‹ SystèmeChapitre 9 sur 46 · DE PIERRE ROUSSEL. XXIX · texte numérisé non relu

DE PIERRE ROUSSEL. XXIX

d'ailleurs le perfectionnement de quelques méthodes ou de quelques procédés de notre raison? Ces moyens, au contraire, ne peuvent-ils pas plutôt contribuer à affaiblir qu'à fortifier les ressorts de la pense'e , comme l'habitude d'être traîné sur un char affaiblit la faculté de marcher? Roussel regardait donc comme plus probable que la nature a, s'il est permis de le dire, achevé l'homme dès son origine, et qu'elle a pu lui donner la somme entière d'idées qu'il est susceptible de concevoir , puisque toutes sont relatives à ses besoins et à son bonheur.

Le docteur Roussel a ressemblé à peu d'hom- Détails sur mes. Sous ce point de vue, l'histoire de son de^RousseL^ caractère , de ses gotits particuliers , de ses affections privées, doit intéresser tous les cœurs sensibles. Il aimait la retraite et les moeurs simples. Il vivait habituellement chez M. Falaize, citoyen aussi recommandable par ses lumières que par ses vertus, qui le chérissait tendrement, et qui l'a pleuré avec amertume. La voix de la reconnaissance doit éterniser les bienfaits de cette famille respectable , qui l'avait, pour ainsi dire, adopté. Roussel allait aussi très-souvent à Auteuil , chez madame lïelvétius , et il en donne lui-même les raisons dans l'éloge qu'il a fait de cette femme célèbre. c( Comme ses manières, « dit - il , n'avaient rien d'emprunté de la so- « ciété, on pouvait garder avec elle celles qu'on

Page 1