait senti et proclamé cette solidarité nécessaire, quoique l'irratio* nalité de sa marche l'en ait trop détourné. Si, comme on la sait depuis le grand Hippocrate, la vie est surtout caractérisée par le consensus universel, il doit principalement régner dam l'appareil spécialement destiné à le régulariser partout. En aucun autre système, les organes ne sont ni aussi homogènes ni autant rapprochés, conformément à l'affinité plus complète des fonctions respectives. Quoique chacune des dix-huit forces cérébrales soit susceptible d'agir à part, la plupart des actes réels exigent le concours de plusieurs facultés. L'harmonie générale que j'ai d'abord expliquée entre les trois régions affeo» tive, spéculative et active, se trouve maintenant confirmée par leur examen spécial.
Ce concours nécessaire n'est aujourd'hui méconnu gravement qu'envers la vie contemplative, que l'orgueil doctoral prétend isoler des deux autres. Mais la source même de cette aherra**» tion, également anarchique et rétrograde, manifeste involon* tairement la dépendance contestée. Toute la suite de ce traité
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