TROISIÈME TYPE
Il nous offre ces natures profondément perverses qui semblent engendrées par l'enfer lui-même.
Sans être précisément féroce , leur physionomie présente quelque chose d'instinctivement criminel et vicieux ; leur sourire grimacé , perfide, porte dans l'âme un froid glacial, une influence pénible
et presque lélhifùre; leur voix est gutturale et discordante, leur coup d'œil pénétrant et diabolique : c'est le regard éblouissant el fatal de la panthère et du caïman.
Leurs gestes sont communs , licencieux « repoussants « leur attitude grossière , cynique et débauchée.
Les forçats de ce troisième type semblent dégradés jusque dans leur essence, et paraissent environnés de Fatmosphère empoisonnée d'une irrésistible damnation : il est impossible de les considérer sans un profond et pénible découragement, sans une indicible et véritable répulsion I...
Ces êtres dépravés et pervers sont capables de tous les forfaits, qu'ils commettent sans la moindre hésitation , plutôt par goût pour le crime que par nécessité do l'employer comme un moyen de satisfaire ou leur vengeance ou leur ambition; et, ce qui devient plus affreux encore , ils apportent dans son exécution, en tortures, en cruautés inouïes, tous les raffinements qu'un chacal, un tigre n'imagineraient jamais » et qu'un homme sensuel ne saurait pas aussi bien multiplier et diversifier dans les éléments et les modifications de ses plaisirs I...
Nous avons rencontré cet épouvantable type révélé dans toute son horreur chez les plus jeunes sujets du bagne : deux galériens de dix-sept à dix-huit ans nous l'ont particulièrement offert avec ses plus révoltants caractères.
Dans cette classe de forçais , nous trouvons pour chaque genre de crime des modèles effrayants par la réalité des traits que nous venons d'esquisser.
Ainsi, ce fameux Jean dit Gaspard, cité par M. Alhoy, dont le père, la mère, les frères et les sœurs étaient morts dans les prisons ou sur Téchafaud, qui n'avait jamais exercé d'aulro
profession que celle de voleur , qui , borgne , boiteux, était toujours le premier à l'escalade, et possédait surtout deux mains d'une habileté merveilleuse , ne put jamais être ramené à des sentiments de probité, ni même d'une vie régulière , et mourut au bagne.
Nous indiquerons encore, avec M. Alhoy, ce malheureux Deham. Chez lui , le besoin du vol est toujours impérieux , et lorsque le sang, comme il le dit, lui bouillonne dans la tète et au bout des doigts, a il se volerait lui-même, s'il pouvait. »
« Les plus grandes criminalités, dit M. le docteur Lauvergne, sont bien souvent l'œuvre de l'instinct plutôt que celle do l'intelligence. Nous citerons pour exemple le jeune forçat condamné aux galères k perpétuité pour cause de parricide ; c'est une face mignonne et douce, rappelant celle de la gazelle ou de la levrette... Un jour, il trouve son père endormi et l'écrase d'un coup de pierre sur la tête. Mis en prison , il ne s'est douté ni de l'énormité de son crime ni de sa fin sur l'échafaud : il passait son temps à dormir, à élever un moineau, et le jour de sa condamnation il pleura parce que son moineau était mortl... )>
A l'occasion d'un forçat que l'on était obligé de garder en cellule, tant il était dangereux, M. Bonjour, commissaire du bagne de Toulon, s'exprime en ces termes : « C'est un homme jeune encore, fils d'une des plus belles gloires militaires de l'Empire; aussi remarquable par la variété de ses talents que par la réunion de ses vices et de ses basses passions; la pitié, les soins, l'indulgence, rien n'a prise sur ses instincts. Ce condamné semble prendre plaisir à s'asseoir sur chaque degré de l'échelle du vice ; partout il y semble a sa place et posé sur son véritable aspect naturel; il n'y a pas une catégorie de malfaiteurs qui ne s'enorgueillisse de l'avoir dans son affiliation. »
FORÇAT.-*e TYPE.
QUATRIÈME TYPE
Il appartient à ces natures grossières et stupides qui commettenl le crime presque sans discernement et sans conscience , comme rhyène et le chacal se livrent à leurs instincts meurtriers par Famour du sang et du carnage.
Ces êtres dangereux, dont la brutalité semble constituer la déplorable essence , paraissent avoir juré haine et mort à Tespèce humaine tout entière : incapables d'une seule pensée généreuse , d'aucun sentiment de pitié , dévorés par la soif du sang , ils le répandent exempts d'émotion ; et, dans leur sombre indifférence, frappent indistinctement l'enfant et le vieillard , sans même se préoccuper du châtiment redoutable qui les attend.
