‹ Système de télégraphes et de semaphores a l'usage de la marineChapitre 3 sur 5 · TÉLÉGRAPHIE DANS LE GOLFE ST. LAURENT · texte numérisé non relu

TÉLÉGRAPHIE DANS LE GOLFE ST. LAURENT

Lettre importante du Dr. Fortin.

Parmi les questions qui doivent être discutées à la prochninp Session du Bureau de Commerce de la Puissance, à Ottawa, cette semaine, se trouve la question de l'extension de notre système lélégraphique, le long de nos côtes m u'itimesetjustiu'aux grandes lies du Golfe.

Le Dr. Fortin, l'orateur de T Assemblée Législative, a adressé la lettre suivante au bureau de commerce de Québec, et l'on sait que personne n'est plus conpétent que lui pour traiter ce sujet. Nous sommes sûr que cette lettre sera lue avec intérêt, surtout par les délégués du Bureau de Commerce, car ils y trouveront les meilleures raisons pour faire valoir, aiîprès du Gouvernement, la nécessité de mettre à exécution ce projet avantageux pour notre navigation.

Deuxième lettre publiée dans le Canadien du i y février iSjS-

Au Président dl Bureau de Commerce de Québec.

Monsieur,

Ayant appris que le Bureau de Commerce de Québec, a T intention, lors de la prochaine réunion du Bureau de Commerce du Dominion, qui doit avoir lieu à Ottawa, de soumettre à son attention, entre autres questions d'un grand intérêt, le projet de communications télégraphiques propres à favoriser la navigation dans le Golfe et dans le Bas du Fleuve Saint-Laurent, je prends la liberté de transmettre une carte, que je pourrais appeler la carte télégraphique du Golfe, et du bas du Fleuve Saint-Laurent, que j'ai fait préparer et dresser dans le but de mieux faire saisir et apprécier le système de télégraphie projeté pour ces endroits.

J'aurais été heureux de pouvoir étendre cette carte a la Nouvelle-Ecosse, au Nouveau Brunswick et à l'ile de Terre-Neuve, mais la connaissance que j'ai des côtes de ces contrées, ne m'a

pas paru suffisante pour me permettre d" entreprendre un pareil travail que d'autres mains plus habiles devront, un jour ou d'autres, produire ou compléter. Je me bornerai à faire observer, en passant, que le système de télégraphie maritime, dont je recommande et la construction et l'organisation dans le golfe et dans le Bas du fleuve Saint-Laurent, devra s'étendre aux Pro vinces mai-itimes, chez qui on en senî le besoin pressant, tant à cause de l'importance que des dangers ciu'otfre la navigation dans leurs parages.

Mais avant de traiter le sujet principal de cette lettre, je crois qu'il serait à propos de faire quel(]ues remarques sur la navigation du fleuve et du golfe Saint-Laurent, sur les ports de Québec et de Montréal et sur leur rival, le port de New-York.

Le Canada possède dans ses hics. le fleuve el le golfe St. Laurent, la voie la [)lus courte et la plus directe qui relie le Grand Ouest à r océan Atlantique.

Kt cependant, jusqu'ici le port de New-York a reyu la plus large part de cummerce de l'Ouest : mais les améliorations qui vont être faite sur le canal ^Yelland et les canaux difs du Saint Laurent et qui penïiettront aux bateaux à hélice du plus fort tonnage de transporter des produits depuis le lac Michigan et les antres grands lacs jusqu'aux ports de Montréal et de Québec, vont nous donner les moyens de rivaliser avantageusement avec ce port et de détourner par la voie du St. Laurent une partie de cet innnense conunerre.

Dans le but d'arriver à ces résultats, il ne suffit pas toutefois d'anu^liorer la navigation intérieure, mais la navigation côtièreet d:^ mei- ishfp narigd/ion), encore [»lus importante, doit être rendue aussi sure, aussi rapide et à bon marché que l'art et la science ]>'Mivent le faire.

