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XIV ÉLOGE HISTORIQUE

un titre de gloire d'avoir reçu l'approbation d'un homme aussi renommé par l'infaillibilité de son goût et l'indépendance de ses décisions.

Il publie II y a déjà plusieurs années qu'à ma sollici-

iine note sur . -in-

les sympa- tation , il fit lusércr dans les Actes de la Société médicale une note curieuse sur les sympathies. Il avait été spécialement déterminé à s'occuper de cette matière, à l'occasion de huit lettres publiées sur le même sujet, à la suite d'une excellente traduction de Smith, par une dame de sa société intime , et qui à cette époque semblait tenir à la fois le sceptre de la beauté et le flambeau de la philosophie (i). Roussel pensait que ce rapport en vertu duquel les divers organes qui constituent un corps vivant exercent les uns sur les autres une influence souvent indépendante de toute connexion physique, il n'avait pas encore été assez profondément médité, parce qu'on ignorait peut-être la valeur et l'étendue d'un semblable phénomène. Il voulait, en conséquence, qu'on poursuivît cette étude dans les êtres privés de système nerveux , et qu'on recherchât surtout comment il s'effectue entre les organes des animaux , chez lesquels le cerveau et les nerfs sont très-peu

(i) Ces lettres sont pleines de vues nouvelles, que Smilh lui-même traduirait aujourd'hui : il est impossible de parler avec plus de cbarrae et d'attrait du plus doux sentiment de la nature humaine.

DE PlEP.RE JIOUSSEL. XV

distincts de la moelle épinière. Convaincu par des exemples sans nombre , que les parties d'un être vivant correspondent et se mettent, pour ainsi dire, à l'unisson par leur simple état de contiguité, il soupçonnait que les liaisons sympathiques n'étaient, dans quelques circonstances, que le résultat d'une véritable faculté imitative, et que l'imitation était peutêtre aux êtres animés ce que l'attraction ou les affinités chimiques sont à la matière brute et inorganique. C'est de cette loi majeure et universelle qu'il faisait dériver la sociabilité, penchant primitif et inhérent à notre existence , qui a dû précéder la réflexion toujours tardive de l'homme. Il croyait que la nature, accoutumée à gouverner par des impressions le monde sensible, avait dû rendre constant cet attrait irrésistible, et le soustraire, jusqu'à un certain point , à nos combinaisons et à nos calculs. Les motifs de l'association ne sont-ils pas journellement expliqués par ce qui s'observe dans les animaux, qui, pour la plupart, ne vivent pleinement et entièrement qu'à côté de leurs semblables? Quel spectacle merveilleux que cette puissance sympathique exercée par la I

reine-abeille sur les bourdons qu'anime au travail son unique présence, et qui, pour parler comme l'auteur, ne vivent que pour elle ou par elle! On sait avec quelle rapidité se communiquent par l'intermède des sens de la vue,

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