Les forçats de ce quatrième type ont le regard sinistre, farouche , haineux , colère , menaçant ; les lèvres frémissantes , crispées ; les narines ouvertes et respirantes; les mouvements brusques, saccadés ; la démarche convulsive et bondissante ; leur ensemble offre quelque chose de féroce, de honteux et d'antipathique.
Renfermés dans la sanguinaire brutalité de leur moi , ces êtres dégradés, qui n'ont d'humain que la forme extérieure, paraissent étrangers aux premiers sentiments que la nature a placés dans le cœur de l'homme pour en diriger les rapports, même à l'étal sauvage; des instincts cruels , implacables, voilà leurs mobiles; une volonté stupide et criminelle, voilà leur code et leurs loisl..
Enchaînés au bagne , ils ressemblent à ces ours muselés que l'on promène dans nos cités pour les exposer à la curiosité publique.
Ils passent près de vous sans même lever les yeux , ou , s'ils vous
76 TYPES (iÉNÉRAlX DES FORÇATS.
QUATRIÈME TYPE
Il appartient à ces natures grossières et stupides qui commettent le crime presque sans discernement et sans conscience , comme l'hyène et le chacal se livrent à leurs instincts meurtriers par Famour du sang et du carnage.
Ces êtres dangereux, dont la brutalité semble constituer la déplorable essence , paraissent avoir juré haine et mort à l'espèce humaine tout entière : incapables d'une seule pensée généreuse , d'aucun sentiment de pitié, dévorés par la soif du sang, ils le répandent exempts d'émotion; et, dans leur sombre indifférence, frappent indistinctement l'enfant et le vieillard , sans même se préoccuper du châtiment redoutable qui les attend.
Les forçats de ce quatrième type ont le regard sinistre, farouche , haineux, colère, menaçant; les lèvres frémissantes, crispées; les narines ouvertes et respirantes; les mouvements brusques, saccadés ; la démarche convulsive et bondissante ; leur ensemble offre quelque chose de féroce, de honteux et d'antipathique.
Renfermés dans la sanguinaire brutalité de leur moi , ces êtres dégradés, qui n'ont d'humain que la forme extérieure, paraissent étrangers aux premiers sentiments que la nature a placés dans le cœur de l'homme pour en diriger les rapports, même à l'état sauvage; des instincts cruels , implacables, voilà leurs mobiles; une volonté stupide et criminelle, voilà leur code et leurs loisl..
Enchaînés au bagne , ils ressemblent à ces ours muselés que l'on promène dans nos cités pour les exposer à la curiosité publique.
Ils passent près de vous sans même lever les yeux , ou, s'ils vous
QUATRIEME TYPE
Il appartient à ces natures grossières et stupides qui commettent le crime presque sans discernement et sans conscience , comme rhyène et le chacal se livrent à leurs instincts meurtriers par Famour du sang et du carnage.
Ces êtres dangereux, dont la brutalité semble constituer la déplorable essence , paraissent avoir juré haine et mort à l'espèce humaine tout entière : incapables d'une seule pensée généreuse, d'aucun sentiment de pitié , dévorés par la soif du sang , ils le répandent exempts d'émotion; et, dans leur sombre indifférence, frappent indistinctement l'enfant et le vieillard , sans même se préoccuper du châtiment redoutable qui les attend.
Les forçats de ce quatrième type ont le regard sinistre, farouche , haineux , colère , menaçant ; les lèvres frémissantes , crispées ; les narines ouvertes et respirantes; les mouvements brusques, saccadés ; la démarche convulsive et bondissante ; leur ensemble offre quelque chose de féroce, de honteux et d'antipathique.
Renfermés dans la sanguinaire brutalité de leur moi , ces êtres dégradés, qui n'ont d'humain que la forme extérieure, paraissent étrangers aux premiers sentiments que la nature a placés dans le cœur de l'homme pour en diriger les rapports, même à l'état sauvage; des instincts cruels , implacables, voilà leurs mobiles; une volonté stupide et criminelle, voilà leur code et leurs loisl..
Enchaînés au bagne , ils ressemblent à ces ours muselés que l'on promène dans nos cités pour les exposer à la curiosité publique.
