‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 4)Chapitre 3 sur 160 · VI AVANT - PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT - PROPOS

de la conservation, il en est plus d’une où on aurait pu réduire le nombre des figures, sans pour cela nuire en rien, à la compréhension exacte des espèces étudiées. Mais sous ce rapport, Barrande pensait qu'on ne saurait donner assez de figures. Nous citons ici l'opinion qu'il expose là-dessus dans l'une de ses notes: ,Nous avons donné au sujet de nos Céphalopodes, Vol. IT, quelques indications des motifs qui nous ont déterminé à présenter de nombreuses figures de nos espèces. Nous n'avons jamais eu lieu de remarquer dans la littérature une surabondance de figures. Au contraire, nous regrettons souvent la parcimonie des savants auteurs, en l’excusant par la pénurie de leurs matériaux. Nous croyons que la vue, même fastidieuse, d’un grand nombre de figures d’un genre ou d’une espèce sert à inculquer leurs caractères dans l'esprit du lecteur beaucoup mieux que quelques figures isolées et accompagnées d’une description quelconque plus ou moins tronquée. — Nous sommes fier du reproche quon nous adresse d’avoir dépassé les limites de notre devoir envers la science par la multitude des spécimens figurés. Ce reproche ne peut nous être adressé que par les auteurs accoutumés à publier de mesquines illustrations de leurs vues.

Dès le commencement, Barrande ne s'était pas seulement occupé des illustrations des Gastéropodes, il avait également dirigé son attention sur la partie descriptive, texte, explications des figures, aperçus historiques. Quelques explications (noms provisoires) concernant les formes figurées sur les 6 premières planches datent de l'année 1817; elles furent revues et complétées dans les années 1855—58.

De 1854 à 1857, Barrande dresse les Tableaux préparatoires des genres et espèces, non imprimés, et nomme provisoirement environ 160 Gastéropodes du Bassin paléozoïque de la Bohème. Dans le même espace de temps, une grande quantité de Gastéropodes de la Bohëme, que Barrande avait munis de noms provisoires manuscrits, furent envoyés, soit en don, soit en échange, dans des musées ou autres instituts publics de l'étranger, et dans des collections particulières. *) Ces noms manuscrits furent plus tard introduits en partie dans la littérature par diflérents auteurs.

Dans les écrits de Barrande publiés antérieurement, nous ne trouvons que tres peu d'espèces pourvues d’un nom, et pas une seule figure de véritable Gastéropode. Mais d'autres savants ont cité beaucoup de noms manuscrits de Barrande, et quelques-uns ont aussi figuré une vingtaine d'espèces de Bohême, dont les spécimens se trouvent dans les collections mentionnées ci-dessus. Nous étudions cette question avec plus de détails dans le chapitre intitulé: Apercu historique sur les Gastéropodes paléozoïques de Bohême. Nous ferons seulement observer ici que les 259 noms de Gastéropodes de la Bohême, que contient le Thesaurus siluricus de Bigsby (1868) ont été donnés par Barrande.

Après une pause unique de plusieurs années, pendant laquelle Barrande reporta toute son activité sur ses études sur les Céphalopodes, Brachiopodes, sur la question des Colonies, etc., il commença de nouveau à préparer quelques parties destinées au texte du Vol. IV. En 1S79, il dressa des tableaux provisoires sur la distribution géologique des Gastéropodes dans chaque bande. C’est des années suivantes que datent ses Ætudes des genres et Connexions avec les contrées étrangères, écrites à diverses reprises. Dans ces notes, il esquisse un Aperçu historique pour chaque genre en particulier, en tenant compte des relations de ces formes avec celles du silurien des différentes contrées étrangères, surtout des rapports de la faune des Gastéropodes des étages K, G, H, avec celle des couches hercyniennes, c’ad. dévoniennes en Allemagne, en France et dans l’Oural. Les formes provenant du Harz lui donnèrent plusieurs fois l’occasion de combattre les opinions émises par Kayser. Barrande avait également projeté de faire un Aypercu historique sur les Gastéropodes de Bohême.

*) Dès l’année 1856, Barrande avait expédié au British Museum une grande série de Gastéropodes de Bohême, pourvus de noms manuscrits. De même, plus tard, à Stockholm, à Angelin et à Lindstrom; à Paris, Berlin, St Pétersbourg, Moscou (Schmidt et Trautschold), ete.

