‹ Système de politique positiveChapitre 5 sur 20 · PRÉFACE DU TOME TROISIÈME. ZXDC · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TOME TROISIÈME. ZXDC

5^ A Sa Majesté le tzar Nicolas, à Saint-Pétersbourg.

Pirn, Il If lidat »4 (loli !• Htt^^ ItSt). SlHB,

Un philosophe eoDstamment républicain adresse an pins absolu des rois actnelf nne exposition systématique de la régénération hamaioe , tant sociale qa^ntellectuelle. Mais nn tel en?oi s^explique aisément d'après son appréciation sp^ ciale. Car, ce penseur, dès son début décisif, en '1822, combattit toujours la souveraineté du peuple et Pégalilé, plus radicalement, au nom du progrès, que n'avait pu le faire aucune école rétrograde. En même temps , cet autocrate, depuis son ayénement en 1825, ne cessa jamais de se placer dignement h la télé du mouvement humain dans ses vastes États, tout en les préser?ant, avec nne sage fermeté, de l'agitation occidentale. Ainsi préparée, cette communication peut caractériser le» relations normales qi|lxige le bon ordre entre les vrais théoriciens et les éminents praticiens. En France, mon altitude philosophique est nécessairement anomale , puisque l'inaptitude des supérieurs m'y force habiiaellement d'invoquer les inférieurs ; ce qui donne aui meilleurs conseils une couleur révolutionnaire. L'Europe orientale peut seule permettre maintenant aux lumières théoriques d'atteindre des chefs disposés à les apprécier et capables de les utiliser. Un tel contraste résulte naturellement de Tanarcbie occidentale , qui fait ordinairement prévaloir les personnages les plus médiocres , parce qu'elle trouble profondément la plus diffirijedes fonctions sociales , le classement abstrait des individus selon leur valeur propre.

La vraie nature de cette immense maladie réserve nécessairement aux philo* sophes son principal traitement; car elle consiste surtout en une sorte d'aliénation chronique , qui , depuis la fin du moyen &ge , dispose ici chacun à ne reconnaître, au fond, d'autre autorité que la sienne, du moins envers les questions les plus compliquées et les plus importantes. Résultée de l'irrévocable décadence des anciennes croyances dirigeantes , elle ne peut cesser que d'après l'avènement d'une foi nouvelle , capable de surmonter les discussions dissolvantes. Non-seulement le trouble matériel n'est ici que la conséquence naturelle de la désorganisation spirituelle; mais celle-ci consiste davantage dans le désordre intellectuel que dans la perturbation morale. Quoique tous les sentiments sociaux soient trèsaltérés déjà, surtout le plus usuel, la vénération, seuls ils soutiennent encore l'existence occidentale , où leur dérangemipt ne résulte que de celui des idées correspondantes. Toutefois, cette inévitable réaction est maintenant parvenue jusqu^à compromettre radicalement notre vraie sociabilité; car elle a suspenda presque entièrement l'instinct de la continuité successive , principal caractère de l'humanité) pour ne laisser sentir qu'une grossière solidarité actuelle , ainsi de«

Teniie sooveot perturbatrice. La révolte collective des intelligences mod<>rne8 contre toates les autorités antérieares a graduellement produit , chez chaque occidental , Pinsurrection habituelle de Tesprit contre le cœur; ce qui tend à dé- (mire toute discipline humaine. Tout TOccident se trouve ainsi poussé vers un sauvage communisme , où la vraie liberté serait étouffée sous une dégradante

Pour mieux apprécier cette situation exceptionnelle, il faut l'opposer an seul cas historique qui lui soit assez comparable , quand le monde occidental passa do polythéisme au monothéisme. Cette longue et pénible transition fut plus sociale qu^intellectuelle ; et de là provinrent ses principales difficultés , consistant ^modifier profondément Tancienne existence civique , afin d'aboutir à l'entière abolition de l'esclavage. Au contraire, la révolution moderne, succédant à cette transformation décisive, devient surtout mentale, d'après sa tendance prépondérante à la rénovation radicale des conceptions humaines. On peut ainsi caractériser la profonde ineptie des docteurs actuels , que Timpuissance théorique et Tambition temporelle disposent à représenter comme politique une question essentiellement religieuse. Incapables de fonder une foi vraiment nouvelle , tons se bornent diversement à restaurer Pancienne, en la laissant privée des institutions indispensahles à sa consistance. Diaprés ce vaimpimulacre , leurs principaux efforts tendent à prolonger indéfiniment l'état révolutionnaire , en poussant toujours les populations vers de nouveaux essais politiques, qui ne comporteraient d'issue qu'en reposant d'abord sur une vraie reconstruction philosophique. C'est ainsi que la plus dangereuse perturbation émane aujourd'hui des théoriciens , devenus , au fond , non moins rétrogrades qu'anarchiques. Quelque funeste que soit réellement l'empirisme stationnaire, on plutôt résistant, des gouvernements occidentaux, il est réellement plus favorable à tous nos progrès , par cela même qu'il maintient l'ordre matériel an milieu du désordre spirituel. ^

