PRODUITS COLONIAUX
Enfin , pour compléter le tableau des produits^* compris dans le budget de l'État, il faut mentionner, également pour ordre, les revenus d'outremer de la possession d'Alger et de nos anciennes colonies ; les premiers s'élèvent à peine à 2 mil- A lions, et les seconds ne s'expriment dans notre comptabilité législative que pour le million que l'Angleterre paie à la France, en échange de . plusieurs concessions faites à son, commerce de^ l'Inde.
Chaque année, les 2 millions de produits lo— n Revenus eaux de l'Algérie concourent à fonder les bases !
f .de notre établissement en Afrique, avec les 50 millions que le Gouvernement consacre à soutenir l'honneur de cette conquête, et à encourager les espérances de son avenir. Nous faisons des voeux
4 pour que ces sacrifices annuels, dont le montant s'élève déjà à plus de 500 millions , donnent à la France en puissance militaire , politique et commerciale , une prochaine compensation de ses généreuses avances. Mais il est difficile de croire que la proximité de cette longue cote , sans abri pour nos flottes, resserrée étroitement entre le désert et la Méditerranée, et presque dépourvue de population, favorise le développement de notre navigation et de notre force maritime; que le succès même de ses différentes cultures n'ajoute pas aux embarras de notre surabondance pour les produits indigènes, et puisse utilement remplacer, pour les denrées exotiques , celles de nos possessions lointaines; que ses habitants peu agglomérés , et dont les croyances résistent à la civilisation, offrent un débouché important à nos marchandises ; enfin , que cette position isolée et sans ressources assure à notre pavillon une plus grande influence en Europe.
Redevance ^ Nous croyons devoir recommander encore à I l'attention du Gouvernement la demande présen-
EXAMEN DES REVENUS PUBLICS. l4l
tée dans le rapport de la cour des comptes sur l'année 1827, pour que, d'après les règles générales de la comptabilité publique, tous les revenus des colonies soient rattachés au budget de l'Etat, comme le sont aujourd'hui tous les produits des départements de la France. L'analogie qui existe entre ces deux services justifie suffisamment cette mesure d'ordre qui aurait, nous n'en doutons pas , des conséquences très-favorables à la protection de ces précieuses dépendances de notre patrie. Tout ce qui tend à séparer ces possessions nationales de l'action directe et de la surveillance générale des pouvoirs de l'Etat, à les soustraire à l'examen et à la prévoyance de la législature, semble relâcher les liens qui doivent les unir à la métropole et les associer constamment k tous les avantages de leur communauté d'intérêts. Nous sommes persuadé que l'isolement de leur régime financier, que le défaut de clarté de leur comptabilité spéciale a contribué souvent à désintét^sser les regnicoles et à détourner l'appui tutélaire qui doit s'étendre sur ces possessions lointaines comme sur toutes les parties de l'administration intérieure du pays. Toutes les réticences qui sont opposées au droit du plus fort par la méfiance du plus faible, sont impuissantes
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pour préserver ce dernier, et Je privent ordinairement de l'assistance qui lui est nécessaire. Nous n'espérons pas cependant que cette amélioration de comptabilité procure à nos anciennes colonies, à ces précieux auxiliaires de notre bien-être et de notre puissance navale, des faveurs aussi généreuses que celles qui sont accordées à la nouvelle occupation de l'Algérie ; mais nous pensons qu'elle nous disposerait a mieux / remplir toutes les conditions du contrat mutuel ( qui les unit à la France comme des départements
\jnaritimes.