AVANT-PROPOS. \'où

Comme s’il avait eu le pressentiment de sa fin prochaine, le grand savant avait, quelque temps avant sa mort, fait la révision de toutes les planches non encore corrigées, et demandé au lithographe l'exécution rapide de toutes les corrections. En outre, au commencement de l'année 1883, il fit faire pour 10 planches *) un tirage à part de 1000 exemplaires. Ces planches devaient être publiées dans une étude provisoire, ayant pour titre: ,Gastéropodes. — Etudes locales et comparatives, comme un des Extraits du Système silurien de la Bohême, tels qu’il en avait publié pour les Céphalopodes, Brachiopodes, Acéphalés et Echinodermes. Il ne lui fut pas donné de finir ces derniers préparatifs, et, par inadvertance, plusieurs planches furent imprimées sans avoir été corrigées.

On voit, d'après ce que nous venons de rapporter, que la majorité des spécimens figurés sur les planches était munie de noms spécifiques provisoires, c’àd. qu'une grande partie des travaux préparatoires. était achevée. Nous ne pouvions donc que nous borner à compléter les illustrations à l’aide de figures intercalées dans le texte, d'autant plus que Barrande attachait beaucoup d'importance au grand nombre de figures représentant chaque espèce et variété, et que, sous ce rapport, il avait fait des sacrifices pécuniaires considérables pour atteindre la quantité de figures, qui dépasse de beaucoup la mesure ordinaire.

En ce qui concerne le texte et les explications des figures, nous n'avons pu malheureusement utiliser les notes de Barrande mentionnées pius haut. Elles datent d’une période déjà ancienne, où certaines particularités étaient encore peu connues, p. ex. la distribution géologique des Gastéropodes, les rapports phyllogénétiques des genres et des familles, la morphologie de la coquille, la parallélisation de la série des couches paléozoïques, importance du facies, etc. cad. une foule de faits nouveaux dont Barrande n’aurait pas manqué de tenir compte et qui viennent réduire à néant, ou au moins modifier en grande partie les conclusions et opinions que ce savant faisait dériver de résultats amenés par des recherches peu nombreuses ou incomplètes. Il serait donc ici hors de propos de se servir, par piété pour la mémoire de Barrande, de ses notes et observations manuscrites, qui revêtent plus ou moins un caractère provisoire, et cela d'autant plus que, comme auteur, nous endossons la responsabilité du contenu du présent volume. Cette remarque ne concerne pas seulement le texte, mais aussi les explications des figures. Nous avons dû changer plusieurs noms manuscrits (génériques et spécifiques) donnés par Barrande, car, durant le laps de temps écoulé, ils ont été employés par les savants pour désigner d’autres formes, ou bien les espèces nommées ont été décrites sous d’autres dénominations par d’autres savants, ou aussi appliqués à des individus de contrées étrangères. Chez quelques groupes de Capulides, où règne une grande variabilité de formes, nous avons suivi l'exemple des auteurs récents, en réunissant sous un nouveau nom spécifique toutes les formes peu constrastantes que Barrande désignait Chacune par un nom à part. Chaque fois que nous l’avons jugé possible ou opportun, nous avons réservé la dénomination spécifique de Barrande à la variété.

Quelques planches contiennent, en outre, beaucoup de fossiles hétérogènes, qui n’appartiennent pas aux Gastéropodes. Sur les 3 premières planches, nous trouvons beaucoup de véritables Brachiopodes, que Barrande considérait comme des Gastéropodes rapprochés de Acmaea. La PI. 49 renferme beaucoup de figures de Ribeiria, qui, comme chacun sait à présent, n’est pas un Gastéropode, mais un Crustacé. Quelques spécimens figurés par Barrande sous le nom de Hercynella (— Pilidium, Barr.) appartiennent aux Acéphalés. La PI. 112 contient, en dehors de quelques Brachiopodes (case VIT), des figures représentant une nouvelle forme de Conularia Fritschi, Barr. M. $S., de la bande d2, et des opercules de Hyolithidae. Les Serpulitidae, que l’on range ordinairement parmi les. Vers, sont figurées sur les PI. 113—115, et, sur la PI. 115 nous trouvons un Chiton (Helmintochiton) de la bande f2.

*) PI. 25, 44, 45, 80, 83, 114, chez Lemercier à Paris. Eu outre, 4 planches dessinées par Swoboda.

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