Dans cette perturbation sans exemple , qui déjà suscita tant de désespoirs sincères , la sonrce de la guérison ressort spontanément d'un examen approfondi de la maladie. En effet , la révolte de l'esprit moderne n'est point absolue. Tout en repoussant des croyancrs devenues vraiment hostiles à la raison humaine , il a docilement subi l'ascendant graduel des nouveaux dogmes scientifiques , quoiqu'il ne connût pas leurs démonstrations. A la mérité , cette soumission reste encore bornée à la philosophie naturelle. Mais sa continuelle extension indique assez qu'elle peut embrasser aussi le domaine moral et social , pouryn qne les théories fnpérienres soient élaborées d'après la même méthode qui régénéra les inférieures.

La principale difficulté de la réorganisation occidentale se réduit donc à rendre la science sociale aussi positive que toutes les précédentes. Chacune des maximes générales qu'exige notre conduite, pri^ on publique, peut dès lors acquérir une eonsistance inébranlable, en reposant snr de vraies démonstrations, toujours accessibles aux intelligences compétentes , et spontanément acceptées par le vulgaire. La possibilité d'une telle reconstruction ressort de ce que l'avenir humain , comme tout antre, résulte essentiellement d'nn passé pleinement appréciable.

PRiPAGE DU TOMB TROISIÈME. XXXI

Bans qoe la plos actire intenrention da présent puisse jamais y prodaire au delà de modifications secondaires. Cest pourquoi mon principal précurseur , Téminent Condorcet, tenta déjà de fonder directement la politique sur Thistoire. Quoique cet admirable effort dût a?orter en un temps où les sciences préliminaires n'éiaieni point assez élaborées y il mMndiqua d^ayance la marche à suivre pour construire enfin la sociologie , quand la biologie fut con?enablement ébauchée. Ma principale t&che consista dès lors à découvrir les lois fondamentales de l'évolution humaine. La théorie historique résultée de là put bientôt dominer Tensemble des connaissances réelles , de manière à constituer Punité systématique qui manquait à la raison moderne , en fondant une philosophie pleinement positive.

Cette philosophie , où se développe l'aptitude organique d'un monvemeat jugé purement critique , a , dès son début , pénétré dignement en Russie. La sage vigilance de TOtre gouyernement envers les liyres occidentaux n*entrava jamais la libre circulation des six volumes de mon traité fondamental , successivement publiés de 1830 à 1842. Quelques communications précieuses, entre autres deux entrevues personnelles avec le vieux comte Romanzof, lorsqu'il revint à Paris en 1836y Ih'ont bientôt prouTé que Télite des lecteurs russes ne regarde point Tesprit français comme irrévocablement voué aux sophismes anarchiques. J'éprou- ▼ais ici le besoin de témoigner ouvertement la juste gratitude que m'inspira toujours cette honorable distinction.

Sans insister davantage sur une fondation philosophique qui tous est assez connue, je dois surtout signaler à votre éminente appréciation la construction religieuse dont j*y trouvai la base inébranlable , et à laquelle seule se rapporte mon enyoi.

D'après ma subordination encyclopédique des spéculations sociales à toutes les théories positiyes sur les ^^hénomènes plus simples et plus généraux , les plus difficiles études se concentrent irrévocablement chez quelques esprits d'élite convenablement préparés. Ainsi surgit une irrécusable discipline , apte à délivrer enfin l'Occident des sophistes et des rhéteurs. Eu même temps , la prépondérance, logique et scientifique , assurée désormais au point de Tue social , pousse nécessairement l'esprit moderne à rentrer dignement sous la domination du cœur, de manière à terminer radicalement l'anarchie occidentale. Mais cette double tendance ne pouvait être assez réalisée qu'en étendant le positivisme jusqu'au prineifal domaine humain , par son application directe à la vie affective.

