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DE L'OPPORTUNITE FINANCIERE DO REMBOURSEMENT

Poursuivons néanmoins cette discussion, en portant nos regards sur la situation économique et financière de la France, à la fin de l'exercice 1839.

Nous nous félicitions depuis quelques années de reconnaître que les embarras des circonstances difficiles aient été surmontés ; que le travail ait repris son activité temporairement interrompue ; que les 900 millions de sacrifices extraordinaires supportés en 1830 par le pays, ne laissaient plus aucune trace dans lafortune de l'Etat ni dans celle des particuliers ; que les progrès du mou* veinent social avaient augmenté les revenus publics et privés, de manière à développer la richesse générale, à remplacer les produits abandonnés par le Trésor sur les boissons , les douanes, les jeux et la loterie, et à lui procurer des tributs plus abondants du commerce, de l'in-

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dust.rie, des consommations et des transactions civiles qui soldaient presque tous les déficits des exercices antérieurs, et préparaient des excédants de recettes aux budgets suivants.

L'équilibre de nos besoins et de nos ressources ne s'était pas seulement rétabli avant 1840 , mais la dette inscrite avait été à peu près ramenée à ce qu'elle était avant 1830, tandis que la progression naturelle du revenu public nous assurait, après l'acquittement de toutes nos charges ordinaires , une réserve annuelle de 90 millions, en y comprenant les fonds affectés à l'amortissement ; enfin la dette flottante était devenue momentanément fort inférieure aux voies et moyens du Trésor, puisque sa caisse centrale s'était encombrée d'une stagnation d'espèces montant à 200 millions.

L'accroissement graduel des fruits du travail et de l'économie se manifestait dans toutes les classes de la société , par l'afûuence des versements faits aux caisses d'épargne, et par l'empressement, trop souvent inconsidéré t de nombreux capitaux à se jeter dans des entreprises de toute nature, dont la plupart auraient tendu un piège à la détresse du rentier, si le gouvernement ne les en avait pas défendus, avant la conversion , par une bonne loi sur les sociétés en commandite par actions.

Tout semblait donc concourir en 1839 à prouver, que la prospérité de la fortune publique, et principalement la surabondance onéreuse et toujours croissante des ressources matérielles du Trésor, qui retirait déjà plus de 200 millions d'espèces de la circulation , ne permettaient plus d'ajourner la libération de nos dettes antérieures.

Lorsque, tout à coup , celte heureuse situation des

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finances, encore si brillante au commencement de 1 840, quoiqu'elle fût déjà menacée , par les frais de la conquête de l'Algérie et par l'entraînement des entreprises de travaux publics , d'un déficit de 200 'millions' sur les exercices 1841 et antérieurs, a été entièrement renversée , dans l'espace de quelques mois, par des inquiétudes et par des embarras politiques qui ont grevé le Trésor de plusieurs centaines de millions d'engagements imprévus contractés en l'absence des Chambres , qui ont déprimé le cours des effets du Trésor, ralenti les opérations du commerce et de l'industrie, répandu la méfiance parmi ceux qui déposaient " leurs épargnes entre les mains de l'Etat , et compromis l'équilibre de nos budgets ainsi que les améliorations futures de notre crédit public. Nous avons donc été obligés d'ajourner jusqu'à des temps plus prospères le remboursement ou la conversion de nos rentes inscrites en 5 p. 0/0.

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