‹ Système financier de la France (volume 2)Chapitre 56 sur 70 · CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES VALEURS DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES VALEURS DE CRÉDIT

On reconnaît par les notions succinctes et élémentaires qui précèdent que les nombreux procédés organisés pour faciliter la circulation des capitaux et les transactions du commerce suffisent pour maintenir dans tous les temps et chez tous les peuples l'activité et la ponctuelle exécution des affaires : parce qu'ils se suppléent mutuellement sans interruption et sur toutes les places , et qu'ils ne servent pas seulement à procurer le prompt écoulement des fruits du travail, mais qu'ils fournissent encore des avances propres à féconder leur reproduction.

Si quelque circonstance fortuite et locale vient à déranger temporairement la proportion commune qui doit exister entre le prix des différents objets et le taux des valeurs monétaires, et à faire pencher d'un côté ou de l'autre le niveau qui les

mesure, l'intérêt vigilant du commerce intérieur et extérieur tend aussitôt à rétablir, entre les marchandises et leurs moyens d'échange, l'équilibre général qu'il maintient partout, par ses offres ou ses demandes, en profitant du bon marché des produits par des achats plus considéra- ^' bles, qu'il expédie sur les points où leur coût est

plus élevé.

Effets à re- Toutefois il importe de ne pas oublier que la

cevoir et à , ;■

payer. véritable destination de toutes les promesses du

crédit faites par les particuliers, les négociants et les banquiers , est seulement de mobiliser et de multiplier la présence des capitaux matériels par des engagements écrits ; que l'exactitude à acquitter, ces valeurs conventionnelles constitue leur cours et leur existence ; que toute incertitude, tout retard de remboursement suffit pour les déprécier et les détruire. Les mêmes moyens qui fertilisent la richesse du pays peuvent devenir des causes de gêne et de ruine. Il est donc indispensable de préparer toujours une provision suffisante et disponible pour assurer l'accomplissement de l'obligation contractée : l'honneur et la fortune des souscripteurs de ces divers papiers sont étroitement attachés à cette double condition. Ces principes de morale et de prudence doivent con-

stamment présider à Temploi de tous les procédés

par lesquels on obtient de la confiance publique

des fonds incessamment remboursables avec les

produits du travail qu'ils alimentent.

La lettre de change surtout qui est devenue la , Lettres de " ^ change.

monnaie courante du monde commercial , et qui donne sans cesse la vie et le mouvement aux transactions mutuelles des différents peuples, réclamait , par l'importance des services qu'elle rend à la société, des précautions particulières contre la mauvaise foi ou la négligence des signataires qui auraient pu en altérer le crédit et en restreindre l'usage : le législateur a donc cru devoir garantir la ponctualité de son acquittement à l'échéance en mettant, non-seulement tous les biens, mais encore la liberté du débiteur inexact, à la discrétion de son créancier, dont le recours se poursuit jusqu'à la contrainte par corps.

Les banques publiques de circulation qui re- ^an*^^^^ çoivent de la société, sous certaines conditions, le privilège de battre monnaie sur des feuilles de papier et de substituer, dans la sphère de leur action, leurs billets à vue aux valeurs métalliques, doivent aussi proportionner leurs émissions à leurs moyens de remboursement et conserver une réserve en numéraire toujours prête a satisfaire

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sans aucun délai à toutes les demandes d'espèces; un seul instant de suspension ou même d'hésitation de paiement marque le terme du crédit sur lequel repose toute l'existence bien plus morale que matérielle de ces institutions locales , puisqu'elles se bornent à prêter la confiance qu'elles inspirent à ceux qui leur paraissent dignes d'en partager les secours.

Leur principal office consiste en eifet à faciliter les échanges et à réaliser 'par anticipation, dans les mains laborieuses de l'industrie, les ressources qui entretiennent et qui développent la fertilité de ses créations. Elles servent plutôt d'agents intermédiaires à la production, par l'application qu'elles donnent aux capitaux inactifs, qu'elles n'accroissent le montant réel de ces capitaux par des émissions de valeurs représentatives. Aussi les banques de dépôts , qui se bornent à économiser les frais et les retards du maniement des espèces et à accélérer le mouvement des transactions , ontelles donné longtemps des secours toujours utiles aux places les plus commerçantes et les plus sûres de l'Europe, telles qu'Amsterdam, Hambourg, Gênes et Venise.

Tous les avantages, toutes les espérances de ces institutions de crédits s'évanouissent sans la sécu-

EXAMEN DE LA CIRCULATION DES VALEURS. 25l

rrté, qui est la seule base sur laquelle il soit possible de fonder leur avenir.

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