‹ SystèmeChapitre 7 sur 46 · DE PIERRE ROUSSEL. XXV · texte numérisé non relu

DE PIERRE ROUSSEL. XXV

institutions politiques sont souvent menacées de n'avoir d'autre puissance pour se mouvoir que les forces aveugles de quelques individus égarés ou furieux! Quel plus noble privilège d'ailleurs que celui de n'obéir qu'à ses volontés propres , en ne reconnaissant que les lois émanées de ceux qu'on a revêtus soi-même de la magistrature et du pouvoir!

On demandera peut-être dans quelle source Travaux

. . , A 1 .fie Roussel

le docteur Roussel avait puisé ce goût du vrai, sur Lycuret surtout cet amour pour des matières d'un in^ ^gouverne-^ térêt si puissant et si universel. C'est dans la ^V^"^ ^^

, p Sparte.

lecture des anciens , dont l'étude fut constam^ ment la passion des sages. Il méditait sans cesse sur la nature de leur législation , et il a retracé avec les couleurs les plus énergiques celle de Lycurgue , de cet homme extraordinaire qui retrempa , pour ainsi dire , la nature humaine , pour l'assortir à ses lois sublimes et majestueuses. Dans ce vif enthousiasme que fait naître la contemplation des républiques de l'antiquité, il comparait le gouvernement de Sparte à ces ouvrages merveilleux que Fart n'a produits qu'une fois , et qu'il n'a pas osé tenter de nouveau, comme s'il eût été étonné lui-même de son succès. Il n'est pas, du reste, surprenant qu'un philosophe, perpétuellement livré à la considération des phénomènes physiques de notre économie , se soit passionné de préfé^

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rence pour une organisation sociale qui veillait sans cesse à la santé du corps et à la liberté de l'âme.

Ce qu'on admire le plus dans ses réflexions déjà publiées dans quelques journaux , ce n'est pas uniquement cet enchaînement méthodique de tant de faits souvent reproduits par la plume des historiens, ce sont ces mêmes faits envisagés sous le point de vue le plus vaste et le plus nouveau; c'est le pinceau d'une âme vigoureuse , toujours au niveau des grands objets dont elle s'occupe, et qui fait tout revivre sous des couleurs aussi ravissantes qu'animées; c'est ce coup d'oeil philosophique de la pensée, qui juge avec tant de facilité les effets incalculables des institutions politiques, qui analyse avec tant de justesse tous les élémens de la puissance et de la prospérité des nations. On se croit avec lui en face de la statue vénérée du grand législateur de Sparte, au milieu de cette grande famille d'hommes libres et vertueux , où la force des mœurs faisait l'unique force des lois, et où tous les sentimens humains étaient mis en activité pour concourir au bonheur de tous. On assiste aux assemblées de ce sénat auguste, dont l'immobilité majestueuse tempérait, arrêtait ou balançait le pouvoir; on participe à ces banquets publics, qui n'étaient pas seulement pour les citoyens une école de tempe-

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