VIL PUNITIONS
Dans les bagnes, la répression doit être calme, sévère, équitable et constante. Elle doit prévenir la nécessité des punitions.
par le pouvoir incessant d'un grand appareil de force et d'intimi* dation; mais il faut toujours éviter qu'elle devienne barbare, arbitraire, brutale et passionnée.
Les récompenses publiquement accordées aux sujets méritants , le mieux-ètre qu'ils obtiennent par leur bonne conduite , offriront presque toujours, par l'émulation qu'ils font naître, des moyens de répression plus puissants que les tortures et les supplices.
« Un régime plus sévère, l'emprisonnement solitaire, dit M. Léon Faucher, une nourriture plus grossière, moins de promenades et de repos ; une part plus faible dans les produits du travail; mais point de fers , point de coups , point de torture : telles doivent être les bases de la répression. )>
« M. Raucourt, ingénieur au port de Toulon, avait observé, dit M. Alhoy, que les punitions n'avaient aucune puissance sur des hommes parvenus à ce point de dégradation , et endurcis aux châtiments. Il sentit que ce n'était point par la crainte des punitions, mais par l'appât des récompenses, qu'on pouvait espérer de réveiller des sentiments honnêtes dans ces âmes flétries et leur inspirer la volonté de s'appliquer au travail.... Ce moyen produisit, dès les premiers moments, une amélioration sensible dans la conduite des forçats. »
« Après l'épreuve de la bastonnade , des fers, du canon, delà guillotine, des peines perpétuelles , dit M. Ch. Lucas, les hommes habiles qui , dans la direction des bagnes , en ont fait la longue et cruelle expérience, s'accordent à dire : le moyen d'ordre, c'est le travail, c'est l'espoir de l'expiration ou de la commutation de la peine ; c'est la crainte de la prolonger ; tandis que le philosophe , étudiant la nature de l'homme , démontre que c'est un être moral qui n'a point été fait pour être mis sur Tenclume et redressé avec
TEL qu'il doit ÊTRE. Î49
du fer et du bâton, qu'il faut amener au repentir et non pousser au désespoir. »
La diminution ou la suppression des avantages accordés : le renvoi de la salle d'épreuve à celle des insoumis, le retour, des bagnes de faveur, aux bagnes militaires; la diminution des aliments; la mise au pain et à l'eau; l'imposition des travaux plus pénibles; la reprise des fers et leur augmentation jusqu'à la double chaîne ; enfin l'isolement plus ou moins prolongé dans une cellule saine, mais sans vue sur l'extérieur , etc. , telles seront les véritables peines imposées pour la répression.
On supprimera le fouet, la bastonnade , toutes les tortures, etc.
Quant à la peine de mort , nous avons déclaré tout d'abord ne pas vouloir en discuter actuellement l'opportunité. Les législateurs la maintenant , nous laisserons à l'administration le soin de l'appliquer dans les graves occasions qui lui sembleront, sous sa responsabilité , pouvoir la réclamer légalement.