L'esprit positif consiste toujours à connaître assez la réalité pour l'améliorer autant que possible. Issu d'abord de la sagesse pratique, il régénéra gradoellement toute l'existence théorique. Son double empire sur l'intelligence et l'activité se trouve complété par la fondation de la sociologie , qui lui soumet enfin les phénomènes les plus compliqués et les plus modifiables. Mais cela ne lui sufllsaît point pour renouveler la religion, qui, devant régler l'existence humaine, doil surtout en considérer les principaux mobiles , c'est-à-dire les sentiments. Le positivisme ne pouvait donc accomplir la régénération religieuse deTOccident qu'en se condensant tout entier dans un dogme unique , non moins apte à diriger nos affections que nos pensées et nos actions. C'est le plein établissement d'une telle

mn sivim m poutiovk iwiiiva.

WlM n' MMtiCM la éeftiMlJM prtpre et dirKto de «• tNMie caiiièi». Q«if. f M le Im'lé eorrffpoDdaet •# soil p le etrore ackevé , 1^ deix YoliBet di ari. eeel f eToi formetl ft noîti^ la plus difffile H la plat décietre. L^r leetare Me d*aill#trR lire précéda decelk do Catéehùmê potitititu^ qoi coelieal lae eip». flIJMy ioniiMire mM eoapJMe, d^ la aouYflle relif ioe, doat lei déreloppeaaiii firoal ea>«ile M«dié« daas la fàiitvpiê pontive,

Qopiqae profondésesl préparée par ma foodalioa philoMphique , cette eoi. ttradiM nlifieiae B*aorait p« dignement ftrgir ai Je a'afaie pu, en tespet^ ptrtaa, mhi per««0MllMifal n^ iniime r^aéralioii BHN«le, eoas ne saiito iDpaliioD fémiaiDe , <|ae, depaif wpt aas, la mort coneolide et perfectionie é» phia et plis. Car , poar mMtfl^r Pesprit moderne, j^araiidA d*abord y partiêipor ridiealeme al , de maaière à rené alir grafemeat sa teadaace aaarchini •ooire la domiaaiioo aormale do eœor , dont Presor direct defenait donc indhptaMhle à mon élaboralioa finale, if me croirait coapable à la fois d'iagratitade ft d*illasiofi, si Je ne signalais eonfenablement eette aagéliqae infloence qil d*atlleBrs Indique déjà Télat déflniiif de la raisen haoudae, rhomme peasaat sons riaspiralion sponlanée de la femme.

C'tft ainsi qne le digne concours da emir a?ce l>«prîl It enfin sargir aa centre de Tanarcbie moderne, le dogme fondam^tal dt l*HaBMnité, seule hêu possible de la rf ligion oniff rse Ile , vainfroent cWivMe, depait Tiagl siècles et Occident et en Orient. Noire nnllé consiste dte lors à rapparier toajoQrs notra •listence, prlfée oa publique, à cet être immense et élerael, spoatanémeaf oompoiid de taol^ les Indiriduaiités rraiment assimilables. Sa destinée aormaiW, constamment Pubordonnée aui lois immuables de Tordre oDirersely damîaesaBS cesse Pessar , personnel tm social , de nos sootimeats, de nos penséea, et de Boa actions . qai »•• peut se rdgolar Iser pleiaerneat qa'ea se consacrant à faimer al le ronnallri» afin de le sertir. Do " aeale aolioa générale, r^salte auftlifit la fbrmtile Mi-r^e .le la reUglao pasHIre : VAmomtpeur principe; rOntnpmwhtm

,t h h^n*^^ r^^ ^*' ^»'' *• ■*^' «■'*•' ^ "'^ '**'** » ^^ r^lc anfrenellé »t »^|l^H«».H•^ ^H drHS deelers af oeHes : fane , morale et eslbétiqne , Fw pmt rt,M..*. r^Mt»M, ^HSmn0 0i^rïtMtlWt, Or^^, es ProgrH ; 9pécttàtmni mWM

I . . ^Hf M èfnthim^ de e««tere4îgiaB fisale mmtenl nécesMureaieBr ja»-

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ntaàJSg 06 TOME TBOIfli&IUL XniH

