PRÉFACE DU TOME QUATRIÈME. XXVU
rempHsMDt mieux que les diTere tb^ologistes, d'abord lears fonctions spéciales, pQÎs leor sage parlicipation à réconomie générale.
Une telle i^apériorité leur procurera partout un respect babitael , sans qa^ils soient jamais forcés d^allérer une morale qui lear prescrit surtout de vivre aa grand jour. Le caractère toujours relatif de leur doctrine doit d'ailleurs If s préserver de tonte boslililé di^placée envers les croyances dont ils sont irrévocablement affranchis, qnoiqa'i's ne puissent attendre la même justice d^adversaires dirigés par des opinions absolues.
Outre qu^une telle attitude constitue le meil'eur privilège du positivisme, elle devient indispensable aux régénérateurs occidentaux , qui , devant également gnérir les anarchistes et les rélrogra^les, ne sauraient pourtant hésiter désormais à préférer ceux-ci. Depuis que la crise française a spontanément posé la question organique, 1rs révolutionnaires ont irrévocablement perdu leur ofBce passager, surtout chez le peuple central, où leur intervention ne fait plus qu'entraver, i tous égards^, Télaboration décisive. Au contraire, les conservateurs, tandis qu'ils maintiennent Tordre matériel, |résirvenl d^ine entière in«iisci|»line de^i âmes chez lesquelles les convictions les plus arriérées sont très-préférables, thème mentalement, au pur scepticisme. Sans accorler jamais aux croyances surnaturelles une prépomlérance incompaible avec la solution occidentale, te positivisme ne peut succéder au théologi^^me qu>n glorifiant toujours ^es services antérieurs et respectant 8on((Bracité présente, malgré son insuffisance radicale. n faut donc transformer le sy^^tème d'hypocrisie en un système de ménagement, en préférant Tétat rétrograde à Téiat négatif, dans une génération dont tes directeurs peuvent seuls atteindre déjà Télat normal.
Cette attitude ^es positivistes envers les partis actuels se trouva caractérisée, dès 1836, qu:ind je publiai, sur le pouvoir spirituel, un opuscule décisif, euscilant aussitôt les reproches des déistes et les éloges des catholiques. Suspendue, en apparence, pendant que j'élaborais ma fondation philosophique, elle s'est développée, avec une énergie croissant'», à mesure qu^a surgi ma coostruclion religieuse, surtout depuis Pabolition du régime parlementaire en France. Mon récent volume sur la phiiosoi-bie de Thistoir*» consacre irrévoe^ïblement une telle disposition, comme devant babiluellinienl distinguer noire siècle du précé.lent. Je dois la motiver spécialement quand je vais caractéri-er l'avenir humain et la transition extrême, dans le tome final qui sera publié vers le milieu de la présente année. Les positivistes sonl tellement ap,elés à gouverner rOccidenl qu'ils i!oivent d<^jà préparer hur iliclatore systématique en secondant , h leur manière, une empirique concentration, provisoiremi nt indispensable à Tordre mr^ériel. Une i^lle assistance peut .<eiile garantir la liberté dVxpnsi'ion qu'exige Télaboration occidentale, en transférant l'active défense des princi;es sociaux à Tunique doctrine qui puisse dissiper les utopies subversives. En fai-ani ^.erdre aux révolutionnaires le prestige de la perréculicn, le positivisme représentera ce parti comme le plus arriéré de tous, dans un siècle voué nécessairement à la reconstruction.
Inspirois par l'accroissemeni décisif du subside sacerdotal , ces réflexions sont
XXVIIl SYSTÈME DE POLITIQUE POSITIVE.
pleinement cocformes à la vraie natnre de mes circolaires annuelles, où je dois désormais adresser des conseils opportuns aax roeilleors aihérenls de la religion de THumanité. Mes explications si'éciales de Pan dernier me dispenseront toujours de revenir sur mes besoins personnels, auprès de quiconque sent combien Péconomie des forces remporte sarcelle des mat<<riaux, et même du temps. L'augmentation du subside ayant assez ratifié ce préambule nécessaire, je puis maintenant consacrer cette communication périodique à sa destination sociale , sans y mêler aucun éclaircissement privé.
Afin de mieux apprécier une telle extension , il faut remarquer qu^elle est surtout due à des souscripteurs plus nombreux , puisque la moyenne générale n^a point çbangé sensiblement. Cette multiplicité de coopéraleurs serait même plus prononcée si la rigueur numérique ne m^avait interdit d'y comprendre ceux qui , sans renoncer à leur participation , furent empêchés, par des obstacles passagers-, de la réaliser en 1853. Mais un tel accroissement est surtout devenu décisif en s^accomplissant malgré Pirrévocable retraite de plusieurs souscripteurs qui furent toujours plus révolutionnaires que positivistes. D'après Pestime qui déjà s'attache à cette dernière qualification , on doit désormais la réserver soigneusement aux vrais adhérents de la religion universelle, où conduit notre philosophie et d'où procède notre politique. Si Pou continuait d'accorder ce titre aux âmes dont l'évolution est incomplète, il faudrait bientôt le laisser prendre par les esprits voués aux spécialités positives. Car leur aveugle répugnance envers toute généralisation et systématisation n*offre que l'entier développement de Pempirique inconséquence des prétendus positivistes qui veulent empêcher la nouvelle philosophie d'aboutir à la vraie religion. Quiconque ne s'élève point jusqu'à cette conclusion synthétique ne comporte envers le positivisme que dinsuffisantes sympathies , incapables de résister, dans la vie réelle , au moindre ébranlement, public ou privé.
L'impuissance pratique, et même l'instabilité théorique, de ces convictions incomplètes sont devenues pleinement irrécusables diaprés la crise dictatoriale de 1851, où les positivistes religieux surent seuls juger d'avance comme la postérité, malgré leurs émotions passagères. Je fus alors abandonné par tous mes autres prétendus adhérents, destinés, sans doute, à mourir en regrettant le régime parlementaire. Celte épuration spontanée augmente la consistance du vrai parti positiviste, et l'on voit déjà qu'elle n*a pas entravé son extension.
Rien n'est plus propre à dissiper les préventions empiriques qui, du moins en France, détournent la plupart des conservateurs de la seule doctrine qui consacre et systématise leurs aspirations. Faute d'une telle base, ceux qui, depuis soixante ans, veulent sincèrement concilier Tordre et le progrès, n'aboutissent qu'à perpétuer simultanrment Paoarchie et la rétrogradation afin de pouvoir toujours opposer Tune à l'autre.
Voilà comment le positivisme, également dégagé des sympathies vicieuses et des aveugles antipathies qu'il dut d^aburd susciter, tend désormais à régénérer directement la politique actuelle, en devenant la doctrine propre aux conservateurs systématiques. Ses dignes adeptes pourront ainsi, les uns par le conseil,