‹ Systeme pemitentiare, Le Bagne, La Prison Cellulaire, La DeportationChapitre 3 sur 45 · PROLÉGOMÈNES. III · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES. III

plus rassurants i*ttn que Tautre ; et pourtant ils ont été fidèlement esquissés par deux bons observateurs « à deux siècles de distance. Nous devons le dire, cependant, i} existe entre ces deux tableaux une différence bien essentielle à noter, et dont les esprits justes comprendront toute la portée : dans le premier, on voit une inquiétqde vagae, une agitation sans but rigoureusement déterminé; c'est un mauvais projet, sans doute, mais qui n'est point encore parvenu au pressant besoin de sa réalisation complète ; dans le second , on trouve les mêmes éléments , plus Incisifs , plus entreprenants , avec un commencement d'exécution.

Si l'on veut un dernier trait pour caractériser les deux époques , nous rappellerons :

Que dans l'avant- dernier siècle, Louis XIV, en 1655, âgé âp dix-sept ans , « en habit de chasse, botté, éperopné f^ le fouet & la main, entrait dans la grand'chambre du parlement, et, prenant séance , » interpellait le premier corps de l'État avec toute Tarrogance d'un maître irrité qui s'adresse à des esclaves :

« Messieurs* chacun sait les malheurs qu'ont produits les asseo^ blées du parlement; je veux les prévenir désormais* J'ordonne qu'on cesse celles qui sont commencées sur les édits que j'ai fait enregistrer en lit de justice* Monsieur )e premier président, je vous défends de souffirir f»s assemblées, et à pas un de ?ous de les demander I... »

Que 4ans U siècle présent, en 4848 , le peuple de P^ris brisait les portes de la chambre iégislative; se ruait, sans aucun respect,

JY prolégomènes:

sur les bancs des députés, jusque sur le fauteuil du président; et que plusieurs jours après M. Senard , alors ministre de Tintérieur , et dont les paroles ne seront pas suspectes , dans une chaleureuse improvisation que nous avons entendue, voulant faire comprendre à ses amis de Textrème gauche les dangers de tolérer une semblable licence, poussa très-éloquemment ce cri d'alarme : « Vous les avez vus , Messieurs , ces flots populaires sans guides et sans frein, ils ont envahi Tintérieur de notre enceinte I... se sont-ils respectueusement arrêtés au pied de cette tribune?... »

Sans doute, surtout pendant la minorité du grand roi, des émeutes s'étaient plusieurs fois manifestées, mais du moins elles n'avaient pas été jusqu'à renverser le trône et l'autel; jusqu'à menacer très-sérieusement les principes sacrés de la propriété , de la famille et de la société I . • •

Nous croyons donc pouvoir l'établir d'après les faits les plus positifs de l'histoire : depuis que la France jouit des bienfaits de la civilisation , chaque siècle , sans doute , a présenté ses inquiétudes, ses tourmentes, ses aberrations, mais aucun peut-être n'a touché d'aussi près que le nôtre le redoutable écueil où l'ordre social pouvait à jamais se briser I...

Aujourd'hui, dans notre belle patrie, les mauvaises passions se trouvent énergiquement comprimées; sont-elles détruites? Nous voudrions pouvoir le penser.

Notre intention n'est point assurément d'alarmer les populations et de jeter dans les esprits des craintes exagérées que nous ne

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