Toi^oan Uéi à 1* politique , les di? ers modes do poljiktfUmt nVn^échèrau jamsis raftliqoité de dé? elopper les seDiimeDis nalureliemesi iicités |;ar i'acU- ▼idi euliecUfs. Mais U monoUiéisme, snrlool cbrélifo , ne pat syilénuoiser lafia liuiDaine qu'en la cooceairaol vers iia Iml esseniielleneoi p^rsoBoel , doai \% prépoad^raace îMterdiiaii Uifi^ eesoc social , si aoe ispilsioos affectives el prati^ quts ne surmoQUieBl assea nos entraves spécalniives. BânioMni les disposilioAt primitives , le posili visite vient làire irrévocablement prévaloir les noUes in* stiocts qui poussaient déjà les Scipioo , les César , et les Trajan à consacrer nos forces qoelcenqttes an service eontiaa de THunanité. Cette destination finale nn pouvait devenir directe tant qoe notre intelligence restait préoeenpée surtout en spéculations chimériques et que notre principale activité se consumait en hostilités mutuelles. Le théologisme et la guerre empêchaient même de eooceroir Pavénement complet du Grand-Ëtroy en interdîMot Tuniversalité d'opinions et de mofurs qu'il eiige. C^est pourquoi le mouvement moderne devait préparer la religion positive , en subiiiituant de plas en plus les connaissances réelles au croyances surnaturelles et la vie industrielle à l'eiisteoce militaire.

Malgré cette opposition nécessaire , la première obligation do positivisme consiste à rendre une pleine justice à ttius les régimes antérieurs ^ comoM instiluéi spontanément par l'Humanité pour diriger sa laborieuse inittatioB. L'espèce, encore plus qoe l'individu , doit offrir deui vies successives : Tune , purement préparatoire y destinée surtout à développer nos forces d'après leur exercice naturel ; Tantra, seule définitive, o^ nous en réglons l'usage d'après une suffisante appréciation de leurs teia réelles. Mais cet état final ne consiste jamais que dans l'accomplissement systématique , dès kurt pbs eevptet et plus direct, de la marcha que le régime préliminaire suivait empiriquement. Car , malgré l'immortalité solitaire promise par les croyances surnaturelles, chacun aspira toujours à s'éterniser dignement chez ses semblables. De même , à travers rexfstence guerrière , on reconnaît aisément notre prédilection naturelle pour les charmes paisibles de la vie dofloestique , liée à la seule activité civique qui puisse devenir universelle.

Quoique le régime préliminaire sembl&t contraire à cette double destination^ il ne cessa point de nous en rapprocher graduellement , tant que Pesprit théologique et la vie militaire restèrent indispensables au déTeloppement de l'intelligence et de la sociabilité. Tous les avantages de l'Occident moderne exigèrent d*abord l'évolution mentale pn>pre À nos ancêtres grecs , puis l'essor actif du monde romain , enfin l'initiation affective réservée au moyen &ge. Ce triple préambule reposa lui-même sur le fondement universel institué par la théocratie primitive. Ainsi, le positivisme explique et glorifie tous les régimes antérieurs, dont aucun ne devint essentiellement vicieux qu'au temps voisin de sa décadence, eu prolongeant outre mesure une domination naturellement provisoire. Ces dégénérations finales sont même excusables le plut souvent diaprés Pimpossibilité de les éviter, faute d'une théorie qui les signalât et d'une intervention qui les prévint, double privilège de l'ordre normal , seul systématique.

Cette aptitude spontanée à comprendre et célébrer Tensemble do passé constitua la propriété la plut caractéristique du la philosophie positive, dont Pespril

tXXiy SYStÈMÉ DE POLITIQUE POSITIVE.

tOQJoors relatif pooTait seul procurer enfin aux conceptions historiques une Indispensable plénitude. Sons la religion de rHomanilé, l'histoire détient la science sacrée , comme directement yonée à l'étade des d^linées do Grand-Élre. Elle forme la principale base de la juste autorité du sacerdoce positif, seul apte à déterminer Tavenir humain d'après Tinterprétalion du passé. Tontes les autres théories réelles ont sorlont pour objet de lui constituer graduellement un préamhole nécessaire. L'unité encyclopédique ne peut résulter que de leur double relation avec celte étude prépondérante. Gar^ la marche des sciences, qui toujours influe profondément sur Pensemble de Tessor humain , reste inintelligible pour quiconque leur est étranger. Mais , réciproquement, aucune science ne saurait être yraimeut comprise sans sa propre histoire , constamment inséparable de l'histoire générale de l'humanité.

