‹ Systeme pemitentiare, Le Bagne, La Prison Cellulaire, La DeportationChapitre 18 sur 45 · LIBÉRATION DD FORÇAT · texte numérisé non relu

LIBÉRATION DD FORÇAT

Quatre-vingts jours avant l'expiration de sa peine , le condamné fait connaître la résidence qu'il a choisie, après avoir justifié de ses moyens d'existence.

Mais combien il subit déjà de restrictions dans ce premier pas du retour à la liberté ; combien cette liberté va supporter elle-même d'entraves!

Le libéré doit se fixer au moins à trois myriamètres des côtes ou delà frontière. II lui est interdit d'habiter Paris, Versailles et toute ville où se trouve un château royal; tout port où se rencontre un bagne.

11 peut laisser croître ses cheveux et sa barbe; souvent on modifie son costume , on lui donne un bonnet brun ou violet.

A l'expiration de la peine, on lui délivre son pécule, s'il a su s'en ménager un ; on change ses vêtements de forçat pour des vêtements d'homme libre. Peut-être faudrait- il apporter plus de soin qu'on ne le fait ordinairement dans cette substitution importante.

On lui signe au commissariat du bagne son congé , une feuille de route indiquant, sous la surveillance de la police qui le tiendra toujours dans son terrible réseau, l'itinéraire qu'il doit suivre sans aucune déviation.

Hï LE DAf.NE

Arrivé à la mairie de la commune sur laquelle on Tavait immédiatement dirigé, il reçoit une carte en échange de sa feuille de route.

Pourrait-K)n croire que cette admirable philanthropie dont les soins si pieux ont cherché les moyens d'assurer rexistence et la bonne conduite des libérés , a trouvé des contradicteurs qui combattent les faits les plus positifs et les résultats les plus satisfaisants, par des utopies et par des phrases aussi vaines que redondantes?

Nous repoussons comme anti-morales des hallucinations aussi regrettables, et nous disons avec M. Alhoy : « C'est une œuvre méritoire et sociale que de chercher à procurer au condamné, à sa sortie du bagne , des moyens d'existence et de lui préparer un avenir par ses propres œuvres. »

La fréquence des récidives chez les forçats, même libérés, et la nature des causes qui les déterminent , porteront, du reste , le dernier degré de conviction dans la seule manière de résoudre humainement pour les condamnés , utilement pour la société tout entière , une question aussi profondément importante*

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