Pour bien comprendre l'urgente nécessité d'améliorations de ce genre, il serait d'opportunité iVétablir un parallèle entre le port de New-York d'un côté et les ports de Montréal et de Québec 'le l'autre. Car la vérité doit èti'e mise au grand jour, au sujet des facilités relatives d'accès et de sortie qu'offrent ces difTérents ports.

Dès que le pays comprendi-a que la navigation entre le port de New-York et la mer est plus courte, plus sûre, et à meilleur mar-

rhé qup relie du Saint-Lanrent à rOrénn, nos hommes d'Etat feront tout en leur porvoir pour (outinuer l(»s améliorations déjà commencées et surtout graud^mieut hâtées depuis le régime fédéral, et pour dimiiiier les dangers et les frais de la navigation entre Montréal. Québec et l'Océan.

Port de Nku-Yuhk.

Ou sait que ce port est accessible à des vaisseaux du plus fort tonnage, en toute saison de l'année ; et que du moment qu'un navire a quitté le port, il n"a à fournir qu'une course de vingtdeux milles dans la direction de l'Océan, pour être dégagé de tous détroits, chenaux et récifs et se trouver en pleine mer.

Le rayon de pilotage du dedans an dehors du port de New- York n'est ainsi que d'environ vingt-cinq milles de longueur; il faut ajouter en outre que les côtes voisines sont réputées peu dangereuses au point de vue de la navigation.

Port de Montréal

Kuti'e le poi't de Montréal et celui de Québec il y a une distance de 135 milles nautiques de pilotage et en sus du pilotage il il y a enco]-e le remorquage pour le navire a voiles.

En fait de dangers, il y en a peu à redouter dans ce trajet des coups de vent, des brouillards ou des tempêtes de neige, car on y trouve partout un bon abri et un mouillage sur.

Les rares accidents qui surviennent sont dûs soit à des collisions soit au peu de largeur ou de profondeur du chenal au divers endroits : mais il est facile de remédier à d'aussi minces inconvénients.

Port de Qiérec.

Le port de Québec est en communication avec l'Océan par le bas du flenve et par le Golfe Saint-Laurent. Le cours du pilotage s'étend jusqu'au Bic, distance de 150 milles marins, mais ce cours, s' opérant au milieu d'un champ de pilotage d'une superficie considérable et semée d'îles, d'îlots, de récifs, de bancs, coupé ou traversé par la force des courants de marée, et vu l'absence de tout port de refuge, au cas d'accidents, il se trouve ainsi follement compliqué et présente un carac^tère d'autant plus sérieux qu'il est sujet à être entravé par une foule de cas imprévns et auxquels cependant le pilote est tenu de faire face.

On a beaucoup fait, et pins spécialement sous le régime de la Confédération, pour jendre plus facile et plus sûre cette partie de la navigation du Saint-Laurent, soit au moyen de phares ordinaires ou flottants, soit au moyen de bouées, d'amarques, de canons ou de sifflets de brune ; mais tous ces moyens de sauvegarde et de protection sont encore loin d'être parfaits.

Il faudrait, s\u' le parcours du pilotage, lui plus grand nombre de phares et de sifflets de brume pour permettre à tout navire de naviguer, par ruie nuit noire, en se dirigeant d'une lumière vers ime autre lumière, ou par le brouillard ou par tempête de neige, en allant d'un canon à un sifflet, et d'un sifflet de brume à un canon, partout du moins où les sondages ne sont pas sûrs.

A partir du Bic, point extrême du cours du pilotage, un vaisseau avant d'être en furin ou en pleine mer, devra parcourir une distance de quatre cent trente cinq milles marins et encore, faudra-t-il accepter comme haute mei\ le passage du milieu du grand estuaire du Golfe Saint-Laurent compris entre le Cap Ray du enté de Terre-Neuve et le Cap Nord du Cap Breton.

