XXXVJ ÉLOGE IIIST. DE PIERRE ROUSSEL
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Roussel. '^ ^ ^ ,,
était plus souffrant qu'à son ordinaire. 11 quitta Paris avec une santé chancelante, pour se rendre près de Châteaudun , dans cette même famille au sein de laquelle il vivait habituellement, et dont la société faisait ses délices et son bonheur. L'affaiblissement de ses organes dut nécessairement le disposer aux atteintes d'une fièvre épidémique qui régnait alors dans ces cantons. Les soins attentifs dont il fut l'objet ne purent le soustraire à la violence des symptômes , et le deuxième jour complémentaire de l'an lo , la philosophie, les lettres et l'amitié firent une perte irréparable : dans les angoisses d'une agonie déchirante , il ne proféra aucune plainte, et mourut aussi calme qu'il avait vécu.
M. Falaize était lui-même en proie à une maladie très-grave, quand ce coup terrible vint le frapper; malgré ses souffrances et ses chagrins, il s'occupa de tous les détails relatifs à la sépulture de son ami : il voulut que ses restes fussent déposés dans un lieu solitaire où personne ne pût les troubler. Les travaux rustiques furent soudainement suspendus; tous les villageois en pleurs accompagnèrent la dépouille du philosophe modeste qui honora tant de fois leur asile, et il fut inhumé au milieu de la douleur profonde qu'il inspirait, et de la pompe touchante de la nature.