CHAPITRE m
De la nature des parties solides et sensibles qui composent les organes de la femme.
Les parties molles qui entrent dans la constitution (îela femme, c'est-à-dire, les vaisseaux, les nerfs, les fibres charnues, tendineuses, ligamenteuses, et le tissu cellulaire qui leur sert de lien commun , sont aussi marqués par des différences qui laissent entrevoir les fonctions auxquelles la femme est appelée , et l'état passif auquel la nature la destine. Elles sont plus grêles, plus petites (i), plus déliées et plus
(i) Ce caractère est assez commun et assez général pour qu'on ail lieu de croire qu'il est l'effet d'une disposition ori-
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souples que celles dont le corps cie l'homme est composé. On aurait beau dire que la délicatesse de ces parties est , dans les femmes, un effet de leur éducation ou de leur manière de vivre ; ces causes peuvent bien y influer, et Hippocrate l'avoue (i); mais il y a une différence radicale , innée , qui a lieu dans tous les pays et chez tous les peuples. S'il en est où les femmes, soit par la nature de leurs occupations, soit par celle du climat , aient une constitution forte et robuste , celle des hommes, dans ces lieux, l'est encore davantage. Il est donc vraisemblable que la disposition des parties qui composent le corps de la femme est déterminée par la nature même , et qu'elle sert de fondement au caractère physique et moral qui la distingue.
Il est certain que le sexe de la femme l'assujettit à des révolutions qui peut-être bouleverseraient tous ses organes , s'ils offraient une trop forte résistance. Certaines parties de son corps sont exposées à souffrir des distensions , des chocs , et des compressions considérables (2). Si une partie qui est
ginelle, et que, s'il y a des hommes petits et des femmes grandes , cela dépend moins de la forme constitutive des organes que de la quantité plus ou moins grande de substance muqueuse qui s'y trouve interposée , ou de la nature des causes extérieures qui en empêchent ou favorisent le développement.
(i) De Mulier. Morb. Lib. I , page 218 , edit. Foësii.
(2) L'état forcé de certains organes pendant la grossesse , et ses impressions encore subsistantes après l'accouchement , fa soiit une preuve trop incontestable.
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distendue avait trop de ressort et d'élasticité , ractiou du corps qui la distend réagirait contre quelque organe essentiel , et y suspendrait l'influence de la vie. Lorsqu'une partie est comprimée , les humeurs, arrêtées dans leur cours , s'altéreraient bientôt , si les parties voisines ne leur présentaient des vaisseaux flexibles, toujours prêts à les recevoir. Il était donc nécessaire que les organes de la femme fussent d'une structure qui les rendît propres à céder à l'impulsion des causes qui peuvent agir fortement sur eux , et à se suppléer réciproquement , lorsque leurs fonctions respectives sont dérangées. La nature, dans l'homme, semble surmonter les obstacles qui la gênent, par la force et par l'activité ; dans la femme , elle semble se soustraire à leur action, en leur cédant. Si la force est essentielle à l'homme , il semble qu'une certaine faiblesse concoure à la perfection de la femme. Cela est encore plus vrai au moral qu'au physique: la résistance irrite le premier; l'autre, en cédant, ajoute l'apparence d'une vertu à l'ascendant naturel de ses charmes, et fait par là disparaître la supériorité que la force donne à l'homme.
Il est vraisemblable que les élémens des parties qui constituent le corps de la femme ont une organisation particulière , de laquelle dépendent l'élégance des formes (i), la légèreté des mouvemcns , et
(l) Il n'est personne qui ne distingue à l'œil le bras ou la jambe d'une femme , d'avec le bras ou la jambe d'un homme. Cette différence s'étend vraisemblablement aussi à toutes les
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la vivncité des sensations qui caractérisent son sexe. Outre cette organisation particulière des parties constitutives de la femme, il est naturel de penser que le tissu cellulaire qui les embrasse toutes (i) , et qui est en plus grande quantité chez elle que dans riiomnie , en abreuvant continuellement ces parties de l'humeur qui flotte en tous sens dans ses cellules, doit aussi modifier leur structure et leur sensibilité ; mais c'est lui surtout qui donne aux membres de la femme ces surfaces uniformes et polies , cette rondeur, et ces contours gracieux que ceux de l'homme ne peuvent et ne doivent point avoir. Des masses de ce tissu , diversement distribuées , remplissent les cavités et les enfoncemens qui choqueraient la vue,
parties qui se dérobent à la \ne. Il serait à souhaiter que les anatomistes qui ont agité tant de questions vaines, qui se sont si souvent livrés à des recherches futiles, et qui se sont charges de nous exposer jusqu'au plus petit organe , jusqu'à la plus petite fibre, et quelquefois même d'en imaginer, voulussent aussi nous apprendre les raisons de cette différence. C'est à eux à déterminer si elle est fondée sur la forme primordiale des parties , ou sur la disposition subséquente et accidentelle du tissu cellulaire qui entoure et pénèti'eleur substance. En attendant leur décision , nous adoptons conjecturaleraent la première idée : peut-être qu'un jour, en poussant leurs tentatives aussi loin qu'il est possible de les pousser, et en portant leurs regards attentifs d'une partie à une autre, ils parviendront à découvrir le terme où finit le sexe, et à fixer le point où la femme cesse d'être femme, et celui où elle commence à être homme. (i) M. de Bordeu, Recherches sur le tissu muqueux.
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ôtent aux articulations ce qu'elles ont de raboteux et d'inégal , adoucissent le passage d'un organe à un autre, et vont former le relief qu'on remarque dans certaines parties , telles , par exemple , que la partie antérieure de la poitrine. On dirait que dans la femme la nature a tout fait pour les grâces et pour les agrémens, si on ne savait qu'elle a eu un objet plus essentiel et plus noble , qui est la santé de l'individu et la conservation de l'espèce. C'est ainsi que dans toutes ses opérations , la beauté naît d'un ordre qui tend au bien, et qu'en ne voulant faire que ce qui est utile, elle fait nécessairement en même temps tout ce qui plaît.