Les dangers se multiplient sur le passage du navire sans le trajet de ces i3o milles. . II suffit, pour s'en convaincre de se rappeler les nombreux naufrages qui ont lieu chaque année sur les deux rives du fleuve Saint Laurent, sur la côte sud de l'île dWnticoslL sur les Iles rJeUt J/a^r/f»/^//?^^ auxquelles se rattachent, comme on le sait, nic-nuxOisraux et l'île Bri/on, qui se trouvent en travers de In course des navires ; sur Tile Saint Paul^ au Cap Ray • aux îles Saint-Pierre et Miqueloa et sur la côte Nord de l'ile du du Cap Breton.

Vous trouverez ci-joint lui état démontrant le nombre d'accidents maritimes survenus dans ces parages durant la dernière saison (1875). C'est un tableau considérable de pertes de tous genres. On y verra la preuve, que la navigation, en cet endroit n"est pas encore entourée des précautions nécessaires, etquepoiu*tant il est de saine politique, de poursuivre les améliorations entreprises depuis la Confédération pour rendre cette unique sortie que nous avons siu' l'Océan, prompte et peu coûteuse.

Mais jusqu'ici nous n'avons songé qu'à prévenir le naufrage ou l'échouage des navires. Dans d'autres pays, on a recours à divers autres moyens, pour protéger la navigation, ([ui n'ont pas

fMir.ore oté omployés dans lo nôtre. Jo voux parler de la télégraphie maritime. Kn Knruixî, on Ini a donné nn immense développement, dans ce bnt, et il n<? s'y tronve pas nn senl point de qnel- (in'importance maritinn', sur les côtes dn vienx continent, (jni ne soit [ionrvn d un phare, ndié à un lil télégraphiqne et ninni d'un senia[)h()re.

Va\ X(M'vé,<.ïe même, une conirée moins peuplée et moins riche pourlani, (jue le Canada, on a tronvé moyen d'entourer les côtes de fil électri(iu(\ comme on peut s'en rendre compte par la carte que je produis avec cette lettre. On ne s'est pas contenté de pousser ce télégraphe maritime jnscjn'à Hammerfest, la ville maritime la plus avancée v(M's le Nord ([ui existe, mais on l'a iji-olongé jusqu'au Cap nord près de 71" de latitude nord et d'où il s'étend vers rF]st, touchant au passage à tous les points de quelque importance, en sorte que tout accident qui survient dans ces parages est de suite annoncé télégraphiquement dans tous les ports qui peuvent lui apporter la plus prompte assistance. Il n'y a pas lieu de s'étonner si les naufrages dans ces régions occasionnent moins de pertes de vie et de valeurs que ceux qui surviennent dans les eaux du bas du lleuve et du golfe St. Laurent, où il est imposiiblo de se procurer des secours aussi prompts et opportuns, par défaut absolu de coiinnunications.

Je dois ajouter que la télégraphie maritime a été appliquée au développement des pêcheries en eau profonde, et à la protection des pécheurs dans leurs pénibles et souvent périlleuses opérations, et l'extrait suivant du rapport du Consul de Sa Majesté en Norvège, expliquera l'emploi, au point de vue industriel et humanitaire, de la télégraphie maritime, comme protection donnée aux pêcheries.

Permettez-moi, maintenant, de donner quelques explications sur le système de télégraphie maritime dont je recommande la création pour le bas du fleuve et le golfe St. Laurent.

Ce système doit reposer sur le principe : « que par le moyen de « communications télégraphiques constantes avec les côtes mari- « tunes qui s' étei: dent des deux côtés de l'estuaire du Saint-Lau- « rent jusqu'à l'Océan, depuis le Bic juscju'à l'entrée du Golfe « entre le Cap Ray et le Cap Nord, un bon nombre de vaisseaux « qui maintenant sont perdus corps et biens, pourraienl être remis à ^ flot^ reniorquéi et sauvés avec leurs cargaisons^ et dans bien des cas.

<( les souffrances des équipages et des passagers seraient considérable- « ment soulagés. » A P appui de cette proposition, je citerai des faits.