Ils passent près de vous sans même lever les yeux , ou , s'ils vous
QUATRIÈME TYPE
Il appartient à ces natures grossières et stupides qui commettent le crime presque sans discernement et sans conscience , comme rhyène et le chacal se livrent à leurs instincts meurtriers par Tamour du sang et du carnage.
Ces êtres dangereux, dont la brutalité semble constituer la déplorable essence , paraissent avoir juré haine et mort à l'espèce humaine tout entière : incapables d'une seule pensée généreuse , d'aucun sentiment de pitié , dévorés par la soif du sang , ils le répandent exempts d'émotion; et, dans leur sombre indifférence, frappent indistinctement l'enfant et le vieillard , sans même se préoccuper du châtiment redoutable qui les attend.
Les forçats de ce quatrième type ont le regard sinistre, farouche , haineux, colère, menaçant; les lèvres frémissantes, crispées; les narines ouvertes et respirantes; les mouvements brusques, saccadés ; la démarche convulsive et bondissante ; leur ensemble offre quelque chose de féroce, de honteux et d'antipathique.
Renfermés dans la sanguinaire brutalité de leur moi , ces êtres dégradés, qui n'ont d'humain que la forme extérieure, paraissent étrangers aux premiers sentiments que la nature a placés dans le cœur de l'homme pour en diriger les rapports, même à l'état sauvage; des instincts cruels , implacables, voilà leurs mobiles; une volonté stupide et criminelle, voilà leur code et leurs loisl..
Enchaînés au bagne , ils ressemblent à ces ours muselés que l'on promène dans nos cités pour les exposer à la curiosité publique.
Ils passent près de vous sans môme lever les yeux , ou , s'ils vous
QUATRIÈME TYPE
Il appartient à ces natures grossières et stupides qui commettent le crime presque sans discernement et sans conscience , comme rhyène et le chacal se livrent à leurs instincts meurtriers par Tamour du sang et du carnage.
Ces êtres dangereux, dont la brutalité semble constituer la déplorable essence , paraissent avoir juré haine et mort à l'espèce humaine tout entière : incapables d'une seule pensée généreuse , d'aucun sentiment de pitié, dévorés par la soif du sang, ils le répandent exempts d'émotion; et, dans leur sombre indifférence, frappent indistinctement l'enfant et le vieillard, sans même se préoccuper du châtiment redoutable qui les attend.
Les forçats de ce quatrième type ont le regard sinistre, farouche , haineux , colère , menaçant ; les lèvres frémissantes , crispées ; les narines ouvertes et respirantes; les mouvements brusques, saccadés ; la démarche convulsive et bondissante ; leur ensemble offre quelque chose de féroce, de honteux et d'antipathique.
Renfermés dans la sanguinaire brutalité de leur moi , ces êtres dégradés , qui n'ont d'humain que la forme extérieure , paraissent étrangers aux premiers sentiments que la nature a placés dans le cœur de l'homme pour en diriger les rapports, même à l'état sauvage; des instincts cruels , implacables, voilà leurs mobiles; une volonté stupide et criminelle, voilà leur code et leurs loisl..
Enchaînés au bagne , ils ressemblent à ces ours muselés que l'on promène dans nos cités pour les exposer à la curiosité publique.
Ils passent près de vous sans même lever les yeux , ou , s'ils vous
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FORÇAT— 4-e TYPE,
regardent, c'est d'an œil fauvô et sinistre comme celui du léopard et du loup-cervier.
C'est tout au plus si le double ferrement dont ils sont accablés , si les canons chargés à mitraille, suffisent pour garantir de leur férocité, non-seulement les compagnons de leur misère, mais encore les êtres les plus inoffensifs, qui, par un admirable dévouement, une charité si profondément chrétienne, font abnégation d'eux-mêmes pour consacrer leur existence au soulagement des douleurs , à la consolation des chagrins.
Ainsi, en 1835, l'infâme Baudelot, galérien employé dans les cuisines, à l'hôpital de la Marine de Brest, aiguise un mauvais couteau dont il poignarde , sans aucun motif , la bonne sœur de service, et contemple, avec toute l'indifférence de la plus effrayante insensibilité, la douloureuse agonie de cet ange de douceur et de vertu qui demandait, en expirant, la grâce de son horrible et brutal meurtrier!...
