DYNAMIQUE SOCULE. — PRÉAMBULE GÉNÉRAL
tion correspond au priocipal contraste encyclopédique de ma copstmction religieuse envers mon élaboration philosophique. Celle-ci représenta la sociologie comme l'aboutissant universel; tandis qa*ici cette suprématie n'appartient qu'à là morale , qui, d'après l'ensemble du volume précédent, constitue seule le terme de la science et la source de l'art II n'existe réellement ancone contradiction entre ces deux appréciations successives, pobqae ma sociologie renfermait d'abord la morale, quoique confusément La séparation normale àk ces deux sciences se borne donc à perfectionner la hiérarchie abstraite, en poussant plus loin l'application de mon principe encyclopédique. Un tel pas, dont l'importance théorique et pratique sera bientôt sentie par tous les vrais penseurs , deviendra , pour la postérité, le principal caractère philosophique de ma seconde vie. Or, la subordination de la sociologie dynamique à la statique sociale s'y rattache nécessairement, d'après l'affinité spéciale qui lie respectivement à la morale et à la politique les conceptions d'brcTm «I les notions de progrès, suivant le début du volume précédent.
Pour compléter ce préambule, j'y dois caractériser sommairement la succession générale et la propre destination des sept chapitres dont l'ensemble constituera ma philosophie de l'hisr toire.
Le premier établira directement ma théorie fondamentale d'évolutions, d'après la démonstration systématique des trois grandes lois sociologiques. Depuis que je les découvris (en 1822), je fus souvent conduit à les exposer sous divers modes. Mais leur explication dogmatique ne pouvait se trouver qu'ici, son vrai principe (Le progrès est le développement de V ordre) n'ayant été posé qu'à la fin de mon traité philosophique. Une telle démonstration caractérisera pleinement la profonde rationalité qu'acquièrent les théories dynamiques quand on les subordonne
coDveDablemeDt aux conceptions statiques. Ainsi purgées de tout empirisme , les lois d'évolution rattacheront l'ensemble du mouvement humain à la constitution générale de notre nature. Leur application historique représentera dès lors comme nécessaire Tenchalnement réel de nos principales phases, inteUec^ tuelles ou sociales. Néanmoins , elle ne dissimulera Jamais que ces phénomènes sont les plus modiGables de tous. Car, après avoir expliqué la marche originale > toujours résultée de la succession spontanée des populations les plus avancées, J*appré» eierai les modifications propres aux civilisations retardées, qui pourraient être désormais soumises à des impulsions vraiment systématiques. En construisant ainsi la théorie générale def transitions humaines , comme complément normal de celie dg mouvement principal , ce chapitre initial permettra de perfectionner autant la direction de l'avenir que l'interprétation du passé, D*après une telle appréciation de ce que l'évolution hu^ maine oiTre d'immuable et de modifiable, on reconnaîtra copir bien il importait de rendre déductive la conception, pHiwMve* ment inductive , des lois dynamiques.
Je commencerai dès lors l'explication directe du passé, par l'étude du fétichisme, objet propre de mon. second cba« pitre. Cet état fondamental est le seul qui ne puisse jamais être évité dans notre initiation, tant individuelle que collective. Sa prépondérance spontanée se prolonge essentiellement pendant toutes les autres phases préliminaires. Quoique ce premier âge soit le moins connu, c'est donc celui qu'il importe le plus de bieii apprécier. On y parvient , malgré l'insuflisance des document^ relatifs à nos ancêtres , d'après un examen rationnel des civilii* salions les moins avancées.
Son étude me conduira naturellement à celle de l'état théo« cratique, auquel je consacrerai le troisième chapitre. Car, U théocratie commence toujours par être purement fétichique j
DTHAMIQIJE SOCIALI. — !»1ÈAMBULE gênêbai. 7
qiioi(iiie MU principal essor exige ensuite le polythéisme gradoeliement émané de l'astrolatrie. Un tel régime constitue le seul mode rraiment durable de Forgaiibation théologique, n est entièrement fondé sur la grande institution des castes, dont le principe procure à toutes les phases suivantes leur seule source de consistance sociale. Ce polythéisme consenrateur , d'où procédèrent tous nos progrès , doit être apprécié d*abord dans sa propre nature comme premier type de systématisation , ensuite quant aux modUicalions spontanées qu'ii comporte , quoiqu'elies n'aient Jamais pu s'y dérelopper assez. Sous ce dernier aspect, son étude rationnelle peut aujourd'hui fournir de précieuses indications sur le prochain perfectionnement des plus vastes populations.
A ce régime initial succède , chez les peuples d'élf te , une immense transition dont la terminaison révolutionnaire se pro* longe Jusqu'à nos Jours. Elle doit être surtout étudiée tant qu'elle reste organique. Alors elle se décompose en trois prépavoiions nécessaires, spécialement relatives, d'abord 2i l'intelligence, puis à l'activité , et enfin au sentiment Leur succession spontanée explique l'ensemble des temps compris entre l'antiquité théocratique et le mouvement moderne. C'est ainsi que le quatrième, le cinquième, et le sixième chapitre de ce volume apprécieront respectivement l'élaboration grecque, l'incorporation romaine, et rinlliaUon catholico-féodale. Un tel enchaînement représentera le moyen âge comme spontanément émané de l'ensemble de l'antiquité, de manière à constituer la moins durable des trois transitions organiques , celle qui peut le plus être épargnée aux civilisations retardées.
Quand cette dernière préparation est accomplie , le système théologique et militaire se trouve essentiellement épuisé. Sa décomposition ultérieure ne peut plus tendre que vers une pure anarchie, devenue pourtant inévitable d'après l'impossibilité
s SYSTÈME DE POLinQUE POSITIVE.
radicale d'instituer alors l'état final , dont la vraie nature restait même inconnue. Ainsi surgit la double révolution qui sépare du moyen âge la crise actuelle de TOccident. Je consa* crerai mon septième et dernier chapitre à la saine appréciation de ses cinq siècles , en y caractérisant toujours les deux mou* vements simultanés de dislocation totale du régime provisoire et d'élaboration graduelle des éléments propres à Tordre définitif.
Mon explication de Tensemble du passé se trouve ainsi, dans ce volume 5 divisée en six parties à peu près égales , de manière à rendre Texamen plus précis à mesure qu'avance la préparation humaine , vu l'inégalité des phases correspondantes. Leur succession générale sera définitivement résumée par une .courte conclusion 9 où je constaterai l'entier accomplissement de notre immense initiation. Notre état normal, dont le tome précédent détermina la nature en faisant abstraction de son avènement^ deviendra dès lors, dans le volume suivant , l'objet direct d'une étude décisive, propre à guider désormais les diverses ten* dances de l'humanité vers sa constitution finaio.
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