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TADLKAU 1. — RÉCAPITULATION DES SÉRIES A

O. SCHOTTÉ

§ 8. Récapitulation.

De l’ensemble des expériences rapportées dans ce chapitre, dans lesquelles il était pratiqué d’un côté, et simultanément, l’amputation et la résection du plexus nerveux correspondant, tandis que l’autre côté subissait une amputation simple et symétrique et servait de témoin, il se dégage un premier fait extrêmement important et net, celui d’une inhibition temporaire ou définitive du powoir régénérateur du côté prwé d'innervation.

Il suffît de jeter un coup d’œil sur le tableau récapitulatif pour constater que les 276 individus en expérience ont présenté, sans exception, une régénération normale du côté témoin, tandis que la régénération n’a commencé, du côté privé d’innervation, qu’avec un retard variable, mais toujours net par rapport au côté témoin. Il y a donc, sous l’influence de la suppression des branches du plexus innervant les pattes antérieures ou postérieures, un arrêt du pouvoir régénérateur. Cet arrêt se montre définitif dans 146 individus, soit 52,9 %, tandis que les autres manifestent plus ou moins tardivement une reprise du pouvoir régénérateur. L’écart entre la patte témoin et la patte opérée est toujours tel que la première présente un régénérât avancé, avec des doigts déjà différenciés ou en voie de formation, lorsque la patte opérée montre les premiers indices d’un début de régénération. Il est donc évident que l’interruption globale de l’innervation supprime, au moins temporairement, une des conditions essentielles de la régénération normale.

Lorsque, d’autre part, on compare d’une série à l’autre, la valeur du retard manifesté par la patte opérée dans la reprise de son pouvoir régénérateur, on voit que celui-ci est très variable, allant depuis un minimum de 15 à 20 jours jusqu’à un maximum de 80.

De même, le pourcentage des animaux qui, du côté privé d’innervation, manifestent une perte définitive du pouvoir régénérateur, est très variable d’une série à l’autre.

Pour comprendre ces différences, il faut tenir compte de trois éléments: la saison, le niveau d’amputation de la patte et le niveau de résection du plexus nerveux.

a) Influence de la saison. Il est bien connu que la vitesse de régénération et, par suite, le temps nécessaire à l’apparition du bourgeon

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de régénération, varient avec la saison. C’est au mois de juilletaoût, que cette vitesse est la plus grande, en janvier, qu’elle est la plus réduite. L’examen du temps que mettent les pattes témoins à présenter un début visible de régénération, suivant les mois de l’année, mettra en évidence, dans toute sa simplicité, cette relation.

Amputation

Nombre

Début de la

en

d’animaux

régénération

Janvier ....

40 à 50 jours

Avril-juin . . .

30 jours

Juillet-août . .

15 à 20 jours

Si maintenant l’on examine, dans des séries comparables — par exemple, amputations suivant A B et résection du plexus suivant a è et a’ b\ — les résultats obtenus du côté opéré, en fonction de la saison, on voit qu’en valeur absolue la reprise du pouvoir régénérateur se fait plus tôt en été qu’en hiver, mais l’écart entre les dates où la régénération débute du côté témoin et du côté privé d’innervation varie aussi, bien que faiblement, dans le même sens.

Ainsi en jéTnvier (série A I), les pattes privées d’innervation ne com.mencent à régénérer qu’au bout de 110 jours, les pattes ténioins ayant présenté les débuts des phénomènes régénératifs au bout de 40 à 50 jours. Par contre, en août, le côté opéré régénère déjà au bout de 60 à 65 jours; mais il faut tenir compte du fait que le côté témoin a commencé à régénérer déjà au bout de 15 à 20 jours. L’écart entre le début du processus dans la patte témoin et dans la patte opérée, se montre être de 70 jours en janvier, de 50 à 60 jours en août.

Il y a donc une légère diminution de la durée d’inhibition de la régénération du côté privé d’innervation pendant l’été, mais, à toutes les époques de l’année, le phénomène essentiel, celui d’une action inhibitrice par suppression d’innervation, se montre constant.

b) Influence du nweau d"amputation. J’ai indiqué que les amputations ont été faites, sujvant les séries, à 4 niveaux différents qui, en allant du plus distal au plus proximal, ont été désignés par les lettres A B (au-dessus du carpe), C D (au-dessous du coude), E F (au-dessus du coude) et G H (auras de l’épaule). (Voirfig. 4, p.41).

Or, il se trouve que si l’on compare les résultats de ces différentes catégories d’amputations, pour une même saison et un

même niveau de résection du plexus, on constate que la durée d’inhibition de la régénération du côté sans nerfs est d’autant plus grande que le niveau d’amputation est plus distal, c’est-à-dire plus éloigné du point où les nerfs ont été interrompus.

