‹ Système de politique positiveChapitre 6 sur 20 · PRÉFACE DU TOME TROISIÈME. XXIIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TOME TROISIÈME. XXIIX

richesse , même coUeciiTe , soit acquise , soit héréditaire. Depais les simples TÎcaires josqu^aa Grand-Prèlre de rHumanité, chaque membre du clergé positif ne fondera jamais sa sabsistance qae sur ud digne subside annuel , émané d*abord de libres cotisations privées , et finalement réglé par les goa?ernements. Tout antre profit matériel résallé de son office, même par la Yente de ses li?rei oji de ses leçons , exposerait le prêtre à la priyation dn sacerdoce. La Téritable ambition de tout théoricien consiste k mériter personnellement la juste prééminence qoe sa classe possède dans Testime publique. Cette disposition sera facilitée ji'après le petit nombre des prêtres positivistes , d'ailleurs fondé sur la difficulté de leor préparation^ outre les frais qu^ils entraînent. Une doctrine complète et toujours démontrable^ qui rarement exige des interprétations systAmatiques^ permettra de restreindre beaucoup la classe contemplati?e , dont Textension fut exorbitante jusqu^ici. On pourra toujours suffire k tous les besoins spirituels des cent vingt millions d'occidentaux avec un corps de vingt mille théoriciens , d'où cent mille pour la terre entière , représentant chacun quinie mille francs de frais annuels, tant matériels que personnels.

Actuellement bornée à son fondateur, celte corporation suprême doit déjà pratiquer dignement les règles de conduite qui lui permettront de présider à la régénération humaine. Car, le pouvoir spirituel, quoique plus diffosible qu^ancun autre ( puisque chaque àme des deux sexes peut j participer secondairement), est aussi le plus susceptible de condensation. 11 commence nécessairement par une tête unique , ot résident pourtant toutes ses institutions essentielles , tant de culte, et même de régime, que de dogme. Cette loi, vérifiable chex le grand Saint- Paul, seul fondateur réel du catholicisme, doit convenir davantage an positivisme , plus complet et mieux coordonné. Il fallait donc qoe ma propre conduite, privée et publique, fournit, autant que possible, le type anticipé du sacerdoce que j^institue.

Le plein sentiment d'une telle obligation m'a disposé graduellement à convertir t<yis mes incidents personnels en autant de manifestations décisives, propres à guider mes successeurs , surtout quant à l'abnégation fondamentale des grandeurs temporelles. Toujours privé d'héritage , je fus enfin dépouillé de toutes mes ressources professionnelles , d'après l'infatigable iniquité de nos coteries scientifiques, malgré les sympathies, sincères mais impuissantes, de nos divers gouvernements. J'ai pu dès lors personnifier déjà la situation normale du sacerdoce positif, en renonçant publiquement, d'abord à toute charge temporelle, puis à tout poste scientifique ou pension quelconque, et finalement à tous les profits matériels de mes libres travaux , écrits ou verbaux. Ma subsistance repose uniquement sur les souscriptions volontaires annuellement émanées de mes divers adhérents. Quoique ce subside reste encore insuffisant , son accroissement continu complétera bientôt les garanties que l'élite du public occidental institue spontanément contre toute indigne perturbation de ma carrièrrt religieuse.

Ainsi certain de pouvoir utiliser pleinement les dix dernières années de mon entière vigueur cérÀrale , je me félicite que ma propre existence puisse déjà

XL 8TSTË1IB DE POUTIQUB POSITIVB.

eanetëriser raUilode qa*eiige la juste indépendance dn neaTeaii saeerdeêe. Le pea d^accaeil qae ma doctrine doit attendre de ceoi qui distriboent , en Occident, les grandeore temporelles, me permet d^espérer qne cet exemple fructiflera chef mes adjoints on succepsenrs qnelconqnes , même indépendamment de kfor abnégation spontanée. Car, c'est là pourtant le senl miliea qni soit maintetant préparé p<nir le prochain arénement de la religion positive , malgré l'unitersalité qnMfe obtiendra dans deux on trois siècles.

Le positivisme ne confient encore qn*à la Répnbliqoe Occidentale^ fondée par Cbarlemagne diaprés Tin corporation romaine , développée ensuite sons 4e régime catholico-féodal , et finalement sonroise an double monvement moderne de décomposition générale et de recomposition spéciale. Il fant même , parmi les t^il populations qui la composent, distinguer le peuple central, comme seul investi de Tinitiative dHine régénération que doivent «^approprier dignement les nalionst limitrophes , d^abord au Midi, puis au Nord. En restreignant à la France ce périlleux privilège , Tensemble du pa^Fé lui réserve aus9i Pattitude politique qu^exige un tel enfantement, qni ne pouvait émaner qne d^un libre empirisme , Bécessairement désordonné. C'est pourquoi tous les véritables hommes d*État dn siècle dernier respectèrent instinctivement la préparation négative qui détermina rexploston française , et même Torageux essor de celle-ci, tant quVlle conserv« son vrai caractère. Il devait surtout consister dans Tavénement de la république, qui , complétant la dissolution du système ancien , pouvait seul permettre la conception et Télaboration de l'ordre nouveau.

L*histoire caractérisera teojotirs la révolution française d'après TébranlenoBt radical de 17d5, saus s'arrêter au vague prologue de 1789 , qu'acceptent désoivmais les divers contre-révoYutioniiaires. Devenue irrévocablement rétrograde dès ta seconde moitié du règne de Louis XIV, la royauté française sticcbmba définitivement avec Louis XVI^ après un siècle de putréfaction croissante, qfii marqUÉfft ime telle issue- Jamais elle ne fui rétablie ensuite, malgré les diverses ilIniBioos offlciellfs, où , prenant les mots peur des choses^ on oublia que ses deux caractères essentiels, l'inviolabilité et I hérédité , n'appartinrent à aucun de nos dictateurs successifs. Mais l'empirisme universel ne sent assex cette situation Bécessairement républicaine de la France que depuis le renversement de notre dernière fictiop monarchique. Les quatre années qui viennent de s'écouler ont étendu, quoique confusément, à tous les Français la conviction jusqu'alors concentrée cbf s les théoriciens guidés par une saine doctrine historique. Néanmoins , le positivisme peut seul procurer à celle tendance républicaine une consistance décisive, en la dégageant des croyances métaphysiques, qui d'abord la cecondèrent quoiqu'elles loi soient éirangères. C'est aussi le senl mode suivant lequel la république française se purifiera de tout carat 1ère subversif , tant au dehors qu'au dedans. Toutefois, la doctrine positive est encore loin de prévaloir asset pour diriger nos prochains ébranlements , qui vont donc centinaer à s'accomplfr solvant l'empirisme récent, dont voici la marche réelle.

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