Nous trouvons encore dans cette catégorie le sanguinaire Garatli, forçat du bagne de Toulon, condamné pour homicide, et qui redoutait ses funestes instincts au point de réclamer lui-même son isolement dans une cellule : n Quand je vois quelqu'un , dit-il , j'ai soif de sang , et cependant je ne suis point un méchant homme; et si je ne vis pas seul, je commettrai malgré moi un crime. )>
4C Jusqu'ici, dit H. Àlhoy, toutes les séductions tentées pour amener Garatti a quitter sa cellule ont été inutiles... Cherchant le ciel k travers un petit carreau grillé qui domine sa cellule, occupé sans cesse à faire, en cartonnage grossier, des chapelets et des rosaires , il aime non-seulement la solitude , mais encore le huis clos ; si un gardien n'avait pas la précaution de fermer la serrure
78 TYPES r.ÉNÉBAlX DES FORÇATS.
de force, Garatti réclamerait : il manquerait quelque chose à son bien-être. ^
Nous pourrions encore faire un cinquième type de ces maniaques dont la raison se trouve plus ou moins complètement aliénée, qui vivent dans un monde imaginaire, en dehors des relations normales de l'homme intelligent et sain; là viendrait se ranger, avec plusieurs autres , ce malheureux Abraham , juif converti dont parle M. Alhoy, protestant sans cesse contre sa condamnation à perpétuité , passant toutes ses journées à faire des suppliques et des lettres symboliques avec ce qu'il nomme son encre d'airain, invention admirable , dit-il , et qui doit rendre sa parole éternelle.
Enfin, il semblerait également possible d'établir dans un sixième type ces êtres complètement idiots dont nous avons trouvé plusieurs exemples dans la chiourme de Brest ; mais nous pensons que la place des uns et des autres est beaucoup moins au milieu des forçats da bagne que , pour les premiers , parmi les fous de Charenton, et, pour les seconds , avec les incurables de Bicêtre.
Après avoir terminé ces études physiologiques et morales , nous visitâmes le bazar , avec l'intention d'y faire quelques emplettes.
Il est placé dans la petite cour d'entrée, à droite, à la suite même des cachots ; le local est d'assez pauvre apparence , mais les objets qu'il renferme sont en général très-curieux. On y trouve des ouvrages en papier, en paille, en aloès, très-soigneusement fabriqués; d'autres en coco, en bois, en ivoire, sculptés plus ou moins artistement; parmi ces derniers, surtout, nous en avons rencontré plusieurs qui çont fouillés avec beaucoup de délicatesse et d'habileté.
Les marchands de ces différents objets sont des forçats déferrés, distingués par leur bonne conduite, et qui se montrent enga^ géants et gracieux dans leurs offres, lors même qu'on ne les aweptepas. Quelques-uns s'expriment avec élégance et pureté, TOUS conduisent à des excursions dans le domaine de l'histoire, de la mythologie, des lettres et des sciences; vous préviennent
80 B\ZAH m* RAf.NK DE BREST.
par des manières distinguées, en prouvant qu'ils ont reçu la meilleure éducation , Tinstruction la plus riche et la plus complète.
C'est là que nous avons rencontré ce que Ton pourrait nommer rélite des forçats du bagne de Brest , et pris possession d'un écrit plein d'intérêt, d'une grande valeur, surtout dans l'importante question relative à ces établissements , sans qu'il nous soit possible de décider si nous devons ce précieux écrit à quelque circonstance fortuite , ou bien à l'intention formelle de son auteur. Voulant faire de l'histoire et non du roman , nous rapporterons le fait absolument tel qu'il s'est passé.
Pendant que nous examinions les différents étalages du bazar, un des galériens fixa particulièrement notre attention. C'était un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, d'une taille élevée, d'une contenance en même temps modeste et noble ; d'une physionomie distinguée, spirituelle; dont le' regard était à la fois pénétrant, timide, mélancolique et profondément douloureux; à travers un obligeant sourire apparaissait une tristesse amère;la présence forcée de cette belle nature au milieu d'un bagne semblait un contre-sens ; et l'on voyait aisément sur cette chevelure noire, qui s'argentait déjà dans plusieurs points, sur ce pâle et maigre visage , que les insomnies et les remords déchirants avaient, bien plus que les instincts du crime , sillonné ces joues décharnées, ridé ce large front et fait disparaître la fraîcheur et le riche épanouissement de la jeunesse.
Attiré vers cet être indéfinissable par le prestige et l'intérêt qu'il semblait inspirer, même à ses compagnons d'infortune, déjà plusieurs fois nous étions revenu à son étalage, composé d'objets trèssoignés, et notamment de plusieurs flacons en ivoire, ciselés avec.