‹ Systeme pemitentiare, Le Bagne, La Prison Cellulaire, La DeportationChapitre 38 sur 45 · TEL QU*IL DOIT ÊTRE · texte numérisé non relu

TEL QU*IL DOIT ÊTRE

à toutes les chtinces de perdition , en les privant des enseignements convenables de la religion et de la morale , par la raison inquali* fiable, et bien évidemment controuvée , qu'ils repoussaient Tune et l'autre avec mépris.

L'honorable capitaine Petit les a toutefois bien dignement vengés de cette calomnie, en méritant lui-même, par sa conduite et par son langage, Taffection et l'estime de tous les gens de bien.

Que l'on mette un homme de cette trempe et de ce beau caractère à la tête d'un bagne , avec pouvoir d'agir , et l'on verra si cette institution , bientôt réhabilitée, se trouvera désormais sous le coup d'une aussi regrettable suppression ?

On en jugera parce qu'il ajoute encore à l'occasion du ton et du vocabulaire des surveillants de ces lieux volontairement dégradés. « Un autre de mes soins, M. le ministre, a été de faire disparaît tre le langage acerbe qu'employaient les adjudants des chiourmes dans leurs relations avec les condamnés , ainsi qu'une foule d'habitudes qui, leur rappelant le lieu d'où ils sortaient, étaient peu capables de les relever à leurs propres yeux. »

Tous les prétextes se trouvant ainsi repoussés , il suffit actuellement d'appliquer au bagne les principes que nous avons établis. Une chapelle assez grande sera consacrée au culte. Ce local, disposé simplement et dignement, ne devra pas avoir d'autre destination.

Un clergé suffisant pour les besoins de l'établissement y sera consacré d'une manière exclusive.

L'office divin sera célébré tous les dimanches et tous les autres

jours fériés. Les condamnés seront tenus d'y assister et de s'y

comporter avec toute la convenance et le respect dus au saint lieu.

Si la chapelle est petite , les forçats nombreux , on célébrera

Siâ LE BAGNE

Toffice à des heures différentes , et les diverses catégories deyront y assister séparément. Dans Thypothèse contraire, surtout au jours de grandes solennités, les catégories pourront être réunies, avec Fattention de ne pas les confondre et de donner à chacune la place qu'elle doit occuper d'après son mérite ; c'est encore un moyen d'exciter l'émulation.

La prière sera faite en commun, dans chaque salle, matin et soir, autant que possible sous la direction de l'un des ecclésiastiques dont la charité pourra, chaque fois, adresser seulement quelques paroles d'encouragement et de consolation à ces malheureux.

Les dimanches et les jours de fêtes, entre les ofiQces, des instructions seront faites dans les différentes catégories.

Les autres pratiques de la religion resteront entièrement facultatives. Elles ne pourront, toutefois, jamais servir de prétexte à l'infraction de la discipline, ni même & l'exemption du travail, ni devenir l'occasion d'aucune récompense corporelle ni d'aucun bien-être physique. La bonne conduite seule méritera l'avancement et les faveurs. De cette manière, on évitera des abus et des profanations déplorables.

Du reste , les pieux ministres de la religion trouveront dans leur charité , dans leur zèle , des ressources que nous n'avons pas la prétention de leur indiquer. Nous désirons seulement bien établir que ce zèle et cette charité ne devront jamais se placer comme intermédiaires entre les condamnés et l'autorité pour obtenir la remise d'une punition méritée , l'affaiblissement d'une action pénale et disciplinaire qui ne se relâcheraient jamais , dans la règle sage et ferme qui doit les guider, sans les plus graves inconvénients et même les plus grands dangers pour le succès de rinslitution.

TEL qu'il doît Être. 2|43

Page 1