En 18G6, nn des steamers de la compagnie Allan, ayant à bord pins de 300 passagers, vint s' échouer à m Points? Sud de l'Ile d'Anticosti. he commandant de bord, pour faire connaitre sa triste position à ses armateurs et demander les secours nécessaires, dut envoyer une embarcation du Ii( '.i de l'accident, en premier lieu, à la pointe sud-ouest de l'ile, à (iO m Lies de distance ; et do là à Gaspé, soit 50 milles plus loin encore, et pour atteindre le bureau de télégraphe le plus rapproché, à Gampbelltown, N.-B. le messager eût à faire par terre, un trajet de 150 milles : en tout, 280 milles.

Gène fut que près de quinze jours après l'accident que les propriétaires du steamer en furent informés, et si une tempête l'avait brisé, les provisions de bouche auraient été perdues et les 300 malheureux passagers se seraient trouvé exposés à mourir de faim sur un rivage inhospitalier, sans abri et éloignés de tout établissement. Pour la même raison, l'absence ou la grande difficulté de communications, les passager^^ et l'équipage ne purent être recueuillis qu'environ un mois après T accident, et le steamer ne fnt de fait remis à Ilot et conduit an K issin de Gaspé qu'après plus d'un mois.

Je puis également citer \o fnit de naufrage d'nn autre steamer anx Rockers des Oiseaux, et le naufrage de deux autres steamers, près de l'île au Perroquet, sur la côte du nord.

Toujours pour là aiême cause, l'extrême lenteur des communications, les passagers et les équipages de ces vaisseaux, endurèrent des souifrances pénibles, avant qu'on vint à leurs secours.

Je puis également citer le cas de la barque Eléenore qui, se trouvant engagée et dans l'impossibilité de continuer sa route, dût jeter l'ancre à la Rivière-au Renard dans une rade ouverte. Le commandant du bord envoya demander du seconrs à Québec, mais son messager eût à parcourir 185 milles pour se rendre à la station voisine du télégraphe, à Gampljelltown, dans le N.-B. ce qui causa un relard de plus de trois jours. Le steamer Napoléon reçut ordre de descendre, mais vers le sixième jour, au moment même où ce bateau arrivait sur le lieu du nauLage, presqu'en vue de la Rivière au Renard, une tempête s' étant élevée, la barque

fut jotéo à la rivo et mise en jnèces el il s'ensuivit une perte d'au moins STOJIÛO, la barque et sacai-gaison comprises; et s'il y eût eu alors à la Rivière au Renard une st.ition lélégraphique, comme il en existe une aujourd'hui, grâce à l'esprit d'entreprise et de progrès des liabitants de Gaspéetd(? RouMventure, un télégraunni^ qui aurait coûté SO.oO au plus, el qui aurait aniciic le Napoléon sur le lieu du naufrage, 48 heures après l'accidiMil, aurait sauvé le vaisseau et sa cargaison, au moins 870,000.

Dois-j(^ citer le cas du Clirrok^'c, un navire marchand de Montréal, chargé d'une cargaison de grande valeur, qui, rété dernier, vint à la côte sur \\\\ banc de sable, à peu de distance de T extrémité Est des îles de la Magdeleiue. On m'a dit que ce vaisseau est resté là plus d'une semaine, sans avoir soulîert d'avarie sérieuse, et qu'il aurait pu être mis à flot et remorqué au large, s'il avait reçu des secours en temps opportun ; mais comme il faut deux ou trois jours, et parfois davantage, pour aller de l'extrémité Esta l'extrémité Ouest des Iles de la Magdeleine où touche le steamer delà malle, et connue ce steamer ne s'y rend qunnc^ fois par quinze jours durant l'été, il s'écoula plus de deux semaines avant que la nouvelle de l'accident parvint à la terre ferme et le navire fut complètement perdu ; et ce ne fut qu'à grand frais que l'on transporta à Québec ce qui fut sauvé de la cargaison.

