‹ Système de politique positive (volume 3)Chapitre 10 sur 43 · AVENIR HUMAIN. — PRÉAMBULE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

AVENIR HUMAIN. — PRÉAMBULE GÉNÉRAL

ceptioDS Statiques et la saccession plus étendue des appréciations dynamiques. Pour que le raisonnement n'y devienne jamais illusoire 9 il suffira que chaque notion y reste pleinement conforme ; d'une part à notre constitution , d'une autre part à l'ensemble de nos antécédents. Ce double contrôle y permettra toujours des conclusions aussi démontrables, quoique moins précises, qu'envers les phases accomplies, dont l'examen ne comportait pohit autant de puissance logique , faute d'un développement assez étendu.

Suivant la destination de ce tome final , il doit compléter la méthode et la doctrine positives^ en leur faisant spontanément subir une élaboration jusqu'alors impossible^ qui seule peut instituer une suffisante harmonie entre la théorie et la pratique. Une sage fusion des deux points de vue sociologiques y déterminera la juste influence du temps dans l'ensemble des conceptions humaines. La présidence encyclopédique de la morale s'y trouvera directement réalisée 9 d'après le concours normal de toutes les théories positives pour régler la conduite générale des peuples et des individus.

Cette constitution définitive de la synthèse humaine peut être utilement résumée d'après sa correspondance nécessaire avec notre nature cérébrale. Quoique j'aie toujours proclamé luniverselle prépondérance du sentiment, je devais jusqu'ici fixer principalement l'attention sur l'intelligence et l'activité , qui prévalent en sociologie. Mais leur essor décisif ayant maintenant amené l'époque de leur vraie systématisation , cette destination finale conduit à faire explicitement dominer le sentiment^ domaine essentiel de la morale.

Après avoir indiqué le caractère général de ce dernier volume, où la religion positive doit directement surgir, il faut compléter ce préambule en annonçant l'objet et Tenchainement des cinq chapitres qui vont le composer.

Leur ensemble est destiné finalement à fonder Uîie politique capable de systématiser la marche s|)ontanée de chaque population vers Fétat normal dont j'ai démontré Topportunité. Mais cette construction ne peut devenir directe que dans le chapitre extrême ; car elle doit reposer sur une esquisse de l'ordre humain plus complète et plus précise que Tébauche fondamentale ihstituée par la sociologie statique. 11 faut consacrer la majeure partie de ce volume à cette détermination décisive, qui, d'après sa nature, inaugure déjà l'état qu'elle décrit; puisque notre maturité consiste surtout à rendre systématique une existence auparavant spontanée. Quand une telle élaboration aura suffisamment défini l'ensemble de l'avenir humain, la plus prochaine phase deviendra pleinement appréciable , de matitère à manifester la marche spéciale de la transition organique.

En considérant ces deux opérations successives, on voit qu'elles consistent essentiellement à caractériser la religion finale et son application actuelle. La synthèse positive est tellement réelle et complète que son exposition normale doit spontanément définir la maturité de notre existence, comme sa préparation nécessaire représente notre vie d'initiation.

On ne peut assez caractériser la religion de l'Humanité^ guide universel de notre état adulte, qu'en appréciant d'abord son ensemble, puis chacune de ses parties essentielles. C'est pourquoi le premier chapitre de ce volume institue directement la théorie fondamentale du Grand-Être, d'où résulte le tableau général de l'existence normale. D'après cette base synthétique, les trois chapitres suivants systématisent respectivement le culte, le dogme , et le régime, de manière à régler les trois éléments de notre nature, le sentiment, l'intelligence, et l'activité. Le chapitre final vient alors intercaler le présent entre l'avenir et le passé , pour terminer la révolution occidentale et prévenir sa reproduction chez les autres peuples. Voilà comment l'en-

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semMe de ^ voltmie, résumé par sa conclusion générale^ suivie de celle de tout ce traité , doit IrréTocablement inaugurer la religion positive^ d*après une exposition directe ^ dirigeant une application décisive.

I3ne telle indication suffit ici pour faire déjà sentir l'aptitude du tome final à combiner et compléter les principales -conceptions des trois autres^ suivant l'esprit du discours préliminaire. Ma construction religieuse s*y distinguera directement de ma llcmdation philosophique 5 en transférant définitivement à la morale la présidence encyclopédique d'abord accordée à la sociologie proprement dite. La sociocratie finale doit ainsi se rattacher à la théocratie initiale, en terminant la transition de pics en plus révolutionnaire qui les sépare, et dont le principal caractère consiste dans l'insurrection croissante de l'intelligence contre le sentiment

D'après cette irrévocable prépondérance de la morale, l'existence humaine subit enfin une discipline réelle et complète , toujours conforme à nos vrais besoins. La relativité qui la distingue, loin d'altérer sa régularité, la consolide et la développe, en élimmant l'arbitraire comme l'absolu, d'après une juste participation du temps, suivant la réaction finale des notions dynamiques sur les principes statiques. Malgré son apparente immuabilité, le sentiment éprouve nécessairement des modifitions commues, non moins réglées, quoique plus lentes, que celles de l'intelligence et de l'activité, dont la marche influe d'ailleurs sur les moyens qu'il emploie. En instituant la morale positive, ce volume fera naturellement ressortir la conciliation radicale du mouvement avec l'existence dans l'ensemble des phénomènes humains, comme envers tous les autres cas. Cette prépondérance finale du sentiment établira spontanément une pleine harmonie entre la théorie et la pratique, dont les impulsions simultanées vont concourir à systématiser l'état normal

et la transition extrême. Leur convergence nécessaire y résultera du principe fondamental qui partout subordonne la considération du progrès à celle de Tordre. Une telle loi convient autant à Fart qu'à la science, quand on étend aux perfectionnements volontaires la relation d'abord manifestée par les modifications involontaires.

Je dois borner ici l'appréciation de l'avenir et du présent au degré de précision que comportent les volumes précédents dans les études respectives de l'ordre et du progrès. Mais une telle approximation suffit réellement à tous les besoins actuels. Quand la succession humaine exigera des règles plus spéciales, la morale les instituera d'après une sociologie plus développée, qui pourra quelquefois nécessiter le perfectionnement préalable de la biologie et même de la cosmologie.

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