‹ Système de politique positive (volume 3)Chapitre 8 sur 43 · PRÉFACE DU TOME QUATRIÈME. XXXVXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TOME QUATRIÈME. XXXVXI

proloDger un système d^hypoerisie favorable à leur égoîsme. Je craies ooe semblable issue cbex plasieurs dps préleodus posilWistes qui ont refusé de parliciper h un patronage caractéristique, toujours érigé en véritable devoir social par son éminent fondateur, et ainsi accepté de tous ses dignes cojopérateurs.

Essentiellement restreinte aux positivistes complets, une telle intervention devait d^abord être insuffisante. Quoique le subside réparateur ait un peu augmenté pendant sa seconde année, il reste encore notablement inférieur au taux proclamé indispensable lors de son institution. Mais les embarras matériels que j*éprouve ainsi n'altèrent pas ma sécurité morale. Je compte prochainement sur l'entière efficacité d'une sauvegarde émanée de ceux qui , venant imposer à la richesse de dignes obligations sociales, acceptent nécessairement pour euxmêmes des devoirs analogues, indépendants de toute dissidence secondaire.

Ce protectorat normal pousse à développer graduellement les mœurs finales , dont il offre partiellement une heureuse ébauche. Je renonçai ainsi , Tan der- Bier, à tout profit matériel dans la publication de mon second grand ouvrage (Syitime de jiolitique potitive , ou Traité de iociologie, imtituant la religion de fHumaniié). Cette résolution systématique, indispensable à la dignité du nouveau sacerdoce, vient de produire une précieuse réaction, qui dissipe les difficultés relatives à l'impreesion du tome premier, terminé le 24 février 1850. Depuis que j*ai aussi consenti à Pacbat séparé de chaque volume , un positiviste dévoué a noblement garanti les frais typographiques, en sorte que ce volume, déjà sons presse, doit paraître en juillet prochain. Quoique la difficulté ne soit ainsi levée matériellement qu'envers le tome premier, cette heureuse solution m'assure moralement la publication successive des trois antres.

Le positivisme commence donc à suffire, par ses propres ressources, à l'ensemble de ses besoins essentiels. Cette aptitude doit y compenser l'absence spéciale de toute protection hétérogène. Les autres rénovations trouvèrent toujours, dans le milieu correspondant , quelques précieuses assistances, en même temps que de puissantes entraves. Seule, la régénération finale se développe aujourd'hui sans aucun secours étranger. Cette exception semble inexplicable envers une doctrine dont le caractère relatif et Tesprit historique loi procurent des affinités partielles avec toutes les écoles actuelles. Mais la parfaite cohérence du positivisme dispose naturellement à lui refuser des concessions qu'on ne pourrait point limiter, tandis que la nature vague des synthèses antérieures ne faisait pas redouter un tel entraînement. Cette pleine harmonie, à la fois spontanée ei systématique, secondera bientôt l'ascendant universel de la nouvelle doctrine générale. Mais elle nous prive maintenant de toute adhésion incomplète. La religion qui vient réduire notre espèce à sa propre providence devait elle-même surgir sans aucune assistance hétérogène.

Malgré cette condition nécessaire , il ne manque maintenant au positivisme qu'une seule fondation essentielle, pour avoir assez organisé, sur une modeste échelle, Tensemblo de ses moyens d'avènement. Il nous reste à instituer la RewieocciderUalej qui développera l'application hebdomadaire de notre doctrine au

XXXVm SYSTÈME DE POLITIQUE POSITIVE.

cours naturel des éTéDemenls, inlellectaels ou sociaux. Mais cette importante institution, que je proposai Tainemeot en octobre 1848, est aujourd'hui pourvue d*uo nombre suffii^ant de dignes collaborateurs , français et occidentaux. Elle n'attend plus que les garanties matérielles indispensables à sa pleine efficacité, qui rendrait heureusement inutile mon subside actuel.

Salut et Fraternité.

Auguste COMTE , {hO, rue Moniieur''le^Prmce,)

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