La prééminence naturelle des conceptions historiques est d'ailleurs consacrée autant par le culte positif que par le dogme correspondant. En effet , l'adoration habituelle de nos dignes ancêtres , tant publics que privés , y devient indispensable au développement régulier de l'instinct de continuité , principal type de notre sociabilité. Cette culture est aujourd'hui tellement urgente pour surmonter l'anarchie moderne , que j'ai cru dcTOir déjà proposer aui occidentaux un calendrier historique propre à systématiser la commémoration journalière de l'ensemble du passé.

Enfin , le régime positif achèTe, après le dogme et le culte, de constituer la prépondérance normale qui convient à l'bistoire comme véritable guide de la TÎe humaine. Le principe fondamental de l'ordre humain consiste en ce que : Leg vinanti tont tttentiêlUrMtU et de phu en phu gouveméi par Ut fnortt. C'est seulement ainsi que la notion générale des lois immuables peut vraiment préva* loir en politique , à Texclusion radicale de toutes volontés arbitraires , tant humaines que divines. La marche nécessaire de l'bumanite détermine , en chaque cas, le genre et le degré des progrès correspondants , tant intellectuels que sociaux. Alors le présent trouve un guide assuré dans sa destination naturelle d'opérer la transition du passé vers l'avenir , de manière à prévenir ou réparer les fluctuations et les déviations.

D'après cette base historique, on peut mieux apprécier l'aptitude du positivisme à régler toute l'existence humaine.

Intellectuellement envisagée , la religion de l'Humanité consacre profondémenir toutes les saines études scientifiques , mais en leur imposant une sage discipline encyclopédique , d'après la constante subordination des travaux de détail aui vues d'ensemble. Le système entier des théories positives peut ainsi se condenser en deux grandes sciences , nécessairement irréductibles l'une à l'autre , malgré leurs relations mutuelles , la cosmologie et la sociologie, étudiant respectivement la Terre et l'Homme. Sans la première , la seconde ne comporte aucune consistance, ni logique ni scientifique, soit d'après sa complication supérieure, soit parce que l'ordre humain dépend de l'ordre matériel. Mais, réciproquement, la sociologie, une fois constituée, peut seule discipliner la cosmologie, de manière à faire dignement prévaloir I esprit relatif , en dissipant toute tendance absolue :

PRÉFACE DU ,XOJi& TROISIÈME. XXXV

car , Doos ne devons é(adier le monde qa*en Tue de Pbamaniié. On inelilae la ▼raie hiérarchie eocyclopédiqae en- décomposant chacan de ces deii domaines théoriques dans ses divers éléments essentiels. De là résultent -. d^abord la série inorganique, qui, fondée sur la Mathématique , comprend TAstronumie, la Physique, et la Chimie; ensuite, d'après cette base nécessaire, la série organique, commençant à la Biologie , et caractérisée surtout par la Sociologie proprement dite i pour aboutir à la Morale.

Conçue subjectivement , cette classification naturelle institue la logique positive , en déterminant l'immuable succession de nos études abstraites , où le meilleur génie ne saurait, sous peine d^avortement radical, franchir aucun degré fondamental. Objectivement appréciée , elle caractérise Tordre universel des êtres ou des existences. Son ensemble dévoile ainsi la loi la plus générale du monde et de Phomme , la constante subordination des plus nobles phénomènes envers les plus grossiers, qui sont aussi les plus réguliers, comme étant les plus simples. L'accroissement de dignité se trouve donc accompagné partout d'un surcroit de soumission et non d'indépendance. Mais , des phénomènes plus compliqués étant aussi plus modifiables, les lois supérieures réagissent toujours sur les inférieures , de manière à perfectionner sans cesse l'ordre naturel , qui repose nécessairement sur la domination de celles-ci. Le plus éoiinent de tous les étrrs connus est à la fois le plus dépendant et le plus actif, dans une économie générale dont il constitue seul la vraie providence.

