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CHAPITRE IV

La suppression globale de l’innervation et la régénération des membres chez des larves d’ürodèles de 20 à 30 mm.

Les résultats des séries A et B ont démontré l’étroite dépendance de la régénération des membres des Tritons vis-à-vis du système nerveux. La présence d’une innervation intacte s’est révélée une condition indispensable, la régénération faisant défaut en son absence et apparaissant de nouveau lorsque, semble-t-il, les nerfs ont été eux-mêmes reconstitués, par régénération. Les artifices j

expérimentaux précédemment utilisés ont montré la très grande j

précision de cette dépendance entre le système nerveux et la régé- ‘

nération des pattes.

Jusqu’ici, cependant, mes expériences n’avaient porté que sur | des organismes adultes, âgés de plusieurs années. 11 était dès \ots tout indiqué de vérifier la généralité du phénomène observé et d’établir si la régénération des membres de larves d’Urodèles ^ obéissait aux mêmes lois que celles des Urodèles adultes. |

Le chapitre consacré à l’historique a montré que, dans l’esprit !

de tous mes devanciers, la question s’est présentée d’une façon très '

simple, puisque les trois auteurs (Rubin, Wintrebert et Goldstein) qui ont publié des travaux sur cette question, sont tous d’accord pour n’accorder au système nerveux aucune action dans ^ la régénération de ces jeunes organismes. t

Par une curieuse inconséquence, les savants qui ont critiqué les | travaux d’après lesquels le système nerveux n’avait pas d’influence sur la régénération des animaux adultes, ont accepté, sans réserves, les résultats expérimentaux de Rubin, Goldstein et Wintrebert ‘ qui sont ainsi devenus classiques. j

J’ai déjà dit plus haut combien la méthode employée par les auteurs cités était critiquable, toutes les expériences ayant porté , uniquement sur le cerveau ou la moelle épinière, les ganglions | rachidiens et le système nerveux sympathique étant restés, après | l’intervention opératoire, absolument intacts et en communication ininterrompue avec les membres. i

J’ai repris ce^ expériences en appliquant aux larves la méthode qui consiste à réséquer les branches du plexus qui fournissent toute l’innervation des membres.

Pour donner aux expériences plus de valeur démonstrative, je me suis efforcé de travailler sur un matériel aussi jeune que possible, et les larves les plus grandes que j’aie opérées dans ce but ne dépassaient pas 30“^°^. Ainsi, me suis-je tenu constamment en-dessous de la grandeur des sujets opérés par Goldstein, le seul qui ait travaillé sur des larves de Tritons (T, taeniatus),

§ 1. Matériel et techniques opératoires.

J’ai utilisé pour cette recherche des larves de Salamandra maculosa, nées le jour même au Laboratoire ou extraites de l’utérus maternel, et des larves de Triton cristatus et de T. alpestris, fraîchement capturées dans l’étang de l’Institut.

La méthode opératoire est évidemment très délicate, mais j’ai réussi à extraire toutes les branches des deux plexus avec une certitude suffisante.

Les larves étaient narcotisées, comme les adultes, dans une solution d’éther, spécialement préparée à cet usage, quelques gouttes d’anesthésique suffisant pour 20 cm^. La principale condition de réussite est la rapidité avec laquelle l’opération est effectuée, toute recherche un peu prolongée des nerfs étant généralement mortelle pour les larves. Pour l’opération, la larve endormie est placée sur la table d’opération humectée d’eau pour éviter le dessèchement, puis toute l’opération est effectuée sous le champ d’une loupe binoculaire, permettant un grossissement de 27 diamètres. La recherche et la section des nerfs ne sauraient, en effet, être pratiquées autrement, les branches du plexus étant, à cet âge, d’une extrême finesse et presque entièrement transparentes. Pour l’éclairage, il est indispensable de se servir de la lampe Mignoter (Leitz) qui permet d’obtenir un faisceau lumineux très puissant et susceptible d’être orienté à volonté. La résection des nerfs du plexus est pratiquée comme chez les Tritons adultes. Pour ce qui concerne le niveau de section des nerfs, je ne saurais donner des indications précises, les branches du plexus étant réséquées dans des conditions qui ne permettent pas, à ce point de vue, une précision constante. Je puis cependant être affirmatif quant au fait de la suppression totale de l’innervation.

O. SCHOTTÉ

toute opération douteuse, sauf dans deux cas qui seront signalés tout spécialement, étant éliminée. La durée de l’opération consistant dans l’ouverture de la région sous-scapulaire ou sacrée, ainsi que dans la résection des trois ou quatre branches du plexus, ne doit pas dépasser cinq minutes. Après l’opération, la larve, dont la plaie ne peut pas être suturée, est placée dans une solution physiologique que j’ai composée en modifiant le liquide de Locke, en abaissant à 0,01 % la teneur en chlorure de chaux, mais en relevant, par contre, à 0,02 % la teneur en chlorure de potassium. Le liquide que j’ai utilisé était, en définitive, le suivant:

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