TEL QL*IL EST
« Le bonnet rouge, pour quelques forçats, dit M. Alhoy, n'est qu'un signe de transition; du bonnet rouge ils passent rapidement au bonnet vert, dont souvent ils ne se débarrassent qu'au pied de réchafaud! »
« II existe à la chiourme , ajoute M. Aubineau , ce que les condamnés appellent les grands bonnets , et que Tautorité nomme les récalcitrants. Ce sont les véritables chefs du bagne. Ils y donnent le ton pour ainsi dire , et sont les soutiens de cette lutte , plus envenimée à Brest qu'à Toulon , que les forçats fomentent toujours contre l'administration et la société tout entière, que cette administration représente à leurs yeux. »
« Le crime , suivant les énergiques expressions de M. Maurice Monjean , y présente son école , son trône et ses courtisans ; l'immoralité y marche la tête haute; on y voit le cynisme éhonté mort à tout sentiment honnête, qui traite le remords de faiblesse, enhardit la timidité du crime et ôte à la conscience sa pudeur même. »
Le savant et si judicieux M. Hello, avocat général à la cour de cassation , prononce au même titre la suppression du bagne et ne parait pas avoir plus de confiance dans l'influence moralisatrice des prisons, lorsqu'il dit :
a N'est-ce pas un effroyable désordre , qu'un malade soit placé de vive force dans un foyer d'infection , où il lui est diflficile de ne pas empirer, et impossible de guérir! qu'on le punisse ensuite des nouvelles plaies qu'on lui a faites, et qu'il y ait dans un État civilisé une partie de la population que les prisons et la société se rejettent tour à tour et indéfiniment I Prenons-y garde : autre chose est de donner des vertus à qui n'a que des vices; cet effort de la philanthropie et de la charité peut n'être pas un devoir rigoureux