Nombre

Valeur

Nombre d’absences

Saison

d’individus

du

définitives

retard

de régénération

1° Amputations suivant A B :

Janvier . .

70 jours

7 individus

Avril . . .

Juin .* . .

Août . . .

jours 0 »

2^ Amputations suivant C D :

Août . . .

3® Amputations suivant E F :

Août . . .

40 Amputations suivant G H:

Août . . .

Si, pour éviter toute action perturbatrice de la saison, on ne compare que des séries pratiquées en août, on voit nettement que le retard décroît, à mesure que les amputations se rapprochent de l’épaule.

Niveau AB. retard de 45 à 60 jours

» CD. » » 35 à 40 »

» EF. » » 20 à 30 »

)) GH . » » 15 à 25 »

c) Influence du niveau de résection du plexus. Ainsi que je l’ai indiqué, le plexus a été réséqué suivant deux longueurs: l’une comprise entre le niveau a’ è’ et a 6, l’autre qui enlève plus complètement le plexus, du côté proximal, entre a’ et c d.

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Or, iJ se trouve que, pour un même niveau d’amputation, le retard à la régénération est d’autant plus grand que le plexus a été coupé plus loin de la surface qui doit régénérer.

Examinons d’abord les résultats des amputations faites suivant le niveau constant A B, accompagnées d’une résection du plexus suivant a 6 ou c d.

Résection du plexus suivant a b :

Saison

Nombre

d’individus

Retard

Absences de régénération

Janvier . . .

jours

7 individus

Avril ....

J uin ....

Août ....

2^ Résection du plexus suivant c d.

Saison

Nombre

d’individus

Retard

Absences de régénération

Mai ....

Juin ....

Juillet. . . .

Août ....

On voit qu’à une même saison, en août, par exemple, pour une j'* même surface d’amputation A B, la régénération réapparaît au j bout de 45 à 60 jours si le plexus a été coupé distalement suivant ‘j a à, au bout de 70 à 80 jours si le plexus a été sectionné plus proxi- * malement, suivant c d. .

De même, à l’époque moyenne avril-juin, le retard est de 45 à | 60 jours après la section a à et de 75 jours après la section suivant c d.

Cette relation se vérifie si l’on examine les opérations où les amputations ont été faites plus proximalement, suivant les niveaux E F ou G H.

Saison Nombre Retard

Absences de régénération

d’individus

lo Résection du plexus suivant a b.

Août (EF).. 27 20 à 30 jours

» (GH). . 30 15 à 20 »

3 individus 2 »

2® Résection du plexus suivant c d.

Août. 13 30 à 40 »

Juillet. 15 30 à 40 »

En une même saison, pour une amputatiou proximale, le retard est de 15 à 30 jours si les nerfs ont été réséqués à partir du niveau a b, de 30 à 40 jours s’ils ont été sectionnés à partir du niveau plus éloigné c d.

On voit, en groupant les résultats obtenus suivant le niveau d’amputation pour une même section nerveuse, et suivant le niveau de section nerveuse pour un même plan d’amputation, que le temps que la patte opérée met à récupérer son pouvoir régénérateur est d’autant plus grand que l’amputation a été faite plus distalement et la section nerveuse plus proximalement. Autrement dit, la valeur de ce retard augmente avec la distance entre le niveau de régénération de la patte et celui à partir duquel l’innervation a été interrompue.

L’hypothèse la plus simple pour expliquer cette relation consiste à supposer que le pouvoir régénérateur n’est récupéré qu’après que les nerfs sectionnés ont réussi, par la régénération propre de leurs axones, à atteindre la surface qui doit régénérer.

Or, il est évident que ce rétablissement de l’innervation se fera d’autant plus vite que la distance entre les bouts coupés du plexus et la surface d’amputation sera plus petite. La vitesse de régénération des axones devant elle-même varier avec la saison, le retour à l’état de l’innervation devra se faire un peu plus vite — toutes choses égales d’ailleurs — en été qu’en hiver.

C’est l’hypothèse que j’adopterai provisoirement, me réservant de la discuter plus à fond lorsque je parlerai des vérifications anatomiques effectuées sur les animaux ayant, ou non, récupéré leur pouvoir régénérateur. C’est à ce moment également que j’indiquerai comment on peut interpréter les pourcentages, si variables, des animaux chez lesquels la régénération a été définitivement inhibée du côté privé d’innervation.

Rev. Suisse de Zool. T. 33. 1926.

O. SCHOTTÉ

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