PROLÉGOMÈNES
Vers la fin du xvii* siècle, nous pourrions remonter beaucoup plus haut, le profond chancelier d'Aguesseau caractérisait ainsi l'esprit public de son temps :
<( Il règne une inquiétude généralement répandue dans toutes les professions , une agitation que rien ne peut fixer ; ennemie du repos, incapable de travail, portant le poids d'une inquiète et ambitieuse oisiveté ; un soulèvement universel de tous les hommes contre leur condition ; une espèce de conspiration générale dans laquelle ils semblent être tous convenus de sortir de leur caractère; toutes les professions confondues, les dignités avilies, les bienséances violées ; la plupart des hommes hors de leurs places, méprisant leur état et le rendant méprisable ; toujours occupés de ce qu'ils seront, pleins de vastes projets; le seul qui leur échappe, est celui de vivre contents. »
Un peu avant le milieu du xix® siècle, M. Maurice-Monjean s'exprimait ainsi sur le même sujet :
« On ne peut se dissimuler que dans les rangs les plus élevés , comme dans les plus infimes, il n'y a ni assez de force ni assez de clairvoyance pour combattre les mauvais penchants. Les consciences manquent de principes fixes et invariables. Le mal exerce de plus en plus ses ravages sur un terrain si peu affermi, et perd de l'horreur salutaire qu'il inspire : la statistique nous montre la vérité de ces tristes résultats : le nombre des délits a augmenté d'une manière effrayante depuis quelques années. »
Ainsi, voilà deux tableaux de la société qui, certes» ne sont pas