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rite naturelle à un système dont tous les principes sont discutables et où les meilleurs sentiments ne sont plus corrompus par un irrésistible égoïsme.
Déjà tu regardais cette vaste construction comme devant offrir aux femmes vraiment éminentes une digne carrière, indice spontané de l'extension fondamentale prochainement réservée à la juste influence féminine. Ton esprit, assez familier avec les principales productions de ton sexe, aurait bientôt complété son indispensable préparation! Malgré ta rare modestie, j'étais d'ailleurs parvenu à te faire bien apprécier le grand avantage résulté de ta pureté exceptionnelle pour mieux utiliser le concours naturel entre le cœur et l'esprit. Déjà tu t'étais créé, dans la réorganisation morale, une première tâche littéraire, heureusement liée à tes justes plans d'indépendance personnelle. Je regrette beaucoup de ne pouvoir joindre ici aucun fragment de cette naissante Willelmtne, à laquelle avaient dès lors participé mes affectueux avis, et même mon indirecte collaboration, par la lettre philosophique que j'écrivis, à ta prière, en janvier dernier, sur la vraie théorie du mariage. La secrète oppresssion qui pesa sur toute ta vie ne s'est pas arrêtée devant ta tombe : le précieux manuscrit que tu m'avais ouvertement légué m'a été finalement refusé, au mépris des plus formelles promesses, et malgré les ordres spéciaux d'un noble chef de famille, dont la loyauté guerrière fut bientôt révoltée d'une telle violation, due peut-être à une douloureuse rivalité littéraire.
L'esprit et le but de cette ébauche doivent cependant être indiqués ici, non seulement pour ta juste glorification, mais surtout pour l'exemple caractéristique qui en ressort spontanément du digne emploi actuel des talents féminins. En un siècle où tant de têtes, même fortes ou exercées, se préoccupent d'utopies anarchiques sur l'économie fondamentale de
la famille humaine, il importe de noter qu'une jeune femme éminente, mûrie par le malheur, consacrait librement sa belle carrière littéraire à l'active défense des lois inviolables de la sociabilité élémentaire. Si ta fatale histoire est un jour connue, chacun sentira que personne n'eût été plus excusable que toi de concevoir une éternelle amertume contre l'institution du mariage. Mais» comme tu l'as si bien dit dans ta touchante Lucie : II est indigne des grands cœurs de répandre le trouble qu'ils ressentent Cette admirable maxime était la devise spontanée de toute ta conduite.
Victime innocente d'un sort exceptionnel, tu reconnus dignement que l'indispensable généralité des règles sociales ne doit pas être jugée d'après leurs douloureuses anomalies. Malgré te» injustes souffrances, ta haute raison apprécia bientôt les déclamations frivoles ou sophistiques qui, exclusivement attentives à quelques maux incontestables mais accessoires ou fortuit*, entraînent aujourd'hui à altérer radicalement la pureté et la consistance des principaux sentiments humains. Sous la seule inspiration de ta belle âme, tu destinas ta WMelmme à la réfutation, décisive quoique indirecte, des dangereux paradoxes rajeunis par une éloquente contemporaine, avec laquelle tou talent n aurait pas redoute une êqur ible comparaison*
Tta MNine excentrique devait successivement traverser les principales aberrations artuelle^ mats toujours préservée par sa puietè et $v>n élévation naturelles* 4e manière à iKmàr à la vraie fiikàtè AxMStique* «ns awir jamais sskwceW £*k ses crises préalable*. Le tableau pcrçieasrifdecesdiveise 4* <nnut frmiain* habitatent anahrsêe* w u»e iaae cfeaMe* *&t tcfltpiMté un vif intérêt e: use fcuc*e itiiite^ A la gktt* èe a» sexe* j'ai i*swffe* n&? o?s ^:î>îw!5 xx^-
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cial, y ont jusqu'ici trouvé fort peu d'honorables adhésions. Les femmes, jugeant surtout par le coeur, sont bientôt révoltées d'une telle anarchie morale, tandis que notre superbe esprit masculin, égaré aujourd'hui sans principes dans ces difficiles spéculations, y aboutit trop souvent à de funestes chimères, qu'une moindre délicatesse rend alors plus graves et plus durables. Suivant, ce contraste, ton noble essai tendait à dissiper ces dangereuses controverses sous la suprême intervention du vrai sentiment, naturellement réservée aux plumes féminines.
Quoique la mort ait étouffé cette sainte composition, poursuivie avec persévérance au milieu des troubles physiques, j'espère que mon imparfaite indication et mon faible témoignage suffiront ici pour inspirer quelques regrets sincères, et peut-être pour susciter d'autres tentatives. Le poids de ta douloureuse destinée doit d'ailleurs disposer d'avance à respecter des principes susceptibles de produire de telles convictions chez ceux-là même qui ont le plus souffert de leur application absolue. Si j'osais ici rapprocher mon exemple du tien, sans que nos malheurs soient assez comparables, je noterais que nous seuls aujourd'hui, dans le camp progressif, avons énergiquement justifié le mariage, malgré nos injustes douleurs personnelles. Outre le nouveau respect ainsi suggéré pour la base nécessaire de toute sociabilité, cette remarque concourrait à dissiper des préventions banales contre l'aptitude morale de l'unique philosophie qui puisse désormais offrir des garanties systématiques à l'ordre fondamental, de plus en plus compromis par l'impuissance théologique et l'anarchie métaphysique.
Notre convergence spontanée sur de tels sujets indique assez aux juges compétents la haute efficacité philosophique de notre heureuse association, d'ailleurs exempte de toute vaine dépen-
dance dogmatique. Tous ceux qui prennent un intérêt sérieux à la nouvelle doctrine générale regretteront ainsi la précieuse coopération d'un esprit, qui sans jamais manquer aux moindres convenances féminines, pouvait, à sa manière, s'approprier entièrement les plus éminentes conceptions sociales. Le principe du positivisme sur l'harmonie fondamentale des deux sexes, comme destinée surtout à leur mutuel perfectionnement avait été avidement accueilli par une âme si bien disposée à sa sage application. Puisque les qualités prépondérantes de chaque sexe sont, en général, trop peu prononcées chez l'autre, ce n'est pas seulement sous l'aspect matériel que leur union est indispensable pour constituer le véritable élément humain.
Si, dans les œuvres individuelles, rien de grand n'est possible sans un digne concours entre le cœur et l'esprit, de même toute rénovation sociale exige l'active coopération des deux sexes. Tant que les femmes regretteront, au fond, le régime catholique et féodal, surtout d'après les immortels souvenirs d'une admirable chevalerie, la révolution moderne n'aura pas encore acquis son caractère définitif, et la rétrogradation politique continuera à sembler possible. Or, Tunique moyen de les associer irrévocablement à cet immense mouvement consiste à leur présenter enfin une philosophie aussi propre à satisfaire aux besoins essentiels du cœur qu'à ceux de l'esprit. Quoique le positivisme remplisse certainement cette condition fondamentale, une femme peut seule en convaincre son sexe*
Moi-même, sans doute, je dois viser finalement au cœur; mais je n'y puis atteindre qu'indirectement, par l'esprit, en faisant prévaloir les idées qui correspondent aux nobles sentiments. A toi je réservais l'office inverse, plus facile et non moins efficace, qui, par l'excitation directe des émotions sympathi-