Je pourrais rappeler un grand nombre d'autres cas, venus à ma connaissance, durant les vingt-quatre années que j'ai parcouru le golfe, mais cette énumération d'accidents serait oiseuse, parceque toute personne au courant des alïàires maritimes, comprendra l'état d'abandon dans lequel se trouvent les navires qui ont la malcbance de s'échouer sur les côtes indiquée;: déjà, et spécialement sur l'île d'Anticosti et sur les îles de la Magdeleine, deux endroits isolés qui pendant tout l'hiver, c'est-à-dire depuis le commencement de décembre jusque vers la fin d'avril de l'anné suivante, n'ont aucune communication avec la terre ferme, et où même durant la belle saison, les communications sont difficiles et incertaines.

Le système que je propose ferait disparaître tous ces inconvénients.

En jetant un coup d'œil sur la carte on verra qu'un certain nombre de lignes et de stations télégraphiques déjà existantes, et

marquées de bleu, forment partie du système, et ces lignes et stations déjà ont rendu de grands services aux intérêts maritimes. Elles comprennent : r

lo La ligne télégraphique qui court le long de la rive sud du lleuve Saint Laurent, jusqu'à Matane.

2t» La ligne qui unit Québec à Mnrray Bay.

$0 La ligne qui joint Matapedia à la Rivière-au-Renard, sur la côte de Gaspé : C'est de ce dernier point que presque tous les steamers océaniques sont signalés, soit en montant soit en descendant.

40 La ligue télégraphique dans l'île du Prince-Edouard, par laquelle on est informé des naufrages survenus sur les cotes de l'île, mais non sans une "perte notable de temps, parce ([ue la ligne n'atteint pas les promontoires sur lesquels ont lieu presque tous les naufrages.

5'> La ligne qui va joindre la rive nord du Cap Breton.

60 La ligne de Pointe-au-Basque.

7»> La ligne de Saint-Pierre Miquelon.

Je me propose, par mon projet,d' ajouter à ces lignes en upération, tous les lignes marquées en rouge sur la carte, savoir :

lo. Une ligne de Matane à la Rivière-au-Renard, distance de 185 milles, pour combler la lacune existante entre ces deux endroits.

On verra qu'aussitôt cette ligne complétée, la rive Sud de golfe Saint-Laurent et la côte Nord de la Baie des Chaleurs seront ceintes par un fil télégraphique non-interrompu.

20 Une ligne qui atteindrait les Iles de la Magdeleine, le Rocher-aux-Oiseaux devant être spécialement compris dans ce système, avec- des stations dans les ports ])rincipaux de ces Isles, soit de l'Ile du Prince-Edouard soit du Cap Breton. Le but pourrait également être atteint par Tune ou l'autre voie, mais après mûre réflexion, je suis porté à croire que la communication établie par le Cap Breton otiVirait de plus grands avantages.

3. Une ligne sous-marine, partant de l'anse au Griffon sur la côte de Gaspé et s'étendant jusqu'à la pointe sud-ouest de l'Ile d'Anticosti et courant ensuite le long de la côte sud de cette île jusqu'à la pointe de l'est d'un côté et jusqu'à la pointe ouest de r autre.

\. Vwp \'\ç:^^e pnifant dr lArisr ;"i In ('roi\, sur la livo Sud du Golft^ S.-jinl L;mr(Mil, (M lr;i>'(Ms,int i\ l.i PoinU^-des-Mniits, j)OstP impoilaiil de la rC)[v Noid. i»iiis conraiit vers ri'iSt, h» long df» la vwv Noi'd insijuanx Sept ilos cl à Moisie.

.'». Tnc liunc d(* pcMi d"(''l(Midiit' taisant coTniininiiiniM* la ligne principale dc^ Tlic (\\\ PrincisKdonaixl, à la Rivière (]()lvillo, avec la Toinle I'>sL et une anire petite ligne reliant Tignish sur la uiTmiic grande ligne, an ('.aji Nord de la dite lie.