Sous l'aspect moral , la religion positive est surtout caractérisée par sa consécration fondamentale des penchants bienveillants, dont l'eiistence naturelle était nécessairement niée par le monothéisme , quoique le polythéisme l'eût confusément représentée. Vivre pour autrui devient enfin la loi du bonheur autant que celle du devoir, d'après l'essor que la vie sociale procure aux inclinations où tous les indiTidns concourent spontanément. Au lieu de borner la discipline morale, comme sous le catholicisme , à comprimer nos instincts personnels , le positivisme la fait surtout consister dans l'excitation continue des affections sympathiques , dont l'activité normale fournit le meilleur régulateur de nos tendances égoïstes. Vouant toute la vie humaine, tant privée que publique, au perfectionnement universel , la yraie religion l'applique d'abord à notre situation extérieure , ensuite à notre propre nature , principal objet de notre sollicitude , individuelle ou collective. Traitant toujours l'égoîsme comme notre plus grande infirmité, sans cesse entretenue par nos besoins corporels , elle s'efforce de le subordonner habituellement à l'altruisme , dont l'empire ne peut jamais devenir oppressif. Alors les soins continus qu'exige l'existence personnelle se purifient en se réglant d'après sa destination sociale.

Mais ce plein essor des instincts sympathiques offre successivement trois degrés naturels, dont aucun ne peut être impunément franchi, puisque l'amour se rapporte d'abord à la Famille, puis à la Patrie, avant d'embrasser l'Humanité. Cette progression normale fournit la seule solution possible du grand problème, Uascendant habituel de la sociabilité sur la personnalité. La yie domestique devient donc la ba?e nécessaire de tout le régime positif, comme unique source d'initia-

xxxn ststKsb db nutioub puflinvB.

titn an triif Mtttfanls toct«n. Uit de CMtnvHé qw 4e MSteM , ^ Mw*l easvile i*f retrfwpfr taïf ce«se. C^ p<wn— î le celle nWfnel énjge 1§ •ne aipctif f« ^rerMetee aorale ée fhvmMil^. Set troît types iMMStiqnet fi«mi«e«t à ckm* ée m«s les Iroit aagfs-fnrdie m fii Mteml rwliatat le 4é«e«ricr é« Bal et le pM<ser n btei , sats qve leir aert svffrna eede nhHe fMdioa , qa^elle teiil méae à ferfedioater le j^las ea plis.

Lîbreai^al reflreiale aa Macioaire da»^stiq«e, la feaaie y pr^Je laefMfV, iiifoat eumm^ mHt et coaiBe époase « à rfatiaie anélioratiAa ie rioaiaa, dont PactîTe prépoatf^raace la pr^erre do IraTail eil^riear et d*aae rickesae d^p^daate. Aassi la rtl»|tioa pofHÎTe lai enafère- l-elle la nristeadaace de toatê Tédicafioti , et BéiBe la diredion de« ^fad^ efsentielleaieat esibéliqa^, aaïqiénea •vfit la CamiMe , poar préparer riaîtia'ioB scientifiqiie énaafe de Vt^jfe,

Sons aa tel a<eendaAl , r^rt , âme da coite , déreloppe foa aplîlade à forlifter Ms meilleffrs s^aiim^nts d*après va exercice idéal , doat rbabîtade peot seola préveair o« réparer «ne sécheresse théorique, laitiés par la fsma à la caltare Cithétiqae arant qae le prêtre noas inlrodaise aa doauuae sciealifiqM, Doas •aamies ai asi dispo<és h ealtirer toojoiini rieslioct de U perfedloB y qoi doit charmer la vie actire , et même coacoorir k la guider.

Eavisacé politiquement , le priacipal caractère do posîtîmme eoaHste à tvbf titoer partaal les devoirs a«x droits , comme les lots aox caosea , d'kprès féHmioatioa radicale des volontés arbitraires, afia que le relatif remplace fabsola. Ttat é%f% citoyea dêtieti alors oo foactioBaaira social , eterç%iil I la Mb an «liée spécial K «b« sage partfidpatioi h récoaomle péaérale. CoBfiaatt et rfBpMsahiliié eoasttlaeiit to«{<Nir« la doubla coadilioa H sarrlee hamata , oè nodépeadaaea «t le coocoârs ta coacilie nt radicalemeat La paissaaca et 11 ff- Aeste étaoieoastammeat rspportées à leur destiaatlot saciala, War eoacaaInktioB penoaaelle et le«r Jaste fariolabilitC soot aassilM rnaanet fndllpetnbloa à Inr efficacité dTlqaa , oè de graad9 deToirs exigent de gnadet fwcea. C*efil alasic que PaDiferselle prépondérance du point de fue hvmaio eiaohlit tl eoasollde à U fois Fobéissance et le commandement.

