‹ Systeme pemitentiare, Le Bagne, La Prison Cellulaire, La DeportationChapitre 5 sur 45 · PROLÉGOMÈNES. VII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES. VII

ceU6 probité fondamentale, cette raison positive et saget cette vertu simple et vraie qni seules peuvent en constituer la base invariable « ne perdons jamais de vue les grands exemples donnés à l'avenir des peuples actuels , par le passé de la Grèce et de Home : n'oublions pas que dans les excès de la civilisation , dans Texistence factice et rêveuse qu'ils substituent à l'existence naturelle et positive, se trouvera toujours la cause fatale et nécessaire de la décadence des empires les plus florissants.

Chacun reconnaît aujourd'hui ce principe ; chacun fait et com-^ mente ces utiles et sérieuses réflexions ; chacun signale ce pressant danger; mais, à l'exemple de cet insouciant Napolitain que l'indifférence et l'habitude rassurent , chacun suit la voie des illusions, et chaque soir vient imprudemment s'endormir au pied du volcan i . . •

Pendant qu'il en est temps encore , abandonnons le sentier des prestiges et des utopies, rentrons dans celui des faits et de l'expérience raisonnée : si Rome eût accepté ce conseil , Rome serait encore la première des nations I...

Est-il nécessaire de prouver que chez noug, aujourd'hui, presque tous les principes de l'éducation, de la famille , de la société, etc., sont faussés dans leur nature et dans leurs applications ; que nos habitudes , nos usages , nos mœurs , notre existence de chaque jour, s'éloignent progressivement, et par une fâcheuse divergence , de cette direction simple, naturelle, sage et raisonnable qui seule conduit au calme , à la sécurité , au bonheur ; que tout est mis en question avec la précipitation et le vertige de l'impatience la

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plus irréfléchie ; au lieu de chercher le véritable progrès dans les lumières d'une discussion prudente et mesurée ; que tout principe d'autorité, d'élévation, de supériorité « parait méconnu, se trouve même souvent déconsidéré, foulé aux pieds, parce qu'il est devenu gênant pour ce turbulent esprit de licence que l'on voudrait introniser en le dissimulant sous les nobles traits du génie calme et puissant d'une véritable et sage liberté; est-il nécessaire, enfin, d'établir par la démonstration, que le grand ressort des lois luimême vient d'être courbé si violemment, avec tant d'imprudence, qu'il aurait pu se briser?...

Toutes ces choses, nous le pensons, ne seront plus regardées comme les simples et vaines appréhensions d'une philosophie méticuleuse et craintive; elles sont aujourd'hui des vérités incontestables; pour la plupart, même, elles sont des faits accomplis.

Dans ces graves conjonctures, le pouvoir a bien compris qu'il fallait non-seulement réprimer et punir, mais encore moraliser.

Le second moyen peut seul en eflfet diminuer les pénibles exigences du premier, dont l'action salutaire s'affaiblit d'ailleurs avec le temps et l'habitude, alors que le germe des mauvaises passions, s'il n'est étouffé dès sa naissance, ne fait que grandir et se multiplier.

Deux importants et précieux résultats doivent donc s'obtenir en même temps, si l'on veut donner à notre corps social des conditions de solide existence pour le présent, de véritable durée pour l'avenir : 1^ prévenir le développement de ces funestes altérations

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