IV. Rapports naturels et classification des Prosobranches
Rapports naturel des Prosobranches.
L'embryologie comparée à l'anatomie. — Torsion des Gastéropodes; chiastoneurie. — Prosobranches sénestres. — Conclusions.
Classification des Prosobranches :
Éléments fondamentaux d'une classification naturelle. — Classifications les plus récentes. — Deux sous-ordres. — Diotocardes : Zygobranches, Azygobranches. — Monotocardes :
Téiiiûglosses, Sténo^ilosses. — Coup d'œil général sur les Prosûbranches.
Conclusions et lableau résumaiil les alTinilés et la (.'lassiOcation des Prosobranches,
Je me serais éloigné du but, sans ajouter beaucoup à l'intérêt de ce travail, si j'avais étudié, dans ses détails intimes, le système nerveux de tous les genres cités plus baut. ("eilt été d'ailleurs un travail de beaucoup plus longue haleine, et ((uatre années n'auraient pas suffi pour le conduire k bien, .l'ai étudié aussi complètement que possible le système nerveux d'un certain nombre de genres que l'observation et la comparaison m'ont indiqué comme étant des types ou des chefs de file auxquels se rattachaient les autres. C'est ainsi qu'on trouvera une description détaillée des genres suivants : Patelle, Nérite, Cérithe, Buccin, Turbo, Paludine, Anipullaire. Cyprée, Triton, Cône, Janlhine, Gonchole|)as. Avec ces genres et ceux étudiés préalablement par M. de Lacaze- Dutbiei'.s, on arrive bien vite à distinguer ce qui est important et ce qui est accessoire dans le système nerveux. L'étude des autres genres s'est limitée d'elle-même aux parties importantes, les détails étant laissés de côté dans une mesure d'ailleurs très variable qui dépendait du genre lui-même, des matériaux dont Je pouvais disposer et des travaux antérieurs relatifs à ces genres. Elle a permis des généralisations importantes, et avec elle j'ai pn relier ries formes qui paraissaient bien difTèrentes ou séparer des genres que l'on avait à tort jusqu'ici réunis.
Nomenclature. — Avant d'entrer dans la partie descriptive de ce travail, il ne sera pas inutile de donner une idée du système nerveux des Prosobranches en général, et d'indiquer les termes, empruntés tous aux nomenclatures antéiieures, dont je me servirai dans la description.
Le système nerveux des Prosobranches comprend : 1" deux ganglions cérébroïdes, situés oïdinairement en arrière de la masse buccale, et reliés par une commissure sus-œsophajîieime; 2" deux ganglions pédifiix situés au-dessous des
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précédents, reliés entre eux par une commissure sous-œsophagienne et de chaque côté aux ganglions cérébroïdes par un connectif latéral; S"" deux ganglions palléaux, latéralement placés l'un à droite, l'autre à gauche par rapport à l'œsophage ; le ganglion droit se rattache au ganglion cérébroïde droit par un connectif cérébro-pal léal, au ganglion pédieux du mémo côté par un connectif palléo-pédieux; le ganglion palléal gauche présente les mêmes relations avec le ganglion cérébroïde et le ganglion pédieux du côté gauche ; ¥ deux ganglions buccaux situés en avant des ganglions cérébroïdes et unis par une commissure buccale sous-œsophagienne; chaque ganglion buccal se rattache au ganglion cérébroïde du même côté par un connectif cérébro-buccal ; 5° une commissure viscérale formée de deux branches; une branche susintestinale qui a son origine dans le ganglion palléal droit, se dirige de droite à gauche par-dessus l'œsophage, forme un ganglion sus-intestinal, puis se termine en arrière dans un ou plusieurs ganglions viscéraux situés au-dessus du tube digestif; une branche sous-intestinale qui a son origine dans le ganglion palléal gauche, se dirige de gauche à droite pardessous l'œsophage, forme un ganglion sous-intestinal, puis se termine en arrière dans les ganglions viscéraux.
Le système nerveux des Prosobranches est donc essentiellement caractérisé par une commissure viscérale croisée en 8 de chiffre ; Jhering a donné à cette disposition le nom de chiastofleurie et je dirai que les Prosobranches ont un système nerveux chiastonenre. Les autres Mollusques ont une commissure viscérale non tordue et située tout entière au-dessous du tube digestif; cette disposition a reçu de Jhering le nom à'orthoneurie et ces Mollusques ont un système nerveux orthaiimire. Jhering a divisé les Prosobranches en deux classes parallèles, les Orthoneures et les Chiastoneures. En réalité, tous les Prosobranches sont chiastoneures, à l'exception des Néritidés et des Hélicinidés. Ces deux dernières familles, et quelques autres sans doute situées dans leur voisinage, ont un système orthoneurdidej sans commissure viscé-
raie tordue, mais cependant beaucoup plus voisin du système nerveux des chiastoneures que du système nerveux desorlhoneures. C'est une anomalie dans un groupe d'ailleurs très homogène; il en sera question plus loin.
Dans les Prosobranches chiastoneures, la portion droite du manteau, avec les organes qu'elle porte, est innervée par deux nerfs au moins ayant leur origine, l'un dans le ganglion palléal droit, l'autre dans le ganglion sous-intestinal. Ces deux nerfs s'envoient un rameau d'anastomose. Il en est de même à gauche : deux nerfs au moins desservent la portion gauche du manteau et les organes qu'elle porte; l'un a son origine dans le ganglion palléal gauche, l'autre dans le ganglion sus* intestinal. Ces deux nerfs s'envoient aussi un rameau d'anastomose; on distinguera par conséquent une anastomose palléale droite et une anastomose palléale gauche. Quand le nerf palléal droit, issu du ganglion palléal droit, passera d'abord par le ganglion sous-intestinal, avant de se rendre au manteau, le système nerveux sera zygoneure; dans le cas contraire, il sera dialyneure.
Chez un certain nombre de Prosobranches, on verra en outre une commissure labiale ayant son origine dans les ganglions cérébroïdes et embrassant l'œsophage en arrière des lèvres, formant ainsi un nouveau collier nerveux. Cette commissure a une très grande importance et l'on peut diviser assez naturellement, pour l'étude du système nerveux, les Prosobranches en deux groupes : les Prosobranches à commissure labiale et les Prosobranches dépourvus de commissure labiale.
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