(i. l'ne coni'lc ligiK^ coui'anl de Aspnj Bay^ vers le (]a}> Nord el le (ia[) Saint lianrent sur lUe du Cap Breton.

T. l'ne ligne s'étendani de la station de Shippagan jusqu'au jdiai'c (U' la pointe Miscon.

l']n doiuiant un coup (IomI à la carte, on verra (jne c.es lignes projetées, ajortées au res(»au télégraphique déjà existant, entoureront presque tontes l(>s côtes (pii s'éiendenl. sur chaque côté de la sortie vers la nier, des Pro\inces de Québec. Ontario, Manitoba et (lu Grand Ouest.

En soi-te que tout accid(Mitqui pouriait arriver à un vaisseau dans ces parages serait signalé dans un temps comparativement court.

Ce n'est pas tout encoi-e : je l'econnnander'ais de faire de tous les phares situés sur la ligne, autant de stations télégraphi([nes, et d'ajouter à chacun d'eux un sémaphore qui permit de faire des signaux aux vaisseaux passant à distance. Et comme complément {\\\ système, et pour procurer aux navires en détresse l'assistance prompte et effective sur laquelle ils ont droit de compter dans les eaux d'une nation maritime bien organisée, comme nous nous vantons de l'être, je j*econnnanderais au gouvernement de faire stationner au Bassin de Gaspé, qui est le centi-e du système que je viens d'exposer, le steamer du gouvernement, destiné à l'approvisionnement des phares dans le Golfe Saint-Lanrent, quand il a hni ce service.

Je ne crois pas que lé gouvernement puisse construire ou faire construire toutes ces lignes simultanément, mais il pourra les ériger les unes après les autres, en co;nmençant par celles dont le besoin se fait le plus vivement sentir. ]^ors(|ue le système sera en parfaite opération, nul accident ne i)Ourra arriver à un navire remontant ou descendant le Golfe ou le fleuve Saint Laurent, sans qu'il puisse être signalé aux quartiers généi-aux, à temps

pour le sauver, daus la plupart des cas, avec l'assistance du steamer stationné dans le havre de Gaspé.

Je me suis efforcé de rendre le texte de cette lettre lettre clair et intelligible à toutes personnes, même à celles qui vivent à de grandes distances dans F intérieur. Car chacun dans le Diminion est intéressé dans ce système projeté de télégraphie maritime. Cest d'abord une proposition humanitaire, en second lieu il coutribuêra à prévenir, dans bien des cas, et àdiminuer dans d'autre^ cas, les consé([uences désastreuses des accidents qui arrive à la navigation dans ces parages, et en donnant une plus grande protection à la propriété, il forcera les assurances à diminuer leurs tarifs sur les navires et leurs cargaisons.

Et chacun daus le pays eu profitera, et alors et pas avant, nous pourrons faire une concurrence sérieuse à notre port rival.

Je n'étudierai pas la question du coût de la construction de ces lignes, mais d'après h.^s informations que j'ai pu recueillir, elles ne (-(niteraient pas un prix très élevé, vu qu'il ne sera pas nécessaire d'employer à la construction des parties sons-marines, un cable d'un aussi fort diamètre (].ue celui des lignes transatlantiques, et les steamers du gouvernement pourraient être employés à la pose ou aux réparations nécessaires. Permettez-moi d'ajouter que le gouveruemenL en jiortant secours à un navire en détresse aurait sou droit de sauvetage, et, comme un bon nombre de navires seraient ainsi secourus chaque année, le revenue qui en serait retiré, paierait l'intérêt (ïes sommes employées à la construction (le CHS ligues.

Cette lettre a peu l-ètre été trop longue, mais j'ai cru devoir traiter le sujet, du mi(Nix ({ue je pouvais, convaincu que je suis, qu'il serait inutile d'améliorer la navigation intérieure du pays, mesure que j'approuve cependant de grand cœur, sans faire des eiforts analogues pour améliorer la navigation des côtes maritimes, par tous les moyens à notre disposition.

P. FORTLN.

Québec, l'i janvier I87(i.

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