Plaçant le bonbeor dans Pessof des instincts sympatbiqoes, la religioa posîtÎTe dispose rhacnn h rechercher snriool le s ftatisfartions domestiques, natarellemeat accessibles à toas , et même plus propre» aoi inlérieirs. Dès lors, le principal devoir civique, à la fois iadividael et collectif, des dignes supérieurs ooasiste à garantir partout les conditions matérielles d*une telle existence , diaprés ua Juste emploi des capitaux doat rHomaailé leur confie la di9po<itioB. Ftvr» ou yrtmd jour devient la règle habilaelle d'uae conduite dtatinée à mériter Pestime publique , émanée surtout du prolétariat , préparé , par Téducallun universelle , à compléter les jugements du sacerdoce envers le patriciat. Sans aucuae délibération subversive , le moindre citoyen exerce spontanément rinilueuee consultative dae à ses vertas et à ses lumières. La libre traosmissioa du pouvoir devient la éuite nécessaire et le complément naturel de son digue exercice , diaprés la loi foodaaeutale qui réserve à chaque fauctionnaira le choix dO ton •aif l^pcuhtlioi da lou propre ftupdriotr.

mÉFACB DU Tom noisitiBk xxxni

Cfitt règi« doit s^éieiire jisqa'à la ri€à«tse, snifut «■• ptoint faeilté ûê iMter et d^a^ler, afin qae la responsabiliié croine avec raotorité. Le pnncipÉl remède du posilifisme eDYers les inconvénieDts habilueU de la propriété malé rielle eosBiete dîme à renplaeer rbérédUé tkéoeratiqiey aokiiienieiit foodée sar la Baifleanee^ par rbérédité lecidcraiiqQe , plis oMdifiable et mieai réglée. Dan ■a régive deeliiié amtetit à ditcipliDer l«s forces hanaiBes, il fait d^aillenn s^iaquiéter pea de lear erigiae quelcooqae , p«ar s^occopcr dafaotage de lear exercioe ordiaaire, eè la fiiké des (oDctfOBaaires iaiporte loojoars aa senriee pabiie. fiatislails de kvr positioa babitnélle^ les ptébéieas saoroal digaeineak protéger les patricteas eealre la tvrboleace des ambitieDS sobalteraes.

L'eaiemMe d'aae telle éceooniie, iatellpcCvelle , morale , et poiitiqae , repaie aéceesaireveot sir riolefirention toetiaae d^aa digoe sacerdoce, pleineoieat dittieci et toajoars iDdépeadaat da goaferoeiiient propremeat dU. Cette sép»ratiOD fondameotale entre le conseil et le comman dément , qaoiqae admirableaient ébauchée au moyen âge, y devint inconciliable, soit avec la prépondérance, aatarellemeai absolue , des croyances tbéologiqnes^ seit a? ec rackivité militaire, qai poosse toajoars à Pentière cooceatration H a pouvoir. Mais elle s^aoeompyt spontanément dans an régime où concourent l'esprit scientifique et la fie iadaa^ Irieile. Elle y complète la divisioD «armale aatra la tbéerie et la pratiqne, en l^endant Jnfqa*aai cas principaax.

tSeai direotear sysléoiatiqaa de Tédacattoa nalversHIe , le saeerdece y fonde aaa iataence conMittative sur teals IVxistenee bomaiae , tant privée ^e pi- Miqae. La commue étaburation da pertedioaneaient contiai lai réiienre spécialement \è, pies BoMa activité. Car raaDéltoralion eyitématiqoe de notre triple aatare, pbysifiie, iB(e]lectoeile,.et moralo, coaititae aétessairement le domaine ladivieibie da poavoir épiritael , ^oi seal en connaît aaiet les lefs. Le poàwmt taaiporfl aa bonra à présider «a perfactioanement habHael de noirs coadftlsii mttérieUa, d*apièa la eaiBaisfavea de Pordr» extériaar, epae^gaée et développée par le sacerdoce. Va roniverseHe coainaee qa'elle inspire , faotorilé relfgfeiiM deneat Tarbitre aormal des priocipaoi cofiflits, domestiqaes on civiques. Elle consolide la famille, en y eoBsaeraat la josta iaflaence de la femme, sortovt d'après la loi da veavage éternel , qai earactérise le mariage posftirieCo. Par sea •eaf eacremeats sociaax , elle lie soie nnellemeal toatta lea phases esieBtiellea da duiqae eiisteace à Tharmoaie aniverselle.

Daas la vie civique, le sacerdoce devient le directeur normal de TopintOB paUiqQe , dont «1 peut seul coordonaer les divers principes ea vue d^one sage application. UaiqaiB organe de THumanité, il consacre , en son nom , d'après la passé poar Pavenir, toutes les aetorités pratiques, qui, fans cette origine^ ■! pourraient obtenir aae suflBfiante vénération quVa réfullat d'un long eierclea. fieul juge compétent des morts, il est ainsi conduit à juger aussi les vivante qo'ila domiaent. Toutes ses attributions sociales peuvent se condenser daas la classement des hommes suivant leur mérite personnel, c'est-à-dire diaprés leor aptUada à représeater THamaaité , iadépoBdafflBieBt de lear office spécial , mais MM altérar jamaîa la Uéraïahie pimlifM. La aacardoce doit surtott développer

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ane telle appréciation parmi les prolétaires, tu la grataité nécessaire da travail hamain, qai place la vraie récompense de chacan dans ane jaste estime, sonvent refosée anx puissants.

Mais cet essor de la dignité réelle ne pent devenir complet que par la vie snbjective , où le sacerdoce domine librement , quand il a définitivement jngé chaque carrière humaine. Un régime où Popinion publique est régulièrement développée doit étendre jusqu'aux moindres types la glorification posthume, dont la grandeur et la durée se mesurent diaprés les services correspondants. Enfin , pour les plus vastes rapports humains , le sacerdoce constitue Punique pouvoir qui comporte une extension universelle. L^aatorité politique ne peut, sans dégénérer en tyrannie, dominer longtemps des populations trop diverses. Un même pouvoir temporel ne saurait emhrasser Pensemhle de POccident Européen. Même la plupart des Ëlats qui , depuis Gbarlemagne , composent cette république occidentale, sont devenus trop étendus, diaprés des incorporations, passagères quoique indispensables , dues à la décomposition spontanée du système catholicoléodal. Ces agrégations violentes ou factices se dissoudront bientôt , à mesure que la reconstruction du faisceau spirituel rendra superflue la concentration temporelle.

Au contraire , Punion religieuse convient naturellement à toute la planèta humaine. Si celle universalité, tant désirée et même espérée, n^xiste point encore , cela tient surtout à l'impuissance des croyances qui dirigèrent jusquMci son élaboration. D'après sa nature essentiellement subjective , la foi théologique ne put jamais réunir qu'une faible partie de Phumanilé. Mais la pleine réalité qui caractérise la foi positive lui permet d'obtenir librement un ascendant universel , quand les diverses populations retardées auront dignement atteint le niveau normal de POcddent. Alors un même sacerdoce liera directement tous les peuples par une éducation uniforme , des mœurs semblables , et des fêtes communes; de manière à devenir le régulateur avoué de leurs conflits quelconqueS| et le directeur naturel de leurs progrès concertés.

Tous ces services , intellectuels et sociaux ,. du clergé positif exigent surtout son entière indépendance de chaque pouvoir temporel. Mais , dans Pétat normal, la séparation fondamentale des deux puissances ne saurait être sérieusement compromise par l'autorité pratique , malgré ses intentions souvent tyranniquee envers le sacerdoce. Car, elle n'aspirera jamais à lui ravir son principal office , puisqu'il exige une longue et difficile préparation théorique. Les dangers inverses sont seuls redoutables , d'après la profonde popularité que pourrait facilement obtenir la corporation spéculative, et qui pousserait des ambitions coupables à faire dégénérer la sociocratie en théocratie , en usurpant une domination temporelle. Tel est le principal écueil du régime flnal, où la vigilance spontanée des bons citoyens , comme la sollicitude systématique des dignes prêtres , doit sans cesse contenir cette tendance rétrograde , trop conforme à l'imperfection naturelle des meilleurs types humains.

Voilà pourquoi le premier engagement sacerdotal consistera dans une solennelle renonciation , non-seulement à (oui office